Les «Panama Papers» ont été l’occasion d’une nouvelle salve médiatique anti-Poutine. Mais l’obsession des journalistes occidentaux pour le président russe devient telle qu’on se demande ce qu’ils feraient sans lui.

Dans De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville prédisait que, si l’époque aristocratique voyait les grands hommes à l’origine de tout, les temps démocratiques considèreraient que tout ne résulte que de grandes vagues, les sociétés marchant libres. Il avait tout compris de l’évolution occidentale. Les historiens s’évertuent à étudier les mouvements expliquant la révolution russe, la montée du nazisme, les deux guerres mondiales, mai 68; les journalistes expliquent les révolutions colorées qui frappent la périphérie de la Russie par des protestations populaires.

Mais il semble qu’il y ait une faille dans la prédiction de Tocqueville.

L’affaire des «Panama Papers» et son traitement médiatique ne sont qu’un exemple – d’envergure – de l’obsession qui prend les journalistes occidentaux lorsque l’on évoque le nom du président russe. Poutine, à nouveau, partout. Dans cette affaire, ce dernier n’est impliqué que par ricochet, via des proches. C’était suffisant pour mettre habilement de côté ou minimiser le fait que certains occidentaux importants étaient directement mouillés ou que la fuite était très probablement financée par le vieux milliardaire qui n’en finira pas de mourir tant qu’il n’aura pas eu la peau de la Russie, George Soros.

Les journalistes occidentaux sont sans doute en mal de meneurs

Si la machination politique est évidente, on ne saurait incriminer les journalistes qui diffusent l’information: ils croient pour la plupart à ce qu’ils racontent et ne sont complices qu’inconsciemment. Jérôme Fenoglio, du journal Le Monde, avouait sans s’en rendre compte sur France Inter n’avoir cherché dans les millions de «Panama Papers» que des noms où il y avait présomption de corruption. D’où la brillante idée de chercher dans l’entourage de Poutine et non dans celui d’Obama ou de Hollande. Il ne faut pas y voir malice, Jérôme Fenoglio a simplement fait son travail à travers la matrice de ses préjugés.

Une des meilleures preuves de cette sincérité est sans doute à voir dans les articles des journalistes occidentaux au sujet de l’absence médiatique (d’une semaine) de Poutine durant l’été 2015. On parla de psychose en Russie, d’hystérie face à la disparition du chef. Une telle réaction et une telle opacité du gouvernement ne pouvaient qu’être synonyme de dictature! Le problème étant que les Russes se fichaient pas mal de l’absence de Poutine de leur écran de télévision. La psychose était réelle, mais uniquement dans les cerveaux des rédactions occidentales.

Nos vaillants libéraux, si fiers d’avoir mis en place la gouvernance des entreprises, sont les plus avides de nouvelles de ce qu’il reste de «chefs» sur la planète

Gustave Le Bon écrivait, dans sa Psychologie des foules : «Dès qu’un certain nombre d’êtres vivants sont réunis, qu’il s’agisse d’un troupeau d’animaux ou d’une foule d’hommes, ils se placent d’instinct sous l’autorité d’un chef, c’est-à-dire d’un meneur.» Les journalistes occidentaux sont sans doute en mal de meneurs. Mais le modèle de la démocratie libérale, trop sophistiqué, ne permet pas de revenir aux fondamentaux. Et il serait difficile de trouver quelqu’un sortant du lot des technocrates de Bruxelles et des politiciens de carrière qui ne dirigent plus les nations mais leur appliquent des décisions venues d’ailleurs. On a pu voir les Français reprendre goût au «chef» après les attentats, mais la popularité de Hollande ne pouvait se maintenir longtemps, tout simplement parce qu’il n’est chef d’Etat que sur le papier.

De la même manière que les Français, si fiers d’avoir décapité leur roi, sont aux premières loges des mariages royaux britanniques, nos vaillants libéraux, si fiers d’avoir mis en place la gouvernance des entreprises, sont les plus avides de nouvelles de ce qu’il reste de «chefs» sur la planète. Des hommes comme Poutine ou, dans une moindre mesure, Loukachenko, ne pouvaient que titiller ce paradoxe. Mais ce dédoublement de la personnalité n’est pas un mystère. Il n’est que le fruit d’une contradiction entre une utopie politique et la nature humaine.

