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    Classement mondial presse : France #39 !

    (Note eva: Désinformation ? Voyez par ex sur le Vénézuela )

    Classement mondial Presse France2


    C’est quand même grave non ! L’info à retenir : l’Uruguay et le Ghana sont mieux classés que nous ! Sauf que c’est nous qui leur donnons des leçons de morale, de démocratie et de drôadelomisme… C’est extraordinaire ! Pire encore, la Lumière des nations, israhell, est près de la 100e place que du top 10 ! Attention, classement antisémite !


     

    Les grandes évolutions de l’édition 2014

    L’édition 2014 du « Classement mondial de la liberté de la presse » révèle l’impact négatif des conflits sur la liberté de l’information et ses acteurs. Le rang d’un certain nombre de pays est également affecté par une interprétation trop large et abusive du concept de la protection de la sécurité nationale, aux dépens du droit d’informer et d’être informé. Cette dernière tendance constitue une menace croissante au niveau global, dangereuse pour la liberté de l’information jusqu’au cœur des « États de droit ».
    La Finlande conserve son rang de meilleur élève, en occupant pour la quatrième année consécutive la première place du classement. Elle est talonnée, comme dans la dernière édition, par les PaysBas et la Norvège. À l’extrême opposé, en queue de classement, le « trio infernal » réunit à nouveau le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée, des pays où la liberté de la presse est tout simplement inexistante. Malgré les quelques rares turbulences qui ont pu les traverser en 2013, ces pays continuent de représenter des trous noirs de l’information et de véritables enfers pour les journalistes.

    Le classement est établi cette année sur 180 pays contre 179 dans l’édition précédente. Nouvel entrant, le Bélize se situe d’emblée à une place enviable (29e). Les cas de violences envers les journalistes y sont rares. Quelques bémols cependant : des procédures pour « diffamation » assorties de lourdes demandes en réparation, des exceptions relatives à la sécurité nationale nuisibles à la bonne application de la loi sur l’accès à l’information publique (Freedom of Information Act), et une gestion des fréquences par le gouvernement parfois inéquitable.

    LES CONFLITS ARMÉS, FAUTEURS DE CHUTES

    Le classement 2014 souligne logiquement la corrélation négative entre un conflit – ouvert ou non déclaré – et la liberté d’information. Dans un contexte d’instabilité, les médias sont des objectifs et des cibles stratégiques pour les groupes ou individus qui tentent de contrôler l’information en violation des garanties apportées par les textes internationaux, en particulier l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels I et II de 1977.

    Depuis mars 2011, la Syrie (177e, 0) incarne ce cas de figure à l’extrême, au point d’occuper désormais le rang de pays où la liberté de l’information et ses acteurs sont le plus en danger, aux portes du « trio infernal ». La crise syrienne apporte également son lot de répercussions dramatiques dans toute la région. Consolidant la ligne de fracture entre les médias déjà polarisés au Liban (106e, -4), elle incite les autorités jordaniennes à serrer la vis et accélère la spirale de violences qui minent l’Irak (153e, -2) où les tensions confessionnelles entre chiites et sunnites s’exacerbent. En Iran (173e, +2), acteur clé de la région, les promesses du nouveau président Rohani d’améliorer la liberté de l’information ne connaissent pour l’instant aucune suite. La couverture de la tragédie syrienne, tant par la presse officielle que par la blogosphère, est étroitement surveillée par le pouvoir, qui réprime toute critique à l’encontre de sa politique étrangère.

    Les chutes du Mali (122e, -22) et de la République centrafricaine (109e, -34) illustrent également cette corrélation négative. Les guerres ouvertes ou intestines qui déstabilisent la République démocratique du Congo (151e, -8), tout comme les actions de guérillas et de groupes terroristes en Somalie (176e, 0) et au Nigeria (112e, +4) ne contribuent pas à améliorer leur classement.

    L’arrivée au pouvoir des Frères musulmans en Égypte (159e, 0) à l’été 2012 s’est accompagnée d’une recrudescence d’exactions à l’encontre des journalistes, et d’une mise en coupe réglée des médias par la confrérie, stoppée net un an plus tard. Depuis le retour de l’armée au pouvoir, la « chasse aux Frères » concerne les journalistes égyptiens tout comme leurs confrères turcs, palestiniens ou syriens. Dans les pays du golfe Persique – en particulier les Émirats arabes unis (118e, -3) –, des acteurs de l’information sont arrêtés et jugés, accusés de liens avec la confrérie.

