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    16 juin 2015

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    Dans chaque révolution moderne, et aussi dans chaque guerre, la télé est devenue une cible majeure. En 1989, le coup d’Etat en Roumanie s’est immédiatement emparé des bâtiments de la télévision pour contrôler l’information. En 1999, les Etats-Unis ont bombardé la télévision de Belgrade, faisant dix sept victimes parmi les journalistes et techniciens, en parfaite violation de toutes les conventions internationales. En Irak et en Afghanistan, des journalistes, notamment d’Al Jazeera, ont été pris délibérément pour cible. Dans tous ces cas, il s’agissait de monopoliser l’info. (Extrait du livre les 7 Péchés d'Hugo Chavez)

     



    Mais à Caracas, on est allé plus loin encore. La télévision est devenue un instrument décisif du coup d’Etat lui-même. Un scénario plein d’avenir. Dans les prochains coups d’Etat et dans toutes les guerres à venir, il faut s’attendre à la mise en scène sophistiquée de médiamensonges justificateurs. Dans le remarquable film Wag the Dog1, on voit un président des Etats-Unis en difficulté recourir à un producteur hollywoodien pour mettre en scène une guerre fictive, diaboliser un adversaire pris au hasard et relever ainsi sa cote de popularité. En fait, ce n’est pas tellement imaginaire, Bill Clinton et les deux Bush l’ont pratiqué.

    Le médiamensonge de Puente Llaguno aura un impact important. C’est cette version qui sera diffusée par les grands médias internationaux. Mais sur place aussi, elle plongera dans le doute une partie des militaires favorables à Chavez ou en tout cas désireux de respecter la légalité.

    Chavez refuse de démissionner

    Dans la soirée, profitant de ces hésitations d’une partie de l’armée, les putschistes exigent la démission de Chavez, mais celui-ci refuse. Cependant, il accepte de quitter son palais de Miraflores suite à un ultimatum du commandement militaire rebelle qui menace de faire exploser le bâtiment avec tout le personnel à l’intérieur. Le président est arrêté et emmené dans un lieu secret. On répand le bruit qu’il a démissionné et un nouveau gouvernement autoproclamé est mis en place.

    Très significativement, c’est Pedro Carmona, le patron des patrons, qui en prend la tête. Peu auparavant, il avait été reçu à la Maison-Blanche et aussi par le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar. D’ailleurs, les États-Unis et l’Espagne vont reconnaître le nouveau régime en un temps record et envoyer leurs ambassadeurs auprès du putschiste Carmona.

    Dans sa captivité, des soldats procurent un téléphone à Chavez. Celui-ci se demande s’il faut appeler à la résistance, s’il est possible de se battre ? Il craint un bain de sang. A minuit, Fidel Castro parvient à le joindre depuis La Havane et lui répète avec insistance : « Ne va pas t’immoler comme Allende en 1973. Sauve ton peuple et toi-même. Ne te sacrifie pas. Négocie avec dignité. Ne te sacrifie pas, Chavez, parce que ça ne s’arrêtera pas là. Tu ne dois pas te sacrifier. »

    Chavez suit ce conseil. Il se déclare prêt à démissionner mais à quatre conditions :

    1. Sa démission sera présentée à l’Assemblée nationale.

    2. La Constitution doit être respectée.

    3 Des garanties pour la vie des occupants du palais.

    4. Tous pourront quitter le pays. Son idée est de continuer la lutte même en exil.

    A la caserne de Fuerte Tiuna, les généraux putschistes discutent ces conditions (en présence des attachés militaires des Etats-Unis, les colonels James Rodgers et Ronald McCammon !). D’abord, ils acceptent. Puis, très vite, ils se rétractent. A 4 heures du matin, Chavez est emmené à la caserne. Puisque ses conditions sont refusées, il annonce qu’il refuse de démissionner et qu’ils devront l’arrêter. Discutant avec certains généraux, il se rend compte que certains officiers ont été abusés et hésitent.

    Mais les télés diffusent massivement l’annonce de sa démission et prétendent que les forces armées sont unanimes à soutenir le nouveau gouvernement. Cependant, Chavez réussit à appeler sa femme et sa fille Marisabel pour leur faire savoir qu’il n’a pas démissionné. Immédiatement, Marisabel communique l’info à CNN qui la diffuse.

    La curieuse ‘démocratie’ made in Washington

    Le vendredi 12, vers midi, en pleine illégalité, Pedro Carmona prête serment comme nouveau président. Les premières décisions de ce grand démocrate soutenu par les Etats-Unis consistent à… fermer immédiatement l’Assemblée nationale et la Cour Suprême, abolir la Constitution, démettre tous les maires et les gouverneurs élus.

    Et sa première mesure, très significative, consiste à replacer à la tête de la société pétrolière publique PDVSA le général Guacaipuro Lameda qui en avait été déchu deux mois plus tôt, et qui était un des principaux conspirateurs. Lameda s’était opposé à la nouvelle Loi sur les Hydrocarbures. Chavez avait dû le démettre car il prônait une ‘récupération aggressive des marchés’ en faisant la guerre à l’OPEP.

    D’emblée, l’assemblée de direction de PDVSA décide que la politique de la firme ne se décidera plus au ministère, mais dans la société elle-même. Elle annule l’accord de livraison de pétrole à Cuba. Et décide de procéder elle-même aux nominations dans l’entreprise, mettant de côté les instances désignées pour cela. Tout ceci confirme que le pétrole était bien l’enjeu du coup d’Etat.

    Mais Carmona commet rapidement de grosses erreurs. Notamment, celle de démettre plusieurs généraux qui ont soutenu le putsch. Et des divisions apparaissent très vite dans l’armée. Beaucoup d’officiers n’approuvent pas son programme d’extrême droite, ils souhaitent que la succession de Chavez se fasse dans la légalité et que l’on conserve les acquis sociaux du chavisme.

    Ils avaient oublié le peuple

    Dès le samedi 13 avril, le nouveau ‘président’ se retrouve assez isolé. Alors, il appelle… les principaux dirigeants des médias pour l’aider. Tous accourent : Gustavo Cisneros (Venevision), Alberto Ravell (Globovision), Marcel Granier (RCTV), Omar Camero (Televen), Miguel Enrique Otero (El Universal) et Andres Mata (El Nacional). Cisneros suggère qu’il les laisse s’occuper de la stratégie de communication. Carmona approuve.

    Mais les choses évoluent très vite, comme le raconte Richard Gott :

    « Ceci aurait dû être un moment de triomphe pour les maîtres des médias. Mais lorsqu’ils arrivent pour la réunion à Miraflores, le palais présidentiel est entouré par une immense foule des partisans de Chavez. Et bientôt on apprend que le général Baduel s’est rebellé à Maracay. La sécurité des maîtres des médias, et la continuité du nouveau gouvernement, n’étaient plus évidentes. »1

    Suite à tous ces événements, le colonel Jesus Morao Cardona, qui commande la garde d’honneur du palais présidentiel et qui était resté muet jusque là, décide d’agir. Il ordonne à ses hommes de s’emparer du palais. De nombreux complices de Carmona sont arrêtés, tandis que d’autres prennent précipitamment la fuite en voiture. Carmona lui-même se réfugie à la caserne de Fuerte Tiuna. Réunion avec les militaires. Et, là aussi, une foule immense les entoure.

