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    Le gamin qui fait la une a un peu de poussière sur lui.. . l'autre a été décapité dans l'indifférence générale

    Alep: la propagande « Droits de l’homme » prépare le terrain pour une escalade militaire

     
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    Omran médias

    Les images et vidéos montrant un garçon de cinq ans d’Alep, Omran Daqneesh, sont rapidement devenues omniprésentes dans les médias aux États-Unis et en Europe de l’ouest, après avoir été distribuées par un groupe aligné sur les « rebelles » islamistes soutenus par la CIA en Syrie.

    On voit le garçonnet un peu hébété, assis dans le siège orange d’une nouvelle ambulance bien équipée, le visage couvert de poussière et taché par ce qui semble être du sang séché provenant selon les médias d’une entaille au cuir chevelu. Une vidéo le montre attendant, sans qu’on s’occupe de lui, pendant que des photographes et vidéastes enregistrent son image pour la diffuser dans le monde entier. De toute évidence, les responsables ont senti que le garçon, avec une mèche de cheveux couvrant son front et un t-shirt de bande dessinée, fournissait une image commercialisable.

    CNN a proclamé l’enfant « visage de la guerre civile en Syrie » ; sa présentatrice a fondu en larmes de façon théâtrale en racontant son histoire. Le New York Times le qualifia de « symbole de la souffrance d’Alep », tandis que USA Today publiait une brève note disant, « Ce garçon syrien s’appelle Omran. Allez-vous faites attention maintenant ? »

    Plus direct dans son approche, le Daily Telegraph britannique titrait un article « Pour l’amour des enfants d’Alep, nous devons de nouveau essayer d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Syrie. »

    Parmi les articles les plus obscènes il en y avait un, c’était prévisible, de Nicholas Kristof du New York Times, qui mélangeait le sort des enfants syriens et la mort de son chien familial. Il invoquait ensuite une déclaration du secrétaire d’État John Kerry selon laquelle l’État islamique (EI) était en train d’effectuer un génocide, comme justification pour que les États-Unis lancent des missiles de croisière contre le gouvernement syrien qui se bat contre l’EI. Cette tentative d’abolir toute pensée rationnelle au nom des Droits de l’homme est stupéfiante.

    Nous assistons là à une campagne de propagande de guerre soigneusement orchestrée, destinée à faire appel aux sentiments humanitaires de la population pour l’embrigader dans une nouvelle escalade de violence impérialiste au Moyen-Orient. Si l’incident avec Omran a été mis en scène par les « rebelles » et ceux qui les gèrent à la CIA, ou si Washington et les médias exploitent cyniquement la souffrance réelle d’un enfant innocent, n’est pas encore avéré.

    Ce qui est indiscutable c’est que la feinte préoccupation au sujet de cet enfant est imposée au public avec des motifs politiques et géostratégiques très précis, non déclarés, qui n’ont rien à voir avec la protection d’enfants innocents. Des enfants sont morts par centaines de milliers au cours du dernier quart de siècle d’invasions, de bombardements et de guerres par procuration conduites par les Etats-Unis dans toute la région.

    L’image d’Omran a été choisie parce qu’elle venait du secteur est d’Alep où environ un sixième de la population de la ville vit sous la domination des milices islamistes soutenues par les États-Unis. La plus importante d’entre elles est Fateh al-Sham, qui s’appelait le mois dernier encore Front al-Nosra et était l’affilié désigné d’Al-Qaïda en Syrie.

    Les enfants syriens tués par « les canons de l’enfer » des milices d’Al-Qaïda, pilonnant aveuglément les quartiers ouest d’Alep contrôlés par le gouvernement, n’ont pas le même effet sur les glandes lacrymales des éditorialistes et « têtes parlantes » des médias. Ni d’ailleurs les images venant du Yémen, des enfants abattus par les frappes aériennes saoudiennes menées à l’aide de bombes fournies par les États-Unis et du soutien logistique indispensable du Pentagone. La vidéo horrifiante des « rebelles » syriens « modérés » soutenus par les États-Unis, sciant la tête d’un garçon palestinien d’une dizaine d’années, n’a pas non plus provoqué d’indignation significative.

