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    praha 21 

     

    Du jamais vu depuis 20 ans en République Tchéque

     

    150 000 manifestants à Prague font trembler le gouvernement de droite, alors que les communistes ont le vent en poupe



    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



    150 000 personnes ont manifesté ce samedi 21 avril dans les rues de Prague pour ce qui constitue une des plus grandes manifestations, si ce n'est la plus importante, depuis la restauration du capitalisme en 1989.



    Convoquée par la Confédération des syndicats tchèques et moraves (CMKOS), la manifestation remet en cause le plan d'austérité du gouvernement de droite, adopté au début du mois d'avril, et qui prévoit une série de mesures anti-sociales dans la lignée des plans adoptées en Grèce, au Portugal ou encore en Espagne.



    Parmi les mesures mises en avant par le gouvernement, la hausse de la TVA, le gel des retraites, la réduction drastiques des budgets de l'éducation et de la santé, des déremboursements médicaux ou encore la privatisation progressive des systèmes de sécurité sociale ou de l'éducation supérieure.



    Dans le cortège, nombre de militants syndicaux de la CMKOS, des membres de 21 associations civiques mais aussi plusieurs milliers de militants communistes ont marché derrière des banderoles où on pouvait lire : « Mettons en échec le gouvernement ».



    Des mots d'ordre plus généraux ont été portés, illustrant la désillusion des tchèques vis-à-vis du système restauré en 1989, résumés dans le simple : « A bas le capitalisme ! »



    Le président de la CMKOS, Jaroslav Zavadil a dénoncé après le rassemblement les ministres qui « humilient les humbles avec leurs réformes anti-sociales.



    Il nous ont promis la responsabilité budgétaire, mais c'est bien la dette du gouvernement qui est en train d'augmenter.



    Ils ont promis de lutter contre les pots-de-vin mais la corruption a gangrené leurs partis et toute la société. Trop c'est trop – il est nécessaire que le gouvernement recule, et que l'on tienne des élections anticipées », a-t-il déclaré.



    L'ampleur de la fronde sociale, les divisions au sein d'une coalition gouvernementale minée par des scandales de corruption sans précédent pourraient faire éclater ce vendredi un gouvernement qui ne tient plus à un fil.



    Le vote de confiance de ce vendredi 27 avril est déjà décisif pour l'avenir de la coalition de droite formée en 2000 entre le parti de droite traditionnel ODS, le parti de Vaclav Havel et Vaclav Klaus, et deux nouvelles formations libérales, TOP 09 et Affaires publiques (AP), frappées depuis de plein fouet par des scandales de corruption qui ont notamment entraîné la dissolution de l'AP.



    Pour le Parti communiste de Bohême-Moravie (KSCM), le gouvernement « n'a plus aucune légitimité » et il est indispensable de convoquer des élections anticipées, « seule solution possible ».



    Le KSCM exige du gouvernement qu'il entende les sollicitations populaires et qu'il « mette un terme à la destruction de l'économie tchèque et au recul progressif des conditions de vie du peuple ».



    Le KSCM, avec ses 100 000 adhérents, ses 26 députés et ses 11,9% aux dernières législatives est à l'heure actuelle le principal parti d'opposition en République tchèque au capitalisme triomphant après la contre-révolution de velours.



    Selon les dernières estimations, il réaliserait une percée historique en cas d'élections anticipées puisqu'il atteindrait la deuxième place, derrière le Parti social-démocrate, en obtenant autour de 20% des voix.

     

    Plus de vingt ans après la restauration capitaliste en République tchèque, comme dans toute l'Europe de l'est, la désillusion est immense vis-à-vis d'un système capitaliste qui avait promis prospérité et liberté et n'a mené qu'austérité et autoritarisme.

     

    En République tchèque, les travailleurs peuvent compter sur un parti communiste qui n'a pas renoncé à sa raison d'être : le KSCM.

     


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    Alain Juppé accusé par sa propre administration d’avoir falsifié les rapports sur la Syrie


    par Réseau Voltaire

     

     

    Un haut fonctionnaire français a invité , le 19 mars 2012, des journalistes arabes basés à Paris pour leur révéler la bataille qui se livre actuellement au sein du gouvernement français en général et du Quai d’Orsay en particulier à propos de la Syrie.