    Se plaignant d’avoir été manipulés, de nombreux officiers exigent le retour de Chavez. Finalement, le général Garcia Carneiro sort et s’adresse à la foule. Il annonce que les forces armées refusent de reconnaître le gouvernement putschiste. Carmona est arrêté. Le vice-président Diosdado Cabello assume l’intérim de la présidence jusqu’au retour de Chávez.

    Celui-ci avait été emmené ‘en lieu sûr’, sur l’île de La Orchila. Et Carmona avait donné des ordres pour l’éliminer, mais ces ordres n’avaient pas été appliqués. Finalement, à 2 heures du matin, Chavez est libéré ; il part en hélicoptère et arrive à 3 heures 45 à son palais de Miraflores où l’attend une foule en délire. La chanson improvisée « Ouh, ah, Chavez no se va ! » (Chavez ne s’en va pas !) deviendra un tube pour de longues années.

    Voilà comment Pedro Carmona devint le dictateur le plus éphémère de l’histoire : moins de deux jours ! Dans leur frénésie à s’emparer du pétrole, les Etats-Unis et leurs agents locaux avaient oublié un détail : la force du peuple.

    2002 - 2003 : le Coup d’Etat pétrolier plonge le pays dans le chaos

    Après l’échec de ce coup, Chavez va se montrer extrêmement conciliant. Soucieux d’éviter une polarisation trop forte, il appelle au ‘dialogue national’ avec l’opposition. Aussi incroyable que cela paraisse, il n’y aura aucune sanction envers les dirigeants de PDVSA qui ont monté le coup. Ils seront tout simplement maintenus dans leurs fonctions ! Chavez, en bon chrétien, leur pardonne pour favoriser la réconciliation et l’unité du pays.

    Beaucoup de Vénézuéliens pensent qu’il est trop conciliant et que c’est dangereux. De fait, loin de saisir la main tendue, les dirigeants de PDVSA vont utiliser leurs positions privilégiées pour tenter un nouveau coup. Cette fois, ils se serviront de PDVSA pour plonger le pays dans le chaos, dans l’espoir de faire pression sur la population et de l’obliger à renoncer à Chavez.

    Durant tout le mois de décembre 2002, PDVSA est entièrement paralysée : pas de ventes, pas d’achats, pas d’exportations. Faute de recettes, PDVSA ne peut rembourser ses dettes aux banques internationales, et ceci entraînera bien sûr des pertes financières importantes. Le 31 décembre, PDVSA se retrouve dans l’impossibilité de payer ses fournisseurs et ses travailleurs.

    La production chute de plus de trois millions à cent trente mille barils par jour. Pour la première fois en cent ans, le Venezuela se voit obligé… d’importer du pétrole ! Ce qui coûtera très cher au pays, bien qu’il reçoive des livraisons, parfois même gratuites, de certains pays amis : Brésil, Trinidad, Qatar…

    En réalité, ce n’est pas seulement l’entreprise PDVSA que l’opposition veut paralyser. Son plan consiste à bloquer la distribution d’essence et de gaz dans tout le pays. Comme les personnes et les marchandises se déplacent par route et par bateaux, tout est paralysé. Des enfants vont mourir faute d’essence pour les conduire à l’hôpital.

    Noël approche et la situation devient dramatique. Tout est bloqué. Pas de bière, pas de boissons rafraichissantes, pas de cinéma, pas de base-ball. Fermées les cliniques privées, les écoles et les universités, fermées aussi les banques. Plus de bonbonnes de gaz, donc plus moyen de cuisiner. L’objectif est clair : il faut que les ménagères, sous pression, se tournent contre Chavez. Il s’agit vraiment d’asphyxier le pays, de créer une situation d’ingouvernabilité comme les Etats-Unis l’ont fait en 1973 pour préparer le renversement d’Allende. Le chaos avant le coup de force. 

    Grève ou sabotage ?

    Les médias internationaux présentent ce coup d’Etat pétrolier comme une ‘grève’ venue de la base, donc plutôt sympathique. En réalité, il s’agit d’un ‘lock-out’ patronal puisque c’est la direction de PDVSA qui a fait fermer les installations et empêché de continuer la production. Aucun ouvrier n’a voté cet arrêt du travail, il n’y a eu aucune assemblée générale, aucun préavis de grève. D’ailleurs, les deux principaux syndicats du secteur, Fedepetrol et Sinutrapetrol, refusent de se joindre et soutiennent l’Etat.

    Il est vrai que la direction de PDVSA peut compter sur une partie du personnel : la plupart des employés administratifs et des techniciens hautement qualifiés. Au fil des années, il s’est formé dans cette entreprise une couche privilégiée, avec un très haut niveau de vie et un système de corruption généralisée qui ont complètement séparé ces gens du peuple vénézuélien. Ils se considèrent comme une élite, ils pensent que le pétrole leur appartient. C’est aux multinationales US qu’ils s’identifient et non à leur peuple.

    Mais une autre partie du personnel, essentiellement les ouvriers, refuse de suivre la direction. Et la population se rend en masse aux installations de PDVSA pour les protéger.

    Du coup, l’opposition passe carrément au sabotage. Partout dans le monde, quand des travailleurs font grève dans une industrie délicate comme la sidérurgie, la chimie ou le pétrole, ils prennent évidemment les mesures nécessaires pour ne pas endommager l’outil et assurer qu’il puisse refonctionner à la fin du mouvement. Ici, au contraire, on veut manifestement faire du tort à l’économie du pays.

    Par exemple, au Centre de Raffinage de Paraguana, un changement brusque de température provoque un effondrement de l’intérieur des haut-fourneaux. Des cuves sont abandonnées avec de l’asphalte solidifié qui les bouche. On laisse du souffre durci dans les canalisations. En de nombreux endroits, on enlève des valves ou bien on jette des déchets industriels dans les conduits ce qui menace de provoquer des explosions ou des incendies… Des dégâts presque toujours irréversibles.

    Mais rapidement, la résistance des travailleurs s’organise. Des cadres et des employés loyaux prennent la situation en mains. Accompagnés et protégés par des centaines d’organisations populaires, ils se chargent de veiller aux installations. Des ingénieurs et techniciens travaillent à relancer les installations. De nombreux travailleurs retraités viennent spontanément offrir leurs services.

    La première guerre électronique de l’Histoire

    Bientôt, il apparaît que la ‘grève’ et le blocage de l’économie ne parviennent pas à dresser le peuple contre Chavez. Malgré les privations infligées, les ménagères tiennent bon. Alors, après les sabotages physiques, l’opposition met en route un sabotage plus subtil et bien plus dangereux. Sa cible, c’est le cerveau de PDVSA : son système informatique.