    Face à la recrudescence de violences, la communauté internationale réagit enfin – au moins dans les textes. Le 26 novembre 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par consensus sa première résolution sur la sécurité des journalistes et sur la création de la Journée internationale contre l’impunité des crimes contre les journalistes, qui sera célébrée le 2 novembre. Cette résolution est sans conteste un pas supplémentaire dans la bonne direction. Elle vient compléter la résolution 1738 condamnant les attaques perpétrées contre les journalistes dans les situations de conflits armés, initiée par Reporters sans frontières et adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies en décembre 2006, ainsi que le Plan d’Action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et l’impunité, adopté en avril 2012. Reporters sans frontières demande notamment la mise en place par l’ONU d’un groupe d’experts chargés d’évaluer le respect par les États membres de leurs obligations, en particulier leur obligation de protéger les journalistes, d’enquêter sur tous les actes de violence et de traduire leurs auteurs en justice.

    L’INFORMATION SACRIFIÉE SUR L’AUTEL DE LA SÉCURITÉ NATIONALE ET DE LA SURVEILLANCE ?

    Les pays qui se prévalent de l’État de droit ne donnent pas l’exemple, loin de là. La liberté de l’information cède trop souvent devant une conception trop large et une utilisation abusive de la sécurité nationale, marquant un recul inquiétant des pratiques démocratiques. Le journalisme d’investigation en pâtit parfois gravement comme aux États-Unis (46e), qui perdent 13 places. L’un des reculs les plus marquants, dans un contexte accru de traçage des sources et de chasse aux lanceurs d’alerte. La condamnation du soldat Bradley Manning ou la traque de l’analyste de la NSA Edward Snowden sont autant d’avertissements à ceux qui oseraient livrer des informations dites sensibles, mais d’intérêt public avéré, à la connaissance du plus grand nombre. La profession a été fortement ébranlée par le scandale des relevés téléphoniques d’Associated Press, saisis sans préavis par le Département de la Justice afin d’identifier l’origine d’une fuite émanant de la CIA. L’affaire a rappelé l’urgence d’une « loi bouclier » entérinant la protection des sources pour les journalistes au niveau fédéral. Le processus législatif réactivé en ce sens ne rassure guère James Risen, du New York Times, soumis par la justice à l’obligation de témoigner au procès d’un ancien agent de la CIA dans une autre affaire de transmission d’informations classifiées. Il ne saurait non plus faire oublier les 105 ans de prison que risque le jeune journaliste indépendant Barrett Brown, pour avoir partagé en ligne certaines données de la société de sécurité privée Stratfor, sous contrat avec le gouvernement.

    Le Royaume-Uni (33e, -3) s’est illustré au nom de la lutte contre le terrorisme par des pressions scandaleuses exercées sur le quotidien The Guardian et par les neuf heures de rétention de David Miranda, compagnon et collaborateur du journaliste Glenn Greenwald. Les autorités des deux pays semblent mettre davantage de zèle à traquer les lanceurs d’alerte plutôt qu’à encadrer des pratiques de surveillance abusives qui sont autant de négations du principe de privacy, cher à leur culture démocratique.

    La loi sur « les secrets d’État », adoptée par la Diète nippone fin 2013, ajoute davantage d’opacité à la gestion par le gouvernement japonais de sujets d’intérêt général tels que le nucléaire, la relation avec les États-Unis, érigés en autant de « grands tabous ». Les notions de « journalisme d’investigation », d’« intérêt public », et de « secret des sources » ont été passées par pertes et profits par les députés, très soucieux d’éviter au pays (59e, -5) de voir son image écornée par des informations embarrassantes.

    La « lutte contre le terrorisme » est également instrumentalisée par des gouvernements prompts à qualifier les journalistes de « menaces à la sécurité nationale ». Des dizaines de journalistes sont emprisonnés sous ce prétexte en Turquie (154e, +1), notamment lorsqu’ils couvrent la question kurde. Le Maroc, où les autorités confondent volontiers « journalisme » et « terrorisme » depuis l’affaire Ali Anouzla, stagne à la 136e place. En Israël (96e, +17), la liberté de l’information est une notion vulnérable face à l’argument sécuritaire. Au Cachemire indien, l’Internet mobile et les communications sont suspendus dès que des troubles menacent. Dans le nord du Sri Lanka (165e, -2), l’armée règne en maître et ne tolère aucune entorse à la vision officielle du processus de « pacification » des anciens bastions séparatistes tamouls. Les pays de la péninsule arabique mais aussi les régimes autoritaires d’Asie centrale, apeurés par les soubresauts des « printemps arabes », renforcent la censure et la surveillance des médias, à l’affût de toute « tentative de déstabilisation du pouvoir ».