    Selon cette personnalité, l’ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, dont l’ambassade vient d’être fermée et qui est rentré à Paris, a pris à partie son ministre devant ses collègues. Il a accusé Alain Juppé de ne pas avoir tenu compte de ses rapports et d’avoir falsifié les synthèses pour provoquer une guerre contre la Syrie.


    Au début des événements, en mars 2011, le Quai avait dépêché des enquêteurs à Deraa pour savoir ce qui s’y passait. Leur rapport, transmis à Paris, indiquait qu’après quelques manifestations, la tension était retombée, en contradiction avec les reportages d’Al-Jazeera et de France24 qui indiquaient à l’inverse que la ville était à feu et à sang. L’ambassadeur demanda la prolongation de la mission pour suivre l’évolution des événements. Furieux de ce premier rapport, le ministre des Affaires étrangères lui téléphona pour exiger qu’il le modifie et fasse état d’une répression sanglante. L’ambassadeur plaça alors le chef de mission à Deraa en conférence téléphonique avec le ministre pour lui redire qu’il n’y avait pas de répression sanglante. Le ministre menaça l’ambassadeur et la conversation se termina de manière glaciale.


    Immédiatement après, le cabinet d’Alain Juppé fit pression sur l’AFP pour qu’elle publie des dépêches mensongères confortant la vision du ministre.

    Durant les mois qui suivirent, les incidents opposant Éric Chevallier et Alain Juppé ne cessèrent de se multiplier, jusqu’à l’affaire des otages iraniens et la mort du « journaliste » Gilles Jacquier. À cette occasion, l’ambassadeur reçu l’ordre d’exfiltrer les agents de la DGSE travaillant sous couverture de presse. Il réalisa l’importance de l’action secrète entreprise par Alain Juppé [1].


    Ancien ministre de la Défense, Alain Juppé a semble t-il conservé de solides amitiés au sein des services militaires dont certains agents lui restent dévoués.


    La même source assure que des rapports de l’ambassadeur auraient été négligés ou falsifiés et que celui-ci, pour étayer ses dires, aurait fait parvenir au Quai des rapports d’homologues européens attestant tous que la Syrie n’est pas confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation par des groupes armés venus de l’étranger. À son arrivée à Paris, Éric Chevallier aurait demandé une enquête administrative interne pour confondre son propre ministre.


    Ces révélations en appelant d’autres, un autre haut fonctionnaire a révélé qu’Alain Juppé n’est pas seulement en conflit avec son administration, mais aussi avec ses collègues de l’Intérieur et de la Défense. Claude Guéant et Gérard Longuet auraient non seulement négocié avec le général Assef Chawkat l’exfiltration des agents français présents dans l’Émirat islamique de Baba Amr, comme le Réseau Voltaire l’a relaté [2], mais aussi la libération de trois commandos français détenus par la Syrie [3].


    Dimanche 18 mars, le quotidien pro-syrien Ad-Diyar, édité à Beyrouth, a confirmé que trois prisonniers français ont été remis au chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Édouard Guillaud, lors d’un déplacement au Liban, prétendument effectué à l’occasion de la réorganisation du contingent français de la FINUL. Selon une source syrienne de haut niveau, l’amiral aurait en échange personnellement veillé au complet démantèlement de la base arrière que les services militaires français avaient installée au Liban.


    Le conflit entre l’ambassadeur Chevallier et le ministre Juppé est connu depuis longtemps. Le 4 avril 2011, le journal électronique Rue89 avait publié un article attribué à un auteur franco-syrien anonyme [4]. On pouvait y lire que l’ambassadeur « se serait fait le porte-parole du régime, prétendant que les révoltes de Daraa et Lattaquié sont manipulées depuis l’étranger et que les médias mentent sur la réalité ». Dix jours plus tard, c’était au tour de Georges Malbrunot d’affirmer sur son blog du Figaro que l’ambassadeur « est complètement basharisé » [5]. Enfin, le 5 mai, France24, la chaîne placée sous la tutelle d’Alain Juppé, avait accusé l’ambassadeur de « minimiser la révolte » [6]


    Le conflit entre le chef d’état-major des armées et Alain Juppé est également connu depuis longtemps. L’amiral Edouard Guillaud n’avait pas apprécié qu’Alain Juppé, alors ministre de la Défense, planifie à l’avance le renversement de Mouammar el-Kadhafi. Avec le discret soutien de son nouveau ministre de tutelle Gérard Longuet, il avait fait savoir publiquement son désaccord lorsqu’il avait reçu instruction de mobiliser les forces françaises contre la Libye.