    Il faut savoir que le pétrole est une industrie hautement informatisée. Chaque opération - extraction, raffinage, transport, commande, livraison – ne peut s’opérer qu’à travers les ordinateurs. Donc, si le cerveau est bloqué, tout est bloqué. Par exemple, même les pompes servant à remplir les cuves sont commandées électroniquement. Si les ouvriers veulent les remplir, ils ne peuvent y parvenir sans les codes.

    Et justement, avant de se retirer, les dirigeants et cadres traîtres ont changé les codes des ordinateurs centraux. Prenant soin d’emporter avec eux tous les nouveaux mots de passe, y compris ceux des modems et des routeurs internes. Ainsi, ils pourront accéder à distance au réseau interne de PDVSA et saboter toutes les opérations.

    Le 2 décembre, les serveurs, situés à Chuao, sont laissés à l’abandon. A partir du 16 décembre, le système informatique se ralentit. A partir du 20, les employés y ont toujours accès, mais quand ils veulent actualiser des données, le système se bloque, les opérations ne peuvent plus être effectuées. Le 31 décembre, à 10 heures du soir, le système crashe complètement. De plus, le courrier électronique entre la direction et les travailleurs est bloqué de l’extérieur, à partir d’un centre de contrôle qu’avaient installé les saboteurs.

    C’est la paralysie complète. Le site pdvsa.com a cessé de fonctionner. L’entreprise ne peut plus communiquer avec le monde extérieur. Cette bataille originale pour le contrôle de PDVSA, c’est la première guerre électronique de l’Histoire.

    Mais une question s’impose : comment est-il possible que le contrôle de PDVSA échappe à ce point à l’Etat vénézuélien ?

    Le cheval de Troie de la CIA

    Il faut savoir que depuis 1997, toutes les opérations pratiques de l’entreprise sont supervisées et gérées via satellite depuis… Houston au Texas ! A cette date, soit un an avant l’élection de Chavez, PDVSA a confié toutes ces opérations à la firme Intesa dont elle ne possède que 40%. Et à qui appartiennent les 60% restants ? A une société US appelée Science Applications International Corporation (SAIC).

    Entre PDVSA et SAIC, le deal est extrêmement bizarre. PDVSA apporte toute l’infrastructure et tout le personnel. Ce n’est pas rien : ces techniciens ont dix ou quinze années d’expériences, ils connaissent tout de l’entreprise. Qu’apporte SAIC ? Juste son engagement à baisser les coûts en automatisant les opérations. Sur cette base déséquilibrée, INTESA recevra la possibilité de contrôler absolument toutes les informations. Y compris les contrats avec les clients et les fournisseurs.

    Or, la société SAIC, ce n’est pas n’importe qui. C’est une entreprise qui travaille notamment pour BP-Amoco. Ainsi PDVSA risque de voir tous ses secrets livrés à ses adversaires ! Comme l’explique Rafael Ramirez, ministre de l’Energie et des Mines : « Pour une entreprise pétrolière aujourd’hui, l’information est un trésor. Quoi de plus précieux pour un pays producteur, ou n’importe quelle entreprise, que les informations concernant ses gisements, sa production, ses réserves ? Quand une personne avec qui je dois négocier sait déjà tout ce que je possède et jusqu’où je peux aller, c’est terminé. »

    En effet, aucun pays au monde ne confie ainsi toutes ses informations et toutes ses données techniques à une compagnie étrangère. Bon, mais peut-être qu’on est parano, que SAIC est une société honnête et qu’il n’y a pas lieu de se méfier ?

    Non, on n’est pas parano. SAIC, c’est carrément la CIA. Il suffit de regarder l’impressionnante liste de ses directeurs et administrateurs. On y trouve d’anciens ministres de la Guerre des Etats-Unis : William Perry et Melvin Laird. D’anciens directeurs de la CIA : John Deutch, Bobby Ray Inman, Robert Gates. Et de hauts responsables militaires aux fonctions très significatives. Par exemple, le général Wayne Downing, ex-commandant en chef des Forces spéciales des Etats-Unis ou le général Jasper Welch, ex-coordinateur du Conseil National de Sécurité.

    SAIC s’occupe également de l’informatique du gouvernement et de l’armée des Etats-Unis. Pour mesurer à quel point elle fait partie de l’appareil de ce régime, il suffit de dire que la Maison-Blanche lui a confié la tâche de préparer les systèmes de défense et d’attaque aérospatiale de l’armée US.

    Et ce n’est pas tout. A partir de 2003, Bush lui a offert des contrats de 220 millions de dollars pour la formation de ce qu’il appelle le « nouveau gouvernement irakien » et aussi des médias irakiens au service de l’occupation. Bref, SAIC est vraiment une entreprise du tout premier cercle politico-militaro-industriel de Washington. Lui confier l’informatique de PDVSA, c’était carrément remettre à la Maison-Blanche et à la CIA les clés du pétrole et de toute l’économie du Venezuela !

    On est bien ici dans une logique coloniale, comme l’indique l’économiste vénézuélien Mario Sanoja :

    « Expression tangible de la soumission coloniale de ces gestionnaires traîtres, ils avaient livré volontairement aussi bien le cerveau que la mémoire et toutes les clés opérationnelles de PDVSA, à l’entreprise INTESA, basée à Houston (Texas), permettant ainsi à travers elle au gouvernement US le contrôle de tous les codes informatiques qui régulaient toutes les données : volumes de production et de ventes, liste des clients, communications internes et externes, feuilles de paie du personnel, distribution de l’essence, du diesel et des huiles, registres des ventes, etc. Une preuve de la domination coloniale que le gouvernement des Etats-Unis avait instaurée sur PDVSA : toutes les clés régulant les flux de pétrole dans les pipelines ne fonctionnaient pas sur place, mais ne pouvaient être ouvertes ou fermées que par satellite depuis Houston, Texas. De même, le système de navigation et d’utilisation de nos grands navires pétroliers pouvait être et fut effectivement dirigé à distance. »

    Pour justifier cette opération, les dirigeants de PDVSA avaient avancé un argument économique classique : la diminution des coûts. Or, ceux-ci augmentèrent au contraire de 25% en deux ans ! La création d’Intesa était vraiment un pas décisif dans la privatisation de PDVSA dont on remettait les clés aux compagnies étrangères. Il ne faut donc absolument pas s’étonner qu’en 2002 – 2003, Intesa - SAIC sera le cerveau du complot informatique et du sabotage de PDVSA.

    Hackers contre hackers

    Mais la riposte s’organise. Une centaine de travailleurs d’Intesa refusent de trahir leur pays et restent à leurs postes. Aidés par quelques super-informaticiens de l’armée, ils vont se battre pendant trois mois pour récupérer les données et installer un système fiable et indépendant. D’autres groupes d’informaticiens, parfois très jeunes, se lancent dans la bataille de divers côtés, pour relancer certaines installations. Hackers contre hackers.

    De l’autre côté, on tente de les intimider. Le 23 janvier, des coups de feu sont tirés contre la maison et la camionnette de Rafael Ramirez, attaché au service Automatisation, Informatique et Télécommunications. Plusieurs autres cadres importants sont attaqués ou menacés.

