• roman-euro

    Le « roman de l’Euro » présenté le jeudi 15 mai au soir a été l’occasion d’une scandaleuse soirée de propagande sur France-2 ! Non que l’on ne puisse parler ni même défendre l’Euro sur cette chaîne, comme sur les autres d’ailleurs. Mais le déséquilibre de l’émission, réalisée à grands frais par le service public et la malhonnêteté de l’argumentation ont passé les bornes. On a bien été en présence d’un exercice de « Funkpropaganda ». L’histoire de l’Euro nous a donc été présentée comme un « roman ». Mais pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, il s’agit d’un véritable cauchemar. Il faut signaler que les réalisateurs n’avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si il faut saluer le courage d’un Philippe Villin, droit dans ses bottes et dans ses convictions face à ses adversaires et toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l’ignorance sur le nombre important d’économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd’hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l’efficacité de l’Euro[1]. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d’économistes européens ou américains. Le téléspectateur sera donc laissé dans l’ignorance qu’il existe une association d’économistes réputés combattant l’Euro, le European Solidarity Manifesto[2]. Il ne saura donc pas que la ESF-liste des membres inclut non seulement des économistes de premier plan, mais aussi des professionnels réputés et des responsables ou ancien responsables des Banques Centrales. Il ne saura pas, non plus, que plusieurs journalistes économiques de premier plan, dont le rédacteur en chef adjoint de l’Expansion[3], ont pris position très nettement pour une sortie de l’Euro dans un livre récent[4]. De « débat » donc, il n’y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, dans la télévision publique mais aussi dans la France en général. Et l’on ne peut qu’être frappé du décalage de la situation entre notre pays et l’Italie ou l’Allemagne, pour ne pas parler de la Grande-Bretagne ou des États-Unis. Une réflexion poussée sur l’état de la démocratie dans notre pays s’imposera pour la suite.

    L’Euro et ce que l’on en attendait

    L’Euro existe depuis 1999 pour ce qui concerne l’Euro bancaire (ou Euro scriptural) et depuis 2002 pour la monnaie courante, ce que l’on appelle l’Euro fiduciaire. Les attentes qu’il avait suscitées étaient nombreuses. Certains prédisaient que son existence seule se traduirait par un gain de croissance important. D’autres qu’il engendrerait une unification des marchés européens. Il est temps aujourd’hui d’en tirer le bilan. Les conséquences de sa mise en œuvre ont en effet pu être observées avec un certain recul. Et ce bilan est sans appel, qu’il s’agisse de l’euro lui-même ou des économistes qui ont « vendu » l’Euro aux politiques et aux populations. Il faut donc signaler l’écart extrêmement important entre ce que l’on espérait de l’Euro et la réalité.

    Jusqu’en 2008, soit jusqu’à la crise des subprimes, il a provoqué un fort ralentissement de la croissance sur les pays qui l’ont utilisé. On peut comparer les taux de croissance annuels entre pays de la zone euro et le reste des pays développés.

    Tableau 1

    Taux de croissance

    L’écart est, par an, de 0,5% à 0,7% avec la moyenne des pays de l’OCDE, qui inclut en fait les pays de la zone Euro. Cette situation s’est en réalité aggravée avec la crise, et l’on voit que dans la période 2007-2011, le taux de croissance annuel de la zone Euro est bien plus faible que celui des États-Unis, ou de la Suisse et de la Norvège. L’effet de freinage sur la croissance dû à l’existence de l’Euro est indéniable. Encore faut-il savoir que la zone Euro est elle-même très hétérogène. L’impact de la crise de l’Euro sur les divers pays mérite que l’on s’y attarde. On constate que l’Euro a freiné de manière considérable la sortie de crise voire a aggravé cette dernière dans de nombreux pays.

    Voir l'article entier...............

    Publié par : http://russeurope.hypotheses.org


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique