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    Le Nouvel Ordre Mondial

    avance rapidement tous ses pions,

    voici pourquoi.

    Par Chantal Dupille

     

     

    Le Nouvel Ordre Mondial, rebaptisé "Nouvelle Gouvernance Mondiale", avance ses pions à une allure vertigineuse. Et je suis sûre que la plupart des citoyens ne s'en rendent même pas compte !

     

    Sans entrer dans les détails, je vous donne des pistes.

     

    Dernièrement, j'ai écrit des articles pour attirer l'attention sur l'idéologie monstrueuse du NOM qui se cache derrière le Mariage pour tous (1). Vers un monde unisexe, la PMA, la marchandisation des pauvres, le mariage pour personne, et puis plus de genre, plus de père, plus de mère, plus d'école maternelle, etc ! Un  être humain unique, créé scientifiquement et de qualité supérieure, ensuite !

     

    Et cela nous mène aussi, insidieusement, à une religion unique, d'essence satanique, avec à la clef mépris et même sacrifice d'humains, en tous cas viols, pédophilie, etc : Et déjà, haro sur les Catholiques, sur les Orthodoxes - et surtout sur les Musulmans, coupables d'être si non-alignés, apôtres d'une finance non usurière, et vivant dans des régions au sous-sol si riche à voler, à piller !

     

    N'insistons pas sur la langue unique (le Français devienda un vulgaire patois), imposée à tous, non pas l'Esperanto, mais l'Anglais ! (2)

     

    Le NOM avance en Europe, avec son idéologie unique : Toujours plus technocrate, concentrée, bureaucratique, libérale, atlantiste, néo-sioniste, au seul service des intérêts des gangsters de la Finance. Tout sera décidé à Bruxelles : Marché Unique, Monnaie unique, Défense Unique - au seul service de l'OTAN usraélien et de ses guerres impériales et impérialistes de prédation et de domination. Et par-dessus tout, l'Europe est comme je l'ai déjà entrevu en 2009, "le tremplin du Nouvel Ordre Mondial (3).

     

    Et toutes les guerres avec des armes de destruction massive ensanglantant des régions entières et même des continents, ruinant tout espoir d'autonomie et de développement des peuples, c'est encore, évidement, pour l'avancement du NOM qui pousse ses pions partout, afin de contrôler tous les territoires insoumis, non-alignés, et leurs ressources, sinon avec une marionnette à son service, du moins en bombardant tout ce qui résiste à son emprise totalitaire et diabolique !

     

    Alors oui, discrètement, pas à pas, le Nouvel Ordre Mondial nous emprisonne toujours plus dans les mailles de son filet totalitaire, esclavagiste, eugénique.

     

    Alerte ! Nous sommes les 99%, dénonçons l'horreur à venir et refusons-la ! La Grèce appelle à la grève générale, emboîtons le pas, de manière illimitée, et postons-nous devant toutes les Rédactions pour exiger une information enfin libre !

     

    Nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Au moins pour nos enfants !

     

    Chantal Dupille

     

    (1)Derrière le "mariage pour tous", alerte ! L'ombre du Nouvel Ordre Mondial

    Mariage pour tous : François Hollande agent du Nouvel Ordre Mondial

    N'y aura-t-il plus aussi, bientôt, d'école "maternelle" ?

     

    (2) The French Army informs you… (Article en Français, colère des militaires)

     

    (3) L'Europe de la paix désormais au service de la guerre,de l'Empire,du NOM

     

     

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    Et par ex, voyez mes derniers posts sur sos-crise :

     

     

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    L’histoire du Bilderberg racontée à Y.Calvi et J.F.Khan

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    20 mai 2008 par Laurence Kalafatides | consulté 20249 fois  FMIOMCPrivatisationBilderbergCorruption   5

     

    Ceux qui ignorent l’histoire se condamnent à la répéter (Georges Langlois)

     

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    La nouvelle vient juste de tomber. Cette année, le Bilderberg tiendra sa conférence annuelle du 5 au 8 juin, à Chantilly, près de Washington. Cette information, venue des Pays-Bas, a peu de chance d’intéresser les téléspectateurs français car, depuis le 4 mars 2008, ils « savent » que le Bilderberg n’existe pas. En effet,ce soir là, Yves Calvi, consacrait son émission C dans l’air – une de ces cuistreries dont la télévision française est friande – à la question : “ Qui gouverne le monde “.

    Yves Calvi, journaliste depuis 1986 (France Info, FRI, Europe 1) recevait quatre éminents spécialistes du sujet : Gérard Chaliand (spécialiste des problèmes géopolitiques et stratégiques), Nicole Bacharan (historienne et politologue franco-américaine), Jean-François Khan (historien, journaliste depuis 1964 – Europe 1, l’Express, le Monde – fondateur de l’Evénement du Jeudi puis de l’hebdomadaire Marianne),et enfin Jacques Rupnik (Directeur de recherches au Centre d’études et de recherches internationales). Comme à l’accoutumée, la fin de l’émission fut dédiée aux questions des téléspectateurs. Yves Calvi se saisit d’un message et posa la question à brûle-pourpoint : [1]

    - Y. Calvi : Que savez-vous de l’organisation mondiale Bilder … beurk, je vais y arriver… Bilderberg, moi j’en avais jamais entendu parler, qui réunit chaque année les personnages les plus influents du monde ? vous connaissez ça vous ?
    - Réponse unanime des invités : NON
    - Y. Calvi : Ben voilà, c’est un bide en direct
    - J-F Khan : Je connais la Tricontinentale [2] , je connais Davos, mais je connais pas …
    - N. Bacharan : Je ne connais pas du tout cette organisation donc je n’en dirais rien
    - Y. Calvi : c’est peut-être une invention d’un téléspectateur qui a de l’humour, qui nous teste ?
    - N. Bacharan : peut-être qu’il voulait vérifier…
    - G. Chaliand : Je me méfie beaucoup de ces organisations mondiales qui dans l’ombre se réunissent et distribuent en quelque sorte les dividendes et les rôles. C’est une longue histoire.
    - Y. Calvi : Vous êtes peut-être en train de répondre très habilement à une fausse question, ce qui est très rare, et ce qui pour le coup est d’une grande intelligence, enfin moi, ça m’arrange !

    La suite de l’émission importe peu. Les téléspectateurs auront retenu que le Bilderberg n’existe pas puisque cinq journalistes et spécialistes de géopolitique n’en ont tout simplement jamais entendu parler.

    A la décharge de nos brillants “experts” il faut reconnaître que le Groupe de Bilderberg n’existe QUE depuis 54 ans, et que ce club ultra huppé ne reçoit QUE des têtes couronnées, des ministres,des secrétaires généraux de l’OTAN, des PDG, des patrons de presse. On le voit, il n’y a là rien qui puisse éveiller la curiosité des invités d’Yves Calvi. Pourtant…

    Le Bilderberg, ce fantasme de gauchiste [3]

    Pourtant, la genèse du Groupe de Bilderberg est une histoire fort instructive qui mérite d’être contée, car elle donne à voir une réalité qui se situe à l’exact opposé de la démocratie. Depuis sa création en 1952, le Bilderberg a largement contribué à construire le condominium euro-américain, sous leadership US, que l’on voit à l’oeuvre aujourd’hui. Ce condominium transatlantique peut être considéré comme la clé de voûte du nouvel « ordre mondial » que le président américain Harry Tuman a annoncé en 1947. Plan Marshall, OTAN et son réseau secret Stay-Behind, Union Européenne, CIA , MI6 et Bilderberg font partie des instruments utilisés pour mettre en place cet « ordre mondial » et mener la guerre froide.
    Pour autant, façonner ce nouvel ordre mondial, selon l’architecture décidée par Washington, implique la collaboration des pays membres de l’Alliance Atlantique. Le Bilderberg a précisément pour fonction d’assurer cette collaboration. La filiation OTAN/Bilderberg peut se lire au travers des nombreuses sessions consacrées « aux questions sur lesquelles un accord au sein de l’Alliance Atlantique peut s’avérer difficile. » Sous couvert de débats, le Bilderberg exerce une véritable diplomatie parallèle au prétexte que, selon ses propres termes,  » les dimensions et les possibilités des contacts officiels [ des hommes d’Etat et des diplomates ] ont leurs limites et ne couvrent pas tout le champ que les fondateurs de Bilderberg avaient en idée. »

    Le Groupe de Bilderberg, dont l’objectif affiché est de construire « l’unité du monde occidental » ne recrute que » des gens importants et respectés et qui peuvent contribuer à la réalisation des objectifs que le Bilderberg s’est assigné. [4] » Au début de chaque conférence, une note distribuée aux participants indique que l’on attend d’eux qu’ils usent de leur « influence afin que l’Alliance Atlantique puisse fonctionner d’une façon plus efficace. » Quant à la diversité des sujets débattus, elle découle, selon un document de 1957, de « l’intérêt commun des membres de l’OTAN [ qui ] s’étend constamment au-delà de la sphère d’application limitée du Traité Atlantique. [5] » Il va sans dire que pour faire entériner cette « politique occidentale qu’il serait peut-être plus exact bien que moins diplomatique d’appeler américaine » [6] la plus grande quiétude est nécessaire. C’est la raison pour laquelle ces conférences annuelles – qui regroupaient environ 50 personnes dans les premières années et qui aujourd’hui en comptent 120 – se tiennent loin des regards, dans des hôtels ultras sécurisés et ne donne lieu à aucune communication externe.

    Amitié Transatlantique

    Paris, 25 septembre 1952. Ce jour-là, 13 personnes se réunissent pour jeter les bases de ce qui deviendra deux ans plus tard, le Groupe de Bilderberg. En plus du Baron François de Nervo, hôte de la réunion, on note des personnalités venues de toute l’Europe :
    - Paul Van Zeeland, ministre belge des affaires étrangères
    - Bernhard De Lippe-Biesterfeld, Prince consort des Pays-Bas, époux de la Reine Juliana
    - Ole Bjorn Kraft, Ministre danois des affaires étrangères, président du Conseil de l’OTAN
    - Dr Rudolf Mueller, avocat d’affaires allemand, ancien président de la German Economic Administration de la zone anglaise.
    - Panagiotis Pipinelis, représentant permanent de la Grèce à l’OTAN
    - Paul Rykens, président de la firme multinationale Unilever
    - Hugh Gaitskell, ancien chancelier de l’Echiquier, trésorier du parti travailliste
    - Guy Mollet, président le la SFIO
    - Antoine Pinay, Président du Conseil ; ministre des Finances et Affaires économiques

    Et enfin les deux chevilles ouvrières du Bilderberg en cours de constitution :
    - Sir Colin Gubbins, ancien Général de l’armée britannique, qui durant la guerre fut chargé de la planification des actions subversives et de sabotage au sein du S.O.E. – Special Operation Executive – Démantelé en juin 1946, le SOE fut remplacé, à l’intérieur du service de renseignement MI6, par une nouvelle section secrète  » Special Operations » dont Colin Gubbins prit le commandement. En liaison avec Frank Wisner – directeur du bureau de coordination politique des opérations spéciales de la CIA (OPC ) Gubbins s’activa à créer les armées secrètes de l’OTAN – Stay Behind – dans toute l’Europe [7].

    - Joseph Retinger : Cet ami intime de Gubbins fut conseiller diplomatique du Général Sikorski, chef du gouvernement polonais en exil à Londres durant la Deuxième Guerre mondiale [8]. Les services secrets français le considéraient comme un agent du contre-espionnage polonais passé au service de l’Intelligence Service de Grande-Bretagne [9]. Lorsqu’en 1952, Retinger se lance dans la création du groupe de Bilderberg, il occupe le poste de secrétaire général du Mouvement européen.

    Sont excusés, Max Brauer, membre du parti socialiste allemand, Maire de Hambourg et Lord Portal de Hungerford, ancien maréchal de la Royal Air Force, contrôleur pour la production de l’énergie atomique au ministère de l’approvisionnement.