    Quant aux relations Guéant-Juppé, elles sont notoirement exécrables. On se souvient qu’avec l’arrogance qu’on lui connaît Alain Juppé avait posé comme condition pour son entrée au gouvernement Fillon que Claude Guéant quitte le secrétariat général de l’Élysée parce qu’il ne voulait pas avoir à lui parler.


    Après l’accord survenu entre Washington, Londres et Moscou pour calmer le jeu en Syrie, Alain Juppé peut toujours compter sur l’appui d’Ankara, de Riyad et de Doha, ainsi que sur les principaux médias, mais se trouve isolé en France et privé des moyens nécessaires à sa politique … à moins, bien sûr, que le président Sarkozy ne pousse à la guerre pour faire remonter dans les sondages le candidat Sarkozy.



    [1] « Le fiasco des barbouzes français à Homs », par Boris V., Komsomolskaïa Pravda, 18 janvier 2012, version française de New Orient News disponible sur le site du Réseau Voltaire.

    [2] « Les journalistes-combattants de Baba Amr », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2012.

    [3] « La France rétablit la censure militaire », Réseau Voltaire, 4 mars 2012.

    [4] « À Damas, le régime de Bachar el-Assad prépare un bain de sang », par Sadik H., Rue89, 4 avril 2011.

    [5] « Syrie : quand l’ambassadeur de France déjeunait avec la bête noire des frondeurs », par Georges Malbrunot, L’Orient indiscret/Le Figaro, le 14 avril 2011.

    [6] « L’ambassadeur de France en Syrie a clairement minimisé la révolte », par Julien Pain et Peggy Bruguière, France24, 5 mai 2011.

     

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=R%C3%A9S20120321&articleId=29887

     

    Voir aussi :

     

    1. Vidéo : 5 questions à Thierry Meyssan sur la Syrie [Réseau Voltaire]

      www.voltairenet.org/Video-5-questions-a-Thierry
      Syrie. Alain Juppé accusé par sa propre administration d'avoir falsifié les rapports sur la ... Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à ...
    2. Qui veut la guerre civile ? [Réseau Voltaire]

      www.voltairenet.org/Qui-veut-la-guerre-civile
      Réseau Voltaire, 11 décembre 2011, www.voltairenet.org/a172089 · Revue de presse Syrie. Syrie. Alain Juppé accusé par sa propre administration d'avoir ...

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    Comment la France est entrain de détruire un pays : le Mali

    by Allain Jules

     


    En Afrique, il y a très peu de pays démocratiques. Le Mali et le Ghana sont probablement des Etats vraiment démocratiques en Afrique, berceau de l'humanité. Mais voilà, un coup d'Etat est entrain d'être perpétré actuellement dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, simplement, parce que, Amadou Toumani Touré (ATT) le président, fait la volonté de la [...]

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    Pourquoi le Bahreïn n’est pas la Syrie
    Pepe Escobar

     

     

    Combien émouvant est le fait que le premier anniversaire d’un vrai mouvement arabe pro-démocratie dans le golfe Persique - ensuite impitoyablement écrasé - tombe le 14 février, jour où la Saint-Valentin est célébrée en Occident. Tu parles d’une histoire d’amour vouée à l’échec...

     

    Et comment Washington va-t-il honorer cette histoire d’amour tragique ? En reprenant les ventes d’armes à la dynastie sunnite al-Khalifa au pouvoir à Bahreïn.

     

    Donc, pour récapituler, le président des États-Unis Barack Obama, a dit que le président syrien Bachar al-Assad devait « se retirer et permettre qu’une transition démocratique débute immédiatement », tandis que le roi Hamad al-Khalifa reçoit de nouveaux jouets pour sévir contre ses subversifs et pro-démocratiques sujets.