    PRIVATISATION DE LA VIOLENCE

    Les groupes infra-étatiques constituent dans un certain nombre de pays la principale cause d’insécurité pour les journalistes. Les milices qui entretiennent le chaos dans la nouvelle Libye (137e, -5) ou les groupes armés yéménites liés à Al-Qaeda dans la péninsule arabique sont les visages de cette privatisation de la violence. Les milices Al-Shabaab en Somalie (176e, 0) ou le mouvement M23 en République démocratique du Congo (151e, -8) ont en commun de considérer les journalistes comme des ennemis. Les groupes djihadistes comme Jabhat Al-Nosra et l’État islamique d’Irak et du Levant (ISIS), désireux de contrôler les zones qu’ils « libèrent », s’en prennent violemment aux acteurs de l’information.

    Ailleurs, et plus globalement, le crime organisé demeure une force prédatrice redoutable. C’est le cas au Honduras (129e, -1), au Guatemala (125e, -29), au Brésil (111e, -2) et au Paraguay (105e, -13), mais aussi au Pakistan, en Chine, au Kirghizstan ou dans les Balkans. Difficile voire impossible, à l’ombre de cette main criminelle, d’éviter l’autocensure à propos de sujets aussi sensibles que la corruption, le narcotrafic mais aussi l’infiltration des mafias dans les rouages de l’État. La passivité voire la complicité ou la complaisance de certaines autorités – parfois leur implication directe ou indirecte dans les crimes contre les médias – accentue l’impunité dont ces cartels criminels bénéficient et nourrit le cycle de violences qui s’abat sur les acteurs de l’information.

    http://www.lelibrepenseur.org/classement-mondial-presse-france-39/

     

    17/08/2015

    Brésil : L’opposition est une baudruche, le péril est financier

    Malgré tous les efforts des Etats-Unis, le Brésil est une démocratie indépendante et forte, et ça, ça coince. Après deux mandats de Lula, ma petite chérie Dilma a été réélue en fin d’année 2014 jusqu’en 2018: seize ans de Parti des Travailleurs,... il faut raisonner avec réalisme.

    Donc, on ne part pas de rien : la réalité politique, c’est Dilma brillamment réélue alors que toutes les difficultés étaient bien connues, et une Droite perdante depuis douze ans, avec un leader grand’ gueule, Aecio Neves, du Parti de la sociale démocratie brésilienne (PSDB), sauvé du ridicule électoral par des écolos sans boussole.  

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    Depuis qu’elle est élue, c’est la soupe à la grimace pour Dilma, avec une économie rongée par l’inflation (9%), au seuil de la récession, et le climat lourd de l’affaire Petrobras. Affaire grave, mais ne me dites pas que la corruption politique au Brésil a commencé avec Petrobras…

    Il faut s’occuper des deux, et Dilma le sait, mais le Parti des Travailleurs a besoin d’alliés, et il souffre pour avoir trop longtemps fait sa vie avec le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), genre Bayrou en plus marécageux, lui aussi embarqué dans l’affaire Petrobras, et qui le lache.  Aux dernières élections, les écolos avaient appelé à voter pour le candidat de droite pro-US, et c’est donc, c’est mort aussi de ce côté, tant que les écolos n’auront pas renversé leur majorité lors d’un congrès. Donc, basiquement, la priorité est d’établir une majorité politique, soit des tractations ni visibles, ni glorieuses.

    Le looser Aecio Neves essaie de sauvegarder son boulot de leader de l’opposition, et comme il est très faible, il fait monter la mousse des réseaux « sociaux ». On retrouve les indécrottables Facebook, Tweeter et autres farces, comme « réseau social ». C’est à mourir de rire : de la branlette merdiatique, rien de plus.

    Le problème, c’est qu’il est plus facile de retweeter comme un malade du bord de la piscine, que de se rendre dans la rue, et surtout, d’élaborer un programme économique alternatif.   

    Le résultat est que les manifs d’hier ont été un flop magistral.