    Pour Retinger et ses amis, la première tâche consiste à redonner du dynamisme à la campagne antisoviétique en Europe, et à faire battre en retraite les partis communistes jugés trop puissants. Mais pour ce faire, il s’avère nécessaire de pacifier les relations euro-américaines. Il est vrai que de nombreux nuages se sont accumulés sur l’ horizon transatlantique depuis la fin de la guerre. Le comité européen pointe du doigt l’ingérence américaine dans les affaires intérieures des pays européens, à ce point outrancière que les élus peinent à la masquer à l’opinion publique. Problème amplifié par le comportement « vulgaire et arrogant » de nombreux Américains en postes en Europe et qui alimente un certain « anti-américanisme » dans les populations. Cette situation donne, selon les membres du Comité, des arguments aux partis communistes qui dans certains pays engrangent de belles victoires électorales. Le groupe échafaude alors un plan d’action destiné à « attirer l’attention des autorités compétentes sur des mesures qui puissent renforcer l’amitié et la confiance qui doivent régner entre l’Amérique et l’Europe«  et décide, dans la foulée, de créer un Comité analogue aux Etats-Unis.

    Peu de temps après, Joseph Retinger et le Prince Bernhard, s’envolent pour les Etats-Unis où ils rencontrent Averell Harriman [10], directeur de la Mutual Security Agency – agence chargée de coopération économique – Walter Bedell Smith [11], directeur de la CIA et C.D. Jackson [12], Président du Comité pour une Europe Libre . Le 1° octobre 1953 une lettre du directeur de la CIA, informe Retinger que le Comité américain est constitué. 18 mois plus tard, le 8 février 1954, Européens et Américains se réunissent, de nouveau chez le Baron François de Nervo, et valident un rapport – N°3 – où se trouve également consignée leur stratégie : « Les membres du Groupe, usant de leurs relations avec leurs autorités respectives, s’assureront que les points de vue développés dans le rapport n°3 seront soumis aux divers gouvernements ». Ils décident d’organiser  » dans un futur proche, une réunion restreinte de personnalités triées sur le volet et d’environ cinquante personnes ; la conférence discutera des problèmes mentionnés dans le document N°3 et si possible conviendra que ses conclusions sont la meilleure voie possible pour réaliser une entente parfaite entre l’Europe et l’Amérique. Les participants seront des personnalités influentes et informées des sujets débattus. »

    La conférence dont il est fait mention est prévue pour les 29-30et 31 mai 1954 à Oosterbeek (Pays- Bas ) dans l’hôtel Bilderberg. Les thèmes inscrits à l’ordre du jour sont les suivants :
    a) L’attitude générale envers le communisme et l’Union soviétique
    b) L’unification de l’Europe
    c) La Communauté européenne de Défense et la défense européenne
    d) Le problème des colonies
    e) Les problèmes économiques

    Trouver un consensus qui permettrait d’adopter une position commune « envers le communisme et l’Union Soviétique » n’est pas chose aisée. Les Etats-Unis se montrent inflexibles envers « l’ennemi » et reprochent à l’Europe de s’orienter vers une politique de négociation avec l’URSS, voire même, blasphème, une politique d’apaisement. Pour leur défense, les Européens arguent d’un fort électorat communiste dans certains pays contre lequel la « solution » américaine semble inadéquate. Déterminés à aller de l’avant, les participants concluent que la réconciliation se fera grâce à un front commun contre l’Ennemi, à savoir le communisme.
    Au fait, en quoi consiste cette menace communiste contre laquelle on mobilise tant de monde et tant d’argent ?

    Le capitalisme en danger

    En 1945, le Reich à peine vaincu, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis envisagent sérieusement un revirement d’alliance. Nombre de personnalités des deux nations considèrent que l’ennemi « naturel » n’est pas le nazisme, mais le bolchevisme. Il est, momentanément, question que les armées britanniques et américaine « marchent sur Moscou ». Churchill donne l’ordre – secret – au Maréchal Montgomery de ne pas désarmer les unités allemandes capturées et de les tenir prêtes pour un possible emploi contre l’armée rouge. De son côté, le Général Patton demande à réarmer deux divisions de la Waffen SS afin de les incorporer dans la troisième armée américaine pour les diriger contre les Russes. Dans le même temps, les services de renseignements américains recrutent des espions nazis ainsi que des gradés SS et exfiltrent un nombre considérable de criminels de guerre [13].

    Toutefois, les opinions publiques ne sont pas prêtes à un tel revirement de situation et sont loin de considérer l’URSS comme une ennemie. En 1945, l’armée rouge jouit d’un grand prestige parmi les soldats stationnés en Europe, et un sondage indique que 55% des Américains déclarent vouloir conserver l’URSS comme allié après la guerre [14]. Durant l’année 1946, John Strohm, président de l’Association américaine des journalistes agricoles voyage plusieurs mois à travers la Russie, de retour, il racontera dans un livre que partout où il est allé, il a pu constater chez les Russes un profond sentiment d’amitié à l’égard des USA. Le diplomate américain Summer Welles, quant à lui, affirme publiquement que les véritables objectifs de la politique soviétique sont « la sécurité, la reconstruction, l’industrialisation des républiques soviétiques, et le développement des ressources naturelles comme partie essentielle d’un programme visant à élever rapidement le niveau de vie des Russes. » [15]

    Ces prises de position s’avèrent extrêmement contrariantes pour ceux qui se sont considérablement enrichis grâce à l’économie de guerre et envisagent d’un mauvais oeil la baisse des carnets de commandes. D’ailleurs, en 1946, des économistes sonnent l’alarme : une crise de surproduction menace et le spectre de la récession n’est pas loin. Pour l’administration américaine, l’ urgence est de trouver des débouchés pour les produits et les capitaux américains, et de remettre en selle la stratégie de la « porte ouverte » [16]. Les regards se tournent vers l’Europe qui manque de tout, vers ses colonies dans lesquelles les Américains veulent pouvoir s’implanter et enfin vers les pays d’Europe sous l’influence de L’URSS .
    Mais en Europe de l’Ouest, l’ antifascisme radical se double d’une remise en cause du capitalisme. Dans de nombreux pays, syndicats et partis de gauche acquièrent une influence considérable. En Allemagne les ouvriers mettent en place des « conseils d’entreprises souvent dirigés par des communistes » [17] y compris dans les filiales allemandes des entreprises américaines Ford ou General Motors. Ces conseils d’entreprises « inquiètent tous ceux qui craignent que la Deuxième Guerre mondiale ne débouche sur une révolution sociale, exactement comme la guerre franco-prussienne de 1870 et la Première Guerre mondiale avaient engendré la Commune et la Révolution d’Octobre. » [18] En Grande- Bretagne, le parti travailliste qui remporta les élections contre Winston Churchill en 1945 développe une politique qui répond aux aspirations d’une population extrêmement éprouvée par la guerre. De grandes réformes sociales sont mises en place, telle que la création de la sécurité sociale, ou la nationalisation des industries lourdes et de la Banque d’Angleterre. En Italie, les élections communales de 1946 amènent une large victoire des partis de gauche, tandis qu’en France, le général de Gaulle au pouvoir entreprend des nationalisations, et concède quatre ministères aux communistes. Les élections législatives de novembre 1946, font du PCF le premier parti politique en voix.

    Quand Harry Truman était « fatigué de pouponner les soviétiques » [19]

    Fort opportunément, en février 1946, un conseiller de l’ambassade américaine en URSS, George Kennan, rédige un long document dans lequel il fait part de ses réflexions sur le défi soviétique auquel est confronté l’Amérique. Bien que convaincu qu’il n’existe pas de risque de conflit entre les deux « grand », il préconise une grande fermeté vis-à-vis du Kremlin ainsi qu’ une politique offensive visant à réduire l’influence soviétique sur les pays satellites. Ce « long télégramme » sera utilisé, peu de temps après, par l’establishment américain pour agiter la menace d’une agression militaire imminente de l’URSS.

    Quelques mois plus tard, le sous-secrétaire d’Etat Dean Acheson réunit les principaux dirigeants du Congrès et leur présente la Russie comme une nation « agressive et expansionniste » et conclut qu’un gouffre idéologique infranchissable sépare l’URSS des Etats-Unis [20]. De son côté, la CIA informe le Président américain que « le plus grand danger pour la sécurité des Etats-Unis est la possibilité d’un effondrement économique en Europe occidentale et par conséquent l’accession au pouvoir d’éléments communistes » [21]
    Le 6 mars 1947 , le Président Harry Truman attaque lors d’un discours à l’université Baylor le principe de l’économie administrée, visant par là non seulement l’URSS, mais aussi des pays comme la Grande-Bretagne ou la France. Truman décrit ainsi le « chemin pour l’ordre mondial » :  » Partout le futur est incertain. Les politiques économiques sont fluctuantes. Dans cette atmosphère de doute et d’hésitation, le facteur décisif sera le type de conduite que les Etats-Unis donneront au monde… Le peuple [ américain ] est prêt à assumer le rôle de guide qui lui revient … Nous sommes le géant du monde économique… Que nous le voulions ou non, la structure future des relations économiques dépend de nous. Le monde attend et observe pour voir ce que nous ferons. Ce choix est le nôtre. » Ce discours précède d’un mois le lancement du « Plan Marshall ». Entre temps le sénateur Vandenderg, président du Comité des Relations étrangères au Sénat, avait réussi à convaincre le président Truman « d’épouvanter » l’opinion afin de la préparer à la nouvelle politique antisoviétique [22]. Cette épouvante ira crescendo grâce à la « Croisade pour la Liberté » destinée à présenter une image apocalyptique de l’Union soviétique. Le général Eisenhower en personne, accuse Moscou de chercher à « contrôler le monde » et à « détruire la liberté humaine », dans la foulée il annonce que l’Amérique doit se préparer à une bataille aux « conséquences mortelles » qui menacent » l’existence même des Etats-Unis » [23] . En 1952, la « chasse aux sorcières » du sénateur McCarthy ayant accompli son oeuvre, « une véritable crise d’hystérie s’est emparée de l’Amérique et l’opinion croyant la guerre proche s’inquiète de la construction rapide d’abris antiatomiques. » [24]

    De retour aux Etats-Unis, George Kennan, est nommé directeur du Policy Planning Staff, division du Département d’Etat chargé d’élaborer la politique étrangère américaine. Dans un mémorandum adressé au secrétaire d’Etat Dean Acheson il expose ce que devrait être la position américaine vis-à-vis du reste du monde « Nous disposons de près de 50% de la richesse mondiale, mais seulement de 6,3% de la population… Notre véritable tache dans la période à venir est de concevoir un modèle de relations qui nous permettront de maintenir cette position de disparité… Notre attention devra partout se concentrer sur nos objectifs nationaux immédiats. Nous devons cesser de parler d’objectifs vagues et irréels tels que les droits de l’homme, l’amélioration du niveau de vie, et la démocratisation. Le jour où nous devrons raisonner en terme de concepts clairs de pouvoirs n’est pas si loin. Moins nous serons entravés par des slogans idéalistes et mieux cela sera » [25]

    Mais l’agression militaire soviétique imminente est un bluff. A la fin de la guerre, l’URSS est à genoux. Vingt millions de Soviétiques sont morts au front, l’industrie a été dévastée par les armées d’Hitler et partout dans le pays la nourriture manque. Contrairement aux affirmations péremptoires des propagandistes, les « maîtres du Kremlin » n’ont pas l’intention de lancer une nouvelle guerre. En 1945, le ministre des affaires étrangères britannique, Antony Eden déclare devant le parlement anglais, être absolument convaincu que les mesures prises par les Russes en Europe occidentale sont seulement destinées à empêcher une dangereuse résurrection de la puissance allemande : « nous savons que les dispositions russes ne sont pas dirigées contre nous » [26] . D’ailleurs, en 1957, George Kennan lui-même prendra ses distances avec la position belliciste américaine et fera une mise au point : « Je n’ai jamais cru que le gouvernement soviétique, à aucun moment depuis 1945, ait désiré une guerre générale, ou qu’il aurait été amené, pour quelque raison politique valable, à entamer une telle guerre » [27]