     

    Obama souffre-t-il de dissonance cognitive ? Bien sûr que non. Après tout la Syrie est soutenue par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Bahreïn accueille la Cinquième Flotte des Etats-Unis - défenseur du « monde libre » contre ces méchants Iraniens qui veulent fermer le détroit d’Ormuz.

     

    Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie.

     

    Tout comme la Tunisie et l’Egypte - et contrairement à la Libye et à la Syrie - le mouvement pro-démocratie à Bahreïn était purement local, légitime, non-violente et non contaminé par l’Occident ni infiltré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

     

    La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)

     

    L’administration Obama n’a pas éprouvé le besoin de faire main-basse sur la « célébration » de la mobilisation démocratique au Bahreïn par l’envoi d’un grand manitou du département d’Etat.

     

    Tel que rapporté dans l’article le Gulf Daily News, la soi-disant « Voix du Bahrain » (plutôt la voix des al-Khalifa), le secrétaire d’Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a prié le roi Hamad de « diminuer les tensions » - par « la libération des prisonniers politiques, un remaniement partiel du gouvernement et le retrait des forces de sécurité ».

     

    Les demandes de Feltman doivent tenir de la schizophrénie, parce que les prisonniers politiques restent en prison, le remaniement ministériel est cosmétique et les forces de sécurité sont lancées au plus fort de la répression.

     

    Feltman a déclaré que Washington privilégiait un « dialogue national », des solutions « made-in-Bahreïn », et ne voulait pas que des Etats étrangers « s’immiscent dans le processus ». Les Bahreïnis doivent-ils suivre le modèle NATO-GCC appliqué à la Syrie ?

     

    Il a également déclaré : « Les Bahreïnis peuvent compter sur le soutien des États-Unis pour trouver un consensus sur la voie à suivre » et a loué la « sincérité » du prince héritier Salman, également commandant suprême adjoint et chef d’orchestre du dialogue national. Avec des amis comme ceux-ci, le mouvement pro-démocratie à Bahreïn n’a guère besoin d’ennemis.

     

    C’est donc un message de Washington qui tient en peu de mots : faites en sorte que ces gens cessent tout ce bruit, et nous garderons notre base ici pour vous défendre, vous et vos cousins, ​​contre ces masses de pauvres.

     

    La vie à Bahreïn est quelque chose de complètement différent. Ce que les médias américains dominants appellent un « émirat sous tension » est toujours sous une loi martiale de facto. Les manifestants pro-démocratie soit-disant « libérés » - des centaines - sont en fait toujours en prison. Human Rights Watch, à son crédit mais toujours en s’exprimant avec des pincettes, a dit : « Il y a eu peu de demande de comptes pour les actes de torture et les meurtres - des crimes dans lesquels est impliqué le Groupe de défense de Bahreïn ».

     

    Il n’y a aucun compte du tout - en fait.

     

    Anticipant une répression aggravée à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection, le ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux privés de fournir à l’appareil de sécurité le nom de chaque personne blessée. Des centaines de médecins et d’infirmières se voient reprocher d’avoir soigné des manifestants blessés, ont été arrêtés au cours des derniers mois.

     

    L’armée a entouré de fils de fer barbelé tous les accès proches du rond-point Pearl - où le monument des manifestants a été rasé, la métaphore ultime d’une volonté démocratique brisée. Deux citoyens américains, Huwaida Arraf et Radhika Sainath, ont été récemment arrêtés à Manama lors d’une manifestation non-violente et pacifique. Ayat al-Qormozi a été emprisonné parce qu’elle a lu au rond-point Peral un poème critiquant le roi Hamad.

     

    En novembre dernier, la Commission d’enquête indépendante au Bahreïn a accusé les al-Khalifa d’utiliser une « force excessive, y compris l’extorsion d’aveux par la torture sur les détenus ».

     

    Fin janvier, Amnesty International a appelé à « enquêter et rendre compte sur plus d’une douzaine de décès suite à l’utilisation de gaz lacrymogènes » et a appelé Washington à « suspendre les transferts de gaz lacrymogènes et autres équipements anti-émeutes aux autorités de Bahreïn ».