    Néanmoins, après un mois d’efforts, à force d’acharnement et d’ingéniosité, les hackers chavistes parviennent à créer un nouveau cerveau et une nouvelle mémoire de PDVSA permettant de gérer les gisements, les raffineries, les pipelines, les terminaux d’embarquement, les usines de refroidissement du gaz LPG, les centres de distribution des combustibles… Le sabotage a échoué.

    Source : Michel Collon, "Les 7 Péchés d’Hugo Chavez"

     

    http://www.michelcollon.info/La-tele-acteur-des-coups-d-Etat.html

     


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  • ERDOGAN, SALAUD ! Syrie: des photos de livraisons d’armes par la Turquie à Daesh

    Posted on mai 29, 2015 @ 17:18

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    erdoganLe quotidien turc Cumhuriyet a publié vendredi des photos et une vidéo qui accréditent l’hypothèse, jusque-là farouchement démentie par le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara, de livraisons d’armes aux rebelles extrémistes syriens début 2014. 

    Dans son édition papier et sur son site internet, le journal d’opposition diffuse des images d’obus de mortier dissimulés sous des médicaments dans des camions, officiellement affrétés par une organisation humanitaire, interceptés en janvier 2014 par la gendarmerie turque près de la frontière syrienne.

    Cette opération a viré au scandale politique lorsque des documents officiels publiés sur internet ont affirmé que ces camions appartenaient aux services de renseignement turcs (MIT) et transportaient armes et munitions destinées aux rebelles islamistes syriens en guerre contre le président Bachar al-Assad.

    Soupçonnés par ses alliés occidentaux de soutenir ces combattants, dont le groupe djihadiste État islamique (EI), le régime d’Ankara, dont le régime de Damas est devenu la bête noire, a toujours démenti ces accusations.

    Selon Cumhuriyet, les camions interceptés convoyaient un millier d’obus de mortier, 80.000 munitions pour des armes de petit et gros calibre et des centaines de lance-grenades. De fabrication russe, ces matériels ont été fournis par des pays de l’ancien bloc soviétique, a ajouté le journal.

    Le gouvernement a imposé un black-out médiatique, y compris sur les réseaux sociaux, sur l’affaire et ouvert une enquête qui a déjà abouti au placement en détention d’une cinquantaine de personnes.

    (Belga)

    http://allainjules.com/2015/05/29/erdogan-salaud-syrie-des-photos-de-livraisons-darmes-par-la-turquie-a-daesh/

     


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  • Polony : dix ans après le référendum, pourquoi nous avons besoin du Comité Orwell

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Lancé à l'occasion de la commémoration des dix ans du non au traité constitutionnel européen, le comité Orwell a pour ambition de faire vivre le débat d'idées. Sa présidente, Natacha Polony explique la vocation de cette association.

     

    Le Comité Orwell est un Collectif de journalistes pour la défense de la souveraineté populaire et des idées alternatives dans les médias.Ni police de la pensée, ni minute de la haine.

    Retrouvez le sur son site

    Et son compte Twitter


    FIGAROVOX. - Ce 29 mai vous lancez une association de journalistes, le comité Orwell. Pourquoi avoir choisi cette date? Quelle est l'ambition de ce comité?

    Natacha POLONY. - Le 29 mai, nous commémorons les dix ans du «non» au Traité constitutionnel européen. À l'occasion de la campagne électorale de ce référendum, il est apparu que la France souffrait d'une fracture entre les élites et le peuple.

    Le 29 mai, nous commémorons les dix ans du «non» au Traité constitutionnel européen. À l'occasion de la campagne électorale de ce référendum, il est apparu que la France souffrait d'une fracture entre les élites et le peuple.

    Les élites, ou plus précisément les gagnants de la mondialisation, ont, en effet, majoritairement fait campagne et voté pour le «oui» à ce référendum alors que le peuple a, lui, plutôt voté «non». Cette fracture s'est dessinée de la façon la plus flagrante dans les médias. On peut même parler de naufrage médiatique: 90% des médias et des éditorialistes ont ouvertement fait la promotion de ce traité constitutionnel -avec une virulence parfois inimaginable- ce qui a souligné qu'il existait quasiment un intérêt de classe divergent. Il y aurait dû y avoir un débat organisé au sein de différents organes de presse. Il aurait fallu enquêter et réfléchir de la façon la plus objective possible à ce qu'était la construction européenne, à son champ, ses modalités ou encore à la façon dont elle s'est substitué à l'horizon politique du progrès social. Mais le sacré a remplacé l'information. Au point qu'il semblait même à certains médias parfaitement incongru et dangereux de demander au peuple de décider de la loi fondamentale, de la constitution qui allait les gouverner.

    C'est pourquoi, tenir compte et réfléchir à ce moment de l'histoire des idées en France nous est apparu nécessaire. Il nous a semblé important de nous interroger sur notre capacité à penser autrement les pratiques qui se présentent à nous dans notre métier de journalistes, notamment en ce qui concerne les questions de société et les questions économiques… en essayant de sortir de cet unanimisme. Notre rôle est de sortir de toute religiosité et de nous interroger en journalistes, c'est-à-dire en regardant les faits.

    Le choix du nom de votre comité n'est pas anodin. 1984, c'est maintenant?

    En partie oui. D'une certaine manière, nous nous trouvons dans une période qui devrait être un triomphe démocratique, il n'y a jamais eu autant d'organes d'informations et de libertés. Et, pourtant, nous sommes dans une époque de manipulation des mots, de transformation des vérités, où l'on ne débat pas avec celui qui pense différemment mais où on l'ostracise. Nous vivons ainsi quotidiennement la fameuse «minute de la haine» relatée dans le roman d'Orwell. Chaque jour le bouc émissaire change de nom, mais le processus reste le même. Or nous pensons dans notre comité que les idées jugées dangereuses doivent être confrontées à d'autres idées, par le débat.

    Nous vivons quotidiennement la fameuse «minute de la haine» relatée dans le roman d'Orwell. Chaque jour le bouc émissaire change de nom, mais le processus reste le même. Or nous pensons dans notre comité que les idées jugées dangereuses doivent être confrontées à d'autres idées, par le débat.

    Comme vous le soulignez, il n'y a jamais eu autant d'organes d'information avec le développement des nouveaux médias, réseaux sociaux, blogs, journaux en ligne etc. De nouvelles voix peuvent ainsi se faire entendre. Peut-on encore parler de «pensée unique»?

    Ce terme a été terriblement galvaudé. La question n'est donc plus d'en parler mais plutôt de donner un sens à ce combat contre la «pensée unique». Je pense que le développement majeur des réseaux sociaux et de la pensée alternative sur ces réseaux découle aussi de la façon dont la pensée non conforme a été reléguée sur internet lors du référendum d'il y a dix ans. C'est à ce moment-là que l'on a pu constater la puissance de ces médias qui sont devenus un lieu de pensée alternative et d'expression des idées qui étaient bannies des médias traditionnels.

