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    Hezbollah : un documentaire d’Arte falsifie l’Histoire

     

     

    Le Liban, otage du Moyen-Orient ? Il aurait mieux fallu intituler ce documentaire ‘Le Liban, otage du Hezbollah’, puisque c’est ce qu’il s’évertue à nous faire croire durant 52 minutes. Réalisé par Michael Richter en 2019, et diffusé sur Arte le mardi 24 septembre à 22h25, il semble avoir été réalisé par le porte-parole de l’armée israélienne, qui est du reste longuement interviewé.

    Dans tout documentaire occidental sur le Parti de Dieu (et surtout sur une chaine dont le Conseil de surveillance est présidé par l’inénarrable Bernard-Henri Lévy),  on s’attend forcément à un parti pris anti-Hezbollah, mais le manque de subtilité et les mensonges de Michael Richter sont si grossiers et récurrents qu’ils falsifient les données les plus élémentaires, si bien que le documentaire en vient à se contredire lui-même.

    Voici les falsifications et omissions les plus spectaculaires de ce chef-d’œuvre de propagande. Nous procèderons par citations littérales de la voix off qui présente le documentaire, afin de ne pas être accusés nous-mêmes de déformer son propos.

    Michael Richter nous affirme au sujet de l’invasion israélienne de 1982, qui a constitué l’acte de naissance du Hezbollah :

    Le Hezbollah est né dans les années 1980, dans la plaine de la Bekaa, à la frontière avec la Syrie. Aujourd’hui, il contrôle cette région ainsi que des parties de Beyrouth et le Sud du pays. Pendant la guerre civile, la milice du Hezbollah s’est battue contre Israël qui avait envahi le Sud-Liban. L’armée israélienne s’est vue confrontée à une épuisante guérilla. Elle s’est finalement retirée en 2000, après un accord de paix. Le Hezbollah s’est attribué tout le mérite de cette victoire.

    Tout historien, spécialiste ou simple connaisseur ne peut que bondir face à de telles affirmations. Au-delà du fait qu’en 1982, Israël a envahi non seulement le Sud mais la moitié du Liban, parvenant jusqu’à Beyrouth et occupant la capitale  –ce n’est qu’en 1985 qu’Israël s’est retiré au sud du Litani, face aux attaques croissantes du Hezbollah–, avec qui Israël aurait-il conclu un accord de paix ? S’il s’agit de l’accord conclu entre Israël et le gouvernement phalangiste d’Amine Gemayel le 17 mai 1983, il n’a été appliqué par aucune des deux parties, et a été révoqué moins d’un an plus tard par le Liban. Ni le Hezbollah, ni l’Etat libanais ne reconnaissent l’existence d’Israël, et la Résistance Islamique s’enorgueillit justement d’avoir expulsé progressivement l’occupant israélien par la seule force des armes, sans jamais s’assoir à une quelconque table des négociations ou conclure le moindre accord avec l’ennemi. Seul un ignare, ou plutôt un propagandiste pro-israélien, peut proférer de telles énormités.

    Invasion israélienne du Liban en 1982 (Opération ‘Paix en Galilée’)

    Du reste, plus tard, le documentaire précisera bien que l’Etat libanais ne reconnait pas Israël (‘Aujourd’hui encore, Israël et le Liban sont en état de guerre, et n’entretiennent pas de relations diplomatiques’).

    De plus, le Hezbollah est bien le seul à ne pas s’attribuer tout le mérite de cette victoire : alors qu’il en est le principal auteur, ce que reconnait le monde entier, il ne cesse, dans une perspective d’unité, de proclamer que c’est la victoire de tout le Liban et de tous les peuples arabo-musulmans et non celle du seul Hezbollah. Dès le discours du 26 mai 2000, Nasrallah rendait hommage à tous les artisans de cette victoire, qu’il s’agisse de toutes les forces libanaises et résistantes au Liban (Hezbollah, Amal, forces libanaises nationalistes, factions palestiniennes), de l’Iran ou de la Syrie. Quiconque prétend que le Hezbollah tient des discours clivants ou exclusivistes traduit sa méconnaissance profonde du mouvement et de ses éléments de langage. Même au sujet de la guerre de 2006, il parle de la victoire de l’équation Peuple-Armée-Résistance, plaçant le principal élément en dernier.

    Enfin, le Hezbollah ne ‘contrôle’ aucune partie du territoire libanais. Il ne pallie l’absence de l’Etat que dans la lutte face à Israël et dans l’action sociale à destination des plus démunis, et se refuse farouchement à tout rôle d’administration ou de police.

    Une autre contradiction de ce documentaire, qui s’acharne à faire du Hezbollah un corps étranger au Liban alors qu’il en représente la plus importante des communautés (30% des Libanais sont chiites), est que malgré le fait qu’il précise bien que le Hezbollah soit né pour résister à l’invasion du Liban par Israël, Michael Richter affirme que

    A l’origine, le Hezbollah était censé défendre les intérêts des chiites face aux sunnites, plus puissants, l’Iran lui apportant un soutien financier et technique. Mais ensuite, les Israéliens ont occupé le pays.

    Plus loin dans le documentaire, bis repetita :

    Le Parti de Dieu, créé à l’origine pour représenter les intérêts des chiites au Liban, est devenu une force qui pèse sur l’équilibre de tout le Moyen-Orient.

    Comment le Hezbollah aurait-il pu avoir un but avant même sa naissance ? On nage dans l’absurde. Cette accusation est non seulement fausse, mais logiquement impossible. C’est la Résistance et non le sectarisme qui est la raison d’être du Hezbollah. Par ailleurs, en quoi la Résistance contre un occupant pourrait-elle constituer un acte sectaire, profitant aux seuls chiites et non pas à l’ensemble du Liban ? Qui prétendrait que les résistants français au nazisme, parce qu’ils avaient également une coloration communiste ou gaulliste par exemple, n’étaient pas des patriotes, du simple fait de leur appartenance politique (ou a fortiori religieuse) ? Il s’agit manifestement de nier au Hezbollah son patriotisme et son attachement à la libération du pays et à sa souveraineté, alors même que c’est la seule force armée qui n’a pas participé à la guerre civile, ciblant exclusivement l’occupant israélien, tandis que les autres factions s’entretuaient. La vérité est que le Hezbollah est né pour combattre Israël, et que par la suite, les chiites du sud étant la population la plus pauvre et la plus négligée du pays, et la plus touchée par l’invasion israélienne du fait de son importante présence au Sud-Liban, le Parti de Dieu a également mené des activités sociales pour pallier l’absence de l’Etat et soulager les souffrances des populations.

    La guerre civile est présentée de manière très sommaire, et pour cause :

    Au début, les phalanges chrétiennes se battaient contre les Palestiniens de l’OLP, qui menaçaient de prendre le contrôle de Beyrouth. Puis le conflit s’est élargi, et a opposé chrétiens et nationalistes arabes. Enfin, Israël a envahi le Sud-Liban : c’est à cette époque que s’est formé le Hezbollah. La guerre a fait des dizaines de milliers de victimes, et laissé un pays exsangue.

    Les chrétiens maronites, qui sont des catholiques orientaux, ont été les plus grands perdants de la guerre civile. Depuis des décennies, ils dirigeaient le Liban auquel la puissance mandataire française avait accordé l’indépendance en 1943. Musulmans, druzes, orthodoxes, et toutes les autres minorités religieuses, devaient se soumettre à la suprématie économique des Maronites. Ces derniers ont payé chèrement le fait d’avoir perdu la guerre civile.

    Après la guerre, les cartes ont été rebattues. Les belligérants se sont mis d’accord sur une représentation strictement proportionnelle [faux, la proportionnelle n’a été mise en place qu’en 2018] qui tient compte des intérêts des musulmans. Chaque minorité religieuse a obtenu des postes et des privilèges qu’elle continue à défendre. La société multiculturelle s’en trouve de plus en plus fragmentée.

    Cette présentation sommaire du conflit transforme les tensions géopolitiques en problèmes sectaires, et a l’avantage de ne pas préciser clairement la responsabilité des victimes : 120 000 morts causées par la guerre civile, et plus 20 000 causées par Israël. Plutôt que de donner ces chiffres précis, Michael Richter préfère ne pas faire de distinction entre la guerre civile et l’invasion israélienne, dont ni les causes, ni les atrocités, ni les conséquences ne sont évoquées, pas même succinctement. Quant au fait que les forces armées occidentales, en particulier américaines et françaises, aient pris part à la guerre civile, aucun mot là-dessus – mais ‘l’occupant‘ syrien est dûment mentionné.

    De même, aucun mot au sujet du massacre de Sabra et Chatila, ni de la collaboration entre les Phalangistes chrétiens (dirigés par Bachir Gemayel puis Amine Gemayel) et Israël, dont le documentaire épouse ostensiblement le point de vue, sans jamais rappeler leur passé commun. Voilà comment le parti phalangiste est présenté dans le documentaire :

    Le Parti Kataeb a tout d’une forteresse. L’organisation des chrétiens maronites est dirigée par Samy Gemayel, descendant d’une fameuse dynastie d’hommes politiques du pays. Son oncle et son frère sont morts dans des attentats, mais cela ne l’empêche pas de continuer de croire en la démocratie libanaise.

    Le parti pris est manifeste. Remarquons que le terme Kataeb, qui signifie Phalanges, n’est pas traduit, certainement pour occulter sa composante fasciste et favoriser l’adhésion du public au récit, qui tient plus de la propagande voire du mythe que de l’histoire n’en déplaise aux prétentions d’Arte, selon qui ‘La THEMA du mardi est la grande soirée documentaire d’ARTE. Il y est question de société, d’économie, de géopolitique, d’histoire et de science.‘ Le fondateur du Parti, Pierre Gemayel, s’est ouvertement inspiré des phalanges espagnoles, de Mussolini et du nazisme.