     

    Les forces répressives locales soutenues par l’Arabie saoudite ont souvent recours à des policiers anti-émeute d’origine pakistanaise - sans parler des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes fabriquées aux Etats-Unis et utilisés pour disperser toutes les manifestations anti-gouvernementales, même pacifiques. Des dizaines de personnes âgées et des enfants ont trouvé la mort par asphyxie après que les troupes du régime aient tiré des gaz lacrymogènes dans les zones résidentielles et même dans les maisons.

     

    La répression, soutenue par les troupes de l’Arabie saoudite, a été jusqu’à s’attaquer à des femmes en deuil qui suivaient des cortèges funéraires de manifestants tués par l’appareil de sécurité des al-Khalifa.

     

    Vous n’êtes pas contents ? Tout cela fait partie du « dialogue national » du prince hériter...

     

    Pourtant, même avec une répression qui ne souffre aucun répit, des manifestations exigeant le départ des al-Khalifa ont lieu presque tous les jours. Cette revendication n’a jamais été une demande initiale du mouvement pro-démocratie, mais elle est maintenant reprise depuis l’invasion des troupes de l’Arabie saoudite.

     

    Et pour prouver pour de bon que nous vivons dans un monde qui va dans le sens de ce que disaient les Monty Python, prenez note de cette interview du roi Hamad publié par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

     

    Le roi du Bahreïn dit qu’il a demandé au Conseil de Coopération du Golfe d’envahir son pays en mars 2011 « pour protéger les installations stratégiques » - « au cas où l’Iran deviendrait plus agressif ». Téhéran n’avait absolument rien à voir avec les manifestations - provoquées par une monarchie sunnite qui traite la majorité absolue de ses sujets indigènes comme les Émirats arabes unis traitent leurs travailleurs immigrés sud-asiatiques.

     

    Le roi a également déclaré que « nos femmes avaient très peur et il est du devoir d’un gentilhomme de protéger les femmes ». Peut-être, au lieu d’une invasion, de la torture, des meurtres et d’une répression sans répit, le roi aurait pu apaiser les « peurs de ses femmes » avec un don financé par l’État de sacs à main Louis Vuitton.

     

     Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

     

    Source : Info-Palestine

    Dessin : Carlos Latuff

     

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    Voir aussi : 


     

     

    François Asselineau : Ses réponses aux différents thèmes (vidéos)

     

    Un pays pourri (le Qatar), des politiciens pourris, et la Chimie qui pourrit tout

     

    http://www.qrec.gov.qa/CMS/userfiles/image/News_27Mar2011.jpg

     

    La CIA déguise ses meurtres en attaques cardiaques, science détournée (vidéo)

    La France vendue en petits morceaux - Le Qatar prend 2% de Total

    Armées clandestines, peu coûteuses et sournoises. Ici, en Afrique

    Où se cachent les pouvoirs ?

    Notre santé est en danger avec la médecine moderne ! Pourquoi ? (vidéo)

    Les pays BRICS veulent abandonner le dollar, s'émanciper

    Présence américaine en Inde, et pressions sur Delhi

     

     

    Bientôt 10 h de travail par jour, salaires + bas, 2 semaines de vacances

     

    L'UE va-t-elle condamner les Grecs à la famine ? Pas assez d'austérité !

     

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  • Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 17:19

    hskax-5.8.09.png Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et programmeurs informatiques et sont au cœur d’une révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux. Mais le problème des quants n’est pas uniquement un problème de robots puisque leurs travaux conduisent presque toujours à la sous-estimation systématique des événements rares.

     

    Décrire la réalité du monde avec les chiffres est une tendance qui semble s'accélérer. Ainsi, la technologie numérique s’associe avec les modèles financiers pour montrer que nous, "humains", interagissons avec notre environnement à l’aide de modèles mathématiques. Ces modèles peuvent être très complexes pour une majorité de personnes, mais un commerçant n’a nullement besoin de maîtriser les modèles d’ingénierie financière pour comprendre la situation de son magasin et décider.