    Les forces motrices sous-jacentes de cette nouvelle campagne de propagande sont de deux ordres. D’abord et de façon immédiate, l’offensive des « rebelles » — armés et financés par les États-Unis et leurs alliés régionaux — visant à rompre le siège de l’est d’Alep par le gouvernement syrien et à intensifier la guerre contre la population civile dans l’ouest de la ville, s’est immobilisée, et l’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, refait des gains importants sur le terrain. D’où la nouvelle demande de cessez-le-feu immédiat.

    Ensuite, il y a le développement d’une collaboration plus étroite entre Russie, Iran, Chine et Turquie qui a, par rapport aux cinq ans de guerre pour un changement de régime en Syrie, des conséquences d’une grande portée. La semaine dernière, l’Iran a permis à la Russie d’utiliser des bases iraniennes pour attaquer des cibles en Syrie et Pékin a annoncé une augmentation de l’aide militaire à Damas. Suite à la tentative de coup militaire du mois dernier soutenue par les États-Unis, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdo&;an a cherché à se rapprocher de Moscou et de Téhéran.

    Washington est de plus en plus inquiet de cette alliance potentielle et la considère comme un obstacle à sa campagne militaire pour affirmer l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et ses vastes réserves d’énergie. Il ne peut pas accepter un tel défi et va inévitablement préparer une réponse militaire. C’est à cette fin que la campagne de propagande « humanitaire » pour « sauver les enfants » de la Syrie — et sauver les forces Al-Qaïda mandatées par Washington par la même occasion — a été montée.

    Les méthodes employées dans cette campagne sont pour le moins usées. Il y a vingt-cinq ans, la première guerre du Golfe contre l’Irak avait été préparée à l’aide d’un conte effrayant, raconté au Congrès américain, parlant de troupes irakiennes envahissant le Koweït, volant les incubateurs dans les hôpitaux et laissant mourir les bébés. On a appris par la suite que le prétendu témoin de cette atrocité, une femme présentée comme une infirmière, était la fille de l’ambassadeur du Koweït et un membre de la famille royale de l’émirat. Toute l’histoire était un canular de propagande.

    Dans les années qui ont suivi, les États-Unis ont imposé des sanctions punitives à l’Irak, qui ont coûté la vie à un demi-million d’enfants irakiens. Madeleine Albright, alors ambassadrice américaine à l’ONU, a déclaré de façon tristement célèbre : « Le prix en valait la peine. » Des guerres américaines subséquentes en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie ont tué des centaines de milliers d’autres enfants.

    Examinant ces 25 années de violence et de sang, le livre nouvellement publié de David North: « Un quart de siècle de guerre: la poursuite de l’hégémonie mondiale par les États-Unis, 1990-2016 » déclare :

    « L’étendue des opérations militaires s’est continuellement élargie. On a commencé de nouvelles guerres tout en poursuivant les précédentes. On s’est servi cyniquement de l’invocation des Droits de l’homme pour faire la guerre à la Libye et renverser le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le même prétexte hypocrite a été utilisé pour organiser une guerre par procuration en Syrie. Les conséquences de ces crimes, en vies humaines et en souffrances, sont incalculables. »

    « Il faut étudier le dernier quart de siècle de guerres menées par les États-Unis comme une chaîne d’événements interconnectés. La logique stratégique de la poursuite de l’hégémonie mondiale par les États-Unis se prolonge au-delà des opérations néocoloniales du Moyen-Orient et de l’ Afrique. Les guerres régionales en cours sont les éléments constitutifs d’une confrontation montante des États-Unis avec la Russie et la Chine, qui s’accélère rapidement. »

    Le flot de propagande de guerre qui annonce une escalade imminente de l’intervention américaine en Syrie menace de précipiter une telle confrontation qui comporte le danger réel d’une guerre nucléaire mondiale.