    Halloween au Bilderberg

    Dans les salons du Baron de Nervo, le Comité de Bilderberg ne semble pas traumatisé par une quelconque attaque bolchevique. En revanche ce qui inquiète l’assemblée réunie ce 8 février 1954, est le manque d’enthousiasme évident des populations européennes pour la croisade américaine contre l’Union Soviétique. Selon le Comité européen, le problème est dû en partie, au McCarthysme qui a créé de « très grands dommages » dans l’opinion publique européenne surtout dans les pays où existe un fort électorat communiste. L’inquiétude monte d’un cran vers la fin de l’année lorsque C.D. Jackson averti le Département d’Etat que « l’Europe occidentale veut la paix, le relâchement des tensions internationales et la dissipation de la guerre froide » [28]. La Conférence de Barbizon, en mars 1955, est l’occasion de relancer l’ardeur au combat. Sur un ton mélodramatique, lors de la session consacrée à « l’infiltration communiste dans les divers pays occidentaux », les conférenciers jouent à se faire peur et relatent le  » péril rouge » qui sévit chez eux :En Grande-Bretagne, ’ »les communistes ont dû agir par voie d’infiltration pour tenter d’atteindre la position dominante qui leur est nécessaire. » En Allemagne, « les activités communistes se sont accrues…Il existe certains courants très sommaires au sein des masses laborieuses qui… peuvent être exploitées par la propagande communiste. » En France explique Guy Mollet « Il existe une tendance profondément enracinée à penser que le progrès est à gauche … Ce que le terme gauche signifie exactement n’est pas très bien saisi. Du fait que le communisme est ainsi baptisé, il n’y a rien là qui soit de nature à alarmer une large fraction de la population ». Quant à l’Italie : « on a pas réussi à isoler le communisme… La gravité de la situation [ économique ] donne aux communistes une sorte de monopole de l’espoir. » Les populations européennes, résume le Prince Bernhard, sont vulnérables du fait que « le communisme a deux attraits : l’égalité sociale ou la possibilité pour chacun de trouver sa place dans le système, et la sécurité économique qu’il offre à la partie non ambitieuse de la population, laquelle constitue la majorité. »

    Heureusement, il existe des pays sains. La Suisse par exemple où les communistes sont très peu nombreux et sont « principalement des indigènes, pour la plupart ouvriers » auxquels s’ajoutent « une partie d’étudiants qui traversent ce qu’on peut appeler une crise de croissance. » A la fin de la session, les participants parviennent à se mettre un peu de baume au coeur : « Au Portugal, le communisme se présente sous un aspect largement négatif. Il est bon de savoir qu’il existe au moins un pays du monde où le communisme ne joue pas de rôle. » En effet, le Portugal est une dictature. En 1926, date du coup d’Etat, le parti communiste, interdit, a dû entrer en clandestinité. Après l’accession au pouvoir du dictateur Salazar, en 1933, les communistes furent massivement arrêtés. Ceux qui n’ont pas été sommairement exécutés furent torturés et déportés dans le camp de concentration de Tarafal au Cap-Vert.

    La deuxième séance voit l’assemblée s’enflammer sur la question de la « défense de la démocratie » et la manière de s’y prendre pour la sauver. Le problème, résume un intervenant, est que « la guerre froide a quelque chose d’une guerre civile dans la mesure où une partie de la population fait fonction d’agents de l’étranger. ». Des mesures doivent être prises. Certains envisagent de faire appel à l’Eglise afin de contrer la « propagande pseudopacifiste » des communistes. D’autres exhument une « vieille loi néerlandaise de 1855 qui autorise la proscription des partis non démocrates » et qui mérite d’être examinée de près pour éventuellement servir de modèle aux autres. Impossible rétorque Alberto Pirelli – industriel fasciste et ancien ministre de Mussolini [29] – car en Italie les « choses sont devenues extrêmement difficiles depuis l’abrogation des lois fascistes. »
    A défaut de pouvoir utiliser des lois fascistes pour sauver la démocratie, les conférenciers décident une « offensive de propagande » pour laquelle il sera nécessaire d’utiliser « plus particulièrement la presse … spécialement en Italie et en France ».

    L’Europe, l’Europe, l’Europe

    En ce début des années cinquante, la grande affaire transatlantique est incontestablement l’intégration européenne. Celle-ci fit d’ailleurs partie intégrante du Plan Marshall pour le relèvement de l’Europe. Pour l’Administration américaine, l’Europe a reconstruire s’envisageait d’abord comme un gigantesque marché à ouvrir aux produits et aux capitaux américains, permettant ainsi à l’industrie US d’échapper une crise de surproduction. Les conditions posées aux nations européennes pour avoir accès à l’aide Marshall étaient claires : créer une « union douanière » et rendre les monnaies européennes convertibles entre elles et avec le dollar. Afin de verrouiller ce nouveau marché, le Congrès américain vota tout un arsenal juridique, empêchant de facto les pays d’Europe de l’Ouest de commercer avec le « bloc de l’Est » [30]. Mais le Plan Marshall fut aussi un instrument d’ingérence dans les affaires de politique intérieure des pays « aidés ». « Le but de l’ERP [ Plan Marshall ] est fondamentalement politique … Il est nécessaire de coordonner et d’intégrer le mieux possible toutes les phases de l’effort du gouvernement américain, particulièrement la diplomatie, l’ECA [ administration du plan Marshall ], l’aide militaire et les opérations secrètes de guerre politique [ comprendre coups tordus de la CIA]«  [31] Cette ingérence fut telle qu’elle finit par faire grincer des dents y compris dans les rangs américanophiles.

    Pour le Bilderberg, pas question de laisser les choses s’envenimer. Lors de la réunion du 8 février 1954, la situation est froidement analysée : « la pression exercée par les Américains sur les Européens pour accélérer le processus d’unification indigne l’opinion européenne, y compris les plus ardents amis de l’Amérique. » De plus, les dernières nouvelles indiquent que l’on s’achemine vers un rejet, par le parlement français, de la Communauté européenne de Défense ( CED ), ce qui fera prendre un sérieux retard au réarmement de l’Allemagne décidé par les USA. L’inquiétude des membres du Bilderberg est d’autant plus vive que la plupart d’entre eux sont des figures majeures de la construction européenne.

    Le projet d’une Europe fédérée sur les plans politique, économique et culturel fut le fruit de réflexions et de concertations menées à Londres, en 1943, par un petit groupe de personnalités. Edmond Giscard d’Estaing, Paul van Zeeland, Joseph Retinger en furent les principaux acteurs [32]. Trois ans plus tard, Van Zeeland, Retinger et son « vieil ami » Colin Gubbins créèrent la Ligue Indépendante de Coopération Européenne (ILEC). Il s’agissait d’un groupe de pression transnational composé d’hommes d’affaires, de banquiers et de politiques européens dont l’un des objectifs était l’établissement d’un marché commun européen et d’une monnaie unique. L’ambassadeur américain en Grande-Bretagne, Averell Harriman mit sur pied la section américaine de l’ILEC.
    Au mois de septembre 1946 Winston Churchill appela solennellement à « ériger quelque chose comme les Etats-Unis d’Europe«  [33]. Cet appel fut relayé par le Congrès américain qui exigea que les Etats bénéficiaires du Plan Marshall s’engagent à participer à ces Etats-Unis d’Europe [34]. Au même moment se créait, autour d’ Alexandre Marc, de Denis de Rougemont et d’Henry Frenay, l’Union Européenne des Fédéralistes (UEF) dont le rôle essentiel était de mobiliser l’opinion publique. De leur côté, les socialistes fondèrent le Mouvement Socialiste pour les Etats-Unis d’Europe, tandis que les chrétiens démocrates s’agrégèrent dans les Nouvelles Equipes Internationales. Afin de coordonner ces mouvements, Duncan Sandys – gendre de Churchill – et Joseph Retinger organisèrent un grand Congrès, financé par des fonds du Plan Marshall, à la Haye en mai 1948. Ce congrès donna naissance au Mouvement Européen dont Retinger devint le Président. Dès le début, mouvements fédéralistes et unionistes furent financés par la CIA. Mais ce nouveau Mouvement Européen, avait besoin de beaucoup d’argent pour fonctionner. A cette fin la CIA créa une organisation spécifique : l’ACUE ( American Committee for United Europe ) à la direction de laquelle on trouvait Walter Bedell-Smith, directeur de la CIA et Allen Dulles directeur des plans de la CIA. D’autres fonds parvinrent via la Fondation Ford dont un des dirigeants, Shepard Stone, lança en 1951 une grande campagne de soutien au Mouvement Européen. En 1952, ce même Shepard Stone finança la création du Groupe de Bilderberg dont il devint un membre du comité directeur.

    L’Europe était sur les rails. Tout le monde cependant ne partageait pas ce bel enthousiasme. Le Général de Gaulle fit connaître son opinion par voix de presse : « N’est-ce pas tuer l’Europe que de fabriquer, à grand renfort d’intervention américaine, ce monstre, ce robot, ce Frankenstein, que pour tromper le monde, on appelle la Communauté ? » [35] Et de pointer un doigt accusateur sur cette construction communautaire où l’on voyait  » s’y employer des synarques [36] qui rêvent d’un empire supranational, des politiques qui croient tout perdu si l’on ne cède pas à l’étranger, enfin cette sorte de gens qui sont toujours prêts à s’inscrire pour le voyage de la lune, en souhaitant secrètement que le départ soit différé. Tous voulaient être les prophètes de l’Europe. » [37]

    Pas question cependant de laisser le Général de Gaulle jouer les troublions dans cette Alliance Atlantique dont le but était « d’établir un ordre mondial stable » [38]. Mais la France, « pierre angulaire de l’Europe de l’Ouest continentale » [39] était sous bonne surveillance, plusieurs organismes américains étaient installés à Paris. L’ECA (Economic Cooperation Administration tout d’abord, dont le siège était situé dans l’hôtel Talleyrand, était en charge de la coordination, au niveau européen, de l’attribution des aides du plan Marshall. L’ECA était dirigé par Averell Harriman qui, de retour aux USA en 1952, supervisa la mise en place du Comité américain du Bilderberg. Également présent dans la capitale française le Comité France-Amérique administré entre autres par David Rockefeller et C.D. Jackson, tous deux membres du comité directeur du Bilderberg. Quant à Radio Free Europe – officine de la CIA – elle avait ses bureaux sur les Champs Elysées, et était dirigée par C.D. Jackson. Dans ce contexte,il n’est pas surprenant que les réunions constitutives du Bilderberg se soient tenues à Paris.