    Cela a eu un effet pervers: puisque les réseaux sociaux devenaient le lieu d'une vérité qui ne pouvait s'exprimer ailleurs car interdite dans les médias traditionnels, certains ont commencé à croire que cette vérité ne serait jamais présente dans ces médias et ne pourrait donc être trouvée que sur internet et sur les autres médias alternatifs. Le complotisme est ainsi une des conséquences du naufrage médiatique du 29 mai 2005. La façon dont une partie des Français a cessé de croire en la parole journalistique devrait nous inquiéter profondément.

    Le comité a pour fonction de faire surgir le débat d'idées et de combattre partout où cela sera nécessaire l'unanimisme et la pensée préfabriquée.

    Il s'agit donc pour nous d'œuvrer pour la reconquête d'une forme de crédibilité, et ceci passera par l'acceptation du débat et du pluralisme -qui est une des valeurs fondatrices de notre profession. Le comité a pour fonction de faire surgir le débat d'idées et de combattre partout où cela sera nécessaire l'unanimisme et la pensée préfabriquée. Il s'agit de retrouver cette fonction qui nous est propre à nous journalistes: questionner l'unanimisme; remettre en cause les certitudes et évidences, dans les domaines les plus touchés par la pensée sacralisée. En particulier le domaine de l'économie au sens large, qui touche à la mondialisation, à la construction européenne et aux choix qui sont faits en la matière, comme le traité de libre-échange transatlantique. Nous refusons que l'on nous distraie avec des sujets autres que ces sujets-là qui sont cruciaux car c'est pour ceux-ci que peuvent et doivent surgir des solutions alternatives. Or le résultat de l'unanimisme est justement d'empêcher toute alternative.

    Pour pouvoir peser contre cet unanimisme, quels vont être vos projets dans l'avenir?

    Nous allons mettre en place, par des tribunes, des conférences ou des colloques, une réflexion et faire entendre des voix qui n'auraient pas forcément droit de cité alors que nous considérons qu'elles peuvent apporter quelque chose. Nous allons faire en sorte de nourrir le débat d'idées en France.

    Retrouvez le Comité Orwell sur sa page Facebook

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/29/31003-20150529ARTFIG00028-natacha-polony-dix-ans-apres-le-referendum-pourquoi-nous-avons-besoin-du-comite-orwell.php

     


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  • Une guerre de l’information bat son plein contre la Russie - Russie Sujet Géopolitique

    La responsabilité historique des Accords de Munich

    lundi 18 mai 2015, par Comité Valmy

     

    ...ce ne fut pas le Pacte Soviéto-germanique qui induisit le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, à travers l’attaque de la Pologne par Hitler. Ce déclencheur survint au cours de l’année précédente, au début septembre 1938, sous la forme des Accords de Munich...

     

    Une guerre de l’information
    bat son plein contre la Russie.


    Le 12 mai 2015, le journal Svobodnaia Pressa a publié sur son site un article d’Andreï Polounine, analysant les récentes déclarations du Président Poutine à propos du Pacte Molotov-Ribbentrop.
    Ce dernier est replacé dans son contexte historique et politique, mis en perspective vis-à-vis de la situation actuelle, et commentée par deux experts : le Colonel Youri Roubtsov, professeur à l’Université Militaire du Ministère de la Défense de la République Fédérale, et Mikhaïl Alexandrov, Docteur en Sciences Politiques, Expert-dirigeant du Centre d’Études militaires et politiques de l’Université MGIMO.

     

    Lors de la conférence de presse commune avec Angela Merkel, Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne, le Président de la République Fédérale de Russie, Vladimir Poutine s’est livré à une déclaration éclatante qu’il eût été impossible d’attendre de la part de représentants officiels de Russie voici quelques années encore. On demanda au chef de l’État de Russie de commenter les paroles du Ministre de la Culture de la République Fédérale, Vladimir Medinski, qui a décrit le Pacte Molotov-Ribbentrop comme « un succès colossal de la diplomatie stalinienne du point de vue des intérêts de l’Union Soviétique ». Le dirigeant de la Russie émit le commentaire suivant : « Ce pacte contenait l’idée de garantie de la sécurité de l’Union Soviétique. Deuxièmement, je rappelle ici qu’après la signature des Accords de Munich, la Pologne elle-même pris des mesures visant à annexer une partie des territoires Tchèques. Il s’avéra qu’après le Pacte Molotov-Ribbentrop et la division de la Pologne, celle-ci fut victime de la politique qu’elle tentait de mener en Europe ».

     

    Il rappela ensuite que l’URSS entreprit d’énormes efforts visant à stimuler la résistance collective au nazisme allemand. Elle accomplit « de nombreuses tentatives de créer un bloc antifasciste en Europe. Mais ses efforts ne furent pas couronnés de succès. Après les Accords de Munich en 1938, certains politiciens estimèrent que la guerre était devenue inévitable », ajouta le Président de la République Fédérale de Russie. « Et lorsque l’URSS comprit qu’elle se retrouvait seule face à l’Allemagne, elle prit les mesures permettant d’éviter la confrontation directe. Et ce pacte fut signé », dit Poutine.

     

    En fait, la déclaration de Vladimir Poutine est emblématique. Jusqu’à ce jour, à un tel niveau de pouvoir, on avait évité d’évaluer le Pacte Molotov-Ribbentrop en adoptant un point de vue très soviétique.

     

    Rappelons-nous. Le pacte, en 1939, concernait la répartition des sphères d’influence entre les grandes puissances mondiales du moment : l’URSS et l’Allemagne. Le pacte et ses protocoles secrets déterminèrent et déterminent encore les frontières contemporaines de la partie Nord-Est de l’Europe. La partie orientale de la Pologne échut à l’Union Soviétique (il s’agit de portions actuelles de l’Ukraine et de la Biélorussie). Les Pays Baltes entrèrent dans la sphère d’influence soviétique, avec la possibilité (qui sera concrétisée) d’être intégrés à l’URSS. Parmi les conséquences des protocoles, on compte le rattachement à la Lituanie du territoire polonais de Vilno (aujourd’hui Vilnius, capitale de la République), et la réunion à la Lituanie de territoires biélorusses, autour de la ville de Kovno (la Kaunas actuelle). En outre, en 1941, l’URSS acheta à l’Allemagne le saillant de Souvalsk et en fit don à la Lituanie.

     

    On notera avec intérêt que ce pacte ne fut jamais dénoncé par qui que ce soit. Kiev, par exemple, malgré une attitude officielle hostile à l’égard du pacte, ne s’est pas empressée, on ne sait pourquoi, de « restaurer la justice historique » en rendant Lvov et sa région à la Pologne. Et la Lituanie, qui se considère toujours comme une victime de l’agression stalinienne, ne renonce pas pour autant aux acquisitions territoriales significatives, rendues possibles par les protocoles du pacte.

     

    Surgit dès lors une question pertinente : pourquoi Vladimir Poutine a-t-il abordé précisément maintenant le thème du pacte ? Visiblement, il s’agit d’un thème d’actualité dans la mesure où la situation en Europe semble être une répétition du passé. Sous nos yeux, aujourd’hui, se déroule une division du monde et la résurgence du fascisme, cette fois, en Ukraine. En somme, la célébration du 9 mai a montré clairement la configuration de la nouvelle confrontation : d’un côté, les pays dont les dirigeants se sont rendus à Moscou pour la célébration du 70e anniversaire de la Victoire, et de l’autre, les Etats qui ont ignoré notre fête.