    Bill Van Auken

    Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 19 août 2016

    http://www.mondialisation.ca/alep-la-propagande-droits-de-lhomme-prepare-le-terrain-pour-une-escalade-militaire/5541814


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    Le Monde est devenu le (sale) canard de l'OTAN ! (eva)

    L’idéologie du Monde

    L’idéologie du Monde

     

    Depuis plus de cinq ans, Le Monde nous annonce la chute imminente de ce qu’il appelle « le régime de Damas », assimilé à une seule personne : Bachar al-Assad, « dictateur sanguinaire », « fils de dictateur », « nouvel Hitler », « nouveau Staline », etc… seul responsable (il va sans dire !) des 300 000 victimes d’une guerre civile qu’il aurait inventée lui-même pour conserver le pouvoir ! Depuis plus de cinq ans, le quotidien essaie de nous vendre la fiction d’une rébellion, sinon d’une « révolution » armée et constituée de « groupes modérés », laïcs, voire démocratiques. Depuis plus de cinq ans, l’ensemble de la rédaction du Monde (avec l’aide des Bernard-Henri Lévy, Jean-Pierre Filiu, Basma Kodmani et autres diseurs de bonne aventure) est mobilisée par la production idéologique du « politiquement correct » concernant la Syrie, sa guerre civilo-régionale et ses acteurs internationaux.

    Patatrac, la reconquête en cours d’Alep (la deuxième ville du pays) par l’armée gouvernementale met brutalement par terre cette belle fable. En effet, les groupes jihadistes qui mènent la contre-offensive sont des terroristes d’Al-Qaïda et de Dae’ch. Dans une singulière volte-face, Le Monde du 10 août dernier nous apprend un peu tard que « l’insurrection a, désormais un nouveau visage », le visage hideux de groupes terroristes salafo-jihadistes !

    Citation : « c’est un scénario que prédisent des observateurs depuis des mois : le siège des quartiers rebelles de la ville d’Alep, mené par le régime de Bachar al-Assad et l’échec des négociations politiques à Genève allaient bénéficier aux groupes les plus radicaux, et en particulier, au Front Al-Nosra. Dans l’immédiat, la nouvelle offensive menée depuis la fin juillet par les forces qui combattent le régime pour « briser le siège d’Alep » semble leur donner raison. Le groupe jihadiste, qui s’est rebaptisé fin juillet Front Fatah Al-Cham, a joué un rôle clef dans la percée réalisée au sud de la ville, samedi 6 août. Il est un pilier de la coalition Jaïch Al-Fatah, déployée sur ce front ». Des observateurs… Quels observateurs ? Les journalistes du Monde en font-ils partie ?

    Sans préciser que cette nébuleuse – structurée durant l’été et l’automne 2012 – est financée par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, le quotidien nous prévient : « sa participation déterminante aux combats pourrait avoir d’importantes répercussions pour l’insurrection syrienne », mais nous rassure aussitôt, parce que cette évolution « s’accompagne d’une tentative de normalisation : quelques jours avant l’assaut, le groupe (Front Fatah Al-Cham) affirmait avoir pris ses distances avec Al-Qaïda ». Ouf, on l’a échappé belle ! D’autant que le chef de la « Coalition syrienne » Anas Al-Abdé (sous la coupe des Frères musulmans et de l’Arabie saoudite) ouvre son cœur aux lecteurs du Monde : « la bonne nouvelle est que les groupes qui se battent contre Bachar al-Assad à Alep n’ont pas de liens avec les organisations terroristes comme Al-Qaïda et l’Etat islamique, a estimé M. Abdé, en tentant de minimiser le poids des hommes du Front Fatah Al-Cham qui représentent peut-être 10% des forces combattantes » (SIC). Le Monde a-t-il cherché à vérifier, sinon à contredire ces dires ? Que nenni !

    Les connaisseurs de la région savent à quoi s’en tenir à propos de la campagne de communication de Nosra annonçant la rupture de ses liens avec Al-Qaïda. « D’abord, cette opération de com. s’est faite à la demande du Pentagone afin que celui-ci puisse légitimer ses livraisons d’armes à Nosra devant le Congrès », précise un officier des renseignements extérieurs français, « quant au fond, cette tentative de normalisation c’est un peu Frankenstein qui proclame vouloir devenir l’ami des hommes ou Michael Corleone qui déclare à la commission parlementaire anti-mafia qu’il est un honnête chef d’entreprise… »

    Cependant, le quotidien poursuit : « au cours des semaines précédant l’offensive, les factions rebelles implantées dans l’est d’Alep, dont les artères ont été mutilées par les bombardements à répétition du régime, avaient appelé à la rescousse, sans enthousiasme, la coalition Jaïch Al-Fatah. Conscients du caractère radical de cette alliance, des militants affirmaient cependant qu’il n’y avait pas d’autres options disponibles pour éviter la chute du bastion insurgé ». Les bombardements américains sont des « frappes », ceux du « régime syriens » sont des « bombardements » qui mutilent… Par ailleurs, des « militants » affirmaient… Des militants de qui et de quoi ? Des militants de la Société de protection des animaux ??? On ne le saura sans doute jamais… Que de sources sérieuses pour un journal qui prétend toujours faire référence !