    Le formatage de l’élite transatlantique

    Le Bilderberg est un club élitiste, ne sont convié aux conférences que « des personnes influentes dont les relations personnelles avec les hommes placés à la tête des affaires publiques pourraient contribuer … a rechercher une attitude commune sur les terrains politiques, culturels, économiques et social. » Ses fondateurs estiment « beaucoup plus fructueux d’obtenir une compréhension et une bonne volonté mutuelles entre des hommes occupant les positions-clés dans chaque pays que d’essayer d’influencer directement l’homme de la rue par voie de publicité ou de propagande » [40]. La méthode du Bilderberg pour embrigader les élites qui s’emploieront à manipuler l’opinion publique, est identique à celle utilisée par le Congrès pour la Liberté de la Culture [41] : « La CIA faisait circuler les objectifs américains de politique extérieure et en retour, elle écoutait attentivement un groupe dont la connaissance de l’Europe de l’Ouest pouvait faciliter ou même modifier les méthodes et les arguments utilisés pour formuler les mêmes objectifs. » [42] La recette, concoctée par le Conseil de Stratégie Psychologique – PSB – créé en 1951 par le Président Truman, était basée sur le manuel d’instruction des stratèges de la CIA, qui préconisait de « contester la théorie politique égalitaire et de montrer la persistance et le caractère incontournable du pouvoir de l’élite, même en un âge d’égalité. » Le PSB proposait la mise en place d’un « mouvement intellectuel à long terme » afin de « briser les modes de pensées doctrinaires hostiles aux objectifs américains. » Pour cela il suggérait de prendre appui sur une élite définie comme étant « un groupe numériquement limité … Qui forme ou du moins prépare les attitudes et opinions de ceux qui à leur tour dirigent l’opinion publique. » [43] Ce parallélisme entre le Bilderberg et le Congrès pour la Liberté de la Culture n’est pas le fruit du hasard et l’on retrouve les mêmes acteurs dans les deux instances. La doctrine fut élaborée par le PSB à la demande du président du National Committee for Free Europe ( officine de la CIA ), C.D. Jackson, qui, au même moment, constituait le Comité américain du Bilderberg. Nommé, en 1953, conseiller spécial pour la guerre psychologique du président Eisenhower il devient, en 1954, administrateur du comité américain pour la Liberté de la Culture et membre du comité directeur du Bilderberg. Cinq autres personnalités sont liées aux deux instances : Hugh Gaitskell, chancelier de l’échiquier britannique, Denis Healey député travailliste, Stone Shepard directeur de la Fondation Ford et David Rockefeller président de la Chase Manhattan Bank.

    Le mode d’emploi

    Le fonctionnement du Bilderberg est décrit dans la brochure de présentation du groupe :
    Le Prince Bernhard des Pays-Bas est le président et dirige chacune des réunions. Il est assisté par un secrétaire général pour l’Europe – Joseph Retinger jusqu’en 1958 [44] – et un secrétaire général pour les USA – Joseph E. Johnson [45]- Le Prince centralise toutes les activités de Bilderberg, désigne les membres du Comité directeur et après consultation de ces derniers décide des personnes à inviter aux conférences annuelles. Le Comité directeur se réunit au moins deux fois par an. Sa composition est variable à l’exception d’un petit groupe d’hommes qui sont toujours présents. Si, au début des années cinquante, les Conférences de Bilderberg comptent une cinquantaine d’invités, on en dénombre, aujourd’hui environ cent vingt. Considérant que « les dirigeants réels d’un pays ne sont pas seulement les politiciens [et que ] d’autres grands intérêts – religieux, financiers, industriels, syndicaux, intellectuels – jouent également leur rôle en matière de relations entre pays [46]« , la répartition des conférenciers est la suivante : environ 1/3 d’hommes politiques, 1/4 d’hommes d’affaires, le reste étant des intellectuels, des syndicalistes, des diplomates, des fonctionnaires et des représentants de la presse. Les conférences durent trois jours, dans un hôtel entièrement réservé à cet effet et gardé par une escouade de policiers. Ni les conjoints, ni les secrétaires ne sont acceptés. Chaque participant aux conférences devient « membre » de facto du Bilderberg et même s’il n’est plus invité par la suite, il peut sur demande recevoir les comptes rendus des réunions et ainsi continuer à user de son « influence » pour « contribuer à la réalisation des objectifs que Bilderberg s’est assigné ». La relation à la presse est ainsi décrite pas la brochure de présentation : « La presse en tant que telle n’est pas admise aux conférences, cela ne signifie pas pour autant que les journalistes soient exclus des réunions. En fait, d’éminentes personnalités de la presse ont assisté à la plupart des conférences, mais ils ont participé, comme tous les autres en leur qualité personnelle » [47]. Cette belle architecture faillit toutefois s’effondrer en 1976 lorsque le Prince bernhard fut pris dans la tourmente d’un scandale financier. Il fut contraint de reconnaître qu’il avait reçu 1 million de dollars de pots-de-vin de la firme Lockheed afin d’influencer le gouvernement hollandais pour l’achat d’avions de chasse F-16. Le Prince démissionna de la présidence du Bilderberg et il n’y eu pas de conférence cette année-là.

    Les socialistes sont nos meilleurs amis

    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, aux Etats-Unis, le clivage politique dans le domaine des affaires étrangères ne se fait plus selon une ligne Républicains/Démocrates mais selon une ligne isolationniste/interventionniste. Dès 1941, le courant interventionniste – politique de la porte ouverte – était devenu majoritaire dans les deux camps. En 1952, le président Harry Truman institua une règle visant à assurer la continuité de la politique extérieure quelque soit la majorité au pouvoir [48]. Situation dont se félicite le Comité américain lors de la Conférence de Bilderberg à Barbizon en 1955 : « Le large soutien auquel le Président est maintenant en mesure de faire appel pour sa politique étrangère, et qui couvre sans doute les deux tiers ou les trois quarts du parti républicain et une part considérable du parti démocrate, permet de traiter maintes questions importantes dans un climat de modération et de responsabilité. » L’objectif de Washington est d’exporter ce modèle en Europe afin que la ligne atlantiste soit conservée quelque soit le gouvernement en place, autrement dit s’assurer que si les partis socialistes viennent au pouvoir, ils adoptent une ligne compatible avec les intérêts américains. A la fin de la guerre les Etats-Unis organisèrent la Non Communist Left Policy – NCLP -( politique de gauche non communiste ) qu’Averell Harriman, résuma en ces termes au Congrès : « Les socialistes sont nos meilleurs amis en Europe«  [49]. Sur le terrain, les Américains savaient pouvoir compter sur de nombreux soutiens afin de développer cette politique. En Italie tout d’abord, où dès 1945 les « Etats-Unis érigèrent la Démocratie chrétienne italienne (DCI) – un ramassis de collaborationnistes, de monarchistes et de fascistes – comme rempart au communisme » [50]. Son dirigeant, Alcide De Gasperi, président du Conseil Italien et ministre des Affaires étrangères de 1946 à 1953, qui recevait secrètement de l’argent de la CIA, suggéra à celle-ci de financer aussi le parti socialiste. « Bonne idée » qui fut immédiatement mise en pratique [51]. Sa mort inopinée en 1954 priva le Bilderberg de sa collaboration. [52] En France, autre pays fortement contaminé – selon Washington – par les idéaux communistes, c’est l’ambassadeur américain Jefferson Caffery, qui avait chargé les relations avec les socialistes. En 1946, celui-ci fit savoir à Washington que Guy Mollet, qui s’apprêtait a devenir secrétaire général de la SFIO, « n’avait aucune sympathie pour les communistes et souhaitait par-dessus tout entretenir avec Washington des rapports amicaux [53] » Une note du 21 janvier 1947, des services de renseignement français – SDECE – indiquait par ailleurs que « la NCLP prenait forme et que le soutien économique des partis européens de gauche non communistes a été décidé [54] » Fort de cette relation de proximité, l’ambassadeur Caffery discuta avec les socialistes de l’éviction des ministres communistes du gouvernement Ramadier. Eviction réalisée en mai 1947. Lorsqu’en mars 1949 les élections municipales montrèrent une forte poussée des conservateurs, Caffery, fit savoir au président du Conseil, Henri Queuille, que « pour les Etas-Unis, les socialistes devaient continuer à participer à la coalition gouvernementale » et dans la foulée alla trouver Guy Mollet pour lui demander de soutenir Queuille [55] . Guy Mollet devint en 1952 membre fondateur du Bilderberg. De l’autre côté de la Manche, l’affaire s’annonçait délicate. Il était question de mettre le Labor Parti (Parti travailliste) dans le « droit chemin ». Un organisme crée en 1948 par le premier ministre travailliste Clement Attlee fut utilisé à cet effet. L’IRD – Information Research Department – sorte de ministère secret de la guerre froide rattaché au Foreign Office était étroitement relié à la CIA [56]. Sa mission était de produire et de divulguer des documents de propagande anticommuniste [57]. Pour parvenir à ses fins,l’IRD cherchait à se « concilier les gens et les institutions qui, dans la tradition politique de gauche, étaient généralement perçus comme des opposants aux centres de pouvoir. Le but d’une telle conciliation était de se rapprocher des groupes « progressistes » afin de contrôler leurs activités en les influençant de l’intérieur. » [58] L’aile droite du Labor, en lutte contre le communisme était principalement conduite par Hugh Gaitskell et Denis Healey. C’est par ces proches de l’IRD que « la CIA espérait réussir à mettre la pensée politique britannique au service de ses projets pour l’Europe«  [59]. Hugh Gaitskell fut nommé ministre de l’économie en 1950, puis Chancelier de l’Echiquier. Membre fondateur du Bilderberg, il prendra la tête du parti travailliste en 1955. Denis Healey , quant à lui, dirigeait le Département international du Parti travailliste depuis 1948. Elu député travailliste en février 1952, il rejoignit le Comité directeur du Bilderberg en 1954.

    Quand le Bilderberg voulait rééduq

    uer le tiers-monde

    Au milieu des années cinquante, les Etats-Unis opèrent un virage sur l’aile. Les activités paramilitaires [60] et les opérations de propagande s’avérant contre-productive, ils décident d’adopter une politique moins agressive. La « libération » des pays d’Europe de l’Est prendra un peu de retard d’autant plus que l’occident ne semble pas au mieux de sa forme : sur le plan militaire, « les Russes ont pris de l’avance en matière d’armement » [61] quant à l’économie, « le taux généralement élevé de croissance économique [ de l’URSS ] semble être supérieur aux taux occidentaux. Ceci contraste péniblement avec la récession et le chômage croissant aux Etats-Unis. » [62] En réalité l’urgence du moment se situe du côté des anciennes colonies principalement en Asie et en Afrique.

    Sur la scène internationale ont émergé d’importantes personnalités du tiers monde qui ne se laissent guère intimider par la cupide et belliqueuse élite occidentale. Pourtant si les prises de position de leaders politiques tels que Sukarno, Nerhu, Hô Chi Minh, Nasser, irritent Washington elles constituent néanmoins une opportunité à saisir afin de prendre la main dans des pays jusqu’ici dominés par l’Europe. Difficile exercice pour lequel il s’avère nécessaire d’amadouer les alliés occidentaux que l’on s’apprête à dépouiller. La tension entre l’Europe et les Etats-Unis est vive sur la question coloniale, et la réunion de Bilderberg du 8 février 1954 est en partie consacrée à trouver un consensus entre les membres. En première analyse, les Européens relaient le ressentiment des gouvernements à l’encontre de l’attitude américaine en Birmanie, en Indonésie, en Indochine, au Maroc et plus généralement dans les Territoires de l’Union Française [63]. Face à cette mise en cause, le Groupe américain se retranche derrière son opinion publique, laquelle est, dit-on, en proie à une « réaction sentimentale » et « hautement émotionnelle » sur la question du colonialisme et se place résolument du « côté des aspirations nationalistes des peuples des colonies ». Une fois encore le grand Satan communiste permet aux deux rives de l’Atlantique de se rapprocher et d’adopter une position commune ainsi résumée :  » Dans presque tous les cas l’abandon du pouvoir par les Européens a laissé les peuples des colonies dans une compréhension du gouvernement démocratique inadéquate et un manque de maturité pour affronter les tâches auxquelles ils sont confrontés. Dans la confusion économique et politique qui en résulte,les communistes sont en position de prendre le contrôledugouvernement. Nous devons insister sur le fait que c’estprécisément le but recherché par Moscou … Nous devons considérerque les troubles [ fomentés par la Russie ] vont croître et que le problème des pays sous-développés va monter en importance. »

    La question du colonialisme est d’autant plus prégnante que trois mois plus tard, en avril 1954, à l’initiative du président indonésien Sukarno, une conférence au sommet réunira à Colombo, capitale de Ceylan, les présidents d’Indonésie, d’Inde, de Ceylan, du Pakistan et de la Birmanie. L’objectif de cette conférence, qui mettra sur les rails le courant des « non-alignés » est de proposer une action commune pour mettre fin à la guerre d’Indochine, où la situation est des plus confuse, et où français et Américains sont engagés dans un véritable bras de fer.

    A la fin de la 2°Guerre Mondiale, le Département d’Etat considérait que parmi toutes les administrations coloniales de l’Asie du Sud-Est, l’administration française en Indochine avant la guerre avait été la pire. Il entendait malgré tout obtenir de la France la liberté du commerce en l’Indochine ainsi que la possibilité d’établir des bases américaines. En octobre 1948 les USA se donnèrent pour mission de débarrasser l’Indochine de l’influence communiste d’Hô Chi Minh et d’instaurer un Etat entretenant avec l’Amérique des liens d’amitié, tout en étant formellement associé à la France. Si bien qu’en 1954, la guerre d’Indochine menée par la France était encore financée à plus de 80% par les Etats-Unis [64]. Mais la cuisante défaite de Diên Biên Phu change la donne.

    Les accords de Genève de juin 1954, signés pour la France par Pierre Mendès France, prévoient la partition du Vietnam en deux entités, le retrait des troupes occidentales, et des élections générales dans les deux pays, en 1956. A la Maison Blanche, ces accords sont qualifiés de « désastre » et l’on décide, premièrement de les saboter et deuxièmement de prendre la place des Français. Un accord secret conclu entre Paris et Washington en septembre 54 engage la France à soutenir Ngô Dihn Diêm, le candidat des américains – profondément anti-français – pour les futures élections. Un nouvel accord, militaire celui là interviendra quelques semaines plus tard. Tandis que négociateurs européens et Américains mènent leurs discussions, sur le terrain, au Vietnam, services secrets français – défenseurs des puissants intérêts financiers en place – et CIA se livrent une guerre souterraine faite de coups tordus, de sabotages, de manipulations et de tentatives d’assassinats. [65]

    Cette guerre souterraine n’empêche pas, toutefois, le ministre français des Affaires étrangères, Antoine Pinay [66], de consacrer trois jours de son précieux temps à la Conférence de Bilderberg qui, en cette année 1955, est hébergée à Barbizon En parallèle du conflit larvé franco-américain, une autre guerre se dessine. Il s’agit, et la conférence de Bilderberg y consacre une session entière, de se mettre en ordre de bataille afin de lutter contre le neutralisme, problème déclaré par le président Eisenhower comme étant encore plus préoccupant que le communisme. La question des « peuples non engagés » ainsi définis :  » nationalistes d’Asie, d’Afrique et du Moyen Orient qui ne sont pas pleinement ralliés aux idéaux et aux idées de l’Occident » est longuement débattue et se voit conférer le statut d’ « urgence politique ». Urgence liée au calendrier, car nous sommes au mois de mars et le 18 avril, 29 pays se réuniront à Bandung [67] pour une Conférence dont le programme est, d’ores et déjà, considéré par le Bilderberg comme un catalogue de « déclarations anti-occidentales fondées sur l’anticolonialisme le plus superficiel et le plus mal digéré. »

    A Barbizon, les conférenciers se livrent alors à une séance de psychanalyse d’où il ressort que ces peuples « encore pauvres et inefficaces » n’ont pas opté pour l’Ouest dans sa lutte contre le communisme du fait d’une « psychose » qui prend racine dans le « ressentiment et la jalousie » vis -à – vis de pays occidentaux dépeints comme étant des « boucs émissaires ». L’assemblée décide de trouver des « remèdes à cet état morbide qui peut nous faire perdre militairement et politiquement l’Afrique et l’Asie » et conclu à la nécessité de « persuader ces peuples d’accepter nos idées de société démocratique comme étant la seule solution équitable des problèmes de l’humanité. » Une première piste se dégage qui fait l’unanimité, et la Conférence se prononce pour un programme visant à établir des « relations franches avec les chefs de ces pays » dont la principale tâche doit-être de « rééduquer leurs peuples ».

    Pour renforcer les nouveaux liens avec ces peuples « incapables de se rappeler que l’existence humaine est une vallée de larmes » une solution de nature économique, cette fois, est envisagée. Mais il faudra, auparavant, que l’occident se soit « débarrassé de sa complaisance passive pour la bonté et la perfection de son système » et ce, d’autant plus rapidement, que jusqu’à présent il n’a pas « subi d’agression de la part des Russes sur le champ de bataille de l’économie ». A leur grand étonnement, les conférenciers observent que jusqu’à présent, les Russes n’ont fait « aucune tentative pour détraquer l’économie du monde libre par l’usage de leur propre puissance ». Cette situation devra être exploitée au plus vite, car « lorsque les peuples comparent ce qui s’est produit dans un pays qui a été pris en main par le communisme et dans un pays qui est demeuré libre de celui-ci, nous nous trouvons en face d’un immense défi. »

    Pourtant, cet allant novateur ne portera pas ses fruits et la conférence du Bilderberg réunit à Fiuggi du 4 au 6 octobre 1957, constatera que la « pénétration de la civilisation, de l’éthique et des idéaux de l’Occident dans les pays non engagés » a échoué et que la classe dirigeante des pays neufs manque toujours « d’admiration pour nos standards techniques » et tarde à adopter « nos standards politiques et moraux. » La crise de Suez n’avait sans doute pas laissé que de bons souvenirs.

    Nous sommes tous des américains [68]

    Aujourd’hui, la guerre froide est terminée, l’Union Soviétique a disparu ainsi que le Pacte de Varsovie. En revanche, l’OTAN est toujours là, le Bilderberg aussi.
    Des protagonistes de la première heure seuls sont toujours vivants, et assidus aux conférences, David Rockefeller (92 ans) et Henry Kissinger (83 ans). La principale fonction des conférences n’a pas changé, à savoir tester et affiner la propagande que les « élites » au service de l’empire américain utiliseront pour manipuler l’opinion publique, notamment lors des guerres de prédation menées au nom de la Liberté.
    Depuis sa création, le Bilderberg, présidé depuis l’an 2000 par le Vicomte Etienne Davignon, a monté en prestige et aujourd’hui, l’on se flatte « d’en être ». La reine Béatrix des Pays-Bas, fille du Prince Bernhard, honore de sa présence les conférences depuis de nombreuses années.
    En plus des ministres en exercice, des députés, des journalistes, des banquiers et des PDG, sont régulièrement invités, la plupart des commissaires européens ( leur voyage est payé par la Commission européenne ), les présidents du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que le directeur général de l’OMC. Pour assurer la sécurité de ces VIP, le gouvernement du pays hôte déploie une armada policière, armada rétribuée cela va sans dire, par les contribuables. Et l’on nous dit, depuis 54 ans, que tout ceci est de nature strictement privée [69]. Il serait peur-être temps de rappeler à cette pseudo élite la sentence du Président Roosevelt : « La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’état démocratique lui-même. Ce qui, fondamentalement est le fascisme ».

     


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    Nos "vieux" vont-ils être

    euthanasiés ?

    Par Chantal Dupille

     

     

    Ceux qui veulent discréditer le bien-fondé de nos positions, ou notre goût pour la vérité, ou encore notre simple clairvoyance, nous taxent de "conspirationnistes". Non seulement nous ne conspirons pas, non seulement nous ne sommes pas des obsédés de conspirations contre les peuples, mais nous nous contentons de mettre en garde contre les plans à venir : Et par exemple, j'ai alerté mes Lecteurs sur les risques de déstabilisation volontaire de toute l'Afrique, et déjà, contre la déstabilisation d'un pays comme l'Algérie que l'Occident rêve de re-coloniser et de piller en toute liberté en mettant à sa tête une marionnette docile (comme ici, article pour non-initiés :  Clefs pour comprendre la guerre impérialiste contre le Mali (eva R-sistons)). Mon tort est généralement d'avoir raison trop tôt, comme lors de l'attaque de la Libye lorsque, la première, j'ai dit en ayant sous les yeux d'anciens articles du Monde, du Diplo, du Courrier international... : Attention, on va détruire un pays de cocagne et tuer un très grand dirigeant ! 

     

    Or, sur le sujet de l'"euthanasie" des plus âgés, cela fait plusieurs années que je tire la sonnette d'alarme (en évoquant d'ailleurs le film Soleil Vert), chaque fois en criant dans le désert : "Attention ! demain, on euthanasiera les retraités !" Et pourquoi pensais-je cela ? Seulement parce que j'avais saisi au vol une phrase inquiétante de l'Ambassadeur en France du Nouvel Ordre Mondial, Jacques Attali, d'abord dans un de ses livres, ensuite dans ses "Conversations d'Avenir" (LCP). Il disait quelque chose comme cela : Demain, on peut imaginer que l'on euthanasiera les retraités improductifs, piètres consommateurs, inutiles et surtout coûteux. Bigre ! J'ai sursauté. Je venais d'entendre la semaine précédente que l'Opéra serait à terme condamné parce que trop coûteux lui aussi : Que dites-vous d'un couple de chanteurs (dans le meilleur des cas) et d'un piano ? Déjà, on commence à nous habituer aux opéras modernes, c'est à dire sans costumes d'époque... première étape ! .

     

    Lorsque dans les années 70-80 je militais au sein du PS, j'avais choisi de diriger la Commission 3e âge car déjà, je sentais la grande détresse des personnes âgées isolées. Il y a peu, j'ai mis en place un site destiné aux seniors.

     


    Les dents du diable - Anthony Quinn Image 3 sur 4

    Le couple et la vieille mère

     

     

    Très jeune, j'avais vu un film qui m'avait beaucoup impressionnée :  Les Dents du Diable, avec Anthony Quinn. Vie très dure dans l'Arctique canadien. Je n'oublierai jamais une scène : Celle de l'abandon de la vieille mère dans la glace, devenue bouche inutile à nourrir... J'avais pensé : Barbarie !

     

    Comment les Amérindiens traitaient-ils leurs anciens ? Avec respect pour leur savoir-faire, leur expérience, leur sagesse, leur patience... Un modèle pour tous ! Et chez nous, il  y a peu encore, les différentes générations cohabitaient, et tout le monde y trouvait son compte.

     

    Et voici que se profile l'ombre du Nouvel Ordre Mondial totalitaire et barbare : Va-t-on se débarrasser de nos anciens ? Déjà, on envisage des réformes sociétales - pour pallier l'absence de réformes sociales - sous le Gouvernement Hollande, mettant en cause tous les fondements humains de notre société; et ainsi, pas à pas, nous allons dériver de l'euthanasie pour malades incurables à l'euthanasie pour convenance personnelle... qui préfigureront plus tard l'euthanasie pour tous les retraités improductifs, inutiles, coûteux ! Nous sommes en train d'entrer dans un engrenage que nous ne maîtriserons plus, réforme après réforme. Déjà, on nous familiarise avec l'idée de "délocaliser" les retraités... et quoi encore ? ( Alerte ! On commence à "délocaliser" les retraités trop coûteux ! )

     

    Notre société est de plus en plus déshumanisée, virtuelle, technique, robotisée, impitoyable... allons-nous tolérer qu'elle finisse par euthanasier nos parents ?

     

    Bon sang, allons-nous ouvrir les yeux sur tout ce qui se prépare, sur la réalité du Nouvel Ordre Mondial cher à nos dirigeants, et en particulier aux Sarkozy-Attali ?

     

    Il est temps de dire non à l'intolérable avant qu'il ne soit trop tard. Alerte ! Il y a urgence !

     

    Chantal Dupille

     

    http://chantaldupille.over-blog.com

     

    TAGS : Vieux, euthanasie, Dents de la Mer, PS, retraités, Nouvel Ordre Mondial, Jacques Attali, Sarkozy, Hollande, réformes sociétales, Amérindiens, barbarie, Afrique, conspiration, opéra, Libye, Conversations d'avenir, Amérindiens, LCP...

     

    Mort aux vieux !

    Mardi 1 Janvier 2013 Elie Arié - Chroniqueur associé
    Elie Arié
    Cardiologue, enseignant à la chaire d’Economie et de gestion des Services de santé au... En savoir plus sur cet auteur
     

     

    Dans une société basée sur le profit, où l'on considère l'humain comme une unité de production tout juste bonne à être remplacée une fois devenue inutilisable, quelle place gardera-t-on pour les « usagés », source de dépenses sans contrepartie ?