     

    Les années 1939 et 2015 présentent-elles des parallèles internes ?
    Quelle est la place de la Russie dans le processus actuel ?

    Colonel Youri Roubtsov.

    Ce fut de façon intentionnelle que Vladimir Poutine rappela le Pacte Soviéto-germanique de 1939. A mon sens, deux raisons ont dicté la nécessité d’aborder ce thème.

     

    La première est que dans la mesure où l’on fête le 70e anniversaire de la Victoire sur le nazisme germanique, il est naturel que le dernier jour de la guerre fasse penser au début de celle-ci. La science historique de la Patrie, les historiens soviétiques et la majorité des historiens de Russie, considère que ce ne fut pas le Pacte Soviéto-germanique qui induisit le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, à travers l’attaque de la Pologne par Hitler. Ce déclencheur survint au cours de l’année précédente, au début septembre 1938, sous la forme des Accords de Munich. A ce moment, d’une part les démocraties occidentales, Chamberlain et Daladier en tête (les dirigeants de gouvernements de Grande-Bretagne et de France), et d’autre part Hitler et Mussolini, s’entendirent sur l’abandon de la Tchécoslovaquie à Hitler. En cela, les démocraties occidentales donnèrent au führer le signal clair selon lequel son expansion vers l’Est ne rencontrerait pas d’opposition de leur part.

     

    C’est précisément pour cela que le Président Poutine envoie à l’Occident un signal très clair : « Les enfants, il ne convient pas de rejeter sa propre faute sur autrui. Ce n’est pas nous qui avons signé avec Hitler l’acte qui donna le départ à la Deuxième Guerre mondiale. C’est vous qui l’avez fait de vos propres mains ».

     

    Cette analyse, dans la bouche du Président, rappelle l’analyse de l’époque soviétique, ne trouvez-vous pas ?

    Je ne vois rien de criminel à cela. Les évaluations de l’historiographie soviétique sont justes ; elles ont résisté à l’épreuve du temps. Et je suis d’accord avec le Président. De notre point de vue, du point de vue de l’Union Soviétique, la signature du Pacte Molotov-Ribbentrop fut une mesure obligatoire. Sans cela nous risquions de nous retrouver face à une coalition d’agresseurs, si comme en 1938, Hitler et Mussolini s’accordaient avec les démocraties occidentales, cette fois, à nos dépends. Voilà la première raison qui à mon avis a incité Vladimir Poutine à rappeler le Pacte.

     

    Et la seconde ?

    On peut établir d’évidents parallèles entre la situation d’aujourd’hui et les circonstances des années 1938-1939, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. A cette époque, les démocraties occidentales s’employaient à apaiser Hitler. De nos jours, il s’agit d’apaiser le nouveau régime néofasciste en Ukraine. Bien entendu, la Kiev d’aujourd’hui est assez éloignée de ce que fut le troisième Reich. Mais comme on dit, les néonazis ukrainiens n’ont pas encore atteint l’âge adulte. Mais je me souviens aussi qu’au début, Hitler était seulement un simple caporal, un débutant en géopolitique, dont les rêves s’étendaient vers l’Est, précisément vers les étendues de l’Union Soviétique, où il voulait trouver un espace vital pour les Allemands.

     

    Poursuivant le parallèle avec la veille de la Deuxième Guerre mondiale, la direction politique de Russie envoie un autre signal à l’Occident : il ne convient pas de jouer avec le feu en Ukraine car ensuite, au bout de quelques temps, on ne parviendra pas à éteindre un nouveau conflit armé dans le centre de l’Europe, comme ce fut le cas en 1941-1945.

     

    Le Monde est divisé en deux camps, comme l’a reflété la situation qui prévalut lors de la parade du 9 mai à Moscou. Peut-on établir des similitudes avec 1939 ?

     

    Le monde est divisé, évidemment. Et ce n’est pas lié à la parade à Moscou. La parade s’est apparentée à une petite feuille de papier de tournesol que l’on utilise pour mesurer l’acidité d’une solution, et qui a indiqué en l’occurrence la position des uns et des autres. L’actuelle division du monde s’est produite sur fond de crise ukrainienne. L’Occident, auteur de cette crise, tente de la porter à notre compte. Malgré qu’il soit notoire que les États-Unis aient investi cinq milliards de dollars dans le projet de promotion de sa « démocratie » en Ukraine. Cette information fut confirmée par Victoria Nuland, Secrétaire d’État assistante pour l’Europe et l’Eurasie, au cours d’un entretien accordé à la chaîne télévisée CNN. Concrètement, cet argent fut consacré à la déstabilisation de l’Ukraine, à la russophobie, à détacher ce pays de la Russie.

     

    Aujourd’hui, il est devenu évident que les États-Unis ont remis en question l’architecture du monde établie à Yalta et Potsdam, la configuration qui reflétait les rapports de force à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale. Il ne fait aucun doute que la configuration politique actuelle soit différente.

     

    Les rôles joués par la Russie (hélas, nous ne disposons plus du potentiel dont jouissait l’URSS) et par la Chine sont devenus différents. Je rappelle que la République Populaire de Chine fut l’un des fondateurs de l’ONU et demeure membre permanent du Conseil de Sécurité. Entre 1945 et 2015, le poids de la Chine dans les relations internationales a évolué fondamentalement ; il s’est notablement accru. De plus une série de nouvelles unions internationales a vu le jour, le BRICS, l’Organisation de Coopération de Shanghai, l’Union Eurasienne. Mais l’essentiel est que de nombreux pays du Tiers Monde nous ont rejoints et avec nous font comprendre aux États-Unis que l’époque du monde unipolaire est révolue. Le monde était plus ou moins stable lorsqu’existaient deux superpuissances, l’URSS et les États-Unis. Aujourd’hui, une même stabilité ne peut être atteinte qu’avec au moins un nouveau point d’appui géopolitique, et mieux encore, deux ou trois.

     

    Quel est le rôle historique de la Russie dans la situation actuelle ?

    En son temps, il revint à l’Union Soviétique de diriger la coalition anti-hitlérienne. Alors la mission historique de l’URSS consistait à amener et guider peuples et États dans la lutte contre le nazisme germanique. Il est vraisemblable qu’aujourd’hui, la mission soit de prendre la tête avec la Chine, l’Inde et d’autre États, d’un mouvement, le plus pacifique possible, dirigé contre la tentative d’ériger un pouvoir absolutiste dans le monde.

     

    Mikhaïl Alexandrov.