    La chute est encore plus savoureuse puisqu’elle nous avertit (en guise de scoop) que le « nouveau visage de l’insurrection » entend imposer la Charia en Syrie et y établir… un « émirat islamique ». Bigre, nous voilà prévenu ! Mais on se demande aussitôt ce que sont devenus les autres « scoops » du Monde, notamment celui concernant l’attaque chimique de la Ghouta du 21 août 2013. Démenties par trois rapports des Nations Unies, les « informations exclusives » du Monde semblent être passées à la trappe, abandonnées à la critique rongeuse des souris comme celles accusant dernièrement le groupe Lafarge d’avoir financé les hordes de Dae’ch.

    Dans cette dernière affaire, selon les informations de prochetmoyen-orient.ch, le quotidien se serait fait enfler de bout en bout par les concurrents du cimentier français. En effet, la reconquête d’Alep par l’armée gouvernementale annonce non seulement la fin de la rébellion syrienne mais aussi le début de la reconstruction du pays qui nécessitera nombre de sacs de ciment. Par conséquent, tout est bon pour salir les concurrents et prendre leur place, une guerre économique sans merci fait déjà rage. Même au cœur d’une guerre civilo-régionale de grande ampleur, les affaires restent les affaires pour gagner la guerre économique sans fin…

    Dans L’Idéologie allemande (1845), Karl Marx nous rappelle au réel : « la production des idées, des représentations et de la conscience, est d’abord directement et intimement mêlée à l’activité matérielle et au commerce matériel des hommes : elle est le langage de la vie réelle ». Les journalistes du Monde, qui couvrent la guerre civilo-internationale de Syrie depuis le début, semblent plus inspirés par Alice au pays des merveilles que par les bons auteurs. Hubert Beuve-Méry, Jacques Fauvet, André Fontaine, André Laurens réveillez-vous, ils sont devenus fous !

    Richard Labévière

    Proche&Moyen-Orient.ch
    Observatoire Géostratégique

    source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7483

    http://reseauinternational.net/lideologie-du-monde/


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  • Quelques-uns de mes tweets (eva) :

    La démocratie, qu'on vous dit. Ouais, ici faut revoter, là il faut maquiller un Traité, ailleurs comme en Amérique Latine, on débarque l'Elu
    Hé quoi, vous aviez cru qu'on allait laisser le petit peuple décider du sort de son pays? Bah voyons, c'est la ploutocratie vorace qui décide
    Vous êtes un vieux con, du terroir, et sans diplôme, bah faudra plus voter, c'est ça la démocratie "moderne". Laissez la place aux jeunes loups !
    Quand le vote ne plaît pas, nos décideurs "démocrates" sortent de leur chapeau melon un lapin 2e vote, des calomnies, ou un chaos économique

    "Laisser partir la GB signifie assister à l’écroulement du système de domination anglo-saxonne sur le monde"

    RT Étonnant que tous les médias voient dans le Brexit un cataclysme et les méfaits,mais pas ce qui a de positif a long terme pour le peuple

    https://twitter.com/rsistons

     

    samedi 25 juin 2016

    Petit billet de rigueur sur le Brexit, what else?

     
     
     
    Le oui l'a remporté, mais l'on nous explique que les anglais sont désespérés, que c'est tragique pour le pays, qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Père, pardonnes leur! En effet, comment oser dire non à l'UE, à son avenir glorieux, à ses routes pavées d'euros, à sa City fleurissante, à ses horaires dérégulés et à son SMIC remis au placard avec les fichus de mémé. Comment lui dire non? Im-pen-sable. Alors imaginez un instant que les anglais aient réellement voulu sortir de l'UE? Bouhhh, j'en ai des frissons dans le dos, comme toute la presse française.
     
    Les titres de notre bonne presse nationale sont d'une originalité digne des grandes heures du bolchévisme. "Le jour d'après ..." lit-on ici et là. Sans oublier le "choc historique", car évidemment l'UE est une très vielle institution européenne qui était vouée à l'éternité, qui en doutait?
     