    Photo extraite du film "Soleil Vert"
    Photo extraite du film "Soleil Vert"
    J’ai été frappé par la récente coïncidence de deux événements survenus la semaine dernière, et a priori sans rapport entre eux:

    - Le fait que l’article de Laurent Neumann, sur Marianne.net, mettant l’accent sur la situation financière très préoccupante des régimes des retraites, ce qui devrait angoisser tous les Français, a été lu par beaucoup de monde, mais n’a fait l’objet que d’un nombre assez faible de commentaires, ce qui semble témoigner d’un certain fatalisme et d’une sorte de sidération face à une catastrophe annoncée,

    - Et la programmation sur Arte, du film « Soleil Vert », racontant comment, dans des villes surpeuplées du futur, les personnes âgées seront encouragées à se faire euthanasier, pour être ensuite transformées en biscuits alimentaires pour les plus jeunes. Ce film de science-fiction de Richard Fleischer, sorti en 1973, est  inspiré d’un roman de Harry Harrison publié en 1966. Or, aujourd’hui, tous deux paraissent  beaucoup moins « fictionnels» qu’il y a près d’un demi-siècle.

    Pendant longtemps, dans la plupart des cultures, les vieux étaient à la fois moqués (le « barbon »),  mais aussi respectés, car supposés gagner en sagesse, en savoir et en expérience. Et le système des retraites par répartition a été inventé, créant une solidarité entre générations qui n’est, au fond, sachant que nous serons tous vieux un jour, que de l’égoïsme collectif et intelligent à long terme.

    Mais nous sommes en train de changer de société et de culture.

    Nous sommes entrés dans le monde du court terme, dans lequel tout objet ne vaut que tant qu’il peut être source de bénéfices, mais qui, dès qu’il se révèlera défectueux, se trouvera totalement dévalorisé et envoyé à la casse. Et, très logiquement, l’homme devient un « objet » et est progressivement traité comme tel.

    C’est déjà, depuis longtemps, le cas des salariés-kleenex, mis à la poubelle non seulement lorsque leur savoir-faire ne répond plus à aucune demande du marché, mais lorsque leur âge les rend nécessairement moins performants : « dégraissages » et quasi-impossibilité de retrouver un autre emploi dès la cinquantaine.

    Mais il n’y a aucune raison pour que cette logique économique s’arrête là. Comme le faisait remarquer dès 2002 le psychanalyste Charles Melman (1), « cette économie libidinale (...) est aujourd’hui au principe des relations sociales, à travers la façon de se servir du partenaire comme un objet que l’on jette dès qu’on l’estime insuffisant » : c’est vrai pour les mariages, comme ce sera bientôt vrai pour les vieux.

    Et de poursuivre sa démonstration : « Le problème de la prolongation de l’existence, par exemple, va poser des questions qu’il faudra résoudre. La masse des vieux coûtera cher à toute une génération. Et celle-ci devra trouver le moyen, avec des apparences honnêtes, de régler ce problème, c’est-à-dire de jeter ce qui, après avoir servi, est devenu usagé, source de dépenses sans contrepartie. (...)  Je vois très bien se profiler cette perspective : les compagnies d’assurances versant des primes aux personnes âgées qui auront souscrit des polices afin qu’elles servent à assurer un héritage à leur descendance, moyennant euthanasie pour raccourcir un parcours socialement onéreux. Le dire comme cela paraît abominable et monstrueux. Mais on voit régulièrement des choses semblables se passer. Alors pourquoi pas celle-là ? On développera toutes les argumentations et les théories nécessaires pour justifier l’affaire. Il y aura même des volontaires, il y en a d’ailleurs déjà. Alors on commencera par accepter, légaliser  l’euthanasie, et puis à partir de là... »

    Complétons le raisonnement : de l’euthanasie pour mettre fin à des souffrances sans espoir de rémission et que la médecine est incapable de soulager, on glissera progressivement vers l’euthanasie pour convenance personnelle sans justification médicale (« ma vie ne m’intéresse plus ») , puis à la pression sociale culpabilisatrice envers ceux  qui, refusant l’euthanasie, s’obstinent à constituer une charge improductive pour la société, alors qu’ils pourraient, en anticipant le moment de l'héritage, contribuer à la prospérité des jeunes générations encore actives : processus dont les biscuits alimentaires de « Soleil Vert » ne constituaient que le symbole prémonitoire...

    On vit une époque formidable : bonne année à tous !

    1- Dans son livre  « L’homme sans gravité », Folio Essais, Denoël, 2002
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    Vers l’obsolescence programmée de l’humain :

    Vieux indésirables ?...

    Un débat pour le siècle qui vient.

    Jacques RICHAUD
    URL de cet article 19037
    http://www.legrandsoir.info/vieux-indesirables-un-debat-pour-le-siecle-qui-vient.html
    Voir aussi :
    Parlons (Inter) Net
    Cahuzac : haro sur les vieux, ces pelés, ces galeux dont nous vient tout le mal

    Le MEDEF a proposé le 15 janvier, que la hausse des pensions de retraite soit inférieure à l’inflation jusqu’en 2017. Les syndicats sont contre. La CFDT pourrait l’accepter.

    Nicolas Sarkozy avait toujours refusé une telle mesure.

    Dans une interview aux Echos (15 janvier), le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, a estimé que cette désindexation serait un « élément d’appréciation très important » pour le gouvernement (du président adversaire de la Finance. N. de Th.).

    A ce jour, on ignore toujours si des riches capilliculteurs ont eu un compte en Suisse. Quant aux anciens leaders de la CFDT, aujourd’hui retraités, quelqu’un sait-il ce qu’ils deviennent avec leurs maigres pensions de militants ?

    Théophraste R. (Responsable au GS de l’évaluation des aides des seniors à leur descendance chômeuse, et donc à l’économie).

    PS. VERNISSSEZ VOS CANNES, REPASSEZ VOS ECHARPES ET VOS CASQUETTES A CARREAUX, CIREZ VOS BOTTES FOUREES, GRAISSEZ VOS DEAMBULATEURS CAMARADES !
    IL VA FALLOIR SORTIR DANS LA RUE (oui, je crie, parce qu’à cet âge-là…)

     

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    L'actualité vu de Russie, infos du 21.1.2013, un régal ! Cela change de la désinformation de nos Médias

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    Conditionnement des citoyens

     

     

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  • Les guerres intelligenates du XXIème siècle

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    Mercenaires et drones prédator


    «La guerre, c’est la guerre des hommes; la paix, c’est la guerre des idées.»
    Victor Hugo

     

    DroneUn article du journal Le Monde a attiré mon attention, il raconte un cas de conscience d’un militaire américain qui, du fin fond d’une salle climatisée de l’Amérique profonde a décidé de voler la vie d’un enfant à 10.000 km de là en le ciblant «grâce» à un drone prédateur. Naturellement, il n’y eut pas de réaction ou si peu des médias d’habitude si prompts à diaboliser quand il s’agit de jeter l’anathème sur les damnés de la Terre, surtout s’ils sont musulmans. Comme rapporte Théophraste R. dans un billet du site alternatif «Le Grandsoir» :  Quelqu’un disait (…): «Les médias ne vous disent pas seulement ce que vous devez penser, mais SUR QUOI vous devez penser. Pensez chaque jour aux petites victimes du tueur fou de Newtown et pas à celles de l’aviateur normal qui bombarde par erreur un village afghan. Jean-Paul Sartre a écrit dans «Qu’est-ce que la littérature?»: «Le silence est un moment du langage; se taire ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, donc parler encore. Si donc un écrivain a choisi de se taire sur un aspect quelconque du monde, ou, selon une locution qui dit bien ce qu’elle veut dire de le passer sous silence, on est en droit de lui poser une [...] question: pourquoi as-tu parlé de ceci plutôt que de cela et – puisque tu parles pour changer – pourquoi veux-tu changer ceci plutôt que cela?».(1)

    J’ai donc voulu savoir comment faisait-on la guerre actuellement par esprit de déconstruction en décortiquant l’information, et en regardant derrière les plis pour voir la «vraie vérité» comme le dit si bien Jacques Prévert. La façon de faire la guerre a changé totalement depuis que les puissances occidentales ne se font plus la guerre entre elles. La doctrine est celle de «zéro mort» chez le puissant et le maximum de morts chez l’adversaire. Pour cela pratiquement un quart de siècle, après la chute de l’empire soviétique, l’hyper-puissance américaine n’ayant plus «l’empire du mal» comme adversaire s’est trouvé un nouveau Satan de rechange, l’Islam. Cela s’est fait concomitamment, avec le tarissement des puits de pétrole et les avancées technologiques. Il y avait donc un triple gain, démolir l’Islam, en démolissant le pays musulman, s’emparer des puits de pétrole et expérimenter au réel les nouvelles armes létales pour voir «leur performance».


    Donner la mort par procuration


    Dans cet ordre d’idée , Georges Stanechy écrit: «Il était une fois…un pays, qui avait à sa tête un dictateur: l’Irak. Ni pire ni meilleur que les pires autocrates féodaux et corrompus des pétromonarchies du coin, reçus en permanence avec tapis rouge et accolades dans nos «vertueuses démocraties». Mais, il avait eu le tort d’entrer en conflit avec ses protecteurs qui l’avaient installé au pouvoir. Alors, comme dans les films de gangsters, ils ont décidé de le remplacer par des marionnettes interchangeables et plus dociles. Pétrole oblige… «Apporter la Liberté et la Démocratie», affirmaient-ils, la main sur le coeur. Ils avaient une obsession, toutefois: «Renvoyer le pays à l’âge de pierre», disaient-ils. On ne comprenait pas bien: pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l’Irak en cendres?… Ils ont tout rasé. Méthodiquement. Tout ce qui est interdit par les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, ces «Traités internationaux qui contiennent les règles essentielles fixant des limites à la barbarie de la guerre.» Tout: centrales électriques, stations d’épuration d’eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d’automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d’élevage. Tous les ministères, sauf celui du Pétrole ! «Retour à l’âge de pierre»: mission accomplie. Jusqu’aux musées et sites archéologiques, pillés à l’exemple du sac du palais d’été des empereurs en Chine, en 1860, par les troupes françaises et les britanniques… Détruire, massacrer, piller… Le plus curieux: ils se sont acharnés sur les femmes et les enfants (…) ».(2)


    Les sociétés militaires privées


    Autres innovations que nous avons déjà rapportées : les sociétés militaires privées. Le vrai mercenariat est du côté de la coalition qui fait la guerre aux peuples irakien et afghan en faisant appel à des mercenaires. Il est né dans le sillage de la «guerre de l’information» et de la doctrine du «zéro mort» suite aux guerres perdues du Vietnam et du Cambodge, expérimenté notamment au Kosovo. Les Etats-Unis sont aujourd’hui déployés dans plus de 50 pays. Les raisons du recours à des sociétés militaires privées sont multiples: politiques: contourner le Parlement américain et éviter la critique populaire. Contourner le contrôle administratif : ne pas irriter l’opinion publique (doctrine de zéro mort). Les morts BW ne sont pas décomptés comme des soldats. A partir des années 2000, parallèlement à la disparition progressive du mercenariat traditionnel, se sont développées les Sociétés militaires privées (SMP) anglo-saxonnes, parfois en renfort d’une milice. Afghanistan et surtout en Irak (Military Professionnal Ressources Inc, Blackwater, Erinys, Aegis) depuis 2003 (…) Blackwater est une multinationale rentable.. ». (3)

    « 1 milliard de dollars de contrats avec l’État américain. En 2006, le nombre de soldats de Blackwater déployés dans le monde était estimé à 23.000. Le chiffre d’affaires de Blackwater a augmenté de 80,000% entre 2001 et 2006. Entre 2005 et octobre 2007 on a dénombré plus de 195 incidents impliquant Blackwater. Les guerres que mène l’Occident ne sont pas justes et partant, pas morales. Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des États-Unis…(3)


    Les guerres du futur


    Les médias ne tarissent pas d’éloges en décrivant, par le menu, les prouesses des nouvelles armes qui donnent la mort. Cela se fait d’ailleurs dans des kermesses telles que le salon du Bourget, où les marchands de mort viennent fourguer à des roitelets arabes ventripotents les dernières armes toujours en décalage avec l’état de l’art. Il n’est pas question de donner ce qu’il y a de récent. Souvenons-nous du contrat saoudien de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec les États-Unis. Que va faire l’Arabie Saoudite avec ses armes si ce n’est les retourner contre son peuple ou contre les Bahreinis?