    Les attaques contre la Russie sur base du Pacte Molotov-Ribbentrop remontent à la politique krouchtchévienne condamnant Staline. En fait, l’Occident s’en tient à cette ligne et ne manque aucune occasion de nous obliger à nous justifier à ce propos. Mais ces pays occidentaux ont conclu contre la Russie une masse d’accords avec l’Allemagne nazie et entre eux. Jamais ils ne nous ont demandé pardon pour cela.
    Nous devons déclarer clairement qu’en concluant le Pacte de 1939, nous avons préservé nos intérêts nationaux. Et par la même occasion, nous ne devons pas oublier que ce sont l’Allemagne, l’Italie et le Japon qui sont les seuls coupables d’avoir déclenché la Deuxième Guerre mondiale. Je pense que nous devrions considérer de manière officielle que la date du début de la guerre est celle de la signature des Accords de Munich, partageant de force le territoire de la Tchécoslovaquie. Nous pourrions même aller plus loin et déclarer avec la Chine que la date du début de la Deuxième Guerre mondiale est fixée en 1937, lorsque l’armée japonaise envahit le territoire de nos voisins orientaux. Et d’une manière générale, nous devons écarter toutes les conceptions historiques imposées par l’Occident. Il faut bien comprendre que ces conceptions font partie d’une guerre de l’information qui bat son plein contre la Russie.

     

    14 mai 2015

    Source.

    http://svpressa.ru/politic/article/121418/

    Russie Sujet Géopolitique

    Crédit photo : Pravda / N. Akimov

     

    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5968

     

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    Autre article sur ce remarquable site,

    Le Parlement français a annulé
    la constitution démocratique de la France
    Giulietto Chiesa


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  • Désinformation mortelle: la guerre, les médias et la mort tragique de réfugiés africains

     
    imperialism-refugee-boat

    La mort tragique de centaines de réfugiés la nuit du samedi au dimanche 19 avril en mer Méditerranée a de nouveau mis en lumière l’hypocrisie meurtrière des dirigeants et des médias traditionnels occidentaux. L’événement catastrophique est isolé de sa cause principale par des omissions et des déformations, empêchant ainsi les vrais coupables d’être pointés du doigt. Les victimes libyennes étaient-elles des « migrants cherchant une vie meilleure en Europe » ou plutôt des réfugiés fuyant une zone de guerre créée et alimentée par les puissances occidentales?

    La façon dont l’histoire est racontée et les termes employés sont trompeurs. L’intellectuel danois Jan Oberg explique :

    Dans divers reportages et déclarations politiques, le terme « réfugié » est de plus en plus remplacé par « migrant » [...] Un migrant, selon l’ONU, est une personne qui est engagée dans [la recherche] d’une activité rémunérée dans un État dont il ou elle n’est pas un ressortissant. Un réfugié est une personne complètement différente, vivant à l’extérieur de son pays d’origine parce qu’il a souffert [ou craint] des persécutions en raison de son ethnicité, sa religion, sa nationalité, son opinion politique; parce qu’il ou elle fait partie d’une catégorie sociale de personnes persécutées; ou parce qu’il ou elle fuit une guerre [...] L’emploi du terme « migrants » au lieu de « réfugiés » nous distancie de la raison pour laquelle ils fuient et de notre propre complicité dans ces événements, minimisant ainsi notre devoir de protéger les réfugiés [...], car la plupart d’entre eux proviennent de zones où les interventions militaires occidentales et les exportations d’armes ont complètement raté leurs objectifs officiellement déclarés et seulement causé davantage de problèmes.

    Comme c’est le cas avec d’autres problèmes actuels, il existe un déni psycho-politique du fait que le militarisme occidental constitue la cause la plus importante des problèmes auxquels nous sommes confrontés. (Jan Oberg,Behind Every Refugee Stands an Arms Trader, TFF Associates & Themes Blog, 28 avril 2015.)

    Johannes Stern et Bill Van Auken ajoutent:

    La presse étasunienne, dirigée par le New York Times, parle des réfugiés fuyant la pauvreté et la violence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sans même mentionner que ce sont les États-Unis et leurs alliés européens qui ont causé la catastrophe humanitaire. Ce qui arrive en Méditerranée n’est pas une tragédie : c’est un crime de guerre impérialiste. (Johannes Stern et Bill Van Auken, Blood on their Hands: Libya’s Boat Refugees and “Humanitarian” Imperialism, World Socialist Web Site, 21 avril 2015.)

    Robert Parry accuse directement les médias d’être responsables de la crise libyenne en raison du rôle clé qu’ils ont joué dans la promotion de la guerre :

    Les principaux médias étasuniens fustigent les Européens pour ne pas avoir réussi à mettre fin à la crise humanitaire qui se déroule en mer Méditerranée, alors que des Libyens désespérés fuient leur pays déchiré par la guerre dans des bateaux surchargés qui coulent, et que des centaines d’entre eux se noient. Les médias dominants oublient toutefois comment cette crise libyenne a commencé, y compris leur propre rôle clé aux côtés d’« interventionnistes libéraux » comme Hillary Clinton et Samantha Power. (Robert Parry, The US Hand in Libya’s Tragedy, Consortium News, 21 avril 2015.)

    Le nombre de personnes qui meurent littéralement de rejoindre l’Europe a explosé depuis la destruction de la Libye en 2011, l’État africain le plus prospère avant l’intervention de l’OTAN dirigée par les Français.

    Bien que l’émigration de l’Afrique et du Moyen-Orient existait avant 2011, la crise a récemment dépassé des niveaux jamais vus dans l’histoire moderne. Depuis le début de 2015 seulement, on estime que plus de 1800 personnes sont mortes dans la Méditerranée, en route pour le sud de l’Europe. (Abayomi Azikiwe, African, Asian Migrants Dying in Mass in the Mediterranean, Global Research, 28 avril, 2015.)

    Selon l’OIM [Organisation internationale pour les migrations], le nombre de personnes qui meurent en tentant d’atteindre les rivages de l’Europe a augmenté de plus de 500 pour cent entre 2011 et 2014.

    Bien sûr, 2011 est l’année où les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, principalement la France et la Grande-Bretagne, ont lancé leur guerre pour changer de régime en Libye, en prétextant qu’ils intervenaient pour empêcher un massacre par le gouvernement de Mouammar Kadhafi dans la ville de Benghazi, dans l’est du pays. (Stern, Van Auken, op. cit.)

    Cette intervention militaire en appui à des milices d’Al-Qaïda est intrinsèquement liée au malheur de ces gens et les grands médias font preuve d’aveuglement volontaire en omettant de faire des liens entre les événements. Leur couverture de la situation en Libye a en fait pris fin avec la « victoire du peuple libyen » et la fin d’une « dictature brutale ». La réalité sur le terrain est loin du succès fabriqué dont on nous a gavés. Ce qui s’est produit après la chute de Kadhafi, une fois que l’OTAN a laissé le pays aux mains des terroristes, n’était pas considéré comme digne d’intérêt médiatique :

    Cette mission « humanitaire » a lancé une campagne de six mois de bombardements des États-Unis et de l’OTAN tuant au moins 10 fois plus de personnes que les combats dispersés entre les troupes gouvernementales et les rebelles armés l’ayant précédée [...]

    Près de deux millions de réfugiés, soit plus du quart de la population de la Libye, ont été contraints de fuir vers la Tunisie pour échapper à une guerre civile sans fin entre les milices islamistes rivales et deux gouvernements concurrents [...] Selon le site web Libya Body Count, seulement depuis le début de 2014, trois ans après l’intervention des États-Unis et de l’OTAN, quelque 3500 personnes ont été tuées.