    Pour notre commerçant, même si le hasard ne peut pas être prédit ou contrôlé, il n’est pas moins suggestif. Les modèles mathématiques peuvent être brillants, mais plus ils le sont, plus ils peuvent avoir tendance à vouloir modéliser le monde tel que l’on souhaiterait qu’il soit. En fait, le problème n’est pas tant les modèles mathématiques, mais la manière dont nous les utilisons.

    Et en termes d’utilisations, nous avons franchi la ligne jaune avec les quants, apparus sur le devant de la scène après le krach financier éclair du 6 mai 2010 (Wall Street a plongé de 9% pendant 20 minutes). Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et des programmeurs informatiques réunis dans les salles de marché des grandes banques d’investissement du système financier mondial. Les quants sont au cœur d’une autre révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux.
    L’objectif des quants est d’éviter de nouvelles crises financières en "quantifiant" le comportement humain en matière d’économie et en laissant de côté le hasard et l’aléatoire. Eh oui, avec les quants, le comportement humain face aux marchés est déterministe et le marché n’est plus aléatoire !
    Vous avez connu le règne des modèles mathématiques financiers basés sur des données aléatoires, vous avez aimé la simulation de Monte-Carlo. Désormais, tout ceci d’après les quants, appartient au milieu conventionnel académique ! Aujourd’hui, le monde réel ce sont les quants et ses robots.
     