    Avec un rare cynisme les médias occidentaux faisant la promotion des armes écrivent:
    «Pour protéger sa vie, le matériel coûteux et éviter l’enlisement, notamment lors de combats en milieu urbain, le fantassin du futur sera bardé d’électronique et relié en réseau avec l’ensemble des blindés et aéronefs. Il ne s’agit plus de science-fiction, mais d’une réalité. Des fantassins en débarquent à couvert. Ils sont équipés d’un gilet bourré d’accessoires électroniques. Grâce à cet équipement, ils sont tous connectés à un réseau informatisé. Chaque combattant dispose d’un écran lui permettant de connaître sa position et celle de ses camarades via GPS. Ils peuvent s’organiser et communiquer entre eux avec un ostéophone, un système qui capte la voix via la résonance des os (…). C’est la poignée avant du fusil mitrailleur (Famas) qui permet de commander la radio. Ainsi, pas besoin d’arrêter un tir pour actionner un interrupteur. Ces mêmes commandes permettent de régler un tir sans se mettre à découvert (…) Ce même dispositif est doté d’options infrarouges, ou de vision de nuit. Le futur, c’est maintenant. Le combattant porte un équipement électronique qui le connecte en réseau avec la troupe, les aéronefs et les véhicules blindés.(…) Le LOCC, Logiciel opérationnel de conduite du combat, est l’outil de suivi des opérations du chef. C’est une sorte de gros iPad façon militaire, qui peut afficher en temps réel l’intégralité des combattants, véhicules et unités sur le terrain. Les positions des ennemis y sont affichées ainsi que les champs de vision et les directions de déplacement des uns et des autres. Dans un blindé, il est présenté sous la forme d’un double écran tactile. Sur le terrain, les chefs de sections sont, quant à eux, équipés d’une tablette tactique de plus petite taille (..)(4)

    On le voit ce qui est important, c’est qu’il y ait zéro mort du côté de l’attaquant, que le matériel soit protégé, au besoin en tuant et aussi que le conflit ne s’enlise pas, car c’est de l’argent perdu…


    La mort en joystick


    Une autre technologique infernale concernant la mort est le drone avec des noms qui font froid dans le dos: drone predator, drones furtifs, drones reapers (faucheuses). Outils favoris des militaires depuis les années 1990, les drones sont de plus en plus utilisés. Ils sont expérimentés sur les faibles qui pensent échapper en vain à l’attaque sans pitié. Nous l’avons vu avec les éliminations des dirigeants palestiniens. Les drones ont, d’ores et déjà, changé la nature de la guerre.

    Dans cet ordre, l’histoire que nous allons rapporter est celle d’une bavure parmi des dizaines : «Brandon Bryant était pilote de drone au sein d’une unité spéciale de l’armée de l’air américaine. Depuis l’Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu’au jour où il a déclaré forfait. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d’une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, et dont la porte était condamnée par mesure de sécurité. Devant les yeux de Brandon et de ses collègues scintillaient quatorze écrans. Sous leurs doigts, quatre claviers. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu’un homme meure à l’autre bout de la planète. A l’intérieur du container, des ordinateurs ronronnent. C’est le cerveau d’un drone. Dans l’US Air Force, on appelle cette pièce un «cockpit». A cette différence près que les pilotes du container ne volent pas – ils se contentent de piloter. Brandon était l’un d’entre eux. Il se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10.000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, «marque» le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. «Les secondes s’écoulent au ralenti», se souvient Brandon aujourd’hui. Enregistrées au moyen d’une caméra infrarouge orientée vers le sol, les images sont transmises par satellite et apparaissent sur son moniteur avec un décalage de deux à cinq secondes».(5)

    «Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. A cet instant, Brandon aurait encore pu détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l’écran- l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué. «On vient de tuer le gamin?» demande-t-il à son collègue assis à côté. «Je crois que c’était un gamin», lui répond le pilote. «C’était un gamin?» continuent-ils de s’interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s’affiche sur leur écran. C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque: «Non, c’était un chien.» (…) Brandon se souvient de son premier tir de missile: deux hommes meurent sur le coup et il assiste à l’agonie du troisième. L’homme a perdu une jambe, il se tient le moignon, son sang chaud ruisselle sur l’asphalte. La scène dure deux minutes. Un beau jour, Brandon Bryant n’a plus eu qu’une seule envie, partir, faire autre chose. L’espoir d’une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu».(5)


    La nouvelle guerre par les «ponctuelles»


    La guerre moderne est devenue en théorie d’après les stratèges vendeurs de mort, un tel raffinement que les médias main stream qui nous font la promotion de ces nouvelles formes de suppression de vie, utilisent un langage neutre souvenons nous des « ponctuelles » terminologie utilisée par les commandos deltas qui éliminaient pour le compte de l’OAS, tout ce qui dérangeaient aussi bien les bougnoules, que les pieds noirs « tièdes ». En vendant ces informations ces médias se pâment devant les frappes dites chirurgicales tout en sachant que la chirurgie contrairement à son sens morbide dans ces guerres du XXie siècle, est en principe utilisée pour sauver les vies humaines.

    Dans cet ordre, Joe Becker du New York Times démonte la mécanique de mise à mort par les drones. « Au fil de son premier mandat écrit-il c’est devenu la spécialité du président américain: Sélectionner les terroristes à abattre et donner son aval à chaque frappe de drones à l’étranger. Une méthode expéditive qui suscite la polémique. (…) En août 2009, le patron de la CIA, Leon Panetta, a fait savoir à John Brennan que l’agence avait Mehsud dans sa ligne de mire. Toutefois, a prévenu Leon Panetta, la liquidation du chef des taliban au Pakistan ne satisfaisait pas aux exigences d’Obama, pour lequel il faut avoir la «quasi-certitude» qu’aucun innocent ne sera tué. De fait, il était certain qu’une opération causerait la mort d’innocents, puisque Mehsud se trouvait en compagnie de son épouse chez sa belle-famille. (…) Mais pas cette fois. Obama a donné son feu vert à la CIA et Mehsud a été tué ainsi que son épouse et, selon certaines informations, d’autres membres de sa famille. (…) Ce n’était pas vraiment le type de frappe chirurgicale que souhaitait Barack Obama. (…) A juste titre ou non, les drones sont devenus le symbole provocateur de la puissance américaine, foulant aux pieds les souverainetés nationales et causant la mort d’innocents. (…) Le bilan d’Obama a fait reculer l’idée selon laquelle les démocrates sont peu performants en matière de sécurité nationale. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Obama s’est révélé plus prompt à dégainer que Bush. Au Pakistan, depuis 2009, Il y eut 261 attaques avec 1819 taliban morts et 87 civils morts pour Obama contre 38 attaques avec 481 morts dont 94 civils avec Bush. Au Yémen, il y eut 48 attaques par les drones contre deux avec Bush (6)


    Conclusion : Qu’est ce qu’une guerre juste ?


    Dans une contribution précédente j’avais décortiqué le vocable de guerre juste selon l’Eglise et la charité chrétienne dont se prévalent les semeurs de mort. J’écrivais : « Si l’on croit la théologie catholique « une guerre juste » doit obéir à trois conditions, (…) La première des trois conditions énoncées par saint Thomas est que la guerre ne peut être légitimement décidée que par l’autorité politique souveraine qui a pour fin principale de connaître et de promouvoir le bien commun de la cité ou société politique parfaite. (…) La deuxième condition de la guerre juste est que la guerre soit entreprise pour une cause juste (..°) La troisième condition de la guerre juste est ainsi la rectitude de l’intention de celui qui fait la guerre. L’autorité politique suprême peut entreprendre une guerre pour une cause juste mais en étant mue principalement par une intention mauvaise. (…) On pourrait ajouter une condition que saint Thomas n’affirme pas explicitement : il faut que le belligérant use de moyens militaires légitimes. Il n’est donc pas permis d’user de n’importe quel moyen militaire pour vaincre son ennemi. Il y a des actes qui sont toujours mauvais en eux-mêmes et il n’est jamais permis de les poser. L’intervention des armées américaines et anglaises en Irak, décidée sans l’assentiment du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies » (3) (7)

    Pour Louis Delmas, la guerre n’est plus un affrontement de combattants, même éloignés les uns des autres par l’artillerie ou l’aviation, qui se battent en risquant leurs vies, mais un jeu informatique mortel où des opérateurs confortablement installés à des milliers de kilomètres, assassinent des adversaires en manipulant un clavier. Sous prétexte d’abattre un terroriste, les drones télécommandés envoient à un écran lointain les images de la vie d’une famille qu’ils observent pendant des jours avant de recevoir l’ordre de l’éliminer. Des militaires au chaud dans leur bureau, qui ne connaissent rien d’un champ de bataille, regardent des enfants jouer dans la cour, des femmes faire leur lessive, des vieux jouir du soleil. Jour après jour, la routine d’une existence ordinaire. Puis d’un coup, l’exécution est décidée. L’ordre arrive. Ils appuient sur un bouton. Si la cible est bien ajustée, le terroriste est tué. L’explosion fait le vide. Mission accomplie. Les enfants, femmes, vieillards qu’ils reconnaissaient chaque matin ne sont plus que des cadavres. Difficile à supporter. (…) Qu’est-ce qu’une guerre à zéro mort? Le robot (…) celui qui tue votre ennemi sans que vous couriez le moindre risque change la face de la guerre. Zéro mort chez l’agresseur, c’est devenu le slogan des nouveaux traîneurs de sabres. Ils disposent désormais d’un moyen de réaliser leur rêve. C’est un encouragement à déclencher des combats qui font impunément des masses de victimes.(8)

    Les guerres que mène l’Occident ne sont pas justes et partant pas morales. Quand Bush avait envahi l’Afghanistan, c’était pour délivrer les Afghanes, maintenant c’est pour combattre le terrorisme. Et demain ? Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis… On rentre chez soi avec la satisfaction du devoir bien fait ,d’avoir été un bon patriote, pendant qu’à des milliers de kms de là , c’est la terreur, le sang, les larmes la désolation, des vies volées et une haine des survivants qui sédimente inexorablement. Que veut dire alors «une guerre juste»? La question reste posée.

    1. http://www.legrandsoir.info/+jean-paul-sartre-explique-une-astuce-de-propagande+.html
    2. George Stanechy http://stanechy.over-blog.com/article-noel-les-enfants-de-fa…
    3. http://www.legrandsoir.info/Les-societes-militaires-privees-La-mort-par-procuration.html
    4. http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/high-tech-4/d/reportage-les-cyberguerriers-de-larmee-francaise_43699/
    5. Nicola Abé: Drones:Un ancien pilote américain raconte Der Spiegel 3 janvier 2013
    6. Jo Becker The New York Times 7 juin 2012 Jo Becker Comment Obama a appris à tuer avec ses drones The New York Times 7 juin 2012
    7.Qu’est-ce qu’une guerre juste ? http://www.etudesfda.com/SPIP/spip.php?article48
    8. http://www.mondialisation.ca/la-dangereuse-ere-de-la-telecommande/5314471

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique enp-edu.dz

     

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    1936-2013 : en remontant le temps des cerises…

    1936-2013 : en remontant le temps des cerises…

    8 janvier 2013 at 9 h 02 min

    France 1936. Le Front Populaire gagne les élections. Le gouvernement dirigé par Léon Blum impose des lois sociales comme la France n’en avait jamais connues : augmentations...