Dans les sociétés démocratiques néolibérales, il ne faut pas qu’une tête dépasse. Ou alors si, mais à la Obama, si le représentant de la nation se distingue uniquement par sa capacité à chanter avec un vieux rocker ou faire trois pas de tango. Que, dans un autre espace géopolitique, un homme d’Etat continue à avoir une véritable importance est à la fois intolérable vis-à-vis de la philosophie politique de l’époque et irrésistible pour l’instinct de l’homme animal, tout politique qu’il soit.

Ce dilemme psychologique explique aussi certainement pourquoi la caste médiatique occidentale est à la fois fascinée et hostile à Donald Trump. Et pour ce qui est de la manipulation psychologique, il est même curieux que George Soros n’ait pas réussi, d’une manière ou d’une autre, à impliquer Trump à côté de Poutine dans les Panama Papers – même par ricochet.

Matthieu Buge

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

source: https://francais.rt.com/opinions/18791-tout-est-poutine

 

http://reseauinternational.net/tout-est-poutine-loccident-en-manque-de-patron/

 

El Blanco découvre l’Algérie 

El Blanco découvre l’Algérie

9 4 2016.

Dans l’imaginaire d’El Blanco, les salafistes dominent le monde, à commencer par la France, où ils ont pris le contrôle de la communauté musulmane. Une assertion qui fait sourire n’importe qui connait un minimum les réalités de l’Islam en France,… Le même qui nous expliquait il y a quelques mois que le pire était l’Iran, où jusqu’à preuve du contraire, les salafistes ne sont pas trop influents… Ce à l’heure où on déniche les apprentis terroristes des boites de nuit… Mais bon, El Blanco, ce n’est qu’une affaire de mois,… une grande gueule qui a tout raté, tout… alors on est déjà passé à autre chose. Sauf qu’avec l’Algérie, El Blanco se prend une jolie piqure de rappel sur ce que sont les réalités du terrain dans le monde musulman, preuves à l’appui.

La réaction algérienne est venue à propos des « panama papers », cette gluante calembredaine journalistique, une manip’  qui vise à donner un petit coup de balai dans la finance internationale pour désigner les pays « de bon genre » dans lesquels on pourra planquer son fric… sans que les données confidentielles soient balancées à la presse « d’investigation » par les services secrets.

Le Monde (Occidental) a publié en une les quatre chefs d’Etat planquant leur fric à Panama, dont Bouteflika,… ce alors que le journal n’a pas publié la moindre information impliquant le chef de l’État algérien.

La presse publie ce qu’elle veut, et l’Algérie le sait très bien, mais le problème, c’est l’adhésion du gouvernement français à l’accusation, et donc le manque de considération pour le pouvoir algérien.

La société algérienne a payé cher la volonté du radicalisme, nourri par l’Arabie Saoudite, de déstabiliser le pays. Que vous aimiez ou non l’Algérie – pour moi c’est un grand Etat et un pays magnifique – elle reste l’une des rares grandes puissances africaines depuis la décolonisation à assumer une réelle indépendance. Il y a en Algérie une très grande vigilance quant aux velléités de déstabilisation du pouvoir, et le gouvernement a réagi de manière juste.

Cette publication des « panama papers », par ses méthodes et ses cibles, porte une signature, et le gouvernement français, qui a immédiatement accrédité ces informations, a fait preuve d’une volonté de nuire qu’il payera longtemps.

Toute la presse bien-pensante a aussitôt enchaîné, pour dire qu’elle ne se rendrait pas à Alger par solidarité… Les petits blancs occidentaux, fiers d’eux-mêmes et blindés de certitudes, peuvent continuer à afficher leur suffisance… Pas de problème, nous faisons sans eux depuis longtemps, et l’absence des journalistes du Monde, de Libé ou de France-Culture, à Alger ne va pas nous traumatiser.

1149371005

Gilles Devers

source: http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/04/09/el-blanco-decouvre-l-algerie-927720.html

http://reseauinternational.net/el-blanco-decouvre-lalgerie/