     
    Mais le problème des quants n’est pas uniquement un problème de robots. Nous pensons, en effet, que leurs travaux conduisent presque toujours à la sous-estimation systématique des événements rares ou qualifiés d’extrêmes.
    En effet, sur les marchés financiers, la modélisation mathématique fondée sur l’hypothèse statistique de normalité des distributions de prix et rendements s’est imposée dans trois grands domaines d’activités : la quantification des risques et leur supposée couverture adéquate, le pricing d’options, la gestion d’actifs.
    Certes, des modélisations plus sophistiquées peuvent être utilisées pour décrire le comportement et les risques de portefeuilles financiers complexes, auquel cas on passe d’une méthode paramétrique basée sur la loi normale à une méthode dite simulation de Monte-Carlo basée sur différents scénarios qui peuvent suivre une forme semblable à des scénarios vécus dans le passé, mais qui ne sont pas limités par l'histoire (dans ce cas, les variables de marché ne sont pas considérées comme des variables aléatoires suivant une distribution statistique normale).
    Mais on peut dire de manière générale qu’il est encore souvent admis que l’environnement statistique et probabiliste gaussien (en référence à la loi normale de Laplace-Gauss) est paré de toutes les vertus dans le monde de la finance moderne.
    - Les banques de financement et d’investissement (BFI) étaient supposées maîtriser parfaitement leurs risques de marché grâce à un outil "magique" nommé Value at Risk. On voit au contraire que dans les périodes de stress personne ne maîtrise plus rien.
    - Les filiales d’asset management de ces établissements bancaires étaient supposées gérer de manière optimale les excédents d’épargne des investisseurs particuliers et institutionnels.
    - Enfin, les agents économiques pouvaient couvrir leurs risques financiers auprès des BFI en ayant recours à des instruments dérivés parfaitement tarifés.
    D’un point de vue technique, la formule de Black and Scholes permettant d’évaluer le prix de certains de ces produits a pu donner une légitimité scientifique à ce nouvel environnement. Et puis pour un top management, la simplicité et la rapidité de calcul sont des arguments contre lesquels personne, ou presque, ne peut lutter : simplicité mathématique – pour un matheux s’entend -, car après tout il suffisait et il suffit de savoir intégrer une équation différentielle (désolé pour les non-matheux) ; capacités informatiques assez économes et donc ne pesant pas trop sur les coefficients d’exploitation bancaires.
    Nous avons heureusement souvent entendu des scientifiques de renommée internationale nous alerter sur les dangers des méthodologies utilisées pour modéliser la gestion des risques financiers et l’évaluation d’actifs financiers ? On pense naturellement au regretté mathématicien Benoit Mandelbrot disparu en octobre 2010. Mais celui-ci était trop seul face aux dirigeants politiques et économiques et ses travaux restent encore largement sous-exploités pour au moins trois grandes raisons :
    1) Pour le monde dirigeant, ce type de modélisation unanimiste est idéal puisque les mathématiques (tout du moins une certaine utilisation de celles-ci) permettent de s’auto-persuader que les grandes catastrophes sont quasiment impossibles.
    2) Ensuite, la minimisation des risques extrêmes permet de continuer à financer les gaspillages et les excès d’endettement qui ont conduit à des bulles. Il y a derrière tout cela deux types de constats : souvent la cupidité de certaines institutions fortement commissionnées pour vendre des produits financiers dont le risque est clairement sous-évalué, mais aussi la nécessité de justifier les gaspillages de nos bureaucraties hypertrophiées et incompétentes. Tout ceci pour assurer la poursuite des financements des déficits publics, ce qui conduit unanimement à considérer que la surévaluation des emprunts d’État des zones jugées n’est pas risquée (ce qui est faux).
    3) La minimisation des risques par les quants légitime également un modèle de développement :
    - Celui de normes de rentabilité anormalement élevées au regard des fondamentaux économiques (encore la cupidité et le profit mal réemployés).
    - Celui aussi d’une ingénierie financière des banques visant à transférer le risque sur certains agents économiques privés pour économiser des fonds propres et améliorer encore et toujours la rentabilité du capital utilisé.
    Que faut-il donc faire ?
    Tout d’abord, il faut continuer à investir dans la recherche mathématique afin d’améliorer la modélisation (qui comportera de toute façon toujours des insuffisances par construction).
    Mais naturellement, il ne faut pas s’obstiner. Il faut surtout essayer de mieux comprendre les marchés. On entend souvent dire que pour être un bon professionnel des marchés dans la recherche, le trading et la structuration, il faut être tout à la fois un bon mathématicien, un bon physicien et un bon informaticien (au service de quoi me direz-vous ?). Si on peut être tout cela à la fois, ce serait parfait, mais si l’on ne s’intéresse pas aussi au domaine de la finance comportementale, tout cet impressionnant cursus ne sert à rien.
    Car une chose est sûre : il ne sera jamais possible de modéliser la peur, le mimétisme et encore moins l’impact des contraintes réglementaires, prudentielles et comptables sur les comportements des investisseurs. Or c’est bien la compréhension de ces phénomènes qui peut permettre de gérer et d’appréhender les crises "modernes" de la finance.
    Au total pour nous, les quants symbolisent la cupidité, la peur et le caractère aléatoire et obscur de Wall Street. Certes, ils furent rappelés à l’ordre par le gendarme de la bourse, mais pensez-vous sérieusement que les choses soient différentes aujourd’hui ?
    Il n’y a aucune honte à accepter l’aléatoire et l’incertitude de ce monde. Nous pensons que la simple reconnaissance que l'incertitude est inévitable change déjà les choses d'une manière fondamentale. Toutefois, cette reconnaissance doit être authentique en surmontant notre aversion pour l'incertitude. Nous devons apprendre à adopter l'incertitude ainsi que l'ambiguïté dans le commerce en vous rappelant que ce dernier n’est pas une science, mais un art.
    Nous sommes pour une utilisation intelligente des mathématiques en finance et nullement par la mise en équation du comportement de l’homme. Car le charme de l’homme est de surprendre son environnement et pour cela il n’a nullement besoin de robots matheux transmettant des consignes de prix, par exemple, à la vitesse de la lumière.
    Car de toute manière, il sera très difficile, voire impossible de réguler de tels systèmes. Faites l’expérience ce soir dans votre voiture, changez les consignes de votre climatiseur, non pas à la vitesse de la lumière, mais disons toutes les 3 ou 4 secondes (sélectionnez 17°, puis 3 secondes après 23°, puis après 3 secondes 19°, puis 27°…) et dites nous quelle est la température à l’intérieur de votre véhicule après 10 minutes (ce qui est "petit joueur" par rapport à une journée dans une salle de marché avec des robots qui transmettent des consignes financières à la vitesse de la lumière !).
      
    Patrick JAULENT, Directeur associé, CSC
      
    Mory DORE Responsable risques financiers, groupe bancaire mutualiste
      
    Source: Les Echos
     

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