    Les personnalités les plus longuement interviewées tout au long de ce documentaire ne sont autres que Samy Gemayel, dirigeant actuel de la Phalange, et Yoram Schweitzer, du Centre d’étude pour la sécurité nationale à Tel-Aviv, soit les ennemis les plus irréductibles du Hezbollah. S’ajoutent à leurs déclarations celles de ‘Boris’, un soldat israélien, et Jonathan Conricus, porte-parole de Tsahal, qui interviennent pendant plusieurs minutes. Jamais leurs propos ne sont nuancés ou remis en perspective, même lorsqu’ils accusent le Hezbollah de se cacher derrière des civils ou profèrent des absurdités selon lesquelles des centaines d’hommes pourraient lancer une attaque massive via des tunnels très étroits. Les deux seuls intervenants non manifestement partisans qu’on retrouve au long de ce documentaire sont les journalistes européens Nicholas Blanford et Daniel Gerlach. Côté sympathisants du Hezbollah, des anonymes ont droit à quelques secondes d’antenne. Mais Laury Haytayan, qui dénonce les interventions du Hezbollah en Syrie, a droit à plusieurs minutes :

    Même des Libanais qui acceptaient le Hezbollah comme un rempart légitime contre Israël comprennent aujourd’hui [parti pris manifeste] le danger que l’organisation fait courir à tout le pays. C’est le cas de Laury Haytayan, blogueuse et activiste, qui critique l’attitude du Hezbollah qui envoie sa milice dans les conflits du Moyen-Orient. Selon elle, cela augmente le risque de guerre.

    Pour l’anecdote, cette prétendue ‘blogueuse et activiste qui réunit les femmes libanaises de toutes confessions pour surmonter les divisions sectaires‘ est surtout, d’après ses profils Twitter et LinkedIn, une experte des questions énergétiques, minières et géostratégiques, Directrice du pôle Moyen Orient pour pour une instance basée à New York. Mais  il est vrai que cette présentation plus honnête du personnage aurait été  moins ‘glamour’.

    Certes, le Hezbollah n’accorde plus d’interviews aux médias occidentaux (on se demande bien pourquoi, étant donnée leur impartialité…), mais ses alliés sont légion au Liban, et il aurait été facile de contrebalancer les points de vue adverses au Hezbollah par des points de vue alliés. Cependant, le documentaire a fait le choix de s’adresser brièvement à un seul d’entre eux, chiite, le député Yassine Jaber, manifestement pour soutenir le récit purement sectaire qu’il fait de l’histoire et de la société libanaises. A en croire Michael Richter, au Liban, il y aurait d’une part les chrétiens de Gemayel, et d’autre part les sunnites de Hariri, acteurs légitimes et loyaux de la démocratie libanaise et soucieux de la stabilité et de la prospérité de leur pays, face au Hezbollah chiite, intrus qui, par son aventurisme et sa prédilection pour les armes plutôt que pour les urnes, mettrait en péril le Liban au service de l’Iran et de la Syrie.

    Mais contrairement à ce que Michael Richter laisse entendre, le premier parti chrétien au Liban n’est pas la Phalange, mais le Courant Patriotique Libre (CPL), dirigé par l’actuel Président du Liban Michel Aoun. Le documentaire travestit sciemment la réalité libanaise en occultant le fait que le Hezbollah n’est pas une force isolée ou sectaire mais fait partie d’une large coalition, le 8 Mars, qui regroupe tous les partis nationalistes sunnnites, des chiites (Hezbollah, Amal), des chrétiens (CPL, Marada) et des druzes (Parti démocratique libanais de Talal Arslan). En face, l’alliance du 14 Mars regroupe le Mouvement du Futur de Hariri (sunnite), les Forces Libanaises de Samir Geagea et les Phalanges de Samy Gemayel (chrétiens). Ce qui distingue ces deux alliances opposées n’est certainement pas d’ordre confessionel ou sectaire, mais bien politique : le 8 Mars est opposé à l’hégémonie américaine, et proche de l’Iran et de la Syrie ; quant au 14 Mars, il est pro-occidental et aligné sur la politique de Washington et de Riyad.

    Ce documentaire ne nous dit rien de tout ça. Il nous laisse entendre que seules les lignes sectaires existent au Liban, et que les chrétiens et les ‘musulmans modérés’ sont les principales victimes, un refrain qui ne peut que toucher le public occidental ignorant des réalités du Moyen-Orient en général et du Liban en particulier. En réalité, si le système politique libanais est bien confessionnel (le Président doit être chrétien, le Premier ministre sunnite et le Président de l’Assemblée chiite), il reste essentiellement divisé selon des lignes politiques claires, comme dans la plupart des pays au monde.

    Michael Richter s’efforce de saper la légitimité du Hezbollah, acquise par son histoire de Résistance face à Israël. Il s’efforce de peindre Israël sous le meilleur jour possible. En plus de la falsification concernant l’ampleur de l’invasion de 1982, qui a englobé la moitié du Liban et pas seulement le Sud, voilà ce qu’il prétend :

    Le Hezbollah a multiplié les attaques contre le Nord d’Israël, près de la frontière libanaise : des enlèvements de soldats,  des attaques de civils, des tirs de roquettes, des attentats suicides. […]

    La version du Hezbollah est la suivante : après l’invasion du Sud-Liban, le Parti de Dieu a résisté jusqu’au retrait de Tsahal. Mais dans les faits, il a continué de commettre des attentats anti-Israéliens bien après. Le dernier remonte à 2006. Le Hezbollah tire des roquettes et des missiles contre le Nord d’Israël, et enlève deux soldats de Tsahal en territoire israélien. L’état hébreu riposte. Son aviation bombarde certains quartiers de Beyrouth. L’opération fait environ 2000 morts, en majorité libanais.

    Ainsi, le Hezbollah ne se serait pas seulement défendu contre l’occupant israélien (dont les atrocités sont pudiquement passées sous silence, contrairement aux actions du Hezbollah), mais l’aurait attaqué sans raison après son retrait du Liban. Mais comment est-il possible de parler des escarmouches entre le Hezbollah et Israël après 2000 et de la guerre de 2006 sans parler du fait que 1/ Israël conservait des prisonniers Libanais que le Hezbollah avait résolu de libérer, 2/ Israël occupe jusqu’à ce jour les fermes de Chebaa, les collines de Kfar Shouba et le village de Ghajar (territoires libanais), et 3/ Israël viole constamment l’espace aérien, maritime et terrestre libanais ? Comment peut-on qualifier d’attentats des opérations militaires ciblant des objectifs militaires et visant à libérer des prisonniers de guerre et restaurer la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire, entre deux belligérants qui sont toujours en état de guerre ? Comment est-il possible de ne pas préciser que pour la guerre de 2006, côté Libanais, 80% des 1300 à 1500 morts étaient des civils, et que côté israélien, 80% des 165 victimes étaient des militaires ? Sans même parler du fait que le Hezbollah n’a ciblé les civils Israéliens qu’après que les centres de population libanais aient été ravagés, et face au refus de l’entité sioniste de limiter les frappes aux cibles militaires, ce qu’a fait le Hezbollah durant les premiers jours de la guerre. Précisons enfin que lorsque le documentaire dénonçait les attaques du Hezbollah contre Israël en plein territoire israélien, il montrait des images de soldats attaqués pendant leur occupation du Liban, et des civils israéliens ; mais aucune image des victimes libanaises, bien qu’elles soient dix fois plus nombreuses.

    De plus, afin de présenter le Hezbllah comme une organisaton terroriste, voilà ce que le documentaire affirme :

    Le Hezbollah ne se contente pas de proférer des menaces : depuis des décennies, il commet des actes de terrorisme contre les Etats-Unis, la France mais surtout contre Israël. Les Etats-Unis et Israël l’ont classé parmi les organisations terroristes, alors que  pour l’Union européenne, seul le bras armé du Hezbollah relève du terrorisme.

    C’est bien la première fois que quelqu’un prétend que le Hezbollah a commis des attentats terroristes contre les Etats-Unis et la France. Comment peut-on dire de telles énormités ? De quoi parle donc Michael Richter ? Les seuls morts Américains et Français qui pourraient éventuellement être attribués au Hezbollah sont les 241 Marines américains et les 58 soldats français tués en 1983 lorsque leurs contingents ont été frappés par deux voiture piégées. Mais d’une part, il s’agissait de cibles militaires qui, s’étant engagées activement aux côtés  d’Israël et de leurs alliés phalangistes, devenaient logiquement des cibles légitimes. D’autre part, le Hezbollah n’existait pas encore officiellement à l’époque, et n’a jamais revendiqué ces attaques. Au mieux, on pourrait parler de présomption ou de soupçons de culpabilité, mais quoi qu’il en soit, il ne s’agissait nullement d’actes terroristes. La première attaque-suicide revendiquée ultérieurement par le Hezbollah est celle qui a frappé le quartier général des forces israéliennes à Tyr en octobre 1982, tuant 75 soldats israéliens. Si l’Union européenne considère effectivement la branche armée du Hezbollah comme une organisation terroriste, ce n’est pas du fait des attaques de 1983, mais du fait de l’attaque de 2012 contre un bus de touristes israéliens en Bulgarie, attribué sans aucune preuve, et contre toute logique, au Hezbollah.

    D’après ce documentaire, aujourd’hui,

    Le pays est plongé dans une profonde crise économique et politique, une crise qui le divise de plus en plus.

    Vraiment ? La crise politique serait plus forte aujourd’hui que de 2014 à 2016, années pendant lesquelles le Liban n’avait pas de Président, ou de 2013 à 2018, pendant lesquelles les élections législatives ne cessaient d’être repoussées pour diverses raisons (9 années se sont écoulées entre celles de 2009 et les suivantes, en 2018) ?

    Paradoxalement, mais de manière révélatrice, si ce documentaire parait maintenant, ce n’est pas parce que le Liban est dans une grande période d’instabilité, mais justement parce que les longues années d’instabilité (causées en partie par la guerre en Syrie, qui est maintenant terminée) viennent de prendre fin, mais pas de la manière souhaitée par l’Occident. Le Hezbollah et ses alliés ont remporté les élections égislatives de mai 2018, tenues avec 5 ans de retard justement à cause des divisions intestines qui étaient longtemps insurmontables. Le peuple libanais s’est prononcé : l’alliance du 8 Mars a remporté 72 sièges sur 128, et en janvier 2019, un gouvernement a enfin été formé, le Hezbollah et ses alliés obtenant 19 ministères sur 30.

    Le Hezbollah est effectivement plus fort que jamais au Liban, notamment du fait de son intervention en Syrie : non seulement sur le plan militaire, mais sur le plan de la popularité, car les Libanais, notamment les chrétiens, savent bien de quelles affres ils ont été sauvés par l’intervention du Hezbollah contre Daech, qui a préservé le Liban d’un épanchement du fléau terroriste qui a dévasté la Syrie et l’Irak, et qui menaçait le Liban.

     

    Le prétendu ‘poison de la division insufflé au Liban par le Hezbollah‘ que dénonce ce documentaire est tout simplement le succès du Parti de Dieu, qui a réussi à unir le Liban plus que jamais autour de la défense du pays, grâce à l’expérience de 2000 (première Libération du pays face à Israël) et à celle de 2013-2017 (deuxième Libération du pays face aux groupes takfiris). L’électrochoc Daech, fomenté par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux et saoudiens, s’est retourné contre ses instigateurs, et a été vaincu par l’alliance de l’Axe de la Résistance (Hezbollah, Syrie, Iran, Irak, Yémen) et de la Russie. C’est bien parce que ce complot a échoué que la ligne politique du Hezbollah a triomphé au Liban, et que par dépit, l’Arabie Saoudite a kidnappé le Premier ministre Hariri en 2017, le forçant à démissionner pour plonger le pays dans le chaos. Le récit de cet incident par le documentaire peine à dissimuler la réalité :

     

    Hariri essaie d’unir le Liban sous la houlette des sunnites. Pour y parvenir, il est prêt à dialoguer avec le Hezbollah. L’Arabie Saoudite, qui s’érige en protecteur des sunnites, voit le rapprochement avec les chiites d’un mauvais œil. […] Hariri a-t-il été forcé à démissionner ? Le flou subsiste. En tout cas, il ne peut quitter l’Arabie Saoudite qu’après l’intervention d’Emmanuel Macron, un mois plus tard. De retour au Liban, il annule sa démission. Ces manoeuvres ne font que renforcer le Hezbollah. Quelques mois plus tard, le Hezbollah sort vainqueur des élections législatives. Il obtient pour la première fois deux ministères dans un gouvernement dirigé par Hariri.

    Plus personne ne doute qu’Hariri a été victime d’un kidnapping orchestré par MBS, et neutralisé par la position du Hezbollah et de ses alliés, qui ont rejeté cette démission, et dénoncé une opération saoudienne. C’est parce que le Liban est moins divisé que jamais que l’Occident, dont les efforts pour contrer les souverainistes et nationalises proches du Hezbollah ont échoué, qu’il crie aujourd’hui à la division. Hypocrisie manifeste mais classique. Michael Richter ajoute un nouvel élément à la trinité orwellienne de l’inversion : La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force et l’unité c’est la division.

    Aujourd’hui, le fait que le Liban soit plus uni et plus stable que jamais est prouvé par le fait qu’un gouvernement a été formé après des années de crise politique, et que même sur les questions les plus sensibles touchant à la sécurité nationale, aux ressources énergétiques offshore et à la lutte contre Israël, le Liban a une position unie, comme cela a été constaté dans le cadre de la lutte contre Daech (la frontière libano-syrienne a été libérée des takfiris par une opération conjointe de l’armée libanaise et du Hezbollah durant l’été 2017, malgré les mensonges de ce documentaire selon lesquels ‘Depuis la guerre civile, l’armée libanaise s’est décomposée. Elle n’existe plus que sur le papier.’), et plus récemment lors des incidents militaires consécutifs aux agressions israéliennes contre le Liban : tous les acteurs libanais ont soutenu le droit de la Résistance à riposter, et l’armée libanaise a pour la première fois ouvert le feu sur les drones israéliens.

    Le Liban n’est ni l’otage du Hezbollah, ni celui de l’Iran, ni celui de la Syrie. Comme tous les pays de la région, depuis des décennies, il est victime des velléités hégémoniques des Etats-Unis et des ambitions annexionnistes d’Israël. Ce n’est pas un pion sur l’échiquier des puissances régionales, mais un acteur à part entière, de premier plan, qui a clairement fait son choix : celui de la souveraineté et de la dignité. Surtout, il héberge la force militaire qui a par deux fois humilié en Israël, et contribué à mettre en échec les plans hégémoniques américains dans la région, ce qui constitue un crime impardonnable pour Washington et Tel-Aviv. Tous les mensonges ne sauraient occulter ces réalités.

    Terminons par un florilège de phrases aussi partiales et gratuites qui se passent presque de commentaires, toutes issues de la voix off qui narre ce ‘documentaire’ :

    Le Hezbollah se qualifie de Parti de la Résistance : Résistance contre l’Etat libanais, qu’il accuse d’être défaillant, et Résistance contre Israël. […]

    Aujourd’hui, le système politique du Liban est plus menacé que jamais. Le Hezbollah est de plus en plus fort. Parmi ses partisans, beaucoup n’ont que mépris pour l’Etat libanais.

    Quand le Hezbollah s’est-il défini comme ennemi de l’Etat ? C’est grotesque et insensé, d’autant plus qu’il fait lui-même partie du gouvernement depuis des décennies. Le Hezbollah se considère comme le meilleur défenseur de l’intégrité de l’Etat et un partenaire de l’Armée nationale, dont il pallie les déficiences (dues à l’influence néfaste de l’Occident) face à Israël.

    Le régime qu’ils veulent imposer est celui de Bachar al-Assad, c’est-à-dire une dictature.

    Cette attaque de Samy Gemayel contre le Hezbollah est parfaitement ridicule (le Hezbollah est assez puissant militairement pour s’emparer aisément du pays s’il le souhaitait), mais insidieusement confirmé par le documentaire au lieu de le nuancer.

    Le Hezbollah joue un rôle majeur au sein de la société, contribuant à insuffler le poison de la division. […]

    On cite souvent le modèle politique libanais car il parvient, bon an mal an, à faire cohabiter des chrétiens, des musulmans, à la fois des sunnites et chiites. […]

    Les chiites du Hezbollah, littéralement le Parti de Dieu, soutenus et financés par l’Iran, font vaciller le système politique libanais… Le Hezbollah est de plus en plus puissant. Il modifie l’équilibre confessionnel au profit des chiites. Les sunnites, souvent plus favorisés sur le plan économique, craignent de perdre leur influence politique, dans un pays où encore aujourd’hui,  le poste de Premier ministre est confié à un sunnite. […]

    Le Hezbollah occupe désormais une place qui fait de lui un acteur décisif sur les plans politique, économique et militaire. Tant que le système politique et économique du Liban sera délimité par les clivages confessionnels, que ce soit entre chrétiens et musulmans  ou sunnites et chiites, le pays restera englué dans les crises, et le fondamentalisme continuera de gagner du terrain.

    Cette lecture sectaire des différends politiques traduit la pensée sous-jacente de l’auteur, propre aux ‘démocraties occidentales’ : la démocratie n’est bonne que lorsqu’elle place des alliés de Washington au pouvoir. Qu’ils soient chrétiens maronites comme les phalangistes pro-israéliens, ou des fondamentalistes wahhabites sanguinaires comme les dirigeants d’Arabie Saoudite, n’a aucune espèce d’importance ; la seule chose qui compte est leur allégeance politique. Mais lorsque les peuples se prononcent pour des adversaires de l’Occident, c’est une tragédie. Par ailleurs, le Hezbollah a toujours dénoncé le système confessionnaliste du Liban. Depuis les années 1990, il prône une démocratie classique, qui gomme les lignes confessionnelles.

    La base du Hezbollah, ce sont les chiites pauvres, qui représentent environ un quart de la population du pays. Leur idole est le Secrétaire Général du Parti, Hassan Nasrallah, qui dirige l’organisation et la milice armée depuis des décennies. Il y a longtemps qu’il n’est pas apparu en public compte tenu du risque d’attentat.

    Il a de nombreux ennemis. Israël le considère comme un terroriste très dangereux. C’est donc par écran interposé qu’il s’adresse ce soir à ses adeptes, et délivre son message depuis une cache dans les montagnes.

    Risque d’attentat, vraiment ? Ou plutôt d’assassinat ciblé par Israël, qui a déjà liquidé son prédécesseur Sayed Abbas al-Musawi, tué avec sa femme et son fils de 5 ans ? Félicitons au passage l’auteur de ce documentaire, qui a des informations que même la CIA et le Mossad n’ont pas (à savoir le lieu où se trouverait Nasrallah). Et relevons une erreur de traduction dans le discours de Nasrallah en question, qui tend à suggérer que le Hezbollah utiliserait la force des armes pour assoir sa puissance politique. Un extrait de ce discours du 31 mai 2019 est sous-titré ainsi par les équipes de Michael Richter :

    Oui, nous avons au Liban des missiles de précision suffisamment nombreux pour changer la face de la région et bouleverser l’échiquier politique.

    Alors qu’en vérité, Nasrallah a dit :

    Oui, nous possédons au Liban des missiles de précision en nombre suffisant pour changer la face de la région et (bouleverser) les équations (régionales) !

    Nasrallah menace clairement Israël, ainsi que ses alliés saoudiens et américains, mais les traducteurs ont tourné ces missiles vers la scène intérieure libanaise, via l’expression ‘échiquier politique‘. L’accusation de recours aux armes contre ses adversaires politiques libanais est fréquemment lancée contre le Hezbollah, mais nullement fondée dans les faits, le Parti de Dieu réservant l’usage de ses armes à Israël et aux terroristes takfiris qui ont menacé maintes fois de mettre le Liban à feu et à sang, et y ont perpétré plusieurs attentats sanglants, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth.

    Précisons enfin que si le Hezbollah a effectivement combattu en Syrie du côté du gouvernement légitime, ses adversaires ont également participé aux conflit du côté des prétendus ‘rebelles’, même si leur participation est moins importante du fait de leur puissance militaire marginale. Mais seul le Hezbollah est accusé d’intervenir dans les crises du Moyen-Orient et de le déstabiliser, alors qu’il fait bien le contraire, ce qui lui a gagné la confiance de la majorité des Libanais.

    La Journée d’Al-Qods vise à protester contre le contrôlé israélien sur Jérusalem.

    La Journée d’Al-Qods n’est pas limitée à Jérusalem : elle vise à protester contre l’oppression infligée aux Palestiniens sur l’ensemble de la Palestine occupée, et à dénoncer l’existence même d’Israël. Elle marque la solidarité des peuples arabo-musulmans avec leur cause fondamentale.

    Ce n’est qu’avec la guerre de 2006 et la mort de 6 Casques Bleus que l’ONU change de politique.

    La pudeur de Michael Richter l’empêche d’identifier le coupable : Israël. Depuis 1978, des dizaines de soldats de l’ONU ont péri sous les bombes israéliennes.

    La milice entrepose des armes au sud, malgré une résolutions de l’ONU interdisant cette pratique.

    Quant à Israël, champion du monde des violations des résolutions de l’ONU, qui viole quotidiennement la souveraineté du Liban depuis 2006, rien à redire.

    On soupçonne qu’une autre part (du financement du Hezbollah) provient du trafic de drogue et d’opérations de blanchiment d’argent.

    Bravo à Michael Richter pour avoir enfin utilisé le conditionnel pour cette accusation gratuite et évidemment fausse.

    Concluons ce florilège par la déclaration ‘complotiste’ d’un guide du musée de la Résistance à Mleita, Moussa Fars, extraite du documentaire :

    Dans le monde entier, les médias sont contrôlés par les sionistes et leurs alliés.

    Si l’équipe de Michael Richter voulait démontrer la véracité de ce propos, elle n’aurait pas pu mieux s’y prendre.

    Sayed Hasan

    PS : si on tient à ne rien comprendre au Liban, ce classique reste plus digeste que le navet insipide de Richter.

     

    source:https://lecridespeuples.fr/2019/09/29/hezbollah-un-documentaire-sur-arte-falsifie-outrageusement-lhistoire/

     

    envoyé par Mouna Alno-Nakhal

    https://reseauinternational.net/hezbollah-un-documentaire-darte-falsifie-lhistoire/

     


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    Comment les violences policières ont (difficilement) percé le mur médiatique

    par Frédéric Lemaire, Pauline Perrenot

     

    Nous évoquions fin décembre, plus d’un mois après le début de la mobilisation des Gilets Jaunes, le « voile médiatique » sur les violences policières – pourtant largement documentées par ailleurs. À partir de la mi-janvier, on assiste cependant à un revirement subit : en quelques jours, cette question s’impose dans les grands médias, à travers des interviews, des débats, ou des émissions spéciales. Un réveil tardif qui révèle, par contraste, le désintérêt dont ces violences avaient fait l’objet dans les premières semaines du mouvement. Et qui pose question : comment et pourquoi les violences policières sont-elles (difficilement) passées de l’ombre à la lumière médiatique ?

    Note : cet article est le premier d’une série consacrée au traitement médiatique des violences policières.

    À partir du début de la mobilisation des Gilets Jaunes, on peut distinguer deux grandes périodes dans le traitement des violences policières par les grands médias. La première, qui s’étend de fin novembre à début janvier, se caractérise par le désintérêt médiatique à l’égard de ces violences pourtant sans précédent.

    Nous nous étions penchés sur le quasi-silence médiatique autour de la publication d’un rapport d’Amnesty International qui dénonçait « le recours excessif à la force par des policiers » pendant les mobilisations des Gilets Jaunes [1]. Un épisode représentatif de la grande indigence du traitement médiatique des violences policières dans la presse et sur les chaînes de télévision, malgré un nombre de blessés déjà très élevé (1407 manifestants dont une cinquantaine grièvement, selon les chiffres officiels). Représentatif également de l’absence (ou presque) de remise en question significative de la surenchère sécuritaire du gouvernement.

    Notre tour d’horizon des articles publiés dans les quotidiens, sous format papier ou numérique, témoignait ainsi, fin décembre, d’une couverture quasi nulle des violences policières par Le Monde et Le Parisien. Libération s’est distingué par une couverture un peu plus détaillée – dont une partie importante a été traitée via la page de fact-checking « Checknews », où les vidéos de violences policières tournées par les manifestants ont été soumises à un examen de véracité. De manière générale, la couverture est restée bien timide au regard de ce qui a pu se faire à partir de la mi-janvier, et en comparaison – par exemple – avec celle d’un quotidien comme L’Humanité, et ce dès les premières mobilisations.

    Sur les principales chaînes de télévision, le constat est également celui d’une invisibilisation des violences policières. Arrêt sur Images a publié un article, suite à l’observation des journaux télévisés de TF1 et France 2, au titre éloquent : « Aux JT, les violences policières n’existent pas ». Publié le 14 janvier, cet article fait un constat sans appel : huit semaines après le début du mouvement, malgré 90 blessés graves, les deux principaux journaux télévisés français n’ont dédié chacun que deux sujets à part entière à la question des violences policières (les 6 et 7 janvier).

    Le dimanche 6 janvier, Laurent Delahousse, tout en retenue, évoque ainsi « des images qui font débat » à propos du tabassage infligé par le commandant de police Didier Andrieux à deux manifestants. Mais c’est TF1 qui remporte la palme de la désinformation lors du 20h du 10 janvier. Cinq jours après l’affaire du commandant Andrieux, et malgré la quantité de documentation accumulée notamment par le journaliste indépendant David Dufresne concernant les violences policières [2], le « spécialiste police de TF1 » Georges Brenier est catégorique : tout va bien dans le meilleur des mondes. Interrogé par le présentateur à propos des enquêtes ouvertes par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), il répondait :

    Depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, 64 enquêtes judiciaires au total ont été ouvertes. […] 64, c’est peu et c’est beaucoup à la fois. Peu d’abord parce que vu la violence inouïe des casseurs, il n’y a pas eu, à première vue en tout cas, de bavure, pas de mort, pas de blessé grave. Et de l’avis de tous les experts, c’est la preuve de beaucoup de sang-froid et de maîtrise [3].

    Les personnes mutilées par des grenades ou des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD) auront sans nul doute apprécié… À notre connaissance, TF1 n’est jamais revenu sur ces propos.

    Exception notable dans les grands médias, France 2 a diffusé le 13 décembre un numéro d’Envoyé spécial consacré à la « surenchère de la violence », qui s’attarde sur les violences policières avec des témoignages édifiants de manifestants blessés lors de précédentes manifestations [4]. Mais en tout état de cause, ce reportage apparaît comme une goutte d’eau dans l’océan de désintérêt médiatique qui a caractérisé la période qui s’étend de fin novembre à début janvier. Dans leur grande majorité, les grands médias ont bien contribué, par leurs choix éditoriaux, à passer sous silence la question des violences policières. Contrairement aux actes de « casse » des manifestants qui ont focalisé l’essentiel de l’attention et des commentaires médiatiques.

    Coup de projecteur (tardif) sur les violences policières

    On assiste, à partir de la mi-janvier, à un basculement dans la médiatisation des violences policières, avec une multiplication de sujets, d’interviews, et de débats sur ce thème. L’agenda médiatique du journaliste indépendant David Dufresne, qui s’est attaché à répertorier et à vérifier les signalements de dérives et de violences policières depuis le début du mouvement, témoigne de ce revirement. Alors qu’il n’avait pas ou peu été invité dans les médias jusque-là [5], il entreprend à partir de la mi-janvier un véritable marathon médiatique.

    David Dufresne est interviewé dans le JT de France 2 le soir du 15 janvier, et il est invité le lendemain matin dans la matinale de France Culture sur le thème « Police, assiste-t-on à une montée des violences ? ». Le même jour, le journaliste fait un passage dans « Arte Info », il apparaît dans le JT de BFM-TV ainsi que dans l’émission « Grand angle » de la chaîne d’information en continu. A 19h, il intervient dans « C à vous » sur France 5. Toujours le 16 janvier, Le Monde publie un entretien avec le journaliste indépendant, et il est largement cité dans l’article du quotidien sur les lanceurs de balles de défense (LBD) : « Le lourd bilan des lanceurs de balles de défense de la police ».

    À partir de cette date, David Dufresne apparaît régulièrement dans différents médias, et son travail sur les violences policières est largement diffusé. Le 17 janvier, il est interviewé sur Brut. Le lendemain, Libération fait sa Une sur les violences policières et publie une infographie qui synthétise le travail de David Dufresne. Le 19 janvier, il est invité sur le plateau d’Arrêt sur images. Une de ses citations donne le titre de l’émission : « Les bavures policières, c’est l’omerta absolue ». On notera également que Mediapart consacre aux violences policières une édition spéciale et une infographie à partir du travail de David Dufresne le 25 janvier : « Allô Place Beauvau ? C’est pour un bilan (provisoire) ». Il apparaît de nouveau au JT de France 2, sur LCI, sur AJ+ et Vécu, dans le magazine du Monde, et ses chiffres seront même cités sur CNews. Le 31 janvier, il refuse même une invitation pour l’émission de Cyril Hanouna, « Balance ton post », tout comme il le fit à deux reprises pour des plateaux de BFM-TV, pointant notamment les mauvaises conditions d’expression et les dispositifs déplorables des émissions de la chaîne.

    Si cet agenda (non exhaustif) témoigne donc d’une prise en compte des questions de violences policières par les grands médias, il nous dit également des choses sur le fonctionnement du système médiatique. Sans imaginer recourir à d’autres chercheurs ou intervenants sur le sujet, les grands médias se sont contentés de solliciter David Dufresne, devenu une figure de proue médiatique. Mais ces nombreuses invitations pallient en réalité l’absence d’un travail systématique et spécialisé tel que celui réalisé par le journaliste indépendant de la part de ses confrères et consœurs dans les grandes rédactions. Et ce malgré l’ampleur du phénomène des violences policières, et malgré la pléthore d’experts « police » et « justice » que ces rédactions comptent…

    Comment expliquer ce revirement ?

    Pourquoi un coup de projecteur si subit sur le travail de David Dufresne, et plus généralement sur la question des violences policières ? Un faisceau d’éléments entrent en jeu dans l’irruption des violences policières dans l’agenda médiatique. Des éléments qui tiennent à la fois à des pressions extérieures aux grands médias, et à des pressions qui s’exercent en leur sein même. Une conjonction de pressions exercées sur la durée, et sur lesquelles viennent se greffer un ou plusieurs événements déclencheurs, qui, en quelque sorte, « mettent le feu aux poudres ».

    Les pressions « extérieures »

    Le premier paramètre à prendre en compte est la durée de la mobilisation : début janvier, les Gilets Jaunes manifestent à Paris et en province tous les samedis depuis plus d’un mois et demi et demeurent, le reste de la semaine, mobilisés sur les ronds-points. Cette vague de protestation s’installe ainsi dans le temps, et avec elle, la question des violences policières présente dès les débuts du mouvement. Des pressions extérieures, mettant les violences policières en lumière, s’exercent dès lors sur le milieu journalistique de manière de plus en plus vive.

    Des pressions venues d’une part des réseaux sociaux, sur lesquels circulent des témoignages de manifestants et des vidéos de violences policières, sujets autour desquels se construisent des communautés d’internautes plus ou moins « visibles ».

    Des pressions venues de journalistes extérieurs aux médias dominants tels que David Dufresne et des confrères et consœurs travaillant dans des médias indépendants tels que Bastamag, Arrêt sur images, Mediapart, Le Média, etc., qui n’ont pas attendu le mois de janvier pour s’emparer de cette question.

    Des pressions exercées par des organisations indépendantes, des associations, des collectifs contre les violences policières, des partis politiques, des ONG, etc. Ces organisations ont contribué à « pousser » dans le débat public le sujet des violences policières par le biais de communiqués, rapports et réunions publiques. On citera ici par exemple la Ligue des droits de l’Homme, dans son communiqué du 7 décembre sur l’usage des grenades lacrymogènes instantanées (GLI) et des lanceurs de balles de défense (LBD) ; Human Rights Watch dans son rapport du 14 décembre sur le même thème ; ou encore Amnesty international (enquête du 17 décembre déjà évoquée). À cela s’ajoute la conférence de presse du Défenseur des droits le 16 janvier, demandant l’interdiction du LBD.

    Les pressions au sein des médias

    Parmi les pressions « internes » – même s’il est difficile d’évoquer des médias au cas par cas – il faut d’abord citer la pression exercée par les journalistes eux-mêmes. En particulier des journalistes de terrain, qui couvrent les manifestations et rapportent les cas de violences exercées par la police. Mais, comme l’explique David Dufresne dans l’émission d’Arrêt sur images, « les remontées du terrain s’arrêtent à peu près au bureau de la rédaction en chef » et elles se heurtent à « une omerta, une gêne à parler de ça ». Une omerta à géométrie variable, qui ne s’applique pas lorsque les actes de violence sont commis par des manifestants…

    Ces remontées des journalistes de terrain deviennent une pression d’autant plus importante qu’ils sont eux-mêmes victimes de violences policières. Le souci d’informer sur ces violences se fait dès lors de plus en plus entendre dans les rédactions, a fortiori quand elles sont dénoncées par les syndicats de journalistes, comme ce fut le cas le 10 décembre, date à laquelle a paru un communiqué intersyndical. À cela s’ajoutent également des plaintes collectives, comme celle que déposèrent 24 photographes et journalistes le 15 décembre [6]. Mais, étonnamment, ces plaintes n’ont pas provoqué de cris d’orfraie parmi les éditocrates… À la différence des quelques cas de prise à partie de journalistes par des manifestants.

    Parmi les pressions qui s’expriment au sein des médias, on mentionnera également les Gilets Jaunes eux-mêmes qui, en direct des plateaux, mettent régulièrement les violences de la police à l’ordre du jour des débats : en les dénonçant, et en rapportant des témoignages sur les difficultés ou la peur de manifester. Si le fait que les gilets jaunes évoquent ces violences ne signifie pas que le sujet sera pris au sérieux par les grands médias, cette prise de parole a tout de même un certain impact dans le débat médiatique.

    Les « étincelles »

    Toutes ces pressions constituent en réalité, depuis le début de la mobilisation, des forces souterraines qui travaillent le milieu journalistique, tandis que s’accumulent les données, les témoignages, les rapports et surtout, les blessés graves et mutilés. À ces pressions viennent se greffer des événements déclencheurs, ou du moins, accélérateurs : l’hypermédiatisation du « boxeur Dettinger » s’en prenant à un policier lors de l’acte VIII, le 5 janvier. Un emballement qui fait très vite face à une réponse de taille le même jour, ciblant cette fois le commandant Andrieux, autre boxeur, filmé en train de tabasser un manifestant arrêté et dont la vidéo est massivement diffusée sur internet.

    À partir de là, le sujet des violences arrive véritablement dans le débat comme un « problème public ». Symptôme : le 8 janvier, soit trois jours plus tard, Jean-Michel Aphatie se décide – enfin – à consacrer une grande partie de sa chronique d’Europe 1 aux violences policières en mentionnant le cas précis du commandant Andrieux.

    Autre événement qui a contribué à l’irruption sur la scène médiatique des violences policières : le 16 janvier, le Défenseur des droits réitère sa demande d’interdiction du LBD. Cette demande s’ajoute à l’épisode des boxeurs, et surgit également dans un contexte de discussions à l’intérieur du corps policier lui-même. Discussions suivies et scrutées par les journalistes, ainsi qu’en témoigne ce titre du Monde, le 8 février :

    ***

    Après une période de grande indigence du traitement médiatique des violences policières, il semble qu’il soit devenu impossible, à partir de la mi-janvier, de faire l’impasse sur cette question dans les grands médias. La multiplication des témoignages documentés de violences policières, sur les réseaux sociaux et dans les médias indépendants, doublés de prises de positions publiques de la part d’organisations et d’autorités administratives diverses, ont indéniablement contribué à faire pression sur le système médiatique. Cette pression a finalement donné gain de cause aux journalistes qui, en interne, n’étaient jusque-là pas parvenus à imposer les violences policières comme une question médiatique à part entière.

    Mais le fait que les grands médias se soient emparés de la question des violences policières (au moins partiellement) ne nous dit rien de la manière dont ces violences ont été traitées qualitativement, une fois intégrées à l’agenda médiatique. Or, le traitement de ces violences s’est souvent accompagné de biais de langage, ou de déséquilibres dans le poids accordé à la parole des manifestants et de la police. Il reste également à expliquer les causes structurelles de ce « journalisme de préfecture » et des résistances considérables à l’irruption des violences policières dans l’agenda médiatique. Nous y reviendrons dans les prochains articles de notre série.

    Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot

    —————

    [1Le rapport en question est daté du 17 décembre.

    [2Voir le compte Twitter de David Dufresne.

    [3La suite de l’exposé de « l’expert » de TF1 est à l’avenant : « 64 enquêtes c’est évidemment beaucoup, ça montre surtout que le système fonctionne bien. […] L’IGPN lance une enquête, ça ne veut pas dire bien sûr qu’une faute a été commise, mais cela veut dire en revanche que contrairement aux idées reçues, les fameux « bœufs carottes », comme on les surnomme, ne font aucune fleur, aucun cadeau à leurs propres collègues. »

    Bref : circulez, il n’y a rien à voir !

    [4Voir l’émission d’Envoyé spécial, « Violence, la surenchère ».

    [5Sauf à de notables exceptions, comme l’émission d’Envoyé spécial ou l’entretien de David Dufresne au Média, daté du 7 janvier, qui a contribué à populariser son travail.

     


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    à voir aussi cet excellent article :

    La fable du libéralisme qui sauve le monde 

     

    Tout n’est que supercherie - 7 10 2018

    Tout n’est que supercherie

     

    Un écrivain israélien, expert en terrorisme international, explique que dans l’ensemble, pour les connaisseurs de ce genre d’affaire, la soi-disant attaque du GRU russe contre les Skripals, avec un agent nerveux censé être mortel, est une invention évidente.

    D’après l’expert, la version officielle cumule ‘ânerie sur ânerie’.

    Je suis d’accord avec lui.

    Maintenant se pose la question suivante : Pourquoi le gouvernement britannique a-t-il pensé pouvoir faire avaler un mensonge aussi gros ? La réponse est que les habitants des pays occidentaux ne connaissent rien à rien. La réalité du monde où ils vivent est forgée par la propagande dont les abreuvent les organes de presse et les films hollywoodiens. Tout ce qu’on leur dit est censuré. Ils ne savent donc rien de ce qu’il se trame vraiment. Lisez le récit de l’expert israélien pour comprendre l’immense différence qu’il y a entre l’histoire du gouvernement britannique et la bonne façon de mener à bien un assassinat.

    Cet expert a fait que je me suis demandé pourquoi le gouvernement britannique pensait que quelqu’un se laisserait berner par une histoire cousue de fils blancs aussi visibles. Après avoir lu le nouveau livre de David Ray Griffin et Elizabeth Woodworth, 9/11 Unmasked, et le livre de 2017 de David Ray Griffin, Bush and Cheney: How They Runed America and the World, la réponse m’a paru évidente. Le gouvernement britannique a vu les populations occidentales avaler la fable de la conspiration officielle du 11 septembre, où quelques Saoudiens incapables de piloter un avion et sans l’aide de service de renseignement, ont mis à genoux tout l’appareil de sécurité des États-Unis, sans que personne ne soit tenu responsable de ce grandiose fiasco. Le gouvernement britannique en a conclu que ceux qui ont le don d’avaler des couleuvres pareilles, sont capables de croire n’importe quoi.

    Je me souviens d’avoir abouti à cette conclusion il y a des années, avant que la théorie du complot officielle exposée dans le rapport de la Commission sur le 11/9, ne soit mise en pièces par des milliers de spécialistes, scientifiques, ingénieurs du bâtiment, architectes de gratte-ciel, pilotes militaires et civils, sauveteurs de première intervention d’urgence et un grand nombre d’anciens hauts fonctionnaires étasuniens et étrangers.

    Au début, je n’avais pas fait le rapprochement entre le complot des néocons sionistes – exposé dans leurs écrits publics (Commentary de Norman Podhorttz, par exemple, et aussi rapporté par le général Wesley Clark), consistant à détruire sept pays du Moyen-Orient en cinq ans, avec ‘un nouveau Pearl Harbor’ permettant de le mettre en œuvre  – et les attentats du World Trade Center. Mais en voyant les tours jumelles exploser étage après étage, il m’a paru parfaitement évident que ces bâtiments ne s’écroulaient pas à cause de dommages asymétriques dans leurs structures et de feux de bureau limités, qui n’ont sans doute même pas chauffé l’immense structure d’acier au point de la rendre chaude au toucher. Quand vous regardez les vidéos, vous voyez des bâtiments exploser. C’est clair comme le jour. Vous voyez que chaque étage est soufflé. Vous voyez des poutres d’acier et d’autres débris projetés sur les côtés comme des projectiles. Il est stupéfiant qu’en voyant ça de ses propres yeux, un être humain puise être ahuri au point de penser assister à l’écroulement d’un immeuble dont la structure a été endommagée. Mais il a fallu de nombreuses années avant que la moitié des Étasuniens réalisent que l’explication officielle est du pur n’importe quoi.

    Les sondages actuels montrent que la majorité des gens ne croient pas plus à la propagande officielle du 11 septembre, qu’ils ne croient : au rapport de la Commission Warren sur l’assassinat du président John F. Kennedy ; à la prétendue attaque du golfe du Tonkin ; au rapport de l’amiral McCain (père de John) absolvant la responsabilité d’Israël dans la destruction de l’USS Liberty et de son équipage sous l’administration de LBJ ; que Saddam Hussein avait des armes de destruction de masse ; que l’Iran a des armes nucléaires ; les nombreux mensonges sur la Syrie, sur la Libye de Kadhafi, sur la Somalie, sur le Yémen, sur l’invasion russe en Géorgie, ou sur l’invasion russe en Ukraine. Seulement, à chaque fois, des faibles d’esprit dans la population, bien que sachant le nombre de fois qu’ils ont été trompés au début par leur gouvernement, croient le nouveau mensonge et lui permettent ainsi de devenir réalité. C’est comme ça que les occidentaux demeurés se sont créé un monde de censure.

    Seule une personne mentalement dérangée peut croire ce que raconte un gouvernement occidental. Mais le monde occidental abrite un nombre considérable de gens dérangées. Beaucoup valideront le prochain mensonge officiel. Les abrutis ignares permettent aux gouvernements occidentaux de poursuivre leur politique de mensonges qui pousse le monde vers l’extinction, vers la guerre contre la Russie et la Chine.

    Peut-être suis-je trop sévère à l’égard de l’occidental évaporé. Ron Unz, lui, n’est pas un crétin. Pourtant, jusqu’à ce qu’il commence à s’y intéresser, il croyait à la fable visiblement inventée du 11 septembre. ès l’instant où il s’y est intéressé, il a réalisé son impossibilité.

    Comme moi, Ron Unz a remarqué que le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre a réussi à discréditer totalement la version officielle. Mais une question sans réponse demeure : Ces attentats sont l’œuvre de qui ?

    Pour Ron Unz, c’est l’œuvre d’Israël, pas du couple Bush & Cheney. C’est aussi la position de Christopher Bollyn. Il paraît certain qu’Israël était impliqué. Nous avons l’affaire des agents du Mossad pris en train de filmer l’effondrement des tours du WTC tout en faisant la danse du scalp. Puisqu’ils étaient prêts à filmer, ils savaient manifestement à l’avance ce qui allait se passer. Plus tard, à la télévision israélienne, ils ont dit avoir été envoyés pour filmer la destruction des bâtiments.

    Nous avons aussi le fait que quelqu’un, toujours protégé par le gouvernement des États-Unis, a fait d’importants profits sur la vente d’actions des compagnies aériennes, dont les avions avaient, paraît-il, été détournés.

    En d’autres termes, on savait à l’avance que les attentats du 11 septembre allaient se produire. Tout était connu d’avance, en particulier que le bâtiment 7 du WTC allait être détruit, comme le prouve le fait qu’un journaliste de la BBC a annoncé sa destruction avec environ une demi-heure d’avance, alors que le bâtiment était encore debout.

    Les dossiers de Unz et de Bollyn contre Israël ont du poids. Je suis d’accord avec Unz, George W. Bush ne faisait pas partie du complot. S’il l’avait été, il se serait mis en scène en dirigeant la riposte héroïque aux seuls et uniques attentats terroristes que les États-Unis ont eus à subir. Mais Bush a été tenu à l’écart pendant que Cheney gérait la situation.

    Je comprends ce que fait Ron Unz en attirant l’attention sur le principal bénéficiaire de l’imposture du 11 septembre. Toutefois, Cheney et sa société Halliburton en ont profité aussi. Halliburton a reçu de mirifiques contrats du gouvernement pour fournir des services en Afghanistan et en Irak. Comme le montre David Ray Griffin, Cheney a réalisé son plan en mettant le pouvoir exécutif au-dessus de la Constitution et des lois étasuniennes.

    Par ailleurs, le Mossad n’aurait pas eu la possibilité de mener à bien ces attentats sans soutien gouvernemental à haut niveau. Seul un responsable étasunien a pu ordonner les nombreuses simulations d’attaques qui ont semé la confusion chez les contrôleurs aériens et dans l’armée de l’air.

    Le gouvernement israélien n’aurait pu ordonner la destruction de la scène du crime, qualifiée de criminelle par le commissaire des incendies de New York qui s’y opposait. Il fallait pour cela l’autorité gouvernementale. Les poutres d’acier qui présentaient toutes sortes d’altérations imputables uniquement à la nano-thermite, ont rapidement été envoyées en Asie pour être recyclées. Six semaines après les effondrements, dans de ce qui restait des bâtiments, les incendies intenses et les décombres en fusion n’ont jamais reçu d’explication officielle. À ce jour, personne n’a expliqué comment des feux de bureau, dont la température est peu élevée, des feux étouffés par le manque d’air qui ont brûlé pendant au plus une heure, ont pu fondre ou affaiblir de grosses poutres d’acier et fait que l’acier était toujours en fusion six semaines après.

    Ron Unz a raison, Israël se révèle être un bandit. Grâce au 11 septembre, Israël s’est débarrassé de la moitié de ce qui entravait son expansion. Il ne reste que la Syrie et l’Iran, et le régime Trump soutient fortement Israël même contre la Russie, dont le gouvernement a la possibilité à tout moment d’anéantir entièrement les États-Unis et Israël – chose qui serait fort souhaitable pour le monde.

    Ron Unz a raison, en ce moment même, les gouvernements foncièrement diaboliques et dépravés des États-Unis et d’Israël, entraînent le monde entier sur le chemin de l’extinction. Mais Unz omet la responsabilité étasunienne, celle du malveillant Dick Cheney, celle des nécons sionistes ou cinquième colonne d’Israël aux États-Unis, et celle de la population franchement insouciante, qui ne manifeste pas assez d’intelligence et de conscience pour garantir sa survie.

    Paul Craig Roberts

    Original : www.paulcraigroberts.org/2018/10/05/everything-is-a-hoax/
    Traduction Petrus Lombard

     

    https://reseauinternational.net/tout-nest-que-supercherie/


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    Télévision néolibérale : Arme mortelle de désinformation   
    https://reseauinternational.net/television-neoliberale-arme-mortelle-de-desinformation/

     

    La crise au Venezuela en 10 minutes // The Venezuelan crisis in 10 minutes [SUBTITLES]

     

    Avec Vincent Lapierre, à ne pas manquer !

    https://reseauinternational.net/la-crise-au-venezuela-en-10-minutes/

     

    Venezuela: ce qu’on ne verra pas à la télévision

    6.8.18 S. de BEER

    Simon de Beer revient d’un voyage de trois semaines au Venezuela. Un séjour surtout touristique qui l’aura notamment poussé à gravir la terrible montage Roraima. Mais, même en vacances, difficile de ne pas ouvrir grand les yeux et les oreilles pour partir à la rencontre de la population dans un pays en pleine mutation, décrié par les médias et menacé de guerre par Trump. Simon nous livre donc un petit compte-rendu “qui ne colle pas tout à fait à ce qu’on voit en général à la télévision”.


    Premier constat : les réalisations de la révolution bolivarienne sont impressionnantes

    On en parle très peu et c’est bien dommage. Dans le plus petit village reculé, on trouve une école publique entièrement gratuite (matériel et repas compris pour les enfants). L’analphabétisme a été éradiqué et le Venezuela est actuellement le 5e pays au monde avec le plus haut taux d’universitaires. Partout, la population arbore fièrement son cartable aux couleurs du Venezuela, reçu lors de l’inscription à l’école ou à l’université.

    Un système de soin de santé – entièrement gratuit lui aussi – couvre tout le pays. Sur une petite île de 2000 habitants où nous avons passé quelques jours, il y a avait carrément un mini-hôpital, avec dentiste, gynécologue et même un petit laboratoire. « Tous les soins sont gratuits » lisait-on en six langues à l’entrée. Ayant tous les deux attrapé un sale virus, nous avons été reçus un dimanche sans rendez-vous et sans attente, et sans débourser le moindre centime, malgré que nous soyons étrangers. « Au Venezuela, la santé est un droit garanti par la constitution » expliquait fièrement l’infirmière qui nous a pris en charge.

    Caracas, la capitale, a un métro moderne et… gratuit (une bonne leçon pour ceux qui prétendent que rendre les transports en commun moins chers à Bruxelles est impossible). Des centaines de milliers de logements sociaux y ont été construits. Des bidons-villes entiers ont littéralement été transformés en logements. Nous avons pu visiter un quartier totalement nouveau inauguré l’année dernière. A l’échelle du pays, on parle de 2 millions de nouveaux logements depuis 2012.

    Au niveau démocratique, de grandes avancées ont aussi été réalisées. Le peuple s’est littéralement ré-approprié la politique. Des comités de quartiers ont été mis en place partout pour traiter des questions locales. Les gens sont toujours ravis de discuter politique. « Avant Chavez nous vivions dans une démocratie de façade », m’a expliqué un chauffeur de taxi. Avant d’ajouter : « Mais il faut aussi que tu parles à d’autres personnes, pour te faire ta propre opinion.»

    Les indigènes ne sont plus considérés comme des citoyens de seconde zone. « Chavez nous a apportés le droit au travail et le droit à l’éducation », nous a ainsi raconté un membre d’une communauté indigène de la région de Canaima. « Avant, nous n’avions tout simplement aucun droit. »

     

    Le peuple vit actuellement une crise très dure

    Grâce à la politique sociale du gouvernement, aux magasins sociaux, aux cantines populaires, à la médecine gratuite, etc., le peuple ne vit pas dans la misère et ne meurt pas de faim, comme on lit régulièrement dans nos médias (et comme c’est le cas dans d’autres pays d’Amérique latine). Néanmoins, on ne peut nier que les temps sont durs. Le pouvoir d’achat est considérablement limité. Les prix augmentent sans cesse et la monnaie perd de sa valeur, malgré les augmentations régulières des salaires. Ce qui est un vrai casse-tête au quotidien.

    L’origine de ce problème vient des grands groupes privés, qui contrôlent encore l’essentiel de l’économie, et qui mènent une guerre économique très dure contre le Venezuela depuis quatre ans. Un peu comme ce fut le cas en 1973 contre le Chili d’Allende.

    C’est aussi dû au fait que l’économie du Venezuela reste trop dépendante du pétrole et peine à développer un secteur productif national et indépendant. C’est évidemment l’un des grands défis du gouvernement.

    Résultat, même si l’actuel président Maduro reste très populaire – comme en témoignent encore les dernières élections – une partie du peuple se laisse séduire par le discours de l’opposition de droite, qui surfe sur un certain mécontentement ambiant et espère ainsi revenir au pouvoir.

     

    Et l’opposition alors ?

    On entend souvent dans nos médias que le Venezuela est une dictature, où l’opposition serait bâillonnée. Quelques heures sur place vous prouvent directement le contraire. 90% des chaînes de télé sont aux mains de l’opposition. On y entend toute la journée des critiques sur le gouvernement. Les gens s’expriment librement (ils adorent d’ailleurs discuter, quelles que soient leurs opinions). Les routes touristiques sont largement dominées par l’opposition. Et ils ne se privent pas de vous dire tout le mal qu’ils pensent de Chavez et Maduro, avec une mauvaise foi parfois déconcertante.

    Quelques petits extraits choisis de nos conversations :

    « Avant nous vivions dans un quartier avec uniquement des gens convenables, bien éduqués. Mais le gouvernement a construit des logements sociaux et maintenant il y a des pauvres dans le quartier. On n’est plus en sécurité. Si le gouvernement le demande, ils nous attaqueront avec des pierres. Regardez comme ils pendent leur linge aux fenêtres ! Ils ne sont pas civilisés. »

    « Avant nous vivions dans un pays avec des valeurs. Il y avait de la méritocratie. Aujourd’hui tout le monde peut aller à l’université et avoir un travail. Résultat ? C’est le nivellement par le bas. »

    « Avant Chavez, on vivait bien. On trouvait tout ce que l’on voulait dans les magasins. On pouvait choisir entre 10 marques pour chaque produit. Le pays ne connaissait pas la crise. »
    NB : avant Chavez, il y avait une taux de pauvreté de 80%… Ce taux est descendu à 26% en 2014 (avant la crise actuelle).

     

    Bref, ce qui se joue au Venezuela, ce n’est pas question de « démocratie », comme on lit dans nos médias. L’immense majorité des gens n’a en fait jamais joui d’autant de liberté qu’aujourd’hui (sur les plans politiques, éducatifs, sociaux-économiques, culturels et autres).

    Ce qui se joue au Venezuela, c’est un conflit entre deux catégories sociales opposées : le peuple d’un côté, les riches privilégiés de l’autre côté.

    Le peuple qui essaie de redresser la tête après des décennies de misère, en cherchant sa propre voie vers le progrès social. Les riches, soutenus par les multinationales étrangères et les Etats-Unis, qui refusent de voir leurs anciens privilèges s’envoler. Ils ne supportent pas de voir les richesses colossales du Venezuela aller dans des programmes sociaux plutôt que dans leur poche. Et ils sont prêts à tout pour renverser le gouvernement en place.

    Pour ma part, sans idéalisation, le Venezuela reste quand même une source d’inspiration face à ceux qui répètent inlassablement qu’on ne peut pas investir dans le logement social, développer les transports en commun ou faire baisser les coûts de l’enseignement et de la médecine. Certes, tout n’est pas parfait, mais le Venezuela nous montre à sa façon que d’autres choix sont possibles. Et rien que pour ça, ce pays mérite le détour.

    https://www.investigaction.net/fr/venezuela-ce-quon-ne-verra-pas-a-la-television/

     

    Nicolas Maduro aurait été visé dans un attentat

    Nicolas Maduro AURAIT été visé dans un attentat

    par Jean ORTIZ

    Dégoûtant ! Et ils se réclament de la liberté d’information… au conditionnel. Voir « Le Monde » du 04/08/2018. Les agences de presse, elles, ne connaissent pas l’indicatif. La victime devient le bourreau.

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    Le président MADURO « aurait été victime » d’un attentat, d’une « tentative d’assassinat », ce samedi 04 août 2018, vers 17h. C’est Maduro qui le dit. Lui, un président si diabolisé. Alors, c’est douteux, et l’on donne du conditionnel : « aurait », « aurait », « aurait »… On n’en est pas sûr, malgré les images… IL Y A UN DOUTE… au moment même où les vidéos tournent en boucle.

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    Le pervers président Maduro « aurait » organisé un auto-attentat… pour tuer Maduro, et assurer ainsi sa réélection. En France, cela donnerait : un conseiller du président Macron « aurait » outrepassé ses prérogatives… alors qu’on le voit tabasser des manifestants. Vite, la loi sur les fausses nouvelles… Macron avait promis une « république exemplaire »… La voilà. Le président « aurait », « aurait couvert » ce monsieur Benalla…

    Avec nos médias chiens de garde du système, la guerre idéologique permanente, le monde tourne à l’envers. Ce qui est sûr ne l’est pas si « l’occident », l’impérialisme, n’y trouvent pas leur compte. Par contre, ce qui est sûr devient « fausse nouvelle » ou hypothèse s’il en va des intérêts des peuples. La liberté d’informer n’est en fait que celle du marché pour mieux enchaîner, désinformer, conditionner, endormir les citoyens. Désormais, l’opposition vénézuélienne ultra a dépassé toutes les limites.

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    L’attentat, lors d’une cérémonie militaire, réalisé à l’aide de deux drones chargés d’explosifs C4, est revendiqué par un groupe « mouvement national des soldats en tee-shirt ». Tous soldats ! La foule, civils et militaires, était rassemblée pour célébrer l’anniversaire de la création de la Garde nationale. Il y a, et non « aurait », sept blessés, hospitalisés, mais les auteurs de l’attentat voulaient provoquer un carnage, et l’utiliser politiquement. Nous avons souvent écrit que l’objectif de Washington était de renverser par tous les moyens le processus révolutionnaire, oui, révolutionnaire, en cours au Venezuela. On nous a accusé d’excès, d’aveuglement… Que nous opposera-t-on aujourd’hui ?

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    Les démocrates, quels que soient leur positionnement politique sur la situation au Venezuela, doivent exiger que toute la lumière soit faite sur cet attentat, que les responsables en soient châtiés, que les institutions internationales jouent vraiment leur rôle, et que ce soient les Vénézuéliens qui déterminent, en paix, leur avenir. Nous sommes, bien entendu, plus que jamais solidaires.

    Jean ORTIZ, universitaire, Pau (France)

    Ici, la vidéo qui aurait été enregistrée en direct.
    (Illustrations fournies pas Christian Rodriguez).

    source:https://www.legrandsoir.info/nicolas-maduro-aurait-ete-vise-dans-un-attentat.html

    https://reseauinternational.net/nicolas-maduro-aurait-ete-vise-dans-un-attentat/

     


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  • Comment Washington et les ONG "Soft Power" ont manipulé le nombre de morts au Nicaragua pour entraîner un changement de régime et des sanctions. (Gray Zone Project)

     

    Max BLUMENTHAL

    Le gouvernement sandiniste du Nicaragua a-t-il vraiment tué plus de 300 manifestants pacifiques ? Une analyse médico-légale du nombre de victimes révèle que l’affirmation est un mensonge dangereux.

    Une étude détaillée du nombre de morts enregistrés au Nicaragua depuis la violente campagne de destitution du président Daniel Ortega et de son gouvernement sandiniste montre qu’au moins autant de partisans sandinistes ont été tués que de membres de l’opposition. L’étude, "Monopolizing Death", montre comment les ONG locales partisanes ont compté tous les décès survenus depuis avril, y compris les accidents et les meurtres de Sandinistes, avec les meurtres commis par les forces pro-gouvernementales. Washington s’en est emparé pour plaider en faveur de sanctions et intensifier les pressions pour obtenir un changement de régime.

    La manipulation du nombre de morts fut la pièce maîtresse d’une harangue du 25 juillet par la représentante républicaine Ileana Ros-Lehtinen devant la Chambre des Représentants (ie Assemblée Nationale). Alors qu’elle plaidait en faveur d’une résolution bipartite condamnant le président nicaraguayen Daniel Ortega pour avoir soi-disant ordonné le massacre de manifestants, Ros-Lehtinen a déclaré : "Monsieur le Président, quatre cent cinquante ! C’est ainsi que de nombreux Nicaraguayens ont été tués par le régime d’Ortega et ses voyous depuis le mois d’avril de cette année".

    L’image d’un régime dictatorial qui abat les manifestants pacifiques sans défense a été conçue pour exercer une pression en vue d’une attaque contre l’économie nicaraguayenne sous la forme d’une série de sanctions, comme la loi Nica (Nica Act). Son récit fut appuyé par le vice-président Mike Pence, qui a condamné le gouvernement nicaraguayen pour "350+ morts aux mains du régime", et par Ken Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, qui a également laissé entendre qu’Ortega avait personnellement ordonné l’assassinat de "300 manifestants contre son régime corrompu et répressif". VIDEO :

    Au cours des deux dernières semaines, je me suis rendu au Nicaragua pour interviewer des dizaines de victimes de l’opposition nicaraguayenne soutenue par les États-Unis. J’ai rencontré des fonctionnaires de police qui ont vu leurs collègues abattus par des éléments bien armés alors qu’on leur ordonnait de rester à l’intérieur de leurs locaux, des dirigeants syndicaux sandinistes dont les maisons ont été incendiées, et des citoyens ordinaires qui ont été enlevés à des barrages routiers et extirpés de leurs foyers pour être battus et torturés, parfois avec l’assentiment de prêtres catholiques. Il était clair pour moi que l’opposition nicaraguayenne était tout sauf pacifique dans sa tentative de changement de régime.

    Et il était également clair que de nombreux Sandinistes avaient été tués depuis le début du chaos en avril. Les victimes de l’opposition comprennent Gabriel de Jesus Vado, un policier de Jinotepe, qui fut kidnappé, traîné derrière une voiture et brûlé vif sur vidéo lors de la "tranchée" à Monimbo ce mois-ci, un quartier de Masaya que l’opposition occupait violemment depuis des semaines.

    Vidéo : l’officier de police de Jinotepe Gabriel de Jesus Vado brûlé vif par des opposants à un barrage routier à Masaya après avoir été brutalement torturé. Un prêtre catholique local, Harvin Padilla, fut enregistré en train de donner son accord verbal pour le meurtre terrible.

    Mais selon la logique employée par le Congrès et la Maison Blanche, qui tient le gouvernement responsable de chaque mort survenue entre avril et juin au Nicaragua, le meurtre de Vado et d’une vingtaine d’autres membres de la police nationale nicaraguayenne n’a jamais eu lieu, pas plus que la mort de quiconque tué par les paramilitaires de l’opposition. C’est ce que vous devez croire si vous blâmez le gouvernement sandiniste pour tous les morts.

    La manipulation du bilan des morts par le Congrès et les ONG occidentales de soft power est exposée méticuleusement et en détail dans "Monopolizing Death".

    L’auteur de cette étude médico-légale, le chercheur nicaraguayen indépendant Enrique Hendrix, décrit son analyse comme "la preuve d’une campagne qui, en l’absence d’une cause juste, utilise la mort de chaque citoyen comme motif pour manipuler les émotions de la population afin d’opposer "le gouvernement" et "le peuple".

    Hendrix m’a dit qu’il a commencé son étude, "Monopolizing Death", deux semaines après le début des protestations anti-Sandiniste. "Tous les médias d’opposition ont commencé à prétendre que tous ces décès se produisaient [aux mains des forces gouvernementales], et j’avais beaucoup d’incertitudes", a-t-il dit. « J’ai donc commencé à faire des recherches sur les listes des organisations de défense des droits de l’homme et j’ai vraiment essayé de déterminer si le nombre de morts n’était composé que d’étudiants, comme le rapportaient les médias de l’opposition. »

    Le texte complet de l’étude de Hendrix, traduit en anglais par le collectif de journalistes Tortilla con Sal, est intégré à la fin de cet article, ainsi qu’une feuille de calcul analysant (en espagnol) chaque décès en détail.

    Les ONG partisanes de défense des droits de l’homme en tant qu’arme de changement de régime

    L’étude de Hendrix examine les décès enregistrés par les trois principales organisations nicaraguayennes de défense des droits de l’homme. Il s’agit du Centre nicaraguayen des droits de l’homme (CENIDH), de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), dont l’implication a été demandée par le gouvernement du Nicaragua le 13 mai dernier, et de l’Association nicaraguayenne des droits de l’homme (ANPDH).

    Ce sont les organisations sur lesquelles le Congrès US, la Commission interaméricaine des droits de l’homme et les organisations internationales de soft power comme Human Rights Watch se sont appuyés pour comprendre la violence qui a déferlé sur le Nicaragua.

    Pendant mon séjour au Nicaragua, j’ai appris comment les membres du CENIDH et de l’ANPDH ont participé activement à la campagne de destitution du gouvernement sandiniste. Par exemple, trois étudiants de l’université publique UNAN m’ont dit que le conseiller juridique du CENIDH, Gonzalo Carrion, était présent avec les étudiants et les militants de l’opposition lorsqu’ils ont pris le campus et que Carrion était même un spectateur de leur violence.

    Ramon Avellan, le commissaire de police de Masaya, m’a raconté comment des membres du personnel de l’ANPDH sont apparus à plusieurs reprises à son poste de police aux côtés de militants de l’opposition pour le supplier de se rendre. Cet acte qui aurait abouti à la prise totale de la ville par l’opposition armée, qui, selon Avellan, comprenait une forte représentation des cartels criminels locaux.

    L’ANPDH a été fondée à Miami, véritable base de l’opposition de droite du Nicaragua, et a été financée dans les années 1980 par le National Endowment for Democracy du gouvernement américain pour dépeindre les Contras comme victimes de la brutalité communiste. Aujourd’hui, le groupe reste une arme politique de choix contre le mouvement sandiniste.

    Comment les ONG antisandinistes de "défense des droits de l’homme" et Washington ont manipulé les données

    Hendrix a constaté que les trois principaux groupes de défense des droits de l’homme autoproclamés au Nicaragua avaient supprimé les contextes des décès qu’ils avaient enregistrés afin d’associer chaque mort non naturelle survenue dans tout le pays entre le 19 avril et le 25 juin aux meurtres commis par les forces pro-gouvernementales nicaraguayennes.

    Il a constaté que sept catégories de décès étaient incluses dans les rapports sur les droits de l’homme. Toutes les catégories, à l’exception d’une seule, n’avaient aucun lien avec la violence gouvernementale.

    Le voici :

    - Noms en double
    - Décès non liés aux protestations
    - Personnes assassinées par l’opposition
    - Les militants de l’opposition, y compris ceux qui sont impliqués dans les actions violentes.
    - Des spectateurs innocents
    - Noms sans données significatives pour déterminer la cause du décès
    - Décès omis dans chaque liste

    Selon Hendrix, les rapports du CENIDH, du CIDH, de l’ANPDH et de l’ANPDH ont été complétés par les décès de "victimes d’accidents de la circulation, d’altercations entre gangs, de meurtres par vol, de ceux tués par le tir accidentel d’une arme à feu et, plus absurde encore, d’un suicide".

    L’étude du CIDH comprend neuf noms en double, alors que les trois organisations mentionnent 97 morts qui n’avaient aucun lien avec les manifestations. Les causes de 77 décès mentionnés dans les trois rapports restent inconnues.

    Alors que l’opposition nicaraguayenne a hurlé au massacre d’étudiants relevant du génocide, Hendrix a découvert lors de ses recherches que sur la soixantaine de morts parmi les éléments anti-sandinistes aux mains des forces pro-gouvernementales, seuls 16 ou 17 étaient réellement des étudiants.

    Le plus choquant est que la recherche médico-légale de Hendrix a démontré que l’opposition a tué au moins autant de partisans sandinistes et d’agents de police que d’opposant tués par les forces gouvernementales. Ce chiffre contredit directement la narrative, diffusée par les États-Unis, d’un dictateur qui fauche les manifestants pacifiques.

    Il serait facile pour quiconque connaît la situation qui s’est développée sur le terrain au cours des trois derniers mois de comprendre pourquoi tant de Sandinistes ont été tués.

    Fin avril, Ortega a ordonné à ses forces de police de rester dans leurs locaux, comme condition du dialogue national qu’il a entamé avec l’opposition. L’ordre signifiait que pendant environ 55 jours, les partisans sandinistes ont été laissés seuls pour repousser une croisade nationale de vengeance sanguinaire. D’innombrables citoyens ont été battus ou menacés de destruction de biens par l’opposition uniquement parce qu’ils appartenaient au front sandiniste.

    Parmi les meurtres de Sandinistes décrits dans le rapport de Hendrix, il y avait un bébé de 25 mois, l’enfant de Gabriella Maria Aguirre, qui est décédée le 13 juin à Masatepe de bronchoaspiration lorsque son ambulance a été retenue à un barrage routier de l’opposition.

    Pendant ce temps, dans des villes comme Masaya et Jinotepe, la police s’est retrouvée assiégée, coupée pendant des semaines sans nourriture ou médicaments, et a fini par livrer une bataille féroce avec les militants de l’opposition qui les avaient encerclés.

    Vidéo : Des militants armés de l’opposition ecerclent le poste de police de Sebaco, l’attaquant à coups de grenades et d’armes à feu.

    La mort de ceux qui, au sein des rangs de l’opposition, ont été tués par accident ou à la suite de violences fratricides a également été décontextualisée dans ces rapports et n’est donc pas reconnue comme telle par Washington et les organismes juridiques internationaux. Par exemple, le journaliste guatémaltèque Eduardo Spiegler, qui fut écrasé par un décor de rue - un "arbre de vie" - renversé par des manifestants de l’opposition alors qu’il couvrait leurs actes de vandalisme.

    Vidéo : Des manifestants de l’opposition renversent un "arbre de vie" sur Eduardo Spiegler, un journaliste qui couvrait leur déchaînement, puis dansent dessus pour célébrer.

    Des ONG anti-sandinistes aux organismes internationaux, sans aucun contrôle entre les deux.

    Le gouvernement nicaraguayen a nommé sa propre commission composée d’experts indépendants pour enquêter sur les décès survenus depuis avril. Selon Hendrix, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a refusé d’accepter les données de l’enquête officielle du Nicaragua, préférant s’appuyer sur celle de l’ANDPH.

    Cela signifie que le principal organisme international chargé de tirer des conclusions sur la violence au Nicaragua s’est largement appuyé sur une ONG partisane résolument anti-sandiniste et n’a pas fait de travail indépendant.

    À Washington, pendant ce temps, des membres du Congrès comme Ros-Lehtinen n’ont pas seulement compté sur la narration déformée de l’opposition, ils ont exagéré le nombre de morts pour faire promouvoir une attaque plus profonde contre l’économie du Nicaragua.

    Hendrix a souligné qu’étant donné que les ONG locales de défense des droits de l’homme comme ANDPH comptaient tellement sur les médias d’opposition hautement partisans pour établir un bilan, "il est impossible de vérifier dans beaucoup de cas s’ils disent même la vérité ".

    Il s’est demandé si « nous ne serions pas devant une manipulation encore plus grande que celle que nous connaissons. »

    Max Blumethal

    https://grayzoneproject.com/2018/07/30/how-washington-and-soft-power-n...

    Traduction VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

    Monopolizing Death : How the Nicaraguan Death Toll Was Manipulated by Max Blumenthal on Scribd

    https://www.legrandsoir.info/comment-washington-et-les-ong-soft-power-ont-manipule-le-nombre-de-morts-au-nicaragua-pour-entrainer-un-changement-de-regime-et.html

     

     Cinq clés pour reconnaître les fausses rébellions populaires

     

    Voir aussi :

    Quelles différences entres les fausses révolutions et les vraies ?

     


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