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    Auteur : Guillaume Champeau - Source : Numerama

    Le journaliste et fondateur du site ArretSurImages.net Daniel Schneidermann est revenu ce vendredi matin sur la validation par le Conseil constitutionnel de la loi sur l'ouverture au marché des jeux d'argent en ligne. De notre côté, nous nous étions surtout préoccupés du filtrage et de la possibilité offerte à une autorité administrative d'exiger des moteurs de recherche qu'ils cessent de référencer des sites auxquelles elle n'a pas donné son homologation (payante). Différence de prisme oblige, Schneidermann s'est lui intéressé de façon très pertinente à l'impact que pourrait avoir la loi sur l'avenir de la presse.

    On le sait, tous les grands groupes de médias et même certains fournisseurs d'accès à Internet (Orange, Free...) s'intéressent de très près au jackpot promis par l'ouverture au marché des jeux en ligne. Les grands journaux qui "voient fondre leurs recettes publicitaires du fait de la crise, et leur audience par la faute des jeux vidéos ou des réseaux sociaux, attendent la légalisation des jeux en ligne comme la pluie bienfaisante, après des années de sécheresse", note l'observateur des médias. Alors que les formules payantes des journaux risquent surtout de faire fuir leur lectorat vers d'autres horizons gratuits, la manne des paris en ligne est vue comme un moyen de réconcilier l'information gratuite et la rentabilité économique. 

    Mais il y a un risque d'effet pervers qui pourrait durement toucher la crédibilité des journaux. "Le peu de confiance que le public plaçait encore en eux fondra sans doute encore. D'autant qu'un aspect a peut-être échappé à beaucoup, comme le relevait dans Le Monde un journaliste, Dominique Cordier : le média qui informera ses lecteurs et ses télespectateurs sur le sport, qui livrera des infos exclusives et des pronostics, aura aussi économiquement intérêt à leur faire perdre leurs paris", résume Daniel Schneidermann. Celui dont le métier est d'informer aura intérêt à désinformer pour pouvoir continuer à informer. Le joli paradoxe que voilà...

    C'est vrai pour le sport, mais ça peut être vrai pour d'autres choses. "Si l'expérience est concluante, pourquoi pas demain des paris sur le résultat des élections, ou sur l'issue des procès ?", se demande le journaliste. Bien vu.

    Dans le domaine des finances, l'article L465-2 du code monétaire et financier punit de deux ans d'emprisonnement et 1,5 million d'euros d'amende le fait de "répandre dans le public des informations fausses ou trompeuses" de nature à agir sur le cours d'une entreprise côtée. Faudrait-il imaginer le même type de délit pour protéger les joueurs ? Ou faudrait-il plus fermement interdire à celui dont le métier est d'informer de tirer profit de paris sur l'exactitude de ces informations ?

    Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com


    Auteur : Guillaume Champeau - Source : Numerama

    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12840


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  • Nullité de la presse française

     

     


