•  Alep: L’histoire de deux hôpitaux

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    Alep: L’histoire de deux hôpitaux

    Ces derniers jours, la presse commerciale occidentale s’est déchaînée avec des reportages de bombardements d’hôpitaux, de civils morts et de crimes de guerre tous attribués, de manière prévisible, au gouvernement laïque de Bachar al-Assad. Selon les gouvernements occidentaux et leurs porte-voix médiatiques, les forces d’Assad ont visé des hôpitaux dans le but de… eh bien… personne ne sait pourquoi, en toute logique, les forces d’Assad bombarderaient des hôpitaux civils. Pourtant, les harpies occidentales – les médias et les ONG de défense des droits de l’homme – continuent à marteler à tue-tête des affirmations infondées comme la fausse information que l’Armée arabe syrienne bombarde des équipements médicaux civils.

    Le premier hôpital : al-Qds

    Le bombardement attribué à l’armée arabe syrienne a entraîné la destruction de l’hôpital al-Quds, un hôpital prétendument lié à Médecins sans frontières, situé à Alep. Même officiellement, toutefois, il est important de noter que le supposé hôpital n’était pas un établissement appartenant à MSF, mais qu’il était soutenu par MSF. Cela peut paraître un petit détail technique, mais cela fait effectivement une différence importante puisque MSF est bien connu pour être tout sauf un observateur impartial dans la crise syrienne. Comme Tony Cartalucci l’a écrit dans son article de 2013 Les médecins à l’origine des accusations d’utilisation d’armes chimiques en Syrie donnent un coup de pouce aux terroristes.

    Alors que MSF est souvent décrit par les médias occidentaux comme indépendant, rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité.

    Pour commencer, Médecins sans frontières est entièrement financé par les mêmes institutions financières qui sont derrière Wall Street et le cercle dominant la politique étrangère de Londres, et qui espèrent un changement de régime en Syrie et en Iran. Le propre rapport annuel de Médecins sans frontières (le rapport de 2010 est accessible ici), mentionne comme donateurs Goldman Sachs, Wells Fargo, Citigroup, Google, Microsoft, Bloomberg, Bain Capital, la société de Mitt Romney, et une myriade d’autres sociétés financières. Médecins sans frontières présente aussi des banquiers dans son Comité de parrainage, dont Elizabeth Beshel Robinson de Goldman Sachs.

    Ce qui complique encore, c’est que Médecins sans frontières, organisation soi-disant indépendante et humanitaire affirme que ses équipements médicaux sont installés dans des régions tenues par les terroristes en Syrie, en particulier le long de la frontière syrienne nord avec la Turquie, qui est membre de l’Otan. Dans une interview avec NPR [la radio publique nationale des Etats-Unis, NdT], Stephen Cornish, de Médecins sans frontières, a révélé la nature de l’implication de son organisation dans le conflit syrien, en expliquant que l’aide a été envoyée à des régions hors du contrôle du gouvernement syrien, et que son organisation installe en fait des équipements dans ces zones. Cornish admet [c’est nous qui soulignons] :

    Ces derniers mois, nous avons eu une salle de soin qui s’est ouverte dans une cave. Nous en avons une autre qui était ouverte dans une ferme de poulets, une troisième dans une maison. Et ces structures, nous avons essayé de les équiper du mieux que nous pouvions sans technologie moderne et avec des équipes médicales complètes. À l’origine, elles traitaient principalement des combattants blessés et des gens qui étaient… des civils qui étaient directement touchés par le conflit.

    Autrement dit, l’organisation financée par Wall Street fournit un soutien aux militants armés et financés par l’Occident et ses alliés régionaux, dont la plupart se sont révélés être des combattants étrangers, affiliés ou appartenant directement à al-Qaïda et son aile politique de facto, les Frères musulmans. Cette soi-disant organisation humanitaire internationale est en réalité un autre rouage de la machine militaire secrète tournée contre la Syrie et joue le rôle d’un bataillon médical.

    Dans une interview révélatrice à NPR, que Cartalucci cite partiellement dans son propre article, le directeur exécutif de MSF, Stephen Cornish, a admis que l’organisation apportait une aide importante aux escadrons de la mort ; pas seulement un traitement basé sur un serment d’Hippocrate impartial, mais ce qui semble être un programme basé chez les rebelles.

    Même en admettant que les civils dont parle Cornish sont vraiment des civils, l’équipe de ce dernier s’est aussi concentrée sur les blessures des combattants, ce qui est un objectif intéressant si on considère que les équipes sont principalement localisées dans les territoires contrôlés par les escadrons de la mort.

    En effet, Cornish lève tous les doutes sur la question de savoir si oui ou non les escadrons de la mort reçoivent des soins en priorité lorsque l’interview se poursuit. Cornish déclare :

    Il est donc très difficile pour les civils d’accéder à des soins. Et l’une des difficultés, aussi, est qu’un grand nombre de plus petites salles de soins mises en place soit sont submergées par des combattants soit traitent en priorité des combattants. Et ce dont nous aurions certainement besoin est que toutes les salles de soins et tous les dispensaires accueillent aussi la population civile.

    BLOCK: Vous voulez dire, en d’autres termes, que les combattants ont la priorité pour les soins médicaux et que les civils souffrent de cela.

    CORNISH: Malheureusement, c’est parfois la réalité sur le terrain. Pour certaines des salles de soins que nous avons visitées, vous pourriez le dire parce que non seulement il n’y avait pas de civils dans les unités de soins, mais il n’y avait pas non plus de lits et de toilettes pour les femmes. Donc c’est en quelque sorte un don pour rien. [C’est nous qui soulignons]

    Si on revient à la question de l’hôpital al-Quds, cependant, il faut relever que l’établissement a été signalé comme n’étant rien de plus qu’un hôpital de campagne pour les terroristes emprisonnés à Alep par le passé, dont le bombardement a tué plus de 50 combattants des escadrons de la mort, du moins selon les rapports de Ziad Fadel de Syrian Perspective. Après tout, l’hôpital était géré dans la zone de Sukkari, tenue par les rebelles.

    Certains, cependant, ne sont pas d’accord sur la question de savoir si oui ou non l’hôpital a effectivement été bombardé. Les gouvernements tant syrien que russe ont niéavoir bombardé l’hôpital, pour commencer. Les Russes ont suggéré que la coalition anti-EI faisait manœuvrer des avions de combat dans la zone à peu près au moment du bombardement, laissant entendre que le bombardement avait peut-être été conduit par les forces américaines, mais les États-Unis rejettent l’affirmation russe.

    En plus de la question de savoir si oui ou non l’hôpital bombardé était un établissement civil ou de combattants, il y a encore la question si oui ou non l’hôpital de campagne qui a été bombardé était effectivement al-Quds et, assez étrangement, si oui ou non al-Quds a jamais effectivement existé.