    Toute écœurée de sa défaite, la Droite avait réussi à mettre dans la rue en mars environ un million de cocus politiques, essentiellement dans son fief, Sao Paulo. Là, les « réseaux sociaux » annonçaient une déferlante avec des manifs dans 200 villes du pays. Résultat ? Du bidon, et bien creux. Tout cumulé, on était hier, pour tout le pays, à 137.000 d’après la police et 225.000 d’après organisateurs. Plus de tweets que de manifestants, la bonne blague !

    Pour situer, je rappelle que Sao Paulo, c’est 11 millions d'habitants, et le Brésil 204 millions. Donc 150.000 manifestants, c’est moins de 0,1%... Oki ? Ca n’empêche pas toute la presse de faire sa une sur Dilma menacée par les manifestants… Ecrire d’abord, réfléchir ensuite.   

    Parmi les très inspirés slogans, je note celui-ci : « Dehors Dilma ! Ici c'est le Brésil, pas le Venezuela. Olé, Olé, Olé, nous ne sommes pas communistes, nous sommes patriotes, nous allons déloger ces merdes du pouvoir ! ». Sans compter ceux qui appellent au retour au pouvoir des militaires, ben voyons…

    Bref, ma petite chérie Dilma sait maintenant qu’elle est tranquille jusqu’à 2018, mais il lui reste de sérieux défis.

    Si l’économie brésilienne souffre, c’est en grande partie car elle a beaucoup misé sur l’économie chinoise, en difficulté. Le salut passe largement par les décisions des dirigeants chinois,… pas facile. Paradoxalement, cette faiblesse de l’économie n’encourage pas le grand patronat à jouer le jeu d’une crise politique, qui serait une catastrophe économique. La carrière de ce guignol de Neves, ce n’est pas leur problème. Dans les faits, ils doivent trouver un accord avec Dilma, et là, la pression est forte.

    Ce qui fait flipper ces encravatés, c’est un retour de Lula en 2018, car le mec qui a sorti 40 millions de Brésiliens de la pauvreté reste très populaire. Le grand truc, c’est de barrer Lula, et ce de deux manières : en excitant les affaires de corruption, et en cherchant à creuser un fossé entre Dilma et Lula. Genre, pour que tu aies la paix, tu renonces à l’héritage Lula, et tu acceptes une gentille orthodoxie financière, car rappelle-toi que les banques savent faire beaucoup de mal.

    - Comme Tsipras, alors ?

    - Oui. 

    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/08/17/bresil-l-opposition-est-une-baudruche-le-peril-est-financier-921085.html

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    16 Août 2015

    Publié par Jean Lévy

    La Syrie se dirige vers une victoire stratégique qui va transformer le Moyen-Orient,   par Tim Anderson

    COMITE VALMY

     

    La Syrie est en train de gagner. Malgré l’effusion de sang en cours et les graves pressions économiques, la Syrie progresse inexorablement vers une victoire militaire et stratégique qui va transformer le Moyen-Orient. Il est clairement évident que les plans de Washington – que ce soit pour « le changement de régime », pour détruire le fonctionnement de l’État ou pour démembrer le pays sur des lignes sectaires – ont échoué.

     

    Cet échec affectera mortellement le rêve américain, annoncé il y a une dizaine d’années par Bush junior, pour un « nouveau Moyen-Orient » servile. La victoire de la Syrie est une combinaison de soutien populaire sans faille à l’armée nationale, face à de perfides islamistes sectaires (takfiris), un ferme soutien de ses principaux alliés et la fragmentation des forces internationales coalisées contre elle.

     

    Les difficultés économiques, y compris les coupures de courant régulières, sont encore pires maintenant, mais n’ont pas brisé la volonté de résistance du peuple syrien. Le gouvernement veille à ce que les aliments de base soient abordables et soutient l’éducation, la santé, le sport, les services culturels et autres. Un certain nombre d’États autrefois hostiles et les agences de l’ONU reprennent leurs relations avec la Syrie. Une situation sécuritaire améliorée, le récent accord des grandes puissances avec l’Iran et d’autres initiatives diplomatiques favorables sont autant de signes du renforcement de l’axe de la résistance.