    Les français sont vantards et cocardiers au point de croire en cette fiction de leur suprématie dans le domaine des droits de l'homme et dans la qualité de leur presse.
    Chaque jour, la semaine dernière, je lisais El Pais en admirant ce qu'était un journal: Largement 5 fois plus d'informations que dans le Monde et bien davantage d'articles de fonds, de débats et de tribunes.
    Même un journal moins prestigieux, El Périodico, avait plus de densité que n'importe quel quotidien de notre incomparable grande nation.
    Il faut dire que ce journal, vendredi, évoquait les "rumeurs" concernant notre famille royale sur 3/4 de pages, sans ragots et en rappelant l'historique de l'affaire. (A ce propos, retenons ce qu'en dit désormais notre Président: "Tout ceci est très exagéré". Dont acte. Mais l'exagération n'étant qu'un grossissement de la réalité, le voici qui avoue ce qu'il voulait faire taire, non?)
    Mais revenons à notre presse dite "sérieuse".
    Dans un dossier sur les retraites, le Monde du 13 avril publie une enquête reposant sur des personnages présentés comme réels et illustrant quelques catégories: le cadre, l'ouvrier, la cadre, l'employée, le fonctionnaire.
    Arrêtons nous sur ce dernier exemple qui démontre la désinformation à l'oeuvre dans cet article. Car on a beau s'interroger dans le même journal sur l'éthique des "infiltrés"à la télévision ou se pincer le nez sur les "dérapages" ou"la vie privée" à grand renfort de moralisme pour censurer ce qui doit l'être, le Monde est souvent à l'avant-garde de la manipulation et du mensonge.
    Ce fonctionnaire est donc présenté comme "Professeur des Ecoles" de 50 ans avec un salaire brut de ...3475 Euros!
    Il faudrait donc que ce fonctionnaire soit rémunéré dans les ultimes échelons de la hors classe... ce qui serait, au mieux, rarissime mais plus vraisemblablement impossible. Le cas le plus courant pour quelqu'un dans cette situation serait un salaire brut de 2811 Euros. Soit 2200 Euros net et pas de treizième mois. (J'entendais un Présentateur dire récemment dans un journal télévisé à propos de la Grèce:"Que dirions-nous si l'on supprimait en France le treizième et le quatorzième mois des fonctionnaires?" Chiche!)
    La même journaliste parle de 8% de primes... Ah, bon! Dans ce cas, il s'agirait d'un Directeur d'école mais pas un mot dans l'article! On nous dit, pour bien souligner le privilège du fonctionnaire: "Son espérance de vie à la naissance est de 81 ans"Comme si le travail de l'instituteur était le même aujourd'hui qu'il y a 50 ans!
    Bref tout ceci est absurde, malhonnête et indigne : la journaliste invente un fonctionnaire qui n'existe pas ou bien seulement dans une "cellule propagande" de l'Education Nationale qui distribue ces fictions aux journaux qui les publient sans sourciller.
    Alors de grâce, plutôt que de vous acharner sur des blogs qui sont réalisés par des gens qui écrivent pour un peu plus de vérité mais jamais pour l'argent ou un autre maître, commencez, Messieurs et Mesdames les Journalistes , à apprendre votre métier.
    Mais il est vrai qu'en bons caniches, vous avez votre niche fiscale. Pas vrai?

    Publié par HERMES à l'adresse 14:08

     

    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12226#12226


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  •  al jazeera.jpg 

    Francophonie depuis le Qatar. Après l’arabe et l’anglais, les autorités du Qatar ont l’ambition de lancer Al Jazeera en français. Grâce à cette chaîne d'informations en continu, Doha veut récupérer le marché de la francophonie en Afrique, où le minuscule, mais richissime émirat gazier, investit déjà massivement.

    Le Qatar, et son dynamique ambassadeur en France, Mohammed al-Qouwari, s’intéresse également de près à la population française d’origine maghrébine.

     

    Al Jazeera est l’outil de la très active diplomatie du Qatar, qui se veut « ami avec tout le monde », c'est-à-dire des Américains et des Iraniens, des Israéliens et du Hamas, de l'Occident et des islamistes. Une politique qui confine cependant parfois au grand écart.

    Par ailleurs, selon nos informations, une radio émettant en langue française devrait également voir le jour bientôt à Doha.

    Partenaire privilégié de la France, le Qatar entretient de bonnes relations avec la Paris. Nicolas Sarkozy y a fait un saut de puce en novembre à son retour d'Arabie, afin d'y récupérer Carla, qui était allée s'entretenir avec la cheikha Moza, la très dynamique deuxième épouse de l'émir. Une visite éclair qui n'a pas fait que des heureux !

    http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2010/03/bientot-al-jazeera-en-francais.html


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    En Amérique latine, les pauvres qui représentent une gêne sont tout simplement assassinés. Aux U.S.A., les pauvres sont aux prises avec des cataclysmes naturels, et on en profite pour s'en débarrasser. Fidel Castro a parlé d'aider les noirs de La Nouvelle Orléans dévastée par le cyclone Katrina alors qu'ils étaient pratiquement considérés comme le principal problème.

     

    Voilà pourquoi, les riches sont en train de faire de l'affaire Bettancourt une question de principes, sinon un enjeu fondamental.