    Par exemple, Dr. Nabil Antaki, un médecin basé à Alep ouest, a remis en questionl’existence d’al-Quds. Après avoir vu la vidéo de Channel 4 montrant l’hôpital peu de temps avant l’attaque, il a répondu que «cet hôpital [Al Quds] n’existait pas avant la guerre. Il doit avoir été installé dans un immeuble après le commencement de la guerre. Je ne connais personne dans l’est d’Alep qui puisse confirmer que cet hôpital est Al Quds.»

    Le second hôpital : al-Dhabeet

    Pourtant, si le summum des crimes de guerre et de la brutalité est le bombardement d’hôpitaux, les États-Unis ont été obligés de se rétracter lorsque, après quelques jours seulement de propagande à l’adresse du public occidental avec des rapports sur le bombardement de l’hôpital par l’Armée arabe syrienne, leurs propres animaux de compagnie terroristes ont commencé à tirer ouvertement des missiles sur un autre hôpital d’Alep.

    Évidemment, les États-Unis n’ont pas fait mention de leur propre bombardement d’un hôpital de MSF à Kunduz, en Afghanistan plus tôt cette année.

    Pourtant, le secrétaire d’ État américain John Kerry a été contraint de condamner les attaques de roquettes visant l’hôpital syrien par des terroristes soutenus par l’Occident, quoique d’une manière qui ne faisait pas directement peser le blâme sur les forces auxiliaires des États-Unis.

    En effet, le 3 mai dernier, l’agence de presse SANA rapportait :

    Les terroristes ont tiré 65 roquettes sur les quartiers de la rue al-Neel, al-Siryian, al-Khalidyia, al-Mocambo, al-Sabeel et aux alentours de la mosquée al-Rahman, laissant 11 civils tués et 37 blessés. Une source de la Direction de la santé d’Alep a dit que la plupart des civils blessés étaient des enfants et des femmes et que leurs blessures sont si graves que le nombre de civils morts pourrait augmenter.

    Eva Bartlett commente le rapport dans son propre article Hospitals Bombed: Aleppo Burning Under ‘Moderate’ Terrorist Bombs et écrit :

    Plus tard, le correspondant de l’agence SANA à Alep a rapporté que trois femmes avaient été tuées, que 17 autres femmes et enfants étaient blessés et que des dommages matériels importants avaient été causés par l’attaque des organisations terroristes à l’obus sur l’hôpital al-Dhabeet dans le quartier d’al-Mouhafaza.

    SANA a recensé les districts attaqués : al-Midan, al-Furqan, Nile Street, al-Mukambo, al-Khalidiye, Jami’et al-Zahra’a, al-Ameriye, al-Ramousa, al-Masharqa, al-Muhafaza, al-Meridian, al-Serian, al-Sabeel, et al-Jamiliye dans la ville d’Alep.

    SANA a posté sur sa page Facebook de nombreuses photos de l’hôpital al-Dhabeet bombardé, notant que le nombre de morts avait augmenté pour atteindre au moins 14, un chiffre qui sans doute augmentera encore au cours des prochaines heures.

    Selon SANA TV, le nombre des personnes tuées a augmenté pour atteindre 28.

    Les images brutes de Ruptly TV montrent les effets désastreux des bombardements et – sans censure – quelques victimes mutilées.

    L’histoire de deux hôpitaux, en effet, du moins du point de vue de l’Occident et des Anglo-Américains. Dans les médias occidentaux, le bombardement d’un hôpital (s’il a effectivement eu lieu) équivaut à un crime de guerre qui justifie la condamnation du monde tandis que l’autre justifie une plainte contrainte, hésitante et tiède. Même l’aveu douloureux que bombarder des civils et des hôpitaux civils est mal a eu de la peine à sortir de la bouche de Kerry avant d’être accompagné par la condamnation requise du gouvernement syrien et du président élu Bachar al-Assad. Pourtant, le récent bombardement de l’al-Dhabeet n’est rien de nouveau en Syrie. Les terroristes soutenus par l’Occident ont lancé des assauts contre les hôpitaux depuis le début de la crise. Comme le Prof. Tim Anderson l’a fait remarquer :

    Ces cinq dernières années, les groupes d’al-Qaida ont attaqué deux tiers de tous les hôpitaux et cliniques de Syrie, plus les fabriques de médicaments, dont beaucoup étaient à Alep. [Le plus récent s’appelle Al Dabit] L’hôpital général Al Razi (public) a aussi été frappé par la coalition al-Nusra, il n’y a que quelques jours.

    Anderson a aussi mentionné un grand nombre d’autres attaques sur des hôpitaux comme énumérés ci-dessous.

    • l’hôpital al Watani à Qusayr bombardé par Farouq FSA, en 2012 (Video)
    • un attentat suicide d’al-Nusra–ASL frappe l’hôpital al Kindi Alep (Video)
    • des groupes d’al-Qaida ont bombardé l’hôpital Ibn Rushd, aussi à Alep, le 26 avril (Video)
    • L’hôpital général al Razi a aussi été touché il y a quelques jours (lien)

    «Sans surprise, écrit Eva Bartlett, au lieu de rapporter ces exemples documentés de terroristes (qui se filment eux-mêmes) attaquant des hôpitaux syriens, les médias commerciaux et les groupes propagandistes des droits de l’homme remplissent les premières pages et les écrans de télévision avec des accusations bruyantes que l’Armée syrienne et/ou les Russes ont bombardé un prétendu hôpital de MSF à Alep.»

    Conclusion

    C’est évident, l’indignation occidentale à propos du prétendu bombardement du non-hôpital al-Quds n’a jamais été rien d’autre que de la propagande destinée à rallier le soutien populaire à un plus grand engagement militaire étasunien en Syrie et une tentative de plus de détruire le gouvernement syrien laïque. Au mieux, l’information répétée aux publics occidentaux a été mal interprétée. Au pire, elle a été entièrement inventée.

    Article original en anglais :A Tale Of Two Hospitals: Fabricated Bombing Incident vs. Open Terrorist Targeting Of Facilities In Aleppo?

    Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francohone

    Brandon Turbeville – voir les archives de ses articles – est l’auteur de sept ouvrages : Codex Alimentarius — The End of Health Freedom, 7 Real Conspiracies, Five Sense Solutionset Dispatches From a Dissident, volume 1 and volume 2, The Road to Damascus: The Anglo-American Assault on Syria, ainsi que The Difference it Makes: 36 Reasons Why Hillary Clinton Should Never Be President. Turbeville a publié plus de 650 articles sur une grande variété de sujets qui comprennent la santé, l’économie, la corruption du gouvernement et les libertés civiles. L’émission de radio de Brandon Turbeville, Truth on The Tracks peut être écoutée chaque lundi soir à 21h UCYTV. Son site : BrandonTurbeville.com Il est disponible pour des interviews à la radio et la TV. Contact : activistpost (at) gmail.com.


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  • L’immonde présentation du concert russe à Palmyre par «Le Monde »


    La bassesse de la rédaction du quotidien Le Monde, aveuglée par son hystérie russophobe et son aversion à l’égard du président Poutine, s’étale ci-dessous. [Silvia Cattori]

     

    Syrie : un orchestre symphonique russe donne un concert dans l’amphithéâtre de Palmyre

    LE MONDE | 06.05.2016 

    Le chef d’orchestre russe Valéri Guerguiev a dirigé, jeudi 5 mai, l’orchestre symphonique du théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg dans l’amphithéâtre de la cité antique syrienne de Palmyre. Il était notamment accompagné du violoncelliste Sergueï Rodoulguine, proche du président russe Vladimir Poutine et lié au récent scandale des « Panama Papers ».

    Le concert a eu lieu en fin d’après-midi dans la cité dont les monuments les plus célèbres ont subi des dégâts inestimables de la part des djihadistes. Il a été retransmis en direct par la télévision publique russe, M. Poutine intervenant en vidéoconférence pour saluer un « extraordinaire acte d’humanité ». Le ministre des affaires étrangères britannique, Philip Hammond, a vivement critiqué l’organisation de ce concert, le qualifiant dans un communiqué de « tentative de mauvais goût de détourner l’attention des souffrances continues de millions de Syriens »Le monde.fr

    Le Point, reprend la dépêche de l’AFP, qui depuis le début de la guerre en Syrie est dans la ligne diplomatique de l’Etat français. SC

    Poutine à la baguette d’un concert en Syrie

    Source: http://www.lepoint.fr le 06/05/2016 

    Sergueï Roldouguine, proche du président russe, a participé au concert symphonique décrit par Vladimir Poutine comme un « extraordinaire acte d’humanité ».


    Nous reproduisons ci-dessous la présentation sobre de la presse russe touchant cet évènement exceptionnel. SC.


    Un maestro russe et son orchestre symphonique dans les ruines de Palmyre pour célébrer sa libération

    http://arretsurinfo.ch/limmonde-presentation-du-concert-russe-a-palmyre-par-le-monde/#.VyzVHwlFg_A.facebook

     

    palmyre

    Cela a dû donner de longs frissons aux invités qui ont eu le privilège d’assister à ce concert unique dans Palmyre libérée. Sans les sacrifices de la Russie. venue en aide à l’armée syrienne, ce site antique n’aurait pas encore repris vie. SC

    Le célèbre chef d’orchestre Valeri Guerguiev a dirigé ce jeudi 5 mai un concert dans l’antique ville de Palmyre pour soutenir la restauration de ce site inscrit à l’UNESCO et rendre hommage aux victimes de la guerre syrienne.

    Ce n’est pas la première fois que la musique classique pourra être entendue dans des ruines : en 1990, trois célèbres ténors, Luciano Pavarotti, Plácido Domingo et José Carreras avaient donné un concert aux Thermes de Caracalla, à Rome, la veille de la finale de la coupe du monde de football organisée en Italie. L’incroyable succès commercial de leur concert a montré que la musique classique n’était pas qu’un musique destinée à l’élite.

    La musique classique jouée parmi les antiques bâtiments de Palmyre représente, pour beaucoup de par le monde, un symbole de la victoire de la civilisation sur la barbarie. Il y a seulement quelques semaines, cette perle de l’architecture antique inscrite au patrimoine de UNESCO se trouvait entre les mains des terroristes de Daesh. La ville a subi des dommages irréversibles sous l’emprise des extrémistes : ils ont détruit les temples de Baalshamin et de Baal, ont fait exploser d’autres constructions et statues anciennes.

    L’archéologue Khaled Asaad, chef du département des antiquités de Palmyre, a été exécuté et pendu par les terroristes sur le colonne de l’un des bâtiments à la restauration duquel il avait consacré la plupart de sa vie. L’objectif : dissuader tous les «infidèles» d’admirer de telles ruines. Ces atrocités ne relevaient pas du pur et simple vandalisme : la destruction des édifices a été utilisée dans les vidéos de propagande de l’Etat islamique, et le pillage de monuments historique s’est avéré être un fructueux business : les antiquités de Palmyre ont connu un succès immédiat sur le marché noir.

    La ville de Palmyre, conquise par Daesh en mai 2015, a étéreprise par l’armée du gouvernement syrien soutenue par l’aviation russe le 27 mars, après des combats acharnés qui ont duré plusieurs jours. Dans les jours qui ont suivi la reconquête de la ville, des démineurs russes sont arrivés à Palmyre à la demande du gouvernement syrien pour déminer non seulement les routes, mais aussi les immeubles d’habitation et les monuments historiques. Au total, 2 991 explosifs – dont 432 bombes artisanales – ont été désamorcés, a annoncé la défense russe après la fin des opérations.

    Valeri Guerguiev dirige un des orchestres symphoniques les plus connus et les plus prestigieux au monde. Dans un geste symbolique humanitaire, ses musiciens ont déjà joué dans des lieux où de terribles combats se déroulaient. Juste après la fin de la guerre en Ossétie de Sud en 2008 Valeri Guerguiev a emmené son orchestre dans la capitale d’Ossétie en ruines, Tskhinval pour rendre hommage aux victimes du conflit. Le chef d’orchestre, s’il est né à Moscou, est d’origine ossète et a passé la majeure partie de son enfance et de sa jeunesse dans le Nord de l’Ossétie.

    La performance de Valeri Guerguiev qui a eu lieu sur le site antique de Syrie s’intitule «Prière pour Palmyre» et sa musique vise à faire revivre la ville antique pour célébrer la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie en libérant la ville des troupes de Daesh et soutenir les efforts nécessaires pour restaurer les joyaux architecturaux endommagés.

    5 mai 2016.


    Les opinions et assertions exprimées sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.


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    presse monde

    Médias français : Cinq cas de journalistes acquis à la doctrine néoconservatrice

    Crises Décryptage Désinformation France Lobbies Propagande

    Chacun peut comprendre pourquoi les journalistes qui, comme nous, refusent toute compromission et auto censure, ne trouvent pas leur place dans les médias dominants. Et pourquoi il est important de nous reconnaitre et de nous soutenir financièrement. [Arrêt sur Info]

     

    suite ici http://arretsurinfo.ch/medias-francais-cinq-cas-de-journalistes-acquis-a-la-doctrine-neoconservatrice/


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    Le traitement médiatique du mouvement social: Casseurs et prises d’otage

    Le traitement médiatique du mouvement social: Casseurs et prises d’otage

    Le mouvement de contestation de la loi El Khomri fait la Une des médias lourds depuis plusieurs semaines. L’inscription dans la durée lui donne une dimension d’analyseur de ces  médias qui plus que jamais apparaissent comme remplissant une fonction sociale précise, celle que Serge Halimi a dénommé « nouveaux chiens de garde[1] » par paraphrase de Paul Nizan[2] qui attribuait cette fonction aux « philosophes » au service des classes dominantes. Sans être exhaustif, l’analyse de trois leitmotivs médiatiques permet d’interroger la production quotidienne d’une vision dominante qui en dépit de son vernis d’objectivité participe des luttes sociales en cours.

    Une violence de casseurs et de la CGT

    Le discours sur les « casseurs » est le premier leitmotiv se déployant à longueur d’antennes. Il s’inscrit dans un discours plus général sur la « montée de la violence » irrationnelle et/ou illégitime qui depuis des décennies est mis en avant pour justifier un tournant sécuritaire. Il s’agit de produire de la peur pour susciter une demande de « sécurité ». Pour que ce processus d’émergence d’une demande sécuritaire puisse se déployer, il est nécessaire de construire la violence constatée comme étant une « violence sans cause » c’est-à-dire comme une violence pathologique et/ou résultante de la stratégie d’une minorité invisible.

    La violence est ainsi mise en scène médiatiquement comme étant le fait d’une minorité de marginaux. Selon les circonstances, cette minorité est soit dépolitisée, c’est-à-dire que les faits de violences qu’on lui impute sont renvoyés au déclassement, à la décomposition ou à la pathologie mentale ; soit surpolitisée la violence est alors attribuée à une minorité politique occulte déployant une stratégie de déstabilisation. Des révoltes des quartiers populaires aux manifestations actuelles en passant par la chemise du directeur des ressources humaines d’Air France, la violence est systématiquement l’objet de réductionnismes médiatiques dont le point commun est de nier les bases matérielles légitimes à la colère sociale.

    L’effet des réductionnismes médiatiques est donc le masquage des causes de cette violence. Celles-ci se cumulent pourtant depuis des décennies. Comprendre l’émergence d’une violence sociale nécessite la prise en compte de ces causes et de ne pas les confondre avec les « déclencheurs ». Ces derniers ne sont qu’un canal d’expression qui prend telle ou telle forme selon les circonstances et les canaux disponibles. La révolte des quartiers populaires de novembre 2005 (et la violence des jeunes insurgés qui la caractérise) qui a touchée 400 quartiers pendant 21 jours a comme déclencheur l’assassinat de Zyed et Bouna mais à comme cause les processus massif de paupérisation, de précarisation, de discrimination et de contrôle social policier qui touchent les habitants de ces quartiers. Le mouvement social actuel (et la violence qui caractérise une partie des manifestants) a comme déclencheur la loi El Khomri mais a comme cause la destruction systématique depuis quatre décennies ultralibérales de toutes les sécurités sociales conquises par le passé et la hausse de l’écart social entre la classe qui s’enrichie et celles qui se paupérisent.

    La confusion entre « déclencheur » et « cause » est partie intégrante des processus de domination en participant à l’invisibilisation des causes structurelles. Elle permet en outre de légitimer la violence répressive.   Il n’est pas inutile de rappeler ce que disait l’évêque brésilien Helder Camara à ce propos :

    « Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue[3].»

    La négation de la violence institutionnelle dont parle Helder Camara passe par la réduction de la violence à sa seule forme externalisée. Elle suppose la négation de la première réaction des victimes qui est généralement de retourner la violence contre soi ou contre ses proches. La violence institutionnelle fonctionne en effet sur la base de l’invisibilisation de l’agresseur par son inscription dans des mesures en apparence non violentes, mais qui ont des effets destructeurs sur l’existence des personnes qui les subissent.  Ce n’est que lorsque la victime est en mesure de faire des liens, de repérer la source de cette violence invisible, de disposer d’une cible, etc., que sa réaction tend à  s’orienter vers d’autres réponses et entre-autres vers une violence externalisée envers un DRH, un policier ou un ministre.

    Que la colère des manifestants soit virulente, qu’une partie d’entre eux  l’exprime de manière plus radicale, qu’une autre partie cherche l’affrontement, etc., ces constats sont des évidences. Mais ces constats portent sur des conséquences dont les causes sont antérieures. Comme le souligne la sociologue Isabelle Sommier : « La loi El Khomri n’a été qu’un catalyseur, la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » du cumul de griefs et d’indignations contre l’état d’urgence, le sort et les discours sur les migrants, la précarisation continue du travail, ou encore le climat général d’un quinquennat calamiteux[4]. » La négation des causes est ainsi un premier procédé des média-mensonges sur le mouvement social.

    Une stratégie de la tension

    Aux causes structurelles provenant des violences institutionnelles s’en ajoute d’autres conjoncturelles consciemment mises en action par les pouvoirs publics. Nous sommes en présence d’un choix de doctrine dans le rapport aux manifestants. «On glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise c’est manifestants. C’est flagrant avec le Flash Ball[5] » fait remarquer  la juriste Aline Daillère responsable des programmes police-prison-justice pour la France de l’ONG « Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture » (ACAT).

    Un autre aspect de la nouvelle doctrine est la surprésence policière. Le déploiement d’un nombre disproportionné de policiers habillés et armés comme pour une scène de guerre s’inscrit dans une stratégie de la tension dans l’objectif d’isoler un mouvement que l’on sait populaire. Il en est de même de la tactique consistant à couper les cortèges dont le résultat est l’enfermement dans une nasse d’une partie des manifestants qui ne peut que susciter un regain de tension. Même le plus pacifique des manifestants voit sa colère monter d’un cran lorsque qu’il se retrouve ainsi pris en étau. L’affrontement est tout simplement recherché. S’il ne faut pas exclure la présence de provocations sous la forme de policiers déguisés, cette manœuvre n’est qu’un outil parmi d’autres d’une stratégie globale de la tension.

    Le discours médiatique pour sa part commente ces faits de manière militaire inversant une nouvelle fois les causes et les conséquences. L’habitude de se faire gazer par exemple conduit à la généralisation des foulards et celle de se faire matraquer à l’utilisation de casques par une partie des manifestants. Ces conséquences sont doctement analysées par les médias lourds comme la preuve d’une « militarisation » d’une partie des manifestants. Cette militarisation supposée apparaît dès lors comme justification de la surprésence policière. De cause, la surprésence policière se transforme en conséquence.

    Le but de ce choix de doctrine est de contrecarrer la possible massification du mouvement social. Dissuader les opposants à la loi de venir en famille crier leur refus est le véritable objectif de la nouvelle doctrine.  La couverture médiatique sans investigation, construite à partir des déclarations officielles des seuls préfets, se déployant sur une base sensationnaliste contribue à cet objectif.  En témoigne aujourd’hui des couvertures de manifestations quantitativement importantes avec comme seules images des affrontements. Le bruit des grenades couvre celui des slogans revendicatifs.

    La prise d’otage

    Le discours sur la « prise d’otage » des citoyens est le second leitmotiv médiatique et politique concernant le mouvement social actuel. « Prendre ainsi en otage les consommateurs, notre économie, notre industrie, continuer des actions qui visent à faire retirer le texte, ce n’est pas démocratique» clame Valls le 23 mai.  « J’ai du mal à accepter que des Français soient pris en otage » lui répond en écho Myriam El Khomri le lendemain. « Pas un jour sans qu’il y ait une grève, un mouvement de contestation, que des gens prennent en otage des citoyens français” enchaîne Nicolas Sarkozy le même jour. Le discours est le même du gouvernement à la droite, du patronat aux différents experts et consultants médiatiques qui pullulent sur les plateaux.

    Ce discours n’est pas nouveau. Le principe même d’un mouvement social est de se faire entendre et pour cela de se visibiliser. Cela suppose d’entraver le fonctionnement habituel de la vie sociale. Ces formes d’action sont aussi anciennes que les mouvements collectifs et leurs formes sont si ce n’est similaires du moins comparables : blocage des axes de transport, paralysie d’équipements stratégiques, etc.  La couverture médiatique et politique à partir de l’expression « prise d’otage » n’est pas non plus neuve, quoique plus récente. Elle naît du contexte idéologique ultralibéral négateur de toute légitimité du collectif au profit de la seule approche individuelle. Sa fréquence médiatique est un indicateur de la prégnance de l’idéologie ultralibérale dans nos médias. Les routiers de 1992 et 1996 comme les cheminots de décembre 1995 ont également été transformés médiatiquement en preneurs d’otages [6].

    En choisissant une telle expression pour couvrir des actions collectives le discours médiatique dominant prend (consciemment ou non le résultat est identique) position contre le mouvement social. L’attention sur les enjeux et les causes du conflit est détournée vers une attention sur les conséquences du conflit. Les « blocages » n’apparaissent plus comme un moyen pour se faire entendre mais comme une stratégie égoïste ne prenant pas en compte le citoyen moyen transformé en victime impuissante. La scène du voyageur sur un quai de gare lors d’une grève est ainsi devenue un incontournable des journaux télévisés. Il ne s’agit plus d’interroger un citoyen sur son avis sur la loi El Khomri mais de le questionner un individu réduit à la seule dimension de consommateur sur les entraves à l’accès à un bien ou un service.  Le citoyen cédant la place au consommateur c’est bien là, l’idéal des classes dominantes contemporaines que construisent les médias dominants.

    Le discours dominant sur la prise d’otage est lourd d’effets. Il active l’imaginaire du terrorisme et de la nécessaire intervention musclée des forces de l’ordre. Il ouvre et encourage une logique de « montée des enchères ». La droite dénonce le laxisme supposée du gouvernement avec un Sarkozy appelant le gouvernement à « remettre de l’ordre et de l’autorité dans le pays ». Le Front National par la bouche de Marion Maréchal Le Pen lui fait écho en considérant que « face aux casseurs comme à la CGT qui prend en otage les Français, la seule réponse de l’Etat doit être la fermeté ». Quant à Pierre Gattaz il appelle le gouvernement « à ne pas céder au chantage, aux violences, à l’intimidation, à la terreur », de « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ».

    On ne peut clore cette partie sans aborder nos chers experts, consultants et éditorialistes divers. Leurs explications à prétention savante se réduisent à une seule causalité que résume comme suit Nathalie Saint-Cricq au JT de 20 heures du 23 mai sur France 2 : « cette stratégie est justifiée par un score en chute libre à la CGT [7] ». Le ton est donné et la même grille explicative se retrouve le lendemain au Figaro sous la plume de Gaëtan de Capèle et à Libération sous celle de Laurent Joffrin, avant de s’étendre à une grande partie de la presse régionale. Il n’a a donc aucune base matérielle à la colère sociale et à la violence qu’elle suscite. Tout se réduirait à la manipulation par la minorité agissante que serait la CGT.

    Il n’y a pas besoin de recourir à une quelconque théorie du complot pour expliquer la production d’un tel discours réducteur. Les causalités ont été mises en évidences depuis longtemps : « difficulté à se libérer des sources institutionnelles, à développer un journalisme d’investigation et d’explication de dossiers complexes. Difficulté à surmonter l’ethnocentrisme professionnel et à rendre compte, non avec complaisance, mais avec compréhension, de mobilisations de milieux sociaux très éloignés de celui des élites journalistiques [8]. » Si nous ajoutons la recherche de sensationnalisme à des fins d’audimat, la ligne éditoriale pouvant être imposée, l’entre soi avec les puissants, etc., nous sommes bien en présence de « chiens de garde ».

    Terminons en faisant un pas de côté vers les quartiers populaires. Les médias-mensonges suscités par le mouvement social actuel ne sont, en effet pas sans rappeler ceux se déployant de manière quasi-permanente depuis quatre décennies à l’encontre des quartiers populaires et de leurs habitants. Pour eux aussi, les discours médiatiques nient les causes structurelles pour ne se centrer que sur les déclencheurs et/ou sur les conséquences. Pour eux également, se déploient les deux images de la violence pathologique et de la violence d’une minorité invisible. A leur endroit également la surprésence policière est construite médiatiquement et systématiquement comme étant une conséquence et jamais comme étant une des causes des violences relatées. Les stratégies d’intervention des forces de l’ordre et la doctrine implicite qu’elles portent ne sont pas plus interrogées que pour le mouvement social actuel. Il existe cependant une différence et elle est de taille : l’isolement des quartiers populaires en général et de leurs habitants issus de l’immigration en particulier. Alors que désormais il faut compter par centaines les morts de jeunes issus de l’immigration tués par des policiers, les constructions médiatiques des faits sont parvenues pour l’instant à isoler les luttes contre les violences policières des quartiers populaires. L’indifférence vis-à-vis des quartiers populaires prépare la généralisation des procédés qui y sont expérimentés à l’ensemble des contestations sociales.

    Saïd Bouamama

    Notes:

    [1] Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Raison d’agir, Paris, 2005.
    [2] Paul Nizan, Les chiens de garde, Agone, Paris, 2012.
    [3]  Dom Helder Camara, Spirale de violence, Desclée de Brouwer, Paris, 1970.
    [4] Isabelle Sommier, Qui sont vraiment les casseurs ?, http://www.lesinrocks.com/2016/05/21/actualite/qui-sont-vraiment-les-casseurs-11829657/, consulté le 2 juin à 14 heures.
    [5] Aline Daillère, Violences policières : un rapport dénonce un risque d’impunité des forces de l’ordre, Le Monde du 14 mars 2016, http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l-ordre_4882121_1653578.html, consulté le 2 juin à 15 h 20.
    [6] Thomas Chenevier et Laurent Ladouari, Prise en otage, prise à témoin : de la médiatisation des conflits sociaux, Annales des mines, novembre 2000, p.36.
    [7] Daniel Schneidermann, Nathalie Saint-Cricq et ses deux amies, face aux dynamiteurs CGT, http://rue89.nouvelobs.com/2016/05/24/nathalie-saint-cricq-deux-amies-264118, consulté le 2 juin à 18 h 30
    [8] Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte, Paris, 1996, p. 109

    source:http://www.investigaction.net/le-traitement-mediatique-du-mouvement-social-casseurs-et-prises-dotage/#sthash.g7DSR90d.dpuf

    http://reseauinternational.net/le-traitement-mediatique-du-mouvement-social-casseurs-et-prises-dotage/


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    On est quand même atterré par cette indifférence globale des grands médias dominants et de l’opinion publique, en France, à l’égard du coup d’Etat qui vient de se produire au Brésil où la présidente Dilma Rousseff vient d’être écartée du pouvoir [1]. Oui, il s’agit bien d’un coup d’Etat, un vrai. Certes sans bruits de bottes ni de sabres comme au bon vieux temps, mais coup d’Etat tout de même soit, pour être très clair : « Le renversement du pouvoir, de façon illégale, par l’action d’une fraction des gouvernants. »

    Il est vrai aussi que, depuis des mois, l’opinion publique mondiale a été méthodiquement désinformée et saturée par des cascades de nouvelles à propos d’affaires de corruption au Brésil liées au groupe Petrobras. Mais justement, la présidente Dilma Rousseff n’est pas personnellement impliquée dans ce scandale. Et si, effectivement, la Constitution brésilienne prévoit le cas d’ « empêchement », de mise en accusation du chef de l’Etat, elle ne l’admet qu’en cas d’un « délit dont se serait rendu coupable le chef d’Etat ». Or à ce jour, Dilma Rousseff est simplement suspectée d’irrégularités sur la présentation de son budget 2014 pour avoir eu recours – comme tous ses prédécesseurs – à une acrobatie comptable consistant à faire financer des dépenses sociales par des banques afin de décaler dans le temps les débits inscrits sur les comptes publics. Répétons-le, tous ses prédécesseurs ont également pratiqué ce « dribble fiscal », sans pour autant avoir été mis en accusation.

    Bref, Dilma Rousseff a été brutalement renversée par un coup d’Etat de nouveau type, institutionnel, inspiré du modèle qui a déjà permis le renversement de deux présidents progressistes : Manuel Zelaya, en 2009, au Honduras, et Fernando Lugo, en 2012, au Paraguay.

    Ce n’est pas très compliqué à comprendre. Mais les médias dominants ont tellement embrouillé les choses, que le grand public en Europe en est venu à trouver presque « normal » que Dilma Rousseff soit finalement écartée du pouvoir. En revanche, la plupart des observateurs étrangers de bonne foi se trouvant sur place n’ont pu que constater la grossière manipulation médiatique et l’évidence du coup de force.

    En témoigne, par exemple, la grande lucidité de l’acteur français Vincent Cassel qui réside à Rio de Janeiro et qui, à propos de la crise politique au Brésil, a récemment déclaré ceci : « Attention à la désinformation ! Quand Lula, il n’y a pas si longtemps, obtenait les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de foot, le Brésil passait pour le "pays de l’avenir". Aujourd’hui, on noircit le tableau avec la même exagération. Toute la classe politique de ce pays est corrompue. Lula et Dilma ont certainement des casseroles, mais leurs adversaires encore plus. La droite capitaliste, qui a longtemps dirigé le pays après la fin de la dictature, n’a jamais rien fait en faveur du peuple brésilien. Lula, lui, a sorti cent millions de personnes de la misère et a fait émerger une classe moyenne. L’ensemble des médias est détenu par quatre ou cinq familles riches qui manipulent l’information de façon scandaleuse pour reprendre le pays au Parti des travailleurs (PT) : les images des manifestations pro-Dilma sont régulièrement légendées par la presse comme des preuves de son impopularité ! La grande majorité ne souhaita pas son départ [2]. »

    Pour aller dans le sens de Vincent Cassel, nous présentons ci-dessous plusieurs analyses (en espagnol) qui devraient permettre d’éclairer le débat.

     

    Illustration : Michel Temer

     

     

    1) Crisis brasileña era estrategia golpista

    Por Emir Sader

    ALAI AMLATINA, 12/05/2016.- La larga crisis brasileña, que algunos dicen que ha empezado con las manifestaciones callejeras de junio del 2013, otros que recién concluidas las elecciones del 2014, gana contornos definidos, conforme desemboca en un golpe blanco. No se puede decir que todo ha sido meticulosa y fríamente calculado, pero es cierto que han terminado siendo piedras de la arquitectura de una estrategia golpista con el objetivo, a como sea y con quien sea, sacar el PT del gobierno.

    Ese es el objetivo de la derecha brasileña, así como es la de los otros países con gobiernos progresistas de la región : cerrar el ciclo de gobiernos populares, sacar a esas fuerzas del gobierno, de la forma que sea posible, restablecer el modelo neoliberal. Es lo que ha pasado y está pasando en Brasil ahora.

    Hubo quienes creyeron que las manifestaciones del 2013 eran democráticas, que criticaban al gobierno y al PT desde un punto de vista de izquierda. Tremendo engaño : era el comienzo de la onda de descalificación de la política, primer paso para la ofensiva de la derecha.

    Hubo quienes, desde la ultra izquierda, saludaban el final de los gobiernos del PT, su fracaso, el final del ciclo de gobiernos progresistas en América Latina, como si hubiera llegado la hora a la ultra izquierda. Enorme engaño : la alternativa al PT y a los gobiernos progresistas está en la derecha. La misma crisis demostró que el único gran liderazgo popular en Brasil es el de Lula. Que las grandes manifestaciones populares tienen en la CUT –Central Única de Trabajadores, cercana al PT– su más grande puntal.

    Hubo quienes se han dejado llevar por los medios brasileños y creyeron que el tema central de la crisis era un tema de corrupción del PT. Cuando la crisis se ha profundizado y los medios internacionales mandaron sus corresponsales, todos, unánimemente, se dieron cuenta que los corruptos están del otro lado, son exactamente los golpistas. Que no hay ninguna prueba concreta en contra de Dilma o de Lula, mientras los dirigentes del golpe y más de 200 parlamentarios que lo han votado, son reos de procesos de corrupción en el Supremo Tribunal Federal.

    Total, la larga y profunda crisis brasileña es la estrategia de la derecha para recuperar el gobierno y, desde ahí atacar los avances de los últimos casi 13 años en Brasil. Atacar la destinación constitucional de recursos para la educación y la salud, atacar los derechos de los trabajadores, atacar los patrimonios públicos, imponer un durísimo ajuste fiscal, desatar la represión en contra de los movimientos populares, establecer una política internacional de subordinación a los intereses de los Estados Unidos. Esos son los objetivos del golpe blanco, que se fue gestando a lo largo de los últimos años en Brasil.

    Pretenden sacar al PT y restablecer el modelo neoliberal, el Estado mínimo y la política externa subordinada a los EEUU, y terminar con los gobiernos del PT que dieron prioridad a la lucha en contra de la desigualdad, al rescate del rol activo del Estado y a la política externa soberana. Esos son los objetivos de la larga crisis de desestabilización en Brasil.

    La izquierda en su conjunto y todos los movimientos sociales lo han comprendido muy bien, se han unido en defensa de la democracia, en contra del golpe, a sabiendas que lo que viene, como en Argentina, es una venganza en contra del pueblo y de sus derechos.

    Pero a diferencia de un golpe militar o de una victoria electoral, la derecha brasileña tiene que enfrentarse al más grande movimiento de masas que el país haya conocido, con su falta absoluta de propuestas que pudieran darle legitimidad y apoyo popular, con el liderazgo de Lula, el único con enorme respaldo popular.

    Son tiempos de lucha, de disputa, de inestabilidad, de crisis hegemónica profunda. El juego no ha terminado, al contrario, se ha profundizado, los enfrentamientos de clase han quedado mucho más visibles. Brasil ya no será el mismo después de esta crisis. La derecha ya no se disfrazará de civilizada, de democrática, de reformista, para aparecer como es : neoliberal, corrupta, golpista (El gobierno de Temer, por primera vez, desde la dictadura, tendrá apenas a hombres, blancos, desde luego, adultos, reaccionarios, corruptos).

    Mientras que la izquierda está comprometida con volver al gobierno para desatar los nudos que han bloqueado sus gobiernos y han llevado al golpe, principalmente la democratización de los medios, el quiebre de la hegemonía del capital especulativo, la reforma del sistema electoral, entre tantas otras reformas. Esa disputa es la que caracteriza al nuevo período político abierto hoy en Brasil.

     - Emir Sader, sociólogo y científico político brasileño, es coordinador del Laboratorio de Políticas Públicas de la Universidad Estadual de Rio de Janeiro (UERJ).

     

    2) El “impeachment” sin crimen es una agresión a la democracia

    Brasil de Fato

    Ni en la Cámara de Diputados ni en el Senado se presentaron pruebas concretas que incriminen a la presidenta Dilma.

    El día de ayer quedará en la memoria del pueblo brasileño como el día en que el voto de 54 millones de lectores fue despreciado y, por medio de un golpe, la primera mujer electa presidenta de Brasil fue desplazada.

    En cumplimiento de un rito que agrede nuestra democracia, el entonces presidente de la Cámara de Diputados, Eduardo Cunha (PMDB-RJ), encaminó el proceso de impeachment al Senado. Allí, la decisión de la mayoría fue favorable al parecer del relator de la Comisión Especial, Antonio Anastasia (PSDB-MG), que da continuidad al proceso por considerar que Dilma practicó crimen de responsabilidad. Con esa decisión, ella es apartada por hasta seis meses, hasta que haya una votación final, que decidirá por el impeachment o no.

    Sin embargo, ni en la Cámara de Diputados ni en el Senado se presentan pruebas concretas que incriminan a Dilma Rousseff y que le impidan ejercer su mandato hasta el final. La acusan por los “maquillajes fiscales”, por lo tanto, si eso fuese considerado crimen, el impedimento también debería aplicarse sobre el vicepresidente Temer y para 16 de los actuales gobernadores. Por si no bastase, el propio Anastasia también utilizó las pedaleadas en el gobierno de Minas Gerais. ¡Lo que viene siendo orquestado es tan absurdo, que quien acusa son los que cometieron los crímenes por los cuales la presidenta es acusada ! O sea, ¡para ella vale, para ellos no !

    Aunque los fundamentos de la acusación son precarios, el origen del golpe no lo es. Se sustenta en el realineamiento de Brasil con los intereses de los Estados Unidos, en la criminalización de las luchas sociales y en la retirada de los derechos de los trabajadores. Indicios de lo que será el nuevo gobierno está diseñado en el programa “Puente para el Futuro” que reúne intereses del capital internacional y que permite que estos hagan lo que siempre se quisieron : privatizar, no permitir que Brasil se desarrolle como nación soberana y aumentar la explotación de manera inédita.

    ¡No es hora de desanimar ! En este escenario es fundamental no sólo mantener, sino también intensificar la movilización contra el golpe propuesta por el Frente Brasil Popular, por el Frente Pueblo sin Miedo y por innumerables iniciativas de artistas, estudiantes, religiosos e intelectuales.

    El sentimiento de que fuimos traicionados y golpeados se explayan, y es en las calles que llevaremos adelante grande combates denunciando a los golpistas y al modelo económico anti-popular a ser adoptado por Temer. ¡Nuestra lucha sigue ! y, con la frente en alto, seguiremos en alerta contra el retroceso en nuestro país.

    Rio de Janeiro, 12 de mayo de 2016, 07h06
    Editorial de Brasil de Fato
    http://www.alainet.org/es/articulo/177399

     

    3) Asalto al poder en Brasil

    Por Atilio Boron

    Una pandilla de bandidos tomó por asalto la presidencia de Brasil. La integran tres actores principales : por un lado, un elevado número de parlamentarios (recordar que sobre unas dos terceras partes de ellos pesan gravísimas acusaciones de corrupción) la mayoría de los cuales llegó al Congreso producto de una absurda legislación electoral que permite que un candidato que obtenga apenas unos pocos centenares de votos acceda a una banca gracias a la perversa magia del “cociente electoral”. Tales eminentes naderías pudieron destituir provisoriamente a quien llegara al Palacio del Planalto con el aval de 54 millones de votos.

    Segundo, un poder judicial igualmente sospechado por su connivencia con la corruptela generalizada del sistema político y repudiado por amplias franjas de la población del Brasil.

    Pero es un poder del estado herméticamente sellado a cualquier clase de contraloría democrática o popular, profundamente oligárquico en su cosmovisión y visceralmente opuesto a cualquier alternativa política que se proponga construir un país más justo e igualitario.

    Para colmo, al igual que los legisladores, esos jueces y fiscales han venido siendo entrenados a lo largo de casi dos décadas por sus pares estadounidenses en cursos supuestamente técnicos pero que, como es bien sabido, tienen invariablemente un trasfondo político que no requiere de mucho esfuerzo para imaginar sus contornos ideológicos.

    El tercer protagonista de esta gigantesca estafa a la soberanía popular son los principales medios de comunicación del Brasil, cuya vocación golpista y ethos profundamente reaccionario son ampliamente conocidos porque han militado desde siempre en contra de cualquier proyecto de cambio en uno de los países más injustos del planeta.

    Al separar a Dilma Rousseff de su cargo (por un plazo máximo de 180 días en el cual el Senado deberá decidir por una mayoría de dos tercios si la acusación en contra de la presidenta se ratifica o no) el interinato presidencial recayó sobre oscuro y mediocre político, un ex aliado del PT convertido en un conspicuo conspirador y, finalmente, infame traidor : Michel Temer. Desgraciadamente, todo hace suponer que en poco tiempo más el Senado convertirá la suspensión temporal en destitución definitiva de la presidenta porque en la votación que la apartó de su cargo los conspiradores obtuvieron 55 votos, uno más de los exigidos para destituirla.

    Y eso será así pese a que, como Dilma lo reconociera al ser notificada de la decisión senatorial, pudo haber cometido errores pero jamás crímenes. Su límpido historial en esa materia resplandece cuando se lo contrasta con los prontuarios delictivos de sus censores, torvos personajes prefigurados en la Ópera del Malandro de Chico Buarque cuando se burlaba del “malandro oficial, el candidato a malandro federal, y el malandro con contrato, con corbata y capital”. Ese malandraje hoy gobierna Brasil.

    La confabulación de la derecha brasileña contó con el apoyo de Washington -¡imaginen como habría reaccionado la Casa Blanca si algo semejante se hubiera tramado en contra de alguno de sus peones en la región ! En su momento Barack Obama envió como embajadora en Brasil a Liliana Ayalde, una experta en promover “golpes blandos” porque antes de asumir su cargo en Brasilia, en el cual se sigue desempeñando, seguramente que de pura casualidad había sido em​bajadora en Paraguay, en vísperas del derrocamiento “institucional” de Fernando Lugo.
    Pero el imperio no es omnipotente, y para viabilizar la conspiración reaccionaria en Brasil suscitó la complicidad de varios gobiernos de la región, como el argentino, que definió el ataque que sus amigos brasileños estaban perpetrando en contra de la democracia como un rutinario ejercicio parlamentario y nada más.

    En suma, lo ocurrido en Brasil es un durísimo ataque encaminado no sólo a destituir a Dilma sino también a derrocar a un partido, el PT, que no pudo ser derrotado en las urnas, y a abrir las puertas para un procesamiento del ex presidente Lula da Silva que impida su postulación en la próxima elección presidencial.

    En otros términos, el mensaje que los “malandros” enviaron al pueblo brasileño fue rotundo : ¡no se les vuelva a ocurrir votar a al PT o a una fuerza política como el PT !, porque aunque ustedes prevalezcan en las urnas nosotros lo hacemos en el congreso, la judicatura y en los medios, y nuestro poderío combinado puede mucho más que sus millones de votos.

    Grave retroceso para toda América Latina, que se suma al ya experimentado en la Argentina y que obliga a repensar que fue lo que ocurrió, o preguntarnos, en línea con el célebre consejo de Simón Rodríguez, dónde fue que erramos y por qué no inventamos, o inventamos mal.

    En tiempos oscuros como los que estamos viviendo : guerra frontal contra el gobierno bolivariano en Venezuela, insidiosas campañas de prensa en contra de Evo y Correa, retroceso político en Argentina, conspiración fraudulenta en el Brasil, en tiempos como esos, decíamos, lo peor que podría ocurrir sería que rehusáramos a realizar una profunda autocrítica que impidiera recaer en los mismos desaciertos. En el caso del Brasil uno de ellos, tal vez el más grave, fue la desmovilización del PT y la desarticulación del movimiento popular que comenzó en los primeros tramos del gobierno de Lula y que, años después, dejaría a Dilma indefensa ante el ataque del malandraje político.

    El otro, íntimamente vinculado al anterior, fue creer que se podía cambiar Brasil sólo desde los despachos oficiales y sin el respaldo activo, consciente y organizado del campo popular. Si las tentativas golpistas ensayadas en Venezuela (2002), Bolivia (2008) y Ecuador (2010) fueron repelidas fue porque en esos países no se cayó en la ilusión institucionalista que, desgraciadamente, se apoderó del gobierno y del PT desde sus primeros años. Tercer error : haber desalentado el debate y la crítica al interior del partido y del gobierno, apañando en cambio un consignismo facilista que obstruía la visión de los desaciertos e impedía corregirlos antes de que, como se comprobó ahora, el daño fuera irreparable.

    Por algo Maquiavelo decía que uno de los peores enemigos de la estabilidad de los gobernantes era el nefasto rol de sus consejeros y asesores, siempre dispuestos a adularlos y, por eso mismo, absolutamente incapacitados para alertar de los peligros y acechanzas que aguardaban a lo largo del camino.

    Ojalá que los traumáticos eventos que se produjeron en Brasil en estos días nos sirvan para aprender estas lecciones.
     
    - Dr. Atilio A. Boron, director del Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (PLED), Buenos Aires, Argentina. Premio Libertador al Pensamiento Crítico 2013. 
    http://www.alainet.org/es/articulo/177420

    http://www.medelu.org/Coup-d-Etat-au-Bresil

     

    Brésil

    A la « gauche » française et européenne…

    Par Maurice Lemoine  |  14 mai 2016     →    Version imprimable de cet article Imprimer  

    Quand ils sont venus chercher Hugo Chávez,
    Vous n’avez rien dit,
    Vous n’êtes pas Vénézuéliens.

    Quand ils sont venus chercher Manuel Zelaya,
    Vous n’avez rien dit,
    Vous n’êtes pas Honduriens.

    Quand ils sont venus chercher Fernando Lugo,
    Vous n’avez pas protesté,
    Vous n’êtes pas Paraguayen.

    Quand ils sont venus chercher Nicolas Maduro,
    Vous n’avez pas protesté,
    Vous n’êtes toujours pas Vénézuéliens.

    Puis ils sont venus chercher Dilma Rousseff,
    Et vous ne comprenez rien à ce qui se passe,
    Et vous êtes totalement pétrifiés…


    D’après le poème du pasteur
    et théologien allemand Martin Niemöller (1892-1984)

     

    Dilma Rousseff

    http://www.medelu.org/A-la-gauche-francaise-et

     


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