    Entre les "ils vont tomber de hauts", les "on nous a volé notre pays", l'objectivité de la presse est, comme à son habitude, infallible. Prenons un article du journal Le Monde, en grande forme:
    « C’est un spectacle merdique. Nous sommes tous devenus un peu plus pauvres ce matin », résume Peter, 45 ans, un banquier de la City, où l’on craint de voir partir des milliers de banquiers pour d’autres places européennes. Vendredi matin, Peter criait « vendez ! » (de la livre sterling) à ses collègues, en constatant que David Cameron, qui a voulu ce référendum et échoué dans sa campagne en faveur du « Remain », s’apprêtait a annoncer sa démission, devant le 10 Downing Street, la résidence du premier ministre. « Sa femme [Samantha Cameron] se tenait à ses côtés. Ce n’était pas bon signe », dit-il.
    Bref, la City est en crise et il se trouve que la Grande Bretagne dépasse les frontières de la City, ce que le référendum vient de rappeler. Mais qui sont ces "autres", ceux qui ont osé voter contre l'ordre, somme toute nouvellement, établi? Ceux qui justement ont "volé" le pays (à qui, ce n'est pas précisé).
     
    Et là c'est L'Express qui prend le relai, en nous expliquant que ce sont les vieux (donc ceux qui sont rétrogrades, dépassés, ne comprennent rien - je traduis) et les ratés (ceux qui ne sont pas matériellement les mieux garantis, justement les "dérégulés" et les "desmicarisés") qui ont voté, mais ils se sont trompés. Si, si, je vous assure!

    Les plus fervents partisans du Brexit sont souvent âgés et d'un milieu plus modeste que la moyenne. A l'occasion du référendum sur l'UE, ils ont cru sanctionnerl'establishment. Mais leurs ennuis, et ceux du pays tout entier, ne font que commencer.

    Car évidemment, la City et l'UE, qui développaient la main dans la main une politique sociale incontestable et incontestée (voyons ce qui se passe en France avec la réforme du travail initiée selon les orientations données par l'UE), donc la City et l'UE ne pourront plus maintenant défendre la veuve et l'orphelin, ce qui les rend tristes. 
     
    Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles. Car, peut-être, ô sacrilège, justement les anglais ne voulaient plus de ce système qui les privaient de plus en plus de leurs prérogatives démocratiques, à savoir de pouvoir faire les choix politiques pour leur pays, indépendamment des intérêts de la City et de l'Union européenne? 
     
    Ce mouvement populaire de mécontentement n'est pas nouveau et n'est pas restreint à la Grande Bretagne. En France déjà, en 2013, les sondages étaient éloquents:
    58 % estiment que l'Union européenne a un impact négatif sur la France. Elles ne sont que 19 % à estimer que l'UE a un effet positif et 9 % qu'elle n'a pas d'impact. (...) Selon ce sondage, 52 % des Français souhaitent moins d'Europe à l'avenir, contre 17 % d'un avis contraire et 18 % qui préfèrent que rien ne change.
    Autrement dit, non seulement l'image est très négative, mais la volonté des gens de voir moins d'ingérance de l'UE n'a pas été respectée, la machine est lancée et s'est emballée.  Pour autant, en France, nous n'avons pas lancé de référendum, le dernier de 2005 sur la soi-disant "constitution" européenne a servi de leçon au pouvoir. L'opinion du peuple est connue, ce n'est pas la peine d'insister, il faut passer outre.
     
    En Grande Bretagne, manifestement, il reste des forces politiques capables de mettre un grain de sable dans l'engrenage. Pour autant, il y a peu de chances que cela fasse boule neige, dans un avenir proche. Tout d'abord, la Grande Bretagne a eu la sagesse de ne pas abandonner sa monnaie nationale, ensuite elle a bénéficié de toute une série d'exception lui donnant un statut particulier. Et cela a été possible justement en raison de forces politiques nationales non marginales également orientées vers la défense de l'intérêt nationale. 
     