     

    Vous n’avez aucune chance d’être informé sur cette réalité par les médias occidentaux, qui ont constamment menti sur la nature du caractère du conflit et les développements de la crise. La raison principale de cette tromperie est de masquer le soutien de l’OTAN pour les groupes takfiris, claironnant leur avance et ignorant le renforcement de l’armée syrienne. En fait, ces terroristes soutenus par l’Occident n’ont fait aucune avancée stratégique véritable depuis qu’une flopée de combattants étrangers les avaient aidés à prendre certaines parties au Nord d’Alep, au milieu de l’année 2012.

     

    Lors de ma deuxième visite en Syrie au cours de la crise, en juillet 2015, j’ai pu voir comment la sécurité s’est améliorée dans les grandes villes. Lors de ma première visite en décembre 2013, bien que les coupeurs de gorge de l’OTAN aient été chassés, pour la plupart, de Homs et de Qusayr, ils étaient dans l’ancien village de Maloula et le long des montagnes de Qalamoun, et attaquaient également la route du sud vers Sweida. Cette année nous avons pu voyager librement par la route de Sweida à Damas, à Homs, à Lattaquié, avec juste un léger détour aux alentours de Harasta. Fin 2013, il y avait des tirs de mortier quotidiens à l’Est de Damas ; cette année c’est beaucoup moins fréquent. L’armée semble contrôler 90 % des zones densément peuplées.

     

    Premier point : il n’y a jamais eu de « rebelles modérés ». Un mouvement de réforme politique véritable a été déplacé par une insurrection islamiste soutenue par l’Arabie Saoudite, en mars-avril 2011. Dans les premiers mois de la crise, de Daraa à Homs, les principaux groupes armés comme la brigade Farouq étaient des extrémistes soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui ont pratiqué les atrocités publiques et fait sauter des hôpitaux, utilisant des slogans génocidaires et pratiquant le nettoyage ethnique sectaire (1). Les Syriens les appelaient déjà les ‘Daesh’ (ISIL) ou juste « mercenaires », ne se souciant pas trop des différents noms de marque. La récente déclaration du chef des ‘rebelles modérés’ Lamia Nahas où il affirmait que les « minorités de la Syrie sont mauvaises et doivent être éliminées », tout comme Hitler et les Ottomans ont éliminé des minorités (2), ne fait que souligner ce fait. Le caractère du conflit armé a toujours été une confrontation entre, d’un côté, un état autoritaire mais pluraliste et socialement inclusif, et de l’autre, des islamistes sectaires du style saoudien, agissant en qualité d’armées de proxy pour les grandes puissances.

     

    Deuxième point : presque toutes les atrocités imputées à l’armée syrienne ont été commises par les gangs soutenus par l’Occident, dans le cadre de leur stratégie visant à attirer une intervention occidentale plus profonde. Cela inclut les accusations, discréditées, des armes chimiques (3) et les dommages collatéraux du soi-disant » bombardement aveugle’. Le journaliste américain Nir Rosen a écrit en 2012, « tous les jours l’opposition donne un nombre de morts, généralement sans aucune explication… Bon nombre de ceux déclarés tués sont en fait des combattants de l’opposition morts mais… décrits dans les rapports comme des civils innocents tués par les forces de sécurité (4). Ces rapports d’opposition sont encore invoqués par des groupes de partisans tels que Amnesty International (États-Unis) et Human Rights Watch, pour soutenir la propagande de guerre. L’armée syrienne a en effet exécuté des terroristes et la police secrète continue à détenir et à maltraiter des personnes soupçonnées de collaboration avec ces terroristes. Mais il s’agit d’une armée qui bénéficie d’un soutien public. Les bandes d’islamistes, en revanche, se vantant ouvertement de leurs atrocités ont peu de soutien public.

     

    Troisième point : bien qu’il y ait une « présence » terroriste dans de grandes parties de la Syrie, ni Daesh/ISIL, ni aucun autre groupe armé ne « contrôle » une grande partie de zone peuplée en Syrie. Les agences occidentales (telles que Janes and ISW) confondent régulièrement ‘présence’ avec ‘contrôle’. Malgré les offensives de Daesh/ISIL à Daraa, Idlib et à l’Est de Homs, les zones fortement peuplées de la Syrie sont sous contrôle de l’armée sensiblement plus forte qu’en 2013. Seules quelques zones ont été tenues par les djihadistes pendant plusieurs mois ou années. Dans n’importe quelle confrontation de quelque importance, c’est généralement l’armée qui gagne ; mais elle est sous pression et il n’est pas rare qu’elle fasse une retraite tactique, car elle se bat sur plusieurs dizaines de fronts.