     

    En l'occurrence, les riches, dont Nicolas Sarkozy se fait passer pour le champion, font subitement un tintouin de tous les diables pour récupérer Ingrid Bettancourt. Quoi qu'il en soit du calvaire enduré par elle, c'en est presque risible. On dirait qu'il n'y a qu'elle en Colombie à être une victime. Si Ingrid était la femme d'un paysan colombien pauvre ou une indienne, au lieu d'être prise en otage, elle aurait beaucoup de chances actuellement de se faire assassiner par des pistoleros — en Colombie on parle de paramilitaires — à la solde des riches, des grands propriétaires, ou de multinationales minières ou pétrolières. Mais il y a violence et violence. Il y a des violences que les riches jugent légitimes, normales, celles qui leur est profitable, et que les juges renoncent à sanctionner, ou celles qui auraient une raison d'être économique. Lorsque des journalistes prennent la défense de pauvres, lorsqu'ils informent l'opinion à propos des causes de leur calvaire, autrement dit à propos des multinationales ou des riches qui les font assassiner, ils se font parfois eux-mêmes assassiner. Nul essayiste n'en fait cependant des alter ego d'Anna Politkovskaïa.

     

    Voilà à quoi servent désormais les médias dont les riches semblent de plus en plus disposer. À vrai dire, les journalistes sont conditionnés à ne pas prendre la défense des pauvres. Sauf lorsqu'il est possible d'en faire un spectacle.

     

    Les médias jugent parfois utile de parler de la mort d'un pauvre. Mais cela n'arrive le plus souvent qu'en cas de catastrophe naturelle, ou lorsqu'un pauvre est victime d'autres pauvres. Les journaux étalent alors la tristesse de leur famille dans leurs colonnes. Ils font abondamment référence aux opérations de secours, du moins à certaines d'entre elles au point qu'on comprend qu'il faut être pauvre pour vivre aux pieds d'un volcan.

     

    Les médias parlent beaucoup des pauvres, de sorte qu'on ne peut les taxer de manque d'objectivité, mais ce sont surtout les organisations internationales ou non-gouvernementales qui leur viennent en aide dans certaines régions du monde qui sont présentées comme des héroïnes. Leurs malheurs n'ont de valeur que dans la mesure où ils servent à justifier l'ingérence de multiples organisations.

     

    Un tremblement de terre ou toute autre cause naturelle est toujours mis à profit pour faire étalage de l'organisation, des moyens hautement techniques, des capacités d'intervention de la société moderne, ou pour faire étalage des sommes d'argent en réalité dérisoires qui sont octroyées aux pauvres.

     

    Il n'est pas permis de parler des pauvres qui réussissent à s'en sortir par eux-mêmes en s'organisant, à moins qu'ils ne deviennent riches, qu'ils accèdent à des biens de consommation de luxe, qu'ils ne disposent de revenus réguliers.

     

    Bref, le pauvre n'a d'intérêt que s'il a l'air d'un pauvre, que s'il est dépendant d'une aide aléatoire qui ne peut en aucun cas servir à en faire l'égal d'un riche, ou s'il devient riche.

     


    Auteur : Adrien Du Katanga - Source : Le Plumitif

     

    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12164


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  • medias-scandale-cree.jpg 

    Qui possède les médias ?

    Et pour quoi faire ?

    "La presse libre n’existe pas. Vous, chers amis, le savez bien, moi je le sais aussi. Aucun de vous n’oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent. Nous sommes les outils et les laquais des puissances financières derrière nous. Nous ne sommes rien d’autre que des intellectuels prostitués" .
    John Swaiton, l’éditeur du New York Times, lors de son discours d’adieu.

    Cet article paru dans Agora Vox nous aide à mieux comprendre pourquoi il est diffusé tant de mensonges sur les pays qui n’acceptent pas d’être pillés, au premier rang desquels on trouve Cuba, le Venezuela et tous ceux qui souhaitent réserver les dites ressources au développement de leur peuple, mais cela nous explique aussi l’omerta qui règne sur la guerre en Afghanistan, son coût et les crimes qui s’y accomplissent en notre nom.

    1. Droit à l’information

    L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

    De plus, Victor Hugo, cité par Médiapart [1], a dit :

    « Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre ».

    On reconnaît un régime totalitaire par le fait que les médias sont contrôlés par le pouvoir politique. Les révoltes sociales et populaires comme celle d’Oaxaca au Mexique en 2006 passent systématiquement par la prise de contrôle d’un média audio-visuel. Cela illustre à quel point la maîtrise de l’information est fondamentale pour asseoir son pouvoir, a fortiori à l’encontre ou l’insu de la population, ou pour lutter contre une éventuelle tentative de désinformation. Ne dit-on pas également que le premier perdant d’une guerre est la vérité ? Les médias sont donc essentiels à la démocratie, peut-être plus encore que les autres pouvoirs. Ils en sont également le baromètre. Et les dirigeants de grands médias sont les personnes parmi les plus puissantes qui soient.

    2. Qui possède les médias ?

    Les médias sont très nombreux. Bouquets de chaînes de télévision, magazines spécialisés sur tous les thèmes, stations de radio… sans oublier le labyrinthe d’Internet que nous ne développerons pas, car n’ayant pas atteint encore la puissance et la visibilité des autres supports. Le réflexe naturel serait d’imaginer derrière cette multitude de marques, de chaînes, une diversité et une pluralité souhaitables. Mais l’effet est trompeur. Derrière ce nombre pléthorique, paradoxalement il y a peu de personnes, et même de moins en moins.

    Arnaud Lagardère, ami intime de l’actuel chef d’état, qualifié de « mon frère » par ce dernier, possède* les éditions Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod ; les magasins Relay, et Virgin ; les titres de presse Paris-Match, Elle magazine, le Journal du Dimanche, La Provence, Nice-Matin ; les stations radio Europe1, Europe 2, RFM ; les chaînes de télévision Canal J, MCM, Mezzo, Tiji, Match TV, la chaîne météo, CanalSatellite, Planète, Planète Future, Planète Thalassa, Canal Jimmy, Season, CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel ; entre autres.
    Groupe de l’industrie aéronautique, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 8,2 milliards d’€.

    Martin Bouygues (ami intime de l’actuel chef d’état, parrain d’un de ses fils) et sa famille possèdent* les chaînes de télévision TF1, LCI, Odyssée, Eurosport, Histoire, UshuaïaTV, S Star, Cinétoile, Cinéstar, Télétoon, Infosport, Série Club, TF6, TV Breizh ; les sociétés de production de films : Téléma, Film Par Film, TF1 Film Production, les sociétés de distribution de films : TFM, la société d’édition vidéo : TF1 Vidéo, les magazines Tfou Mag, Star Academy, et pour la presse écrite quotidienne gratuite :
    Métro.

    Groupe de bâtiment et travaux publics, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 32,7 milliards d’€.

    Serge Dassault, proche de l’actuel chef d’état, et sa famille possèdent* Le Figaro, L’Express, le Figaro Magazine et Valeurs Actuelles.
    Sénateur, avionneur et marchand d’armes, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires groupe en 2007 : 21 milliards d’€ (selon wikipédia, à vérifier).

    Avec ces 3 personnes nous avons listé notamment le 1er éditeur de France, le 2ème libraire de France, le 1er quotidien de France, la 1ère chaîne de télévision de France si ce n’est d’Europe.

    Dans ce pays, la plus grande partie des médias est donc détenue par cinq empires financiers : Bouygues, Dassault, Lagardère, Bertelsmann (groupe RTL, M6), Vivendi-Universal (canal+, SFR).

    Ajoutons encore Bernard Arnault l’homme le plus riche de France, qui fut témoin de mariage de l’actuel chef de l’état et qui possède Les échos. Vincent Bolloré, proche de l’actuel chef de l’état au point de lui prêter son yacht pour les vacances, possède la chaîne de télévision Direct8, les journaux gratuits Direct Soir et Matin Plus, en plus du groupe publicitaire Havas contenant RSCG de Jacques Séguéla.

    En voulant parler de concentration, on s’aperçoit que cette concentration est de surcroît, autour de l’actuel chef de l’état !

    Rarement autant de pouvoir n’a été concentré entre les mains d’agents économiques aussi restreints. Car le biais du capitalisme est qu’après la phase de concurrence, vient le temps du monopole de celui qui a gagné la bataille de la concurrence, et qui rachète ses anciens adversaires, sinon s’allie avec eux, cherchant par la même occasion à interdire l’accès au marché à d’éventuels concurrents. C’est le paradoxe d’un modèle qui, sans garde-fous, tend vers la suprématie, donc l’abus, puisque l’équilibre pluriel de départ est rompu. Depuis les années 90, ce contrôle capitaliste des médias se double d’une dynamique de concentration.

    Que reste-t-il ?

    Le service public.

    Sa part de marchés reste inférieure [2]. Du point de vue déontologique, ce secteur doit s’efforcer d’être neutre. Donc il va s’interdire les méthodes très commerciales de ses concurrents cités plus haut, ou au pire les emprunter dans une certaine mesure, ce qui ne lui fera pas rattraper son écart d’audience. De plus une nouvelle organisation l’a mis sous la coupe directe du chef de l’état en gage de la suppression de la publicité.