    Mais, tout n'est pas gagné. L'UE enjoint le pays à lancer rapidement la procédure de sortie, même si cette procédure est particulièrement floue. Face à cela, les partisans de l'Union européenne se radicalisent, mettent la pression sur l'ancien maire de Londres et lancent une pétition pour faire annuler le référendum. Il y aurait déjà 850 000 signatures. Cela rappelle beaucoup le "troisième tour démocratique", non prévu par la Constitution, des élections présidentielles ukrainiennes de 2004, celles qui ont lancé le coup d'envoi à l'instabilité politique chronique du pays. Car il suffit de bafouer une seule fois les règles démocratiques, pour que la machine s'enraille. En d'autres termes, combien faudra-t-il de référendum pour obtenir le "bon" résultat?
     
    Côté Union européenne, certes, la situation est compliquée. Nous sommes, avec le départ de l'Angleterre, à la veille de l'avènement du 4e Reich. Mais l'Allemagne d'aujourd'hui a-t-elle les reins assez solides pour entraîner autant de boulets? Il s'agit non seulement de ses capacités financières, mais aussi de sa force politique. Et l'on peut en douter.
     
    Par ailleurs, l'UE ne peut pas se permettre que la sortie de l'Angleterre ne se passe trop bien, ça pourrait lancer des vocations, déjà bien présentes, même si, pour l'instant, elles manquent d'artisans pour le réaliser. Pour autant, il va être difficile de "sanctionner" la Grande Bretagne, sans risquer des revers financiers et politiques sérieux.
     
    Nous sommes encore bien loin d'un Armageddon politique européen, mais des fissures importantes apparaissent sur un édifice dont le déficit démocratique est flagrant. Aurons-nous le courage de nous poser cette question: avons-nous réellement besoin de cette Europe-là?
     
     

    Alors, Brexit, ou pas ? (+ mes tweets)


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  • vendredi 10 juin 2016

    Seppelt, le héros agressif de la propagande allemande anti-russe

     Seppelt

     
     
    La chaîne allemande ARD et le journaliste Hajo Seppelt sortent le troisième film sur le dopage en Russie, un seul n'a manifestement pas été suffisant. Mais suffisant pour quoi? Le 17 juin la décision finale doit être prise sur la participation - ou non - de toute l'équipe russe d'athlétisme aux JO de Rio. Peu importe, ceux qui se sont dopés, ceux qui ne se dopent pas. Si ce n'est toi c'est donc ton frère ... Et le troisième film, ça devient de l'acharnement, est sorti le 8 juin. Trois mois après le précédent.
     


    Nous ne reviendrons pas sur le fond de ce film, je n'ai pas mené d'enquête et je ne suis pas chimiste. Mais certains éléments concernant la démarche laissent songeur sur la fiabilité des informations obtenues et des conclusions tirées: il y a un dopage d'état en Russie. Donc ce n'est pas un ou deux athlète - 0,3% sont contrôlés positifs - qui doivent être écartés et justement sanctionnés pour ne pas salir le sport dans son ensemble. Non, c'est la Russie en tant que tel qu'il faut sanctionner. 
     
    Et quoi de mieux que la presse? Quand les problèmes sont juridiques, on utilise la justice et un tribunal. Quand la question est politique, les journalistes font l'affaire. Ils sont indépendants, ne l'oubliez pas. 
     
    Donc je ne reviendrai pas (vous pouvez le voir dans la vidéo) sur les moments croustillants où, par exemple, ils cherchent dans l'ombre d'une voiture de l'équipe russe pour faire apparaître magiquement par traitement d'image le visage voulu et donc prouver l'implication des émissaires russes. C'est vraiment de trop bas étage. Et il y a des éléments plus intéressants.
     
    Tout d'abord, les éléments matériels à charge viennent de l'acien responsable du Centre russe anti-dopage, en place de 2006 à 2015, Grigori Rodtchenkov. Ses problèmes commencent en 2013, où il est éclaboussé par une affaire de dopage touchant sa soeur, condamné en première instance à une peine de prison, il est relâché en appel. Mais l'Agence mondiale anti-dopage déclare la nécessité de fermer ce Centre et en 2015 accuse son ancien responsable G. Rodtchenkov d'avoir détruit des preuves. Il est écarté de ses fonctions en fin d'année 2015 sur demande de l'Agence mondiale anti-dopage. En janvier 2016 il part à Los Angeles, où il est accueilli en héro, reçoit un appartement, une voiture et se trouve à la tête d'un laboratoire ... anti-dopage. Cette source principale est manifestement extrémement fiable ...
     