     

    L’armée syrienne a renforcé son bouclage autour du Nord Alep, Douma et Harasta et a eu de récentes victoires à Wafa, Idlib et Daraa. Avec les forces du Hezbollah, l’armée a pratiquement éliminé Daesh/ISIL et ses partenaires, qui ne s’entendent pas entre eux, des montagnes de Qalamoun, le long de la frontière avec le Liban.

     

    Malgré des années de terrorisme de masse et les sanctions occidentales, l’État syrien fonctionne étonnamment bien. En juillet 2015, notre groupe a visité de grands centres sportifs, des écoles et des hôpitaux. Des millions d’enfants syriens fréquentent l’école et des centaines de milliers étudient encore dans les universités pour la plupart gratuitement. Le chômage, les pénuries et les pannes d’électricité gangrènent le pays. Les groupes takfiris ont ciblé les hôpitaux pour les démolir depuis 2011. Ils attaquent aussi régulièrement des centrales, amenant le gouvernement à pratiquer le rationnement de l’électricité, jusqu’à ce que le système soit remis en état. Il y a des pénuries graves et une pauvreté généralisée, mais, malgré la guerre, la vie quotidienne continue.

     

    Par exemple, il y a eu controverse en 2014, au cours de la construction d’un complexe immobilier au centre de la Nouvelle Sham, une grande ville satellite en dehors de Damas. Le complexe comporte des restaurants, des boutiques, des installations sportives et, au centre, des manèges pour enfants et autres divertissements. « Comment l’État peut-il dépenser autant d’argent sur ce projet, alors que tant de gens souffrent de la guerre ? » disaient certains. D’un autre côté, il est dit que la vie continue et les familles doivent vivre leur vie. Après le Ramadan, pendant l’Aïd, nous avons vu des milliers de familles faisant usage de ce complexe très apprécié des enfants.

     

    Les procédures de sécurité sont devenues « normales ». Les fréquents points de contrôle de l’armée sont abordés avec une patience remarquable. Les Syriens savent qu’ils sont pour leur sécurité, en particulier contre les bombes dans les voitures et les camions utilisées par les islamistes. Les soldats sont efficaces mais humains, échangent souvent des conversations amicales avec les gens. La plupart des familles ont un ou plusieurs de leurs membres dans l’armée et beaucoup ont perdu des êtres chers. Les Syriens ne subissent pas de couvre-feu et ne ressentent aucune crainte des soldats, comme cela s’est vu tant de fois, dans le passé, sous les dictatures fascistes soutenus par les États-Unis du Chili et du Salvador.

     

    Dans le Nord, le maire de Lattaquié nous a dit que cette province de 1,3 millions d’habitants, en compte maintenant plus de 3 millions, ayant absorbé les personnes déplacées d’Alep, de Idlib et d’autres régions du Nord, touchées par les incursions des terroristes sectaires. La plupart sont dans des logements de l’État gratuits ou subventionnés, avec famille et amis, en location ou dans les petites entreprises. Nous avons vu un groupe d’environ 5 000 personnes, dont plusieurs viennent de Hama, dans le grand complexe sportif de Lattaquié. Dans le sud, Sweida a accueilli 130 000 familles déplacées de la région de Deraa, doublant la population de cette province. C’est pourtant, Damas qui absorbe la plus grande partie des 6 millions de personnes déplacées de l’intérieur et, avec un peu d’aide de l’UNHCR, le gouvernement et l’armée sont les principales organisations qui s’occupent d’eux. Les médias occidentaux ne vous parlent que des camps de réfugiés de Turquie et de Jordanie, installations principalement contrôlées par les groupes armés.

     

    Le « régime attaquant les civils » ou bombardant « aveuglément » des zones civiles n’a de réalité que dans la propagande islamiste sur laquelle une grande partie des médias occidentaux se fonde. Le fait que, après trois ans, l’artillerie et l’aviation syriennes n’aient pas rasé des zones comme Jobar, Douma et la partie Nord d’Alep, prouve le mensonge des accusations contre l’armée. La prochaine fois que les médias occidentaux diront des « civils » sont tués par des bombardements aveugles du gouvernement syrien, vous pouvez être presque certain que cela provient de sources islamistes se trouvant être elles-mêmes la cible de l’attaque.

