• La Presse partisane s'acharne sur le dopage des seuls Russes


    vendredi 10 juin 2016

    Seppelt, le héros agressif de la propagande allemande anti-russe

     Seppelt

     
     
    La chaîne allemande ARD et le journaliste Hajo Seppelt sortent le troisième film sur le dopage en Russie, un seul n'a manifestement pas été suffisant. Mais suffisant pour quoi? Le 17 juin la décision finale doit être prise sur la participation - ou non - de toute l'équipe russe d'athlétisme aux JO de Rio. Peu importe, ceux qui se sont dopés, ceux qui ne se dopent pas. Si ce n'est toi c'est donc ton frère ... Et le troisième film, ça devient de l'acharnement, est sorti le 8 juin. Trois mois après le précédent.
     


    Nous ne reviendrons pas sur le fond de ce film, je n'ai pas mené d'enquête et je ne suis pas chimiste. Mais certains éléments concernant la démarche laissent songeur sur la fiabilité des informations obtenues et des conclusions tirées: il y a un dopage d'état en Russie. Donc ce n'est pas un ou deux athlète - 0,3% sont contrôlés positifs - qui doivent être écartés et justement sanctionnés pour ne pas salir le sport dans son ensemble. Non, c'est la Russie en tant que tel qu'il faut sanctionner. 
     
    Et quoi de mieux que la presse? Quand les problèmes sont juridiques, on utilise la justice et un tribunal. Quand la question est politique, les journalistes font l'affaire. Ils sont indépendants, ne l'oubliez pas. 
     
    Donc je ne reviendrai pas (vous pouvez le voir dans la vidéo) sur les moments croustillants où, par exemple, ils cherchent dans l'ombre d'une voiture de l'équipe russe pour faire apparaître magiquement par traitement d'image le visage voulu et donc prouver l'implication des émissaires russes. C'est vraiment de trop bas étage. Et il y a des éléments plus intéressants.
     
    Tout d'abord, les éléments matériels à charge viennent de l'acien responsable du Centre russe anti-dopage, en place de 2006 à 2015, Grigori Rodtchenkov. Ses problèmes commencent en 2013, où il est éclaboussé par une affaire de dopage touchant sa soeur, condamné en première instance à une peine de prison, il est relâché en appel. Mais l'Agence mondiale anti-dopage déclare la nécessité de fermer ce Centre et en 2015 accuse son ancien responsable G. Rodtchenkov d'avoir détruit des preuves. Il est écarté de ses fonctions en fin d'année 2015 sur demande de l'Agence mondiale anti-dopage. En janvier 2016 il part à Los Angeles, où il est accueilli en héro, reçoit un appartement, une voiture et se trouve à la tête d'un laboratoire ... anti-dopage. Cette source principale est manifestement extrémement fiable ...
     
    Ensuite, Hajo Seppelt, le journaliste qui a réalisé ces trois films sur la Russie, reconnait devant les caméra du journaliste russe de NTV Kondratiev que son film devait sortir avant le 17 juin, c'est-à-dire avant que la décision ne soit prise quant à la participation de la Russie aux JO. Voir l'interview ici. Pour reprendre ses paroles:
     "après (le 17 juin) il ne présente aucun intérêt". 
    Il affirme sa position:
     "un état qui soutient le dopage n'a pas le droit de présenter ses athlètes aux JO". 
     
    Nous en sommes quitte pour l'objectivité du journaliste. Mais ce qui est intéressant, à côté de cela, est de remarquer qu'il a été respectueusement accueilli par le ministre russe du sport Vitaly Mutko, ministre qu'il traîne dans la boue ensuite dans son film.
     
     
     
    Et quand le journaliste russe lui demande ce qu'il pense de ces chiffres: 0,3% de dopage en Russie et 0,27% en Allemagne, Seppelt commence à perdre ses moyens et devient agressif. Il dit de ne pas s'occuper de l'Allemagne et que le journaliste russe s'occupe de la Russie. Cette conception ne semble pas s'appliquer à lui-même. C'est alors qu'il se lève et ne veut plus répondre aux questions qu'il juge "stupides". Ou dérangeantes ...
     
    Mais le summum est atteint avec l'interview qu'il accorde aux journalistes de BGTRK Olga Skabeeva et son opérateur. Regardez d'abodr ne serait-ce que les images, elles sont parlantes:
     
     
    Tout d'abord, H. Seppelt, le journaliste "indépendant", accepte de donner une interview à condition que les questions ne soient pas stupides. L'on frôle le complexe de supériorité, mais passons. Ca devient intéressant à partir de la minute 2.37. Lorsque O. Skabeeva lui demande s'il peut présenter les preuves dont il parle dans son film, des enregistrements qu'il prétend détenir et ne montre pas. Tout d'abord il prétend qu'elle n'a rien compris, qu'il n'y a pas d'enregistrements. Et quand elle le renvoie à son film il commence à disjoncter. Le pire arrive lorsqu'elle lui explique que c'est important pour elle car son pays risque de ne pas participer aux JO - notamment à cause de ce film salué par l'Organisation mondiale anti-dopage. Il lui répond qu'elle ne doit pas s'intéresser à son pays, mais être indépendante. Elle répond qu'elle aime son pays et que ça l'inquiète. Et là il disjoncte totalement. Il lui hurle qu'il n'y a aucune raison pour aimer son pays, qu'elle ne doit pas aimer son pays, qu'elle doit être indépendante. Mais qu'elle est trop stupide pour cela. Ensuite, il réalise qu'il va trop loin et exige les enregistrements que les journalistes russes évidemment ne veulent pas donner. Il prend le micro de force, il les met dehors avec l'appareillage, frappe l'opérateur dans le couloir et ensuite les poursuit 30 minutes dans la rue.
     

     
    Il est difficile de croire qu'un tel individu, qui déteste la Russie de manière aussi vicérale, qui rejette l'idée même qu'il soit possible pour un russe d'aimer son pays sans être stupide (ce qu'il hurle à la face de journaliste en guise de ponctuation), que cet individu puisse produire un reportage objectif. Il s'agit finalement d'une basse oeuvre de propagande, une de plus, mais qui est saluée par l'Agence  mondiale anti-dopage. 
     
    Imaginez si un journaliste européen était traité de la sorte en Russie? Ce serait un raz-de-marée médiatique. Mais les journalistes russes peuvent être dénigrés, agressés, s'ils ne sont pas "indépendants" (c'est-à-dire "indépendants" de la Russie manifestement), ça ne vaut pas une ligne. Ce qu'il faut tomber bien bas.
     
     

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