    L’escalade de la barbarie en Libye comprend des exécutions de masse [...] Il n’y avait pas de tels meurtres de masse interreligieux en Libye avant la guerre des États-Unis et de l’OTAN visant à changer de régime, et les milices islamistes liées à Al-Qaïda n’étaient rien d’autre qu’une force marginale. Ces milices ont été promues, armées et soutenues par la force aérienne massive des principales puissances impérialistes lorsqu’elles ont décidé de renverser et d’assassiner Kadhafi, et de violer à nouveau la Libye.

    Les conséquences désastreuses de cette intervention néocoloniale prédatrice sont désormais indéniables. Il ne s’agit que d’une guerre parmi le nombre croissant de guerres et d’interventions impérialistes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, une région riche en pétrole. Celles-ci ont détruit des sociétés entières et fait des millions de réfugiés [...]

    Selon Amnesty International, l’escalade des conflits en Afrique et au Moyen-Orient a « mené à un nombre catastrophique de réfugiés, le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale ». (Ibid.)

    Malheureusement, un destin atroce attend des milliers d’autres personnes. L’« intervention humanitaire » occidentale en Libye a créé le monstre que nous appelons maintenant le groupe armé État islamique (EI), un prétexte pour plus d’interventions militaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les terroristes de l’EI sont utilisés pour faire des ravages et renverser des régimes comme lorsqu’ils étaient des terroristes de l’OTAN en Libye, alors qualifiés de rebelles pro-démocratie et utilisés pour renverser Kadhafi :

    « Qui êtes-vous? », a demandé Mouammar Kadhafi de façon rhétorique lors d’un célèbre discours vers la fin de son règne, questionnant (à juste titre) la légitimité de ceux qui cherchaient à renverser son gouvernement à l’époque, les qualifiant d’extrémistes, d’agents étrangers, de rats et de toxicomanes. On a rit de lui, on l’a injustement caricaturé, ridiculisé et sans cesse diabolisé.

    Kadhafi savait de quoi il parlait. Dès le départ il a accusé les soi-disant rebelles libyens d’être influencés par l’idéologie d’Al-Qaïda et l’école de pensée de Ben Laden. Bien sûr, personne ne l’a pris au sérieux, pas même un petit peu.

    Kadhafi les appelait les fondamentalistes islamiques toxicomanes. Nous les connaissons comme le groupe armé État islamique (EI)… On n’a plus vraiment envie de rire aujourd’hui n’est-ce pas? L’EI était d’ailleurs prévu depuis le début. Le lynchage « révolutionnaire » et la sodomisation de Mouammar Kadhafi au cœur des chants maniaques d’« Allahou Akbar » ont été salués par plus d’un à l’époque comme une sorte de triomphe tordu du bien de la volonté populaire (lire: le règne de la populace soutenu par l’OTAN) contre le mal de la dictature (l’État souverain). Cet événement n’était toutefois rien d’autre qu’un précurseur sanglant de l’avenir du pays et de la région, le lynchage de populations entières en Libye, en Syrie et en Irak, ainsi que la fragmentation d’États arabes clés en petits États ennemis. (Ahmad Barqawi, Libya, ISIS and the Unaffordable Luxury of Hindsight, Counter Punch, 12 mars 2015.)

    Aussi incroyable que cela puisse paraître, les dirigeants occidentaux peuvent utiliser les mêmes terroristes pour nous tromper à maintes reprises, en changeant simplement leur nom. Les médias répéteront la propagande d’État et les gens seront invariablement leurrés par de nouvelles guerres. Kadhafi a fait rire de lui lorsqu’il a affirmé qu’il se battait contre des terroristes, mais les vrais idiots sont ceux qui ont ri de lui. Abdelhakim Belhadj, le commandant d’Al-Qaïda en Libye et allié de l’OTAN, est désormais un chef de l’EI en Libye :

    Selon de récents reportages, Abdelhakim Belhadj (photo, tenant le cadre avec John McCain) s’est confortablement installé comme commandant de l’EI en Libye.

    L’information provient d’un responsable anonyme du renseignement étasunien, lequel a confirmé que Belhadj appuie et coordonne les activités des centres de formation de l’EI dans l’est de la Libye autour de la ville de Derna, une zone connue depuis longtemps comme un foyer du militantisme djihadiste.

    Bien que cette histoire puisse sembler sans importance – un terroriste d’Al-Qaïda devient commandant de l’EI – le fait est que depuis 2011 les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN présentent Belhadj comme un « combattant de la liberté ». Ils l’ont dépeint comme un homme ayant courageusement mené ses semblables épris de liberté contre Kadhafi, le « despote tyrannique», dont les forces de sécurité avaient capturé et emprisonné par le passé de nombreux membres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), y compris Belhadj. (Eric Draitser, Washington’s Al Qaeda Ally Now Leading ISIS in Libya, New Eastern Outlook, 10 mars 2015.)

    On ne peut plus faire confiance aux médias traditionnels. Ils ont prouvé à maintes reprises n’être rien d’autre que des courroies de transmission de la propagande du complexe militaro-industriel. C’est seulement en transmettant la vérité que nous pourrons arrêter ce flux de désinformation mortelle. Partagez cet article!

    Julie Lévesque

    Pour plus d’informations sur la Libye visitez nos dossiers sur la Libye (en anglais), le Maghreb, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

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    Article original en anglais : Deadly Disinformation: War, the Mainstream Media and the Tragic Death of African Refugees


    Sélection d’articles

    Manlio Dinucci, Mission impossible pour l’Ue, pas pour l’Otan

    Jules Dufour, La misère ou la mort. Une tragédie humanitaire sans nom.

    Johannes Stern et Bill Van Auken, Du sang sur les mains: l’impérialisme « humanitaire » et les réfugiés en provenance de Libye

    Martin Kreickenbaum, Alors que s’aggrave le bilan des naufrages en Méditerranée, l’UE et les USA préparent de nouvelles actions militaires en Libye

    Bill Van Auken, La pseudo-gauche et la catastrophe libyenne

    Comaguer, Morts de migrants en Méditerranée: Ce n’est pas parce que les crocodiles pleurent qu’ils ont perdu l’appétit !

    Sélection d’articles en anglais

    Jan Oberg, Behind Every Refugee Stands an Arms Trader

    Johannes Stern and Bill Van Auken, Blood on their Hands: Libya’s Boat Refugees and “Humanitarian” Imperialism

    Robert Parry, The US Hand in Libya’s Tragedy

    Abayomi Azikiwe, African, Asian Migrants Dying in Mass in the Mediterranean

    Ahmad Barqawi, Libya, ISIS and the Unaffordable Luxury of Hindsight

    Eric Draitser, Washington’s Al Qaeda Ally Now Leading ISIS in Libya

    http://www.mondialisation.ca/desinformation-mortelle-la-guerre-les-medias-et-la-mort-tragique-de-refugies-africains/5446764

     

     


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