     

    Cette guerre est menée sur le terrain, bâtiment par bâtiment, avec de nombreuses victimes militaires. De nombreux Syriens, à qui nous avons parlé, disent qu’ils souhaiteraient en effet que le gouvernement rase ces villes fantômes, disant que les seuls civils qui y restent sont les familles et les collaborateurs des groupes extrémistes. Le gouvernement syrien procède avec une plus grande prudence.

     

    Les États de la région voient ce qui va se passer, et ont commencé à reconstruire des liens avec la Syrie.. Pourtant, Washington pousse ses mensonges des armes chimiques (malgré des preuves indépendantes), mais n’a plus assez de tripes pour une escalade majeure, en souvenir de fin 2013, après la confrontation avec la Russie. Il y a encore beaucoup de bellicisme (5), mais il est à noter que l’Égypte et les Émirats Arabes Unis (EAU), ennemis de la Syrie il y a peu de temps encore, sont désormais en train de normaliser leurs relations diplomatiques avec Damas.

     

    Les Émirats Arabes Unis, peut-être la plus « souple » des monarchies du Golfe, mais dont les liens avec le vice-président Joe Biden l’amènent à soutenir Daesh/ISIL (6), ont leurs propres soucis. Ils ont récemment arrêté des dizaines d’islamistes pour complot visant à transformer la monarchie absolutiste en un califat absolutiste (7). L’Egypte, dans des mains militaires après un éphémère gouvernement de Frères musulmans qui voulaient se joindre aux attaques contre la Syrie, est maintenant aux prises avec son propre terrorisme sectaire, de ces mêmes Frères Musulmans. Le plus important des pays arabes aujourd’hui défend l’intégrité territoriale de la Syrie et soutient (au moins verbalement) les campagnes syriennes contre le terrorisme. L’analyste égyptien Hassan Abou Taleb appelle ce message » condamnation et rejet des mesures unilatérales de la Turquie contre la Syrie » (8).

     

    Le gouvernement Erdogan a tenté de placer la Turquie à la tête d’une région de Frères musulmans, mais a perdu des alliés. Il est souvent en désaccord avec ses partenaires anti-syriens et fait face à une dissidence intérieure. Washington a essayé d’utiliser les séparatistes kurdes contre Bagdad et Damas, alors que la Turquie les considère comme ses principaux ennemis, et les islamistes soutenus par l’Arabie les abattent comme « apostats » musulmans. Pour leur part, les communautés kurdes jouissent d’une plus grande autonomie avec l’acceptation de l’Iran et de la Syrie.

     

    L’accord récent de Washington avec l’Iran est une évolution importante, parce que la République islamique reste le plus important allié régional de la Syrie laïque, et un ferme opposant aux islamistes style saoudiens. L’affirmation du rôle de l’Iran dans la région irrite les Saoudiens et Israël, mais est de bon augure pour la Syrie. Tous les commentateurs voient une manœuvre diplomatique pour un positionnement après l’accord avec l’Iran et – malgré la récente exclusion de l’Iran d’une réunion entre les ministres des affaires étrangères russe, américain et saoudien – il y a peu de doute que la main de l’Iran a été renforcée dans les affaires régionales. Une rencontre insolite entre le chef du renseignement de la Syrie, le brigadier-général Ali Mamlouk et le ministre de la défense saoudien, Prince Mohammed Bin Salman (9), montre également que le gouvernement syrien a repris des discussions directes avec le principal commanditaire du terrorisme dans la région.

     

    La Syrie est en train de gagner car le peuple syrien a soutenu son armée contre les provocations sectaires, menant principalement leurs propres batailles contre le terrorisme multinational sponsorisé par l’OTAN et les monarchies du Golfe. Les Syriens, y compris les plus pieux musulmans sunnites, n’accepteront jamais l’Islam pervers, sectaire, de têtes coupées, promu par les monarchies du Golfe.

     

    La victoire de la Syrie aura des implications plus larges. Elle sonne la fin des « changements de régime » de Washington qui, jusqu’ici, ont toujours marché comme sur des roulettes dans toute la région, de l’Afghanistan, l’Irak à la Libye. Outre les morts et la misère causés par cette sale guerre, nous assistons à l’émergence d’un « axe de la résistance » plus fort. La victoire de la Syrie sera également celle de l’Iran et de la résistance libanaise, menée par le Hezbollah. En outre, le conflit a aidé à construire d’importantes mesures de coopération avec l’Irak. L’incorporation progressive de Bagdad dans cet axe scellera l’humiliante défaite des plans pour un « nouveau Moyen-Orient » dominé par USA – Israël – Arabie Saoudite. Cette unité régionale arrive avec un coût terrible, mais elle arrive, néanmoins.

     

    Références

    (1) Tim Anderson (2015) ‘ Daraa 2011 : Insurrection islamiste de la Syrie dans le déguisement ‘, Global Research, 5 juin, en ligne :
    http://www.globalresearch.ca/daraa-2011-syrias-islamist-insurrection-in-disguise/5460547

    (2) the Angry Arab (2015) « c’est ce que le candidat pour le gouvernement provisoire (opposition) de la Syrie a écrit sur Facebook : un Holocauste », le 4 août, en ligne :
    http://angryarab.blogspot.fr/2015/08/this-is-what-candidate-for-syrias.html

    (3) Tim Anderson (2015) ‘ Fabrications chimiques : Ghouta oriental et de la Syrie les enfants disparus », Global Research, 12 avril, en ligne :
    http://www.globalresearch.ca/chemical-fabrications-east-ghouta-and-syrias-missing-children/5442334

    (4) Nir Rosen (2012) « Q & A : Nir Rosen sur opposition armée de la Syrie », Al Jazeera, 13 février, en ligne :
    http://www.aljazeera.com/indepth/features/2012/02/201221315020166516.html

    (5) Appuyez sur TV (2015) « Syrie »ne devrait pas interférer »dans ops militants de groupes soutenus par les États-Unis’, 3 août, en ligne :
    http://www.presstv.com/Detail/2015/08/03/423141/us-syria-isis-isil-assad-josh-earnest

    (6) Adam Taylor (2014) « derrière gaffe mensonge réels soucis de Biden concernant le rôle des alliés dans la montée de l’État islamique », Washington Post, 6 octobre, en ligne :
    https://www.washingtonpost.com/news/worldviews/wp/2014/10/06/behind-bidens-gaffe-some-legitimate-concerns-about-americas-middle-east-allies/

    (7) Bloomberg (2015) » Émirats Arabes Unis à poursuivre 41 accusés de tenter de califat établir’, 2 août, en ligne :
    http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-02/u-a-e-to-prosecute-41-accused-of-trying-to-establish-caliphate

    (8) Reuters (2015) Egypte défend l’unité territoriale de la Syrie, après que la Turquie se déplace contre IS’, 2 juillet, en ligne :
    http://uk.reuters.com/article/2015/07/29/uk-mideast-crisis-syria-egypt-idUKKCN0Q31AY20150729

    (9) Zeina Karam et Adam Schreck (2015) « Iran nuclear deal ouvre voie diplomatique pour la Syrie », AP, 6 août, en ligne :
    http://news.yahoo.com/iran-nuclear-deal-opens-diplomatic-channels-syria-161740195.html

    Prof. Tim Anderson
    Traduction Avic – Réseau International

    http://www.informationclearinghouse.info/article42596.htm

    #Contre l'impérialisme

    http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2015/08/la-syrie-se-dirige-vers-une-victoire-strategique-qui-va-transformer-le-moyen-orient-par-tim-anderson.html

    (blog à visiter)

     

    Main basse sur l’information!

    http://www.mediapart.fr/journal/france/020915/main-basse-sur-l-information

     

    |  Par Laurent Mauduit

    Accélération de la concentration dans la presse quotidienne et audiovisuelle ; multiplication de faits de censure ; consanguinité de plus en plus accentuée et malsaine entre les milieux d’affaires et les médias ; verrouillage de l’information sur de nombreux médias audiovisuels, à commencer par l’audiovisuel public : la France vit une grave régression démocratique ! C'est presque le retour à la presse de l'avant-guerre, celle du Comité des forges.

    Pour la liberté et le pluralisme de la presse, et plus généralement pour la liberté et le pluralisme de l’information, ce sont décidément des jours très sombres que traverse la France. Accélération de la concentration dans la presse quotidienne et la presse audiovisuelle ; multiplication de faits de censure venant s’ajouter à des comportements très répandus d’autocensure ; consanguinité de plus en plus accentuée et malsaine entre les milieux d’affaires et les médias ; verrouillage de l’information sur de nombreux médias audiovisuels, à commencer par l’audiovisuel public… C’est peu dire que notre pays connaît une évolution qu’il faut bien qualifier pour ce qu'elle est : une

    .

     


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