    Ensuite, Hajo Seppelt, le journaliste qui a réalisé ces trois films sur la Russie, reconnait devant les caméra du journaliste russe de NTV Kondratiev que son film devait sortir avant le 17 juin, c'est-à-dire avant que la décision ne soit prise quant à la participation de la Russie aux JO. Voir l'interview ici. Pour reprendre ses paroles:
     "après (le 17 juin) il ne présente aucun intérêt". 
    Il affirme sa position:
     "un état qui soutient le dopage n'a pas le droit de présenter ses athlètes aux JO". 
     
    Nous en sommes quitte pour l'objectivité du journaliste. Mais ce qui est intéressant, à côté de cela, est de remarquer qu'il a été respectueusement accueilli par le ministre russe du sport Vitaly Mutko, ministre qu'il traîne dans la boue ensuite dans son film.
     
     
     
    Et quand le journaliste russe lui demande ce qu'il pense de ces chiffres: 0,3% de dopage en Russie et 0,27% en Allemagne, Seppelt commence à perdre ses moyens et devient agressif. Il dit de ne pas s'occuper de l'Allemagne et que le journaliste russe s'occupe de la Russie. Cette conception ne semble pas s'appliquer à lui-même. C'est alors qu'il se lève et ne veut plus répondre aux questions qu'il juge "stupides". Ou dérangeantes ...
     
    Mais le summum est atteint avec l'interview qu'il accorde aux journalistes de BGTRK Olga Skabeeva et son opérateur. Regardez d'abodr ne serait-ce que les images, elles sont parlantes:
     
     
    Tout d'abord, H. Seppelt, le journaliste "indépendant", accepte de donner une interview à condition que les questions ne soient pas stupides. L'on frôle le complexe de supériorité, mais passons. Ca devient intéressant à partir de la minute 2.37. Lorsque O. Skabeeva lui demande s'il peut présenter les preuves dont il parle dans son film, des enregistrements qu'il prétend détenir et ne montre pas. Tout d'abord il prétend qu'elle n'a rien compris, qu'il n'y a pas d'enregistrements. Et quand elle le renvoie à son film il commence à disjoncter. Le pire arrive lorsqu'elle lui explique que c'est important pour elle car son pays risque de ne pas participer aux JO - notamment à cause de ce film salué par l'Organisation mondiale anti-dopage. Il lui répond qu'elle ne doit pas s'intéresser à son pays, mais être indépendante. Elle répond qu'elle aime son pays et que ça l'inquiète. Et là il disjoncte totalement. Il lui hurle qu'il n'y a aucune raison pour aimer son pays, qu'elle ne doit pas aimer son pays, qu'elle doit être indépendante. Mais qu'elle est trop stupide pour cela. Ensuite, il réalise qu'il va trop loin et exige les enregistrements que les journalistes russes évidemment ne veulent pas donner. Il prend le micro de force, il les met dehors avec l'appareillage, frappe l'opérateur dans le couloir et ensuite les poursuit 30 minutes dans la rue.
     

     
    Il est difficile de croire qu'un tel individu, qui déteste la Russie de manière aussi vicérale, qui rejette l'idée même qu'il soit possible pour un russe d'aimer son pays sans être stupide (ce qu'il hurle à la face de journaliste en guise de ponctuation), que cet individu puisse produire un reportage objectif. Il s'agit finalement d'une basse oeuvre de propagande, une de plus, mais qui est saluée par l'Agence  mondiale anti-dopage. 
     
    Imaginez si un journaliste européen était traité de la sorte en Russie? Ce serait un raz-de-marée médiatique. Mais les journalistes russes peuvent être dénigrés, agressés, s'ils ne sont pas "indépendants" (c'est-à-dire "indépendants" de la Russie manifestement), ça ne vaut pas une ligne. Ce qu'il faut tomber bien bas.
     
     

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  • Le rôle manipulateur

    des médias occidentaux

    dans les renversements

    de régimes

    Le rôle manipulateur des médias occidentaux dans les renversements de régimes

    Deux journalistes vénézuélien et syrien ont révélé les manipulations auxquelles se sont adonnés des médias occidentaux dans deux crises du Moyen-Orient: celle de la Libye pour renverser le leader libyen Mouammar al-Kadhafi et celle de la Syrie pour renverser le président Bachar al-Assad.