    Sondages

    Si par définition, le média est le moyen de communication et de diffusion d’informations, alors sans aucun doute le sondage est devenu un média. Pourquoi les sondages sont-ils si importants ? Parce qu’ils servent d’auxiliaires très puissants à l’homme politique. Et soyons clair, derrière les circonvolutions du discours bienfaisant et rassembleur, le fond du propos de l’homme politique est beaucoup plus net et agressif : si vous contestez la mesure, nous avons la preuve – que vous ne pouvez vérifier – que vous êtes minoritaires.

    Qui possède les instituts ?

    CSA est possédé par Vincent Bolloré, cité plus haut.

    IFOP est dirigé par Laurence Parisot, par-ailleurs présidente du Medef, organisation dont le frère de NS** fut vice-président jusqu’à fin août 2006, et invitée à la petite fête de la victoire de mai 2007 au Fouquet’s.

    IPSOS a pour administrateur notamment Nicolas Bazire, conseiller personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son dernier mariage. Pierre Giacometti, directeur général d’Ipsos France, lui aussi invité du Fouquet’s.

    Opinionway, a été fondé par Hugues de Cazenave. Voir cet article de politique.net [3] pour la mise en évidence de proximité politique.

    Ne manquons pas d’impartialité en étant partiels, existent aussi la SOFRES qui a pour actionnaire les fonds d’investissement américain Fidelity ; LH2 (ex-Louis Harris) qui a été vendu par TNS à deux de ses dirigeants et BVA qui a pour actionnaires les fonds d’investissement
    Rothschild.

    Sans préjuger d’une orientation politique systématique, on peut bien imaginer que, même s’il s’agit d’une minorité de sujets, les plus sensibles seront traités d’une certaine façon … ou pas du tout. Quant aux questions qui orientent les réponses, c’est tellement évident, que certaines études sont tout simplement honteuses. Et les journalistes des médias de masse n’apporteront pas la précision sur les propriétaires des instituts et leurs autres activités. Ce manque de professionnalisme confine à la désinformation.

    L’information libre étant consubstantielle (i.e. inséparable) à la démocratie, il est incroyable qu’une telle force, les médias, soit autorisée légalement à une telle consanguinité avec les pouvoirs économiques et politiques. Une démocratie qui laisse cela se mettre en place ne fonctionne pas correctement dans le sens constitutionnel d’un gouvernement par tou(te)s pour tou(te)s.

    3. Problème de la concentration (réunion de toute l’autorité dans les mains d’un seul)

    Il ne s’agit pas de stigmatiser telle ou telle entreprise qui n’a sans doute pas prospéré sans talent. Mais plutôt de montrer en quoi la situation ne convient pas.

    Aucun des établissements financiers qui possèdent les médias n’a ce métier comme activité unique. Et à l’exception de Bertelsmann, le journalisme n’est pas le but premier de ces sociétés. Il s’agit même de groupes qui ont comme particularité d’avoir pour client l’état : le bâtiment, les travaux publics et les activités d’armement. Pour le dire de façon peu diplomatique, ils doivent leur pouvoir et richesses aux commandes que leur passent les politiciens avec l’argent public. Cela pose des problèmes politiques sérieux.

    Ces groupes qui contrôlent la télévision ont la capacité d’utiliser le pouvoir conféré par cet outil puissant au bénéfice de leurs autres activités. Cela ne se fait pas forcément ouvertement. Mais par exemple on ne sera pas informé sur les activités en Afrique des grands groupes français, Bolloré notamment.

    De plus on constate une dépendance du pouvoir politique vis-à-vis du pouvoir médiatique. Si le groupe a besoin de l’état, il a les moyens pour lui apporter tout le soutien nécessaire. Par renvoi d’ascenseur, il pourra être servi par des commandes, qui à ces échelles sont très importantes.

    Malheureusement on a l’impression de répondre à la question : pourquoi ces entreprises championnes du capitalisme ont investi dans le secteur chroniquement déficitaire de la presse à l’aube du XXIème siècle ?

    De surcroît ce secteur se voit maintenant financé par l’état (et donc par les citoyens) via un plan de 600 millions d’euros distribués sur 3 ans [4] à l’initiative de NS. Ne s’agit-il pas avant tout d’un cadeau à ceux qui l’ont « fait » ?

    Ou le genre d’opération séduction / siphonnage qu’il maîtrise ? S’il existe bien des journaux dits d’opposition tels le Nouvel Observateur ou Libération, avec sa technique d’ouverture, NS est capable de les dompter par cette aide. Qui ne serait pas séduit et donc… influencé dans son travail ? C.f. ce très bon article de Médiapart [1].

    NS a bien compris l’importance de ce IVème pouvoir et continue à y étendre son emprise déjà quasi-hégémonique. Hégémonie ou consanguinité dont il tente de faire croire à l’inexistence en toute occasion.

    À titre personnel je suis frappé de constater que nombre de personnes pensent que le chef de l’état est légitime dès lors qu’il est élu. Mais si, avant l’élection, celui-ci possède les chaînes de télévisions comme en Italie ou a pour amis proches les propriétaires de celles-ci comme en France (amitié expliquée ou doublée d’une convergence d’intérêts), comment peut-on croire sérieusement que cela ne pèse pas sur l’issue du scrutin, et ce de manière illégitime, hors de l’esprit démocratique ? On peut sans conteste dire que NS a été « fait » par et pour les possesseurs de groupes de diffusion.

    Comment les médias servent la politique

    Le principe est de ne pas faire réfléchir les gens, de les éloigner de ce qui les concerne. On est en plein dans l’application de ce propos de Paul Valéry « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. ».

    D’où l’information mièvre, vidée de sa substance, l’écran de fumée de l’actualité mondaine, l’opinion saturée avec du bruit médiatique sur des sujets mineurs. Sans oublier le maniement de l’épouvantail de la peur avec les affaires de droit commun qui semblent sorties de la presse de caniveau. « Attention, danger ! Les pédophiles sont partout, à côté de chez vous. »

     

    Ce qui est recherché, c’est le consentement au système économique en vigueur : le libéralisme mondialisé. Les multinationales, qui ont le pouvoir réel, contrôlent les médias qui œuvrent à créer les « illusions nécessaires » préalables à ce consentement. In fine le travail des médias consiste à borner le champ de réflexion politique.

    Quant à la presse gratuite, la partialité est invisible derrière des dépêches aseptisées. Et le lecteur ne va pas se plaindre d’un journal qu’il n’a pas payé – directement pour le moins. Lire par exemple cet article sur ce sujet particulier. [5]

    Le plus grave ce n’est pas ce fait, logique, que nos grands médias deviennent de plus en plus acteurs de la société du spectacle. Mais c’est qu’en tant qu’outils politiques fondamentaux, ils soient en train de renoncer à leur tâche d’élaboration d’un espace public de discussion et de réflexion, pour ne plus exercer qu’une fonction de propagande.

    Conclusion

    Bien sûr il y a des personnes qui remettent en cause l’information reçue, qui savent à quoi s’en tenir, qui ne sont pas consommatrices passives de prêt-à-penser très orienté. Mais ces personnes-là sont en nombre réduit face à l’énorme part de la population qui se préoccupe moins de ces sujets.

    La question des médias est donc une question très sérieuse, qui concerne tous ceux qui refusent que les marchés pensent à leur place. Ne nous taisons pas face à la “majorité silencieuse” et tonitruante des “télés-réalités”, sachons voir que souvent le « diverti se ment ». L’information est un bien commun. Communiquer librement, un droit. Les groupes multimédias enterrent ce droit.

     

    Aujourd’hui, en France, on peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en cause, que les issues d’élections sont biaisées et sans doute pire encore, la réflexion personnelle qui permet l’engagement citoyen combattue.

    Au vu de cela, on comprendra que le pouvoir politique actuel soit gêné par l’Internet libre. Les campagnes de dénigrement de ce nouveau média ainsi que les lois visant à contenir son impact sont en cela très inquiétantes. Et la suppression de vidéos mettant en cause la caste au pouvoir se pratique déjà.

     

    Les vidéos sur Jean S. et l’ EPAD ont été supprimées de Youtube soi-disant pour propriété intellectuelle. La prise de participation de l’état dans le portail vidéo Dailymotion [6], en toute discrétion, va faciliter encore ce contrôle. Et c’est là que la déjà forte concentration se poursuit, en commençant par le contrôle d’un générateur de « buzz ».

    Auteur : Mychkine

    Pour : Sentinelles de la République

     

     http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/

     

    http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-qui-possede-les-medias-et-pourquoi-faire-47734703.html


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