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    SYRIE : L’ultimatum d’Amnesty International à la Russie
    Amnesty International demande à la Russie d’autoriser les Etats-Unis et l’OTAN à commencer la ruine et le pillage de la Syrie

    par Tony Cartalucci

    Le 19 mars 2012

    Alors que la Libye se fractionne en factions antagonistes et que des escadrons de la mort racistes et génocidaires chassent les “indésirables” à travers la nation, que des régions entières du pays se détachent comme des émirats de la terreur semi-autonomes, qu’un patron d’institut pétrolier financé par BP, Shell et Total est installé comme premier ministre, chacun peut vérifier aujourd’hui que les dizaines de milliers de morts occasionnées par la campagne sponsoriée par les Etats-Unis et menée par l’OTAN dans cette nation souveraine d’Afrique du Nord est un échec total. A savoir, si la préservation de vies innocentes en étaient bien le but.

    Quoi qu’il en soit, si le but était de fractionner la nation en micro-états inefficaces et belligérants tout en installant un gouvernement fantoche à Tripoli afin d’autoriser les contrats donnés aux entreprises occidentales pour le pillage en règle de la richesse nationale, alors ce fut un succès retentissant.

    Le monde a été clairement berné par les Nations-Unies, le tribunal pénal international, le gouvernement des Etats-Unis, les gouvernements britanniques et français et bien sûr par l’OTAN dans sa mission de “responsabilté à protéger”. Autoriser le renouvellement de ces actes crimininels qui ont ravagés la Libye serait inconcevable. C’est pourtant exactement ce que demande Amnesty International à la Fédération de Russie.

    Avec une demande intitulée: Russie, plus d’excuses, agissez contre le bain de sang en Syrie”, Amnesty tente de manière perverse, de retourner les violences et les troubles clairement fomentés par l’occident en Syrie, comme étant quelque part le résultat du refus de la Russie de capituler devant la perspective d’une autre intervention de l’OTAN. Une intervention, qui soit dit en passant, est certaine de créer encore plus de violence, de divisions ethniques et de bains de sang en Syrie, en même temps que le pillage par les entreprises occidentales avides de remplir le vide laissé quand l’establishment nationaliste syrien sera éliminé comme il le fut en Libye.

    Le rapport d’Amnesty cite les statistiques de mortalité fabriquées par l’ONU et qui ne sont exclusivement basées que sur les rapports de l’opposition syrienne, avant de critiquer le positionnement des troupes syriennes et de son équipement autour de la ville de Homs, qui est reconnu depuis récememment comme la bases d’opérations de militants lourdement armés. Amnesty demande ensuite de manière réthorique: “combien de victimes devront –elles souffrir avant que la Russie ne prenne une attitude décisive envers les crimes contre l’humanité commis en Syrie ?” On pourrait tout aussi bien répondre par cette question: combien de victimes doivent encore souffrir avant que le monde ne prenne l’attitude nécessaire contre Wall Street et la City de Londres dans leur carnage global perpétré de la Libye à la Syrie, en passant par l’Iran, l’Irak et les montagnes et villages d’Afghanistan ?

    Amnesty conclut son ultimatum en demandant que la Russie arrête de vendre des armes à la Syrie, et ce alors même que les gouvernements occidentaux, par le biais de l’OTAN et ses clients des états arabes continuent eux à suppléer de manière constante des armes, des fonds et même des combattants étrangers au mouvement d’opposition syrien.

     



    Amnesty est financée et gérée par le ministère

    des affaires étrangèrs américain et le gros business


    D’aucun pourrait se demander pourquoi Amnesty International travaille clairement en contradiction avec son propre objectif de mission qui est de “protéger les personnes à qui on refuse la justice, la liberté, la vérité et la dignité où que ce soit”. Notre premier indice vient de qui en ce moment est le patron de l’association: Suzanne Nossel en est sa directrice exécutive.

    Nossel a terminé une pige comme secrétaire assistante des organisations internationales auprès du ministère des affaires étrangères états-unien, avant d’avoir été nommée à la tête D’Amnesty International. Elle fut également vice-présidente des opérations stratégiques pour le Wall Street Journal et fut une consultante médiatique pour McKinsey & Co (membre fondateur corporatiste du Council on Foreign Relations – CFR -). La manipulation de l’opinion publique est une de ses spécialités, une qui est certainement pleinement utilisée en ce qui concerne la Syrie.

    Nossel alors au ministère des affaires étrangères, parle du “printemps arabe” créé par les Etats-Unis et le rôle des Etats-Unis dans le soutien des groupes d’opposition. Elle parle au National Iranian American Council et elle cite spécifiquement la Brookings Institution pour bâtir le cas sur les abus des droits de l’Homme en Iran. On peut se demander si Nossel ne s’est pas négligemment inspirée de rapport de la Brookings “Which path to Persia”, qui conspire ouvertement pour renverser le régime iranien en soutenant une “révolution colorée”, en armant des groupes terroristes dûment répertoriés (tout comme les Etats-Unis le font maintenant en Syrie), et provoquer l’Iran dans une guerre dont elle ne veut absolument pas. Nossel continue de manière évidente son travail de déstabilisation de nations souveraines en utilisant comme levier la cause des droits de l’Homme au sein d’Amnesty International.

    Vidéo du discours de Nossel


    Comment Amnesty International peut-elle être considérée comme impartiale alors qu’elle est gérée par une femme qui représente clairement les intérêts américains, à la fois gouvernementaux et au travers de l’establishment industrio-financier, est quelque chose de complètement sidérant.


    Le pire est qu’Amnesty International est également financièrement soutenue par le gouvernement et le monde des affaires international. Amnesty International reçoit des fonds du spéculateur de Wall Street George Soros et de son Open Society Institute ainsi que du département pour le développement international britannique, la commission européenne et d’autres fondations financées par la grosse industrie (page 8).

    Amnesty International est compromise par un conflit d’intérêt conséquent qui voit son organisation être financée de manière disproportionnée et gérée par des représentants de Wall Street et de Londres. Il est très clair que non seulement Amnesty International est une organisation compromise, mais ils utilisent sans scrupule également comme levier, la noble cause des droits de l’Homme afin de perpétrer un agenda politique qui les sert, ce qui dans le cas de la Syrie veut dire, changement de régime en faveur de créer dans le pays un état client de l’occident.


    Les troubles en Syrie sont soutenus en sous-main par les Etats-Unis

    et sont planifiés de longue date


    La Syrie a été programmée pour un changement de régime depuis au moins 1991. En 2002, le secrétaire aux affaires étrangères John Bolton ajouta la Syrie à “l’axe du mal”. Il sera révélé plus tard que les menaces de Bolton contre la Syrie se concrétisèrent par un soutien et un financement des groupes d’opposition à l’intérieur de la Syrie et ce au cours des gouvernements d’à la fois Bush et Obama.

    Dans un artice de CNN d’Avril 2011, le porte-parole du ministère des affaires étrangères Mark Toner déclara: “Nous n’essayons pas de miner le gouvernement de la Syrie. Ce que nous essayons de faire en Syrie, au travers de notre soutien à la société civile, est de construire le genre d’institutions démocratiques, que franchement nous essayons de construire dans bien des pays dans le monde. Ce qui est différent, je pense, dans cette situation est que le gouvernement syrien perçoit ce type d’assistance comme une menace sur son contrôle du peuple syrien.”

    Les remarques de Toner arrivèrent juste après que le Washington Post ne fuite des câbles indiquant que les Etats-Unis avaient financé des groupes de l’opposition syrienne depuis au moins 2005 et qu’ils continuaient aujourd’hui.

    Dans un rapport de l’AFP d’Avril 2011, Michael Posner, le secrétaire d’état auprès du ministère des droits de l’homme et du travail déclara que “le gouvernement des Etats-Unis a budgetisé 50 millions de dollars les deux dernières années pour développer des technologies nouvelles pour aider les activistes à se protéger contre les arrestations et les poursuites des gouvernements autoritaires.”

    Le rapport en vint à expliquer que les “Etats-Unis organisent des sessions d’entrainement pour 5 000 activistes dans différentes parties du monde. Une session qui s’était tenue au Moyen-Orient six semaines auparavant avaient réuni des activistes de Tunisie, de Syrie, d’Egypte et du Liban, qui retournèrent dans leur pays avec pour objectif d’entraîner leurs collègues sur place”. Posner ajouta: “Ils s’en retournèrent et il y eut des ondes de choc en retour”. Cette “onde de choc” fut bien sûr le “printemps arabe” et dans le cas de la Syrie, l’origine des troubles coutant menaçant de déstabiliser la nation et d’inviter à une intervention étrangère.”

    Plus récemment, des révélations montrant que les militants syriens sont en fait armés, entraînés, financés et même rejoints sur les champs de bataille par le groupe islamique armé de Libye, une organisation listée comme terroriste par le ministère des affaires étrangères états-unien, ne fait que souligner d’autant plus la nécessité du gouvernement syrien du président Assad de tenter de restaurer l’ordre à tout prix. Le journal britannique le “Telegraph” rapportait en Novembre 2011 que le leader du groupe armé islamique libyen, Abdul Belhaj, avait rencontré les leaders de l’Armée Syrienne Libre sur la frontière turco-syrienne. Il fut rapporté que Belhaj promettait des armes et de l’argent (qu’il reçoit tous deux de l’OTAN), ainsi que d’envoyer des combattants libyens pour entraîner et se battre aux côtés des militants syriens.

    Le Réseau Voltaire confirmait les rôles de Belhaj et de son groupe islamique libyen non seulement à assister les militants syriens mais en fait les menant dans la déstabilisation en règle de la Syrie par l’OTAN.

    A en juger par les dix ans de guerre globale dans laquelle les Etats-Unis sont engagés au nom de “combattre les terroristes”, on peut légitimenebt se demander pourquoi les Etats-Unis et Amnesty International protestent et non pas applaudissent les tentatives de la Russie de renforcer la position d’Assad contre les tentatives de déstabilisation de son pays par des terroristes d’origine étrangère comme cela est vérifié. Une fois de plus, comme en Libye, il apparaît que le monde est trompé par ce qui est de manière grandissante un cirque géopolitique compromis ,forcené et illégitime centré autour de la City de Londres et de Wall Street.


    Amnesty parle pour Wall Street et Londres

    et non pas pour les droits de l’Homme.


    Qui va signer la pétition d’Amnesty pour soutenir leur demande envers la Russie ? Sera-ce le même groupe de personnes qui se laisse impressionner et berner dans l’escroquerie qui implose maintenant de “Kony 2012” ? De manière ironique, Amnesty International est sur le bateau qui coule depuis un moment, avec cette pétition adressée au président Obama intitulée Mettons fin à l’utilisation des enfants-soldats”, qui déclare dans une de ses parties: “Je commande le gouvernement des Etats-Unis d’assister les efforts pour l’arrestation de Joseph Kony….”

    Amnesty a pris en compte la propagande de guerre de l’ONG Invisible Children, ne donnant pas seulement une excuse à AFRICOM (US Army Africa Central Command) pour établir une présence en Ouganda, mais d’avertir que tous les groupes armés “dans la région” peuvent être utilisés pour justifier une expansion d’AFRICOM sur le continent africain.

    Il n’y a aucune raison pour laquelle la Russie devrait tenir compte des mots d’Amnesty International, qui a simplement remis au goût du jour les demandes et désirs de financiers et industriels de Wall Street et de la City de Londres, sous le déguisement de mauvais aloi de “préoccupations humanitaires”.


    Article original en anglais : Amnesty International's Ultimatum to Russia US State Department-run Amnesty International demands Russia allow US & NATO to commence the ruination and plundering of Syria. Publié le 16 mars 2012.

    Traduction par Résistance 71

     

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29846

     


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