    Au nom de la mission humanitaire

    Rolando_SeguraReporter de la chaîne Telesur, le vénézuélien Rolando Segura  se trouvait en Libye lors des événements de 2011.

    «J’étais correspondant dans ce pays et j’ai tout vu de mes propres yeux. Les journaux et les chaînes répétaient à longueur de temps qu’une +intervention humanitaire+ était indispensable dans ce pays pour protéger les civils contre le dictateur sanglant », a-t-il déclaré pour l’agence russe Sputnik, en marge d’un forum organisé dans la capitale russe, intitulé « Nouvelle ère du journalisme: adieu aux grands médias internationaux ».

    Et voilà que cette « mission humanitaire » s’est traduite par des bombardements qui ont fait entre 30 000 et 100 000 victimes, poursuit-il.

    « Ces mêmes médias qui accusaient sans répit Kadhafi de tous les maux, n’ont pas prononcé un seul mot sur les bombardements occidentaux sur des hôpitaux, écoles, immeubles résidentiels, installations d’approvisionnement en eau et en électricité », a pointé M. Segura.

    Et d’ajouter que les médias libyens officiels avaient été abolis, si bien que la population de ce pays ne pouvait plus être informée sur ce qui se passe dans le pays. « Ainsi, ils ont pris le contrôle même sur l’espace médiatique de ce pays », a-t-il rappelé.

    Une campagne planifiée à l’avance

    sana_DawaUn scénario similaire avait été planifié pour la Syrie, estime le directeur de l’agence officielle syrienne Sana.

    « Tout à coup (quand la guerre a embrasé la Syrie, ndlr), de nombreux journalistes en provenance d’autres pays sont venus en Syrie et ont commencé à diffuser des informations sur des événements qui n’avaient jamais eu lieu », a-t-il dit.

    « Certaines chaînes comme Al-Jazeera et Al-Arabiya ont immédiatement commencé à inventer des problèmes et la plupart des rapports n’étaient pas précis », a ajouté M. Dawa, affirmant qu’il s’agissait d’une campagne planifiée à l’avance. C’était une guerre d’information contre le peuple syrien », a mis en exergue M. Dawa.

    En raison de sa couverture biaisée de la crise syrienne en 2011, la chaine qatarie al-Jazeera a connu un mouvement de défection d’un nombre important de ses grands journalistes. Ils l’ont accusé d’occulter certains faits primordiaux. Dont entre autre que l’opposition syrienne était armée et a mené initialement des attaques contre les militaires et les gendarmes syriens.

    Guerre médiatique occidentale

    forum_medias1« Une rhétorique similaire résonne aujourd’hui et vise des pays comme la Russie et le Venezuela. Les médias américains peignent quotidiennement en noir la situation dans mon pays, appelant à une intervention extérieure et ce +pour le bien du peuple vénézuélien+ », a lancé Rolando Segura.

    Selon ce dernier, les médias qui diffusent un point de vue alternatif sur les événements internationaux doivent s’unir pour faire front uni face à « la guerre médiatique occidentale ».

    « C’est avec tout le sérieux possible qu’il faut prendre les déclarations des leaders occidentaux appelant à torpiller le travail des médias comme RT, Sputnik ou Telesur. Nous devons nous entraider pour leur compliquer la tâche qui n’est autre qu’une attaque à la liberté d’expression », a conclu l’expert.

    Le forum « Nouvelle ère du journalisme: adieu aux grands médias internationaux » a démarré à Moscou le lundi 6 juin. Des experts des médias de 30 pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, la Chine, l’Egypte, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et les Emirats Arabes Unis, participent au forum qui se tient dans l’agence Rossiya Segodnya.

    L’événement a été inauguré par une session intitulée « Le journaliste à l’époque de l’après mainstream » où des experts russes et étrangers se sont réunis pour discuter des tendances actuelles dans les médias et des traits caractéristiques de cette époque pour tenter de pénétrer la dynamique de son développement.

    Sources : Sputnik

    via: http://french.almanar.com.lb/adetails.php?eid=307668&cid=19&fromval=1&frid=19&seccatid=33&s1=1

    http://reseauinternational.net/le-role-manipulateur-des-medias-occidentaux-dans-les-renversements-